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AU CHÂTEAU DE MAISONS, MODÈLE DE L’ART CLASSIQUE FRANÇAIS

Ce jeudi 16 juin, par une matinée à la météo incertaine, trente adhérents de 9ème Histoire on fait le voyage jusqu’à Maisons-Laffitte pour visiter le Château de Maisons, sous la conduite d’un éminent spécialiste de l’art classique en architecture, notre président Claude Mignot. Cette demeure est en effet une sorte de modèle type de l’architecture française du XVIIe siècle par l’équilibre de ses formes et la majesté qui s’en dégage et dont Charles Perrault a pu dire qu’il s’agit là de « l’une des plus belles choses que nous ayons en France » !

9ème Histoire se devait de venir à Maisons par le lien existant avec deux personnages de notre arrondissement qui ont œuvré  à Maisons. François-Joseph Bélanger d’abord, l’architecte à la tête des Menus-Plaisirs, dont la résidence parisienne fut longtemps rue du Faubourg-Poissonnière, qui décora à la fin du XVIIIe siècle les appartements occupés par le comte d’Artois (futur Charles X) et surtout le banquier Jacques Laffitte, gouverneur de la Banque de France, puis président du Conseil sous Louis-Philippe, qui outre l’hôtel Laborde à l’angle de la rue de Provence qu’il possédait, racheta en 1818 le domaine pour créer dans le parc une opération immobilière. Cela vaudra d’ailleurs à Maisons-sur-Seine de changer de nom en 1882 !

Groupe.jpg

Claude Mignot, après l’indispensable photo de groupe prise au pied du château, rappelle d’abord l’histoire de ce site, seigneurie de bord de Seine au XVe siècle, possédée par les Longueil et dont René hérite de son père en 1629. Celui-ci, haut magistrat, possède une grande fortune qui va s’accroître encore avec la mort de sa femme Madeleine Boulenc de Crèvecœur en 1636. Il décide alors de construire ici une « maison de plaisance », marquée par le souvenir de celle-ci comme en attestent les nombreux monogrammes et effigies figurant sur les murs,  dont il va confier la charge à François Mansart. Le lieu était en effet  propice, situé en bord de Seine et non loin du domaine royal de Saint-Germain-en-Laye (Louis XIV y fera quelques visites).   

 En précisant qu’à cette époque les chantiers ne traînaient pas, notre guide d’un jour évoque notamment la controverse sur la date réelle de début de construction du château avec cet achat en 1634 de colonnes ioniques qui auraient été destinées au château. En fait, les travaux de gros œuvre auraient démarré en1640 pour se terminer en 1646, comme l’atteste la date figurant au fronton de la façade côté jardin. Il avait fallu aussi tenir compte des aléas de carrière de René de Longueil pour clôturer réellement le chantier. Surintendant des finances, celui-ci connait en effet  la disgrâce au moment de la fronde en 1649, puis Mazarin, méfiant d’abord, le réhabilite en 1655.

En 1650, sur le côté nord du château, un bâtiment monumental orné de pilastres doriques est construit avec un avant-corps central flanqué de colonnes et surélevé d’un pavillon à pilastres corinthiens, le tout était destiné à abriter une quarantaine de chevaux ! Malheureusement ces écuries ont disparu au XIXe siècle au profit du lotissement réalisé par Laffitte, comme les pavillons commandant l’entrée du domaine, mais en revanche subsistent les deux portails toscans devant lesquels on passe à l’entrée de ce qui était le  parc. 

A la mort de René de Longueil en 1677, ce sont les descendants de la famille qui continuent d’habiter le lieu, puis c’est le jeune comte d’Artois (frère de Louis XVI) qui prend possession, un siècle plus tard, de la propriété que va rénover Bélanger, au prix de lourdes dettes.

jean_lannes.jpg  La_maréchale_Lannes.jpg
Jean Lannes et la duchesse de Montebello

Après la période révolutionnaire où le château est vidé de ses meubles et de ses objets d’art, sous l’Empire, le château est vendu en 1804 au Maréchal Lannes qui entreprend des travaux de restauration du bâtiment et de restructuration du parc avant de mourir lors de la campagne d’Autriche en 1809. C’est sa veuve, la duchesse de Montebello qui allait ensuite revendre en 1818 le domaine à Jacques Laffitte. Le célèbre banquier allait alors le lotir à partir de 1824 en morcelant le parc.

laffitte.jpg
Le banquier Jacques Laffitte

La grande propriété va être de plus en plus démembrée à la suite de successions d’opérations immobilières entreprises par les descendants de Laffitte, puis par différents propriétaires, y compris avec une tentative de destruction du château même qui échouera de peu en 1900 !

