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VISITE AU COEUR DE LA PREMIÈRE YMCA FRANÇAISE,
14 RUE DE TRÉVISE 


Près de 40 adhérents de 9ème Histoire se pressaient lundi 19 janvier après-midi dans le hall de l’UCJG (Union Chrétienne des Jeunes Gens), siège de la première YMCA française, au 14 rue de Trévise, pour découvrir son histoire et le bâtiment qui l’abrite.

En attendant l’arrivée de Sylvie Wolf, sa dynamique directrice depuis 20 ans, c’est le secrétaire général de 9ème Histoire qui débuta la visite en descendant dans le gymnase en sous-sol pour rappeler qu’il s’agissait d’un lieu historique qui avait vu se dérouler le premier match de basket-ball en Europe en 1893 ! Une plaque est d’ailleurs apposée là pour témoigner de cet événement. La salle a en effet gardé  l’aspect de cette époque avec son parquet qui accuse le temps, sa galerie en mezzanine qui abritait une piste d’athlétisme à virage relevé, fabriquée avec des lattes de bois importées des Etats-Unis.

UCJG_Deebut_XXeeme_sieecle_FFBB.jpg

Ancien basketteