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Chaussures au MAD

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    Bottes Collection Falbalas ca 1935 - © MAD-H. Debois                                                                                                          Louboutin Ballerina Ultima  - Louboutin @ David Lynch   © MAD-H. Debois
 



ÉTONNANTES CHAUSSURES…

 


Si vous avez envie d’être étonné(e), ne ratez pas l’exposition « Marche et démarche », consacrée aux chaussures, au Musée des Arts Décoratifs, qui va fermer ses portes le 22 mars.
 

Tout est né, déjà, d’un étonnement : celui des organisateurs devant la découverte d’une chaussure en tissu à talon bobine de Marie-Antoinette datant de 1792 (la reine avait trente-sept ans) mesurant 21cm de long et 5 cm de large, soit une taille 33 d’aujourd’hui. C’était un temps (qui durera jusqu’au XIXe) où les femmes de la Haute société ne devaient pas marcher, surtout dans les rues…

Cela a posé des questions concernant l’équilibre et le confort (une notion très moderne), le rôle des chaussures et l’étendue des fantasmes érotiques qui les entourent comme le fétichisme des petits pieds.

 


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Chaussure de Marie-Antoinette 1792  -
© MAD- Christophe Dellière
 


Les quelque cinq cents pièces présentées rue de Rivoli illustrent de façon très complète l’art de se chausser des humains au cours des millénaires, du nouveau-né en ballerines de dentelle au clown qui pourrait skier, de la chinoise amputée du XIe siècle (1) à la française perchée sur ses orteils dans des « stilettos » Louboutin actuels ou sur des plateformes dures et épaisses des années 80, de l’égyptien en sandales d’osier tressé millénaires (retrouvées dans un tombeau) au fakir hindou aux semelles cloutées garnies de multiples pointes acérées de plusieurs centimètres.  

L’exposition va jusqu’aux chaussures « importables » créées par des artistes pour répondre à des fantasmes esthétiques et/ou sexuels. Parlez-moi des bottines en pieds de bouc sur hauts talons… La créativité humaine n’a pas de limites dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres.
 


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"Horseshoes" Iris Schieferstein 2006  © MAD - H. Debois.
 


On comprend que « l’acte de marcher est bien plus qu’une fonctionnalité ». Les formes et les proportions naturelles du pied peuvent être modifiées dans tous les sens : talons vertigineux, plates-formes démesurées, bouts s’achevant en spirales ou en bec-de-cane,… La tyrannie de la mode impose parfois des accessoires difficilement acceptables après réflexion. « Au fil des siècles, il semble que les formes aient été plutôt pensées pour entraver la marche, comme si une trop grande mobilité n’était pas convenable ».

Les organisateurs se sont même amusés à créer au cœur des galeries plusieurs rails sur lesquels on peut essayer des chaussures à plateformes exceptionnellement hautes et particulièrement difficiles à porter pour avancer et reculer. A chacun son sens de l’humour… Cela m’a rappelé le croisement cet été au Parc de Bagatelle de l’épouse d’un grand éditeur de journaux montée sur des socques en bois qui lui donnaient une démarche saccadée et bruyante d’handicapée. A chacun son allure, son sens de l’élégance, sa mise en scène…
 


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Sandales pour femmes - 1942 - © MAD - H. Debois.
 


Les chaussures des pays d’Afrique ou d’Asie présentées nous ramènent à des besoins ruraux plus terre à terre. Les matériaux sont choisis en fonction de l’élasticité, l’étanchéité, la chaleur ou la solidité que l’on recherchait. Les sandales à bout relevé évitaient par exemple que le sable ne vienne se glisser entre le pied et la semelle.

Dans cette exposition, les militaires n’ont pas été oubliés, avec des créations d’Alexis Godillot (XIXe siècle) ou des bottes de sept lieues de cavaliers (XVIIe). Les danseuses non plus avec le fameux chausson à bout carré pour faire des pointes… ou ces stilettos exacerbés créés par Louboutin pour les dames du Crazy Horse à la demande de David Lynch (2007). Les escarpins de Brummel et les ballerines de salon à rubans nous évoquent la Nouvelle Athènes au temps où elle était le centre du monde culturel.
Bien sûr que les baskets, les tennis et les sneakers ont eu droit à leur place dans ce panorama historique complet et, en baissant les yeux, sur les parquets de l’hôtel de Marsan, on pouvait constater que ce sont eux qui règnent désormais de jour en ville.  

 


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Chaussures pour femme  - aux environs de 1630  -  © MAD - Jean Tholance.
 





Anick PUYÔOU



 


(1) Je témoigne que l’on peut encore en voir quelques-unes, centenaires aujourd’hui, dans des villages reculés de l’Empire du Milieu venues se ravitailler mais qui se cachent, ayant honte d’avoir appartenu aux dernières grandes familles bourgeoises qui pratiquaient encore cette recherche …d’élégance (?), et que l’on peut acheter chez des antiquaires des bottines de 10 à 15cm
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© 9ème Histoire 2020

 


Date de création : 12/02/2020 • 13:30
Catégorie : - Expositions & Visites
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