Celui-ci et le petit parc attenant est racheté par l’État en 1905 et devient pour quelques années un musée de la sculpture jusqu’au début de la guerre 14-18. Il restera alors vide et non entretenu pendant de nombreuses années avant d’être enfin réhabilité, ce qui donne aujourd’hui la possibilité de le visiter. 

Plan_Interieur_2.jpg
Plan intérieur du château de Maisons

En tant que spécialiste de l’architecture classique, Claude Mignot  allait  ensuite décrire, avec délectation, l’ordonnancement de ce château. Comme dans la plupart de ses constructions, Mansart a été soucieux de dégager des perspectives que l’on allait d’ailleurs bien percevoir en pénétrant ensuite dans le vestibule central.

Avec une entrée principale ouverte vers la forêt de Saint-Germain en Laye d’un côté , le site dominait de l’autre côté la Seine et se prolongeait même au-delà, comme le montre le plan distribué par notre guide qui détaille alors la structure du bâtiment construit sur une terrasse entourée de fossés aujourd’hui disparus, composé d'un corps de logis central relativement étroit contre lequel sont ramenés de part et d’autre deux grands pavillons, précédés, côté cour, de deux pavillons bas en terrasse et côté jardin, de deux minces portiques.

Claude Mignot met en exergue l’art particulier de Mansart qui adopte ici parfaitement cette structure « pyramidante »  qui amène les volumes vers le centre en les articulant autour de l’avant corps central. C’est particulièrement vrai aussi de la structure de la façade avec la superposition des ordres doriques, ioniques et corinthiens sur les trois niveaux présents là. Il nous fait remarquer que le deuxième étage et ses fenêtres ne sert qu’à éclairer le premier étage noble et ne contient que la voute de celui-ci. 

Après cette longue introduction, nous pénétrons alors dans le château par l’appartement de René  Longueil à gauche pour nous rendre dans le fameux vestibule, initialement véritable entrée principale avec son plafond vouté, dont les belles grilles en fer forgé se trouvent désormais au Louvre. Notre guide nous montre notamment les huit colonnes doriques traitées à la manière de Michel-Ange, comme on peut le voir au Palais Farnèse ! Il nous montre également les monogrammes figurant sur celles-ci mêlant les noms de Madeleine Boulenc de Crèvecœur et René de Longueil ainsi que les quatre aigles placés à l’angle des voutes, au « long œil » ! On peut admirer également les bas reliefs représentant Neptune, Cérès, Junon et Jupiter.

Monogramme_1.JPG Monogramme_2.JPG

 Repoussé sur le côté, nous gravissons ensuite l’escalier à jour central, impressionnant  par sa largeur et par la blancheur de sa pierre d’Ile de France, avec ses volées suspendues d’un seul tenant. On observe là la coupole décorée de groupes d’angelots et où court un étroit corridor qui permet de desservir par le haut  les deux ailes du château. Puis on pénètre dans la grande salle décentrée par rapport à l’entrée du rez-de-chaussée, surmontée d’une tribune où prenaient place les musiciens,  débouchant curieusement, par une grande arcade, sur l’antichambre ou salon d’Hercule avec sa cheminée monumentale en saillie.

La visite continue par la chambre du roi et son alcôve, avec son plafond à l’italienne à coupoles imbriquées, sa porte donnant sur un escalier dérobé et ses lambris bas où figurent toujours les initiales des deux époux Longueil et Boulenc. On les retrouve encore sur les pilastres de l’exigu salon des miroirs circulaire attenant, où sur l’élégant  parquet en marqueterie d’os et d’étain, des coussins posés à terre à l’époque pouvaient faciliter quelques intimes activités d’après notre guide…   

En retraversant tout l’étage, on arrive à l’autre extrémité dans les appartements du Maréchal Lannes, de style empire donc, avec sa grande chambre d’angle, puis en passant devant un buste représentant Jacques Laffitte, dans une petite chambre réunissant divers objets lui ayant appartenu.

