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LE CÔTÉ PROUSTIEN DE PARIS:

UN TERRITOIRE INTIME ET POÉTIQUE



C’est à une véritable recherche du territoire parisien de Marcel Proust, à la fois dans sa dimension purement géographique et dans sa symbolique intime, à laquelle s’est livrée jeudi 16 avril, Sandra Cheilan, jeune spécialiste de Proust, devant près de soixante quinze personnes présentes à la mairie ce soir là.

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L’accent a en effet été mis d’emblée sur cette dualité entre un Paris de l’est, populaire et laborieux,  lié aux origines maternelles de l’écrivain, et le Paris de l’ouest de son père, plus mondain, que fréquentera ensuite Marcel Proust.

Fut ainsi d’abord évoqué le quartier un peu excentré formé autour du 40bis de la rue du Faubourg Poissonnière, résidence de sa mère, Jeanne Weil, femme cultivée issue d’une famille juive alsacienne, qui se mariera en 1870 à la mairie du Xe arrondissement, avec Adrien Proust, médecin venu faire carrière à Paris, tel un héros balzacien.  Cette adresse sera d’ailleurs transposée plus tard en « 40bis boulevard Malesherbes » pour les besoins de son œuvre, en une sorte de mouvement de tectonique des plaques pour passer du populaire au mondain.

Notre conférencière allait alors insister sur le contraste entre ce quartier marqué par la communauté juive qui s’y était installée avec ses synagogues et ses activités artisanales, et les boulevards non loin où s’affichait une vie nocturne et frivole (espace tabou pour le jeune homme).

Sandra Cheilan a ensuite évoqué les différents lieux fréquentés par Marcel Proust et ses parents dans des quartiers « bien habités », embourgeoisés  à la suite des travaux d’Haussmann, synonymes d’intégration à une vie parisienne plutôt aristocratique.
Rue Roy d’abord, près de l’église Saint-Augustin, le parc Monceau, où allait jouer le jeune Marcel, baptisé à l’église Saint-Louis d’Antin, puis, jusqu’en 1900, le 9 boulevard Malesherbes que connut Proust alors qu’il était élève au lycée Condorcet et où il eut comme condisciples et amis intimes Jacques Bizet et Daniel Halévy, les fils des compositeurs. 
Il gardera de ce quartier des souvenirs gourmands qu’il essaiera de retrouver plus tard avec le concours  de sa gouvernante Céleste Albaret.

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Sortie du Lycée Condorcet - Jean Béraud - 1903

Devenu adulte et alors qu’il habitait au 45 boulevard de Courcelles depuis 1900, il traduisit des textes du grand critique d’art Ruskin, fréquenta les dîners mondains des Champs-Elysées au Faubourg Saint Honoré, et connut à ce moment-là aussi ses premières souffrances physiques avec des crises d’asthme qui le terrassaient parfois. Notre conférencière évoqua également les salons fréquentés par Marcel Proust dans sa vie de dilettante, comme celui de la Princesse Mathilde, rue de Berri.

C’est une époque où il retournait aussi régulièrement vers ses origines juives  à travers de fréquentes visites à sa famille maternelle dans le quartier Poissonnière, avant la mort de sa mère qu’il chérissait tant, en 1905. 
Il allait ainsi être  tiraillé entre deux univers opposés  qui transparaissent dans son œuvre : celui du dandy  Swann, d’origine juive, un peu le double de l’auteur, et celui du baron de Guermantes, l’aristocrate orgueilleux mais à la fin tragique.

A partir de cette date, et alors qu’il allait s’établir en 1909 au premier étage de l’appartement sombre et bruyant du 102 boulevard Haussmann pendant près de dix ans, qu’on peut associer à un simple espace de création littéraire où Proust allait décrire nuit après nuit, et le plus souvent couché, cette sorte de comédie humaine finement analysée qu’allait devenir « A la recherche du temps perdu ».    

Sandra Cheilan a montré ensuite, à travers les nombreux textes choisis dans ce monument littéraire, la relation étroite existant chez l’écrivain entre le Paris réel et le Paris intime qui devient presque alors un fantasme. 

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Images extraites du film de Volker Schlöndorf « Un Amour de Swann» (1984)


Les rues parisiennes deviennent par exemple pour Charles Swann le lieu de la conquête amoureuse, comme le quartier des Grands Boulevards avec le Café Anglais ou la Maison Dorée, que celui-ci parcourt, à la recherche de sa gracieuse « cocotte », Odette, dans « Un amour de Swann ». Paris est alors tout à la fois un univers  infernal et un paradis érotique, comparable en cela quelques années auparavant, à celui de Baudelaire dans son poème « A une passante » extrait de « Tableaux parisiens » des « Fleurs du Mal », comme ce fut suggéré là.

C’est donc cette carte du Tendre affective s’inscrivant dans l’espace parisien où se mêlent pour Marcel Proust aussi bien l’amour  que la mort, qu’a tracé pour nous Sandra Cheilan dans sa très érudite conférence.  

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Emmanuel FOUQUET


Date de création : 18/04/2015 : 10:30
Dernière modification : 18/04/2015 : 12:49
Catégorie : - Echos du Terrain
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