Mais l’heure s’avançant, il fallait regagner rapidement le rez-de-chaussée et les appartements du comte d’Artois conçus par Bélanger avec son décor néoclassique en stuc illustré par ses pilastres et colonnes de style corinthien, son plafond à caissons et sa belle cheminée sculptée richement décorée.

Pressés par un personnel soucieux de faire respecter l’heure de fermeture (!), il était juste temps alors de descendre au sous sol découvrir l’étonnante salle des bains remise en état il y a peu et sa baignoire quadrilobée dans un coin.

Antichambre.jpeg

En remontant pour prendre le chemin de la sortie, on allait alors repasser par l’appartement de René de Longueuil avec son plafond à caissons d’origine, son petit cabinet peint et surtout son salon des captifs où se trouve un tableau d’Hubert Robert et dont le nom est lié au décor de la cheminée  monumentale surmontée d’un médaillon soutenu par deux prisonniers représentant Louis XIII et d’un bas-relief illustrant la bataille de Rocroy et le triomphe du roi sur un char.

La visite s’achevait alors en admirant à nouveau côté cour, la façade classique à ressauts, son fronton surmonté d’un lanterneau, les pavillons des deux côtés formant avancée avec ses portes surélevées car donnant sur des terrasses aujourd’hui disparues. Pour être complet et avant que le temps ne se gâte vraiment, il convenait de se rendre sur la terrasse côté Seine admirer la longue façade rythmée par des avant-corps discrets et à nouveau au centre par la superposition classique des ordres.

La pluie ayant fini par tomber sur les visiteurs, il était temps de gagner un abri qui ne serait pas celui des grottes construites sous la terrasse, servant auparavant d’abreuvoirs mais désormais inaccessibles.

Une belle matinée instructive sous la conduite d’un guide passionné par son sujet !

Arrière_château.jpeg

À noter pour ceux qui voudraient prolonger la visite, une exposition qui débute dans les sous-sols du château :
« Bâtisseurs de châteaux. La vie quotidienne d’un chantier de François Mansart, 1640-1666

Exposition du 17 juin au 20 novembre.

Emmanuel FOUQUET

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AU CHÂTEAU DE MAISONS, MODÈLE DE L’ART CLASSIQUE FRANÇAIS

Ce jeudi 16 juin, par une matinée à la météo incertaine, trente adhérents de 9ème Histoire on fait le voyage jusqu’à Maisons-Laffitte pour visiter le Château de Maisons, sous la conduite d’un éminent spécialiste de l’art classique en architecture, notre président Claude Mignot. Cette demeure est en effet une sorte de modèle type de l’architecture française du XVIIe siècle par l’équilibre de ses formes et la majesté qui s’en dégage et dont Charles Perrault a pu dire qu’il s’agit là de « l’une des plus belles choses que nous ayons en France » !

9ème Histoire se devait de venir à Maisons par le lien existant avec deux personnages de notre arrondissement qui ont œuvré  à Maisons. François-Joseph Bélanger d’abord, l’architecte à la tête des Menus-Plaisirs, dont la résidence parisienne fut longtemps rue du Faubourg-Poissonnière, qui décora à la fin du XVIIIe siècle les appartements occupés par le comte d’Artois (futur Charles X) et surtout le banquier Jacques Laffitte, gouverneur de la Banque de France, puis président du Conseil sous Louis-Philippe, qui outre l’hôtel Laborde à l’angle de la rue de Provence qu’il possédait, racheta en 1818 le domaine pour créer dans le parc une opération immobilière. Cela vaudra d’ailleurs à Maisons-sur-Seine de changer de nom en 1882 !

Groupe.jpg

Claude Mignot, après l’indispensable photo de groupe prise au pied du château, rappelle d’abord l’histoire de ce site, seigneurie de bord de Seine au XVe siècle, possédée par les Longueil et dont René hérite de son père en 1629. Celui-ci, haut magistrat, possède une grande fortune qui va s’accroître encore avec la mort de sa femme Madeleine Boulenc de Crèvecœur en 1636. Il décide alors de construire ici une « maison de plaisance », marquée par le souvenir de celle-ci comme en attestent les nombreux monogrammes et effigies figurant sur les murs,  dont il va confier la charge à François Mansart. Le lieu était en effet  propice, situé en bord de Seine et non loin du domaine royal de Saint-Germain-en-Laye (Louis XIV y fera quelques visites).   

 En précisant qu’à cette époque les chantiers ne traînaient pas, notre guide d’un jour évoque notamment la controverse sur la date réelle de début de construction du château avec cet achat en 1634 de colonnes ioniques qui auraient été destinées au château. En fait, les travaux de gros œuvre auraient démarré en1640 pour se terminer en 1646, comme l’atteste la date figurant au fronton de la façade côté jardin. Il avait fallu aussi tenir compte des aléas de carrière de René de Longueil pour clôturer réellement le chantier. Surintendant des finances, celui-ci connait en effet  la disgrâce au moment de la fronde en 1649, puis Mazarin, méfiant d’abord, le réhabilite en 1655.

En 1650, sur le côté nord du château, un bâtiment monumental orné de pilastres doriques est construit avec un avant-corps central flanqué de colonnes et surélevé d’un pavillon à pilastres corinthiens, le tout était destiné à abriter une quarantaine de chevaux ! Malheureusement ces écuries ont disparu au XIXe siècle au profit du lotissement réalisé par Laffitte, comme les pavillons commandant l’entrée du domaine, mais en revanche subsistent les deux portails toscans devant lesquels on passe à l’entrée de ce qui était le  parc. 

A la mort de René de Longueil en 1677, ce sont les descendants de la famille qui continuent d’habiter le lieu, puis c’est le jeune comte d’Artois (frère de Louis XVI) qui prend possession, un siècle plus tard, de la propriété que va rénover Bélanger, au prix de lourdes dettes.

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Jean Lannes et la duchesse de Montebello

Après la période révolutionnaire où le château est vidé de ses meubles et de ses objets d’art, sous l’Empire, le château est vendu en 1804 au Maréchal Lannes qui entreprend des travaux de restauration du bâtiment et de restructuration du parc avant de mourir lors de la campagne d’Autriche en 1809. C’est sa veuve, la duchesse de Montebello qui allait ensuite revendre en 1818 le domaine à Jacques Laffitte. Le célèbre banquier allait alors le lotir à partir de 1824 en morcelant le parc.

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Le banquier Jacques Laffitte

La grande propriété va être de plus en plus démembrée à la suite de successions d’opérations immobilières entreprises par les descendants de Laffitte, puis par différents propriétaires, y compris avec une tentative de destruction du château même qui échouera de peu en 1900 !

Celui-ci et le petit parc attenant est racheté par l’État en 1905 et devient pour quelques années un musée de la sculpture jusqu’au début de la guerre 14-18. Il restera alors vide et non entretenu pendant de nombreuses années avant d’être enfin réhabilité, ce qui donne aujourd’hui la possibilité de le visiter. 

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Plan intérieur du château de Maisons

En tant que spécialiste de l’architecture classique, Claude Mignot  allait  ensuite décrire, avec délectation, l’ordonnancement de ce château. Comme dans la plupart de ses constructions, Mansart a été soucieux de dégager des perspectives que l’on allait d’ailleurs bien percevoir en pénétrant ensuite dans le vestibule central.

Avec une entrée principale ouverte vers la forêt de Saint-Germain en Laye d’un côté , le site dominait de l’autre côté la Seine et se prolongeait même au-delà, comme le montre le plan distribué par notre guide qui détaille alors la structure du bâtiment construit sur une terrasse entourée de fossés aujourd’hui disparus, composé d'un corps de logis central relativement étroit contre lequel sont ramenés de part et d’autre deux grands pavillons, précédés, côté cour, de deux pavillons bas en terrasse et côté jardin, de deux minces portiques.

Claude Mignot met en exergue l’art particulier de Mansart qui adopte ici parfaitement cette structure « pyramidante »  qui amène les volumes vers le centre en les articulant autour de l’avant corps central. C’est particulièrement vrai aussi de la structure de la façade avec la superposition des ordres doriques, ioniques et corinthiens sur les trois niveaux présents là. Il nous fait remarquer que le deuxième étage et ses fenêtres ne sert qu’à éclairer le premier étage noble et ne contient que la voute de celui-ci. 

Après cette longue introduction, nous pénétrons alors dans le château par l’appartement de René  Longueil à gauche pour nous rendre dans le fameux vestibule, initialement véritable entrée principale avec son plafond vouté, dont les belles grilles en fer forgé se trouvent désormais au Louvre. Notre guide nous montre notamment les huit colonnes doriques traitées à la manière de Michel-Ange, comme on peut le voir au Palais Farnèse ! Il nous montre également les monogrammes figurant sur celles-ci mêlant les noms de Madeleine Boulenc de Crèvecœur et René de Longueil ainsi que les quatre aigles placés à l’angle des voutes, au « long œil » ! On peut admirer également les bas reliefs représentant Neptune, Cérès, Junon et Jupiter.

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 Repoussé sur le côté, nous gravissons ensuite l’escalier à jour central, impressionnant  par sa largeur et par la blancheur de sa pierre d’Ile de France, avec ses volées suspendues d’un seul tenant. On observe là la coupole décorée de groupes d’angelots et où court un étroit corridor qui permet de desservir par le haut  les deux ailes du château. Puis on pénètre dans la grande salle décentrée par rapport à l’entrée du rez-de-chaussée, surmontée d’une tribune où prenaient place les musiciens,  débouchant curieusement, par une grande arcade, sur l’antichambre ou salon d’Hercule avec sa cheminée monumentale en saillie.

La visite continue par la chambre du roi et son alcôve, avec son plafond à l’italienne à coupoles imbriquées, sa porte donnant sur un escalier dérobé et ses lambris bas où figurent toujours les initiales des deux époux Longueil et Boulenc. On les retrouve encore sur les pilastres de l’exigu salon des miroirs circulaire attenant, où sur l’élégant  parquet en marqueterie d’os et d’étain, des coussins posés à terre à l’époque pouvaient faciliter quelques intimes activités d’après notre guide…   

En retraversant tout l’étage, on arrive à l’autre extrémité dans les appartements du Maréchal Lannes, de style empire donc, avec sa grande chambre d’angle, puis en passant devant un buste représentant Jacques Laffitte, dans une petite chambre réunissant divers objets lui ayant appartenu.

Mais l’heure s’avançant, il fallait regagner rapidement le rez-de-chaussée et les appartements du comte d’Artois conçus par Bélanger avec son décor néoclassique en stuc illustré par ses pilastres et colonnes de style corinthien, son plafond à caissons et sa belle cheminée sculptée richement décorée.

Pressés par un personnel soucieux de faire respecter l’heure de fermeture (!), il était juste temps alors de descendre au sous sol découvrir l’étonnante salle des bains remise en état il y a peu et sa baignoire quadrilobée dans un coin.

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En remontant pour prendre le chemin de la sortie, on allait alors repasser par l’appartement de René de Longueuil avec son plafond à caissons d’origine, son petit cabinet peint et surtout son salon des captifs où se trouve un tableau d’Hubert Robert et dont le nom est lié au décor de la cheminée  monumentale surmontée d’un médaillon soutenu par deux prisonniers représentant Louis XIII et d’un bas-relief illustrant la bataille de Rocroy et le triomphe du roi sur un char.

La visite s’achevait alors en admirant à nouveau côté cour, la façade classique à ressauts, son fronton surmonté d’un lanterneau, les pavillons des deux côtés formant avancée avec ses portes surélevées car donnant sur des terrasses aujourd’hui disparues. Pour être complet et avant que le temps ne se gâte vraiment, il convenait de se rendre sur la terrasse côté Seine admirer la longue façade rythmée par des avant-corps discrets et à nouveau au centre par la superposition classique des ordres.

La pluie ayant fini par tomber sur les visiteurs, il était temps de gagner un abri qui ne serait pas celui des grottes construites sous la terrasse, servant auparavant d’abreuvoirs mais désormais inaccessibles.

Une belle matinée instructive sous la conduite d’un guide passionné par son sujet !

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À noter pour ceux qui voudraient prolonger la visite, une exposition qui débute dans les sous-sols du château :
« Bâtisseurs de châteaux. La vie quotidienne d’un chantier de François Mansart, 1640-1666

Exposition du 17 juin au 20 novembre.

Emmanuel FOUQUET

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Catégorie : - Echos du Terrain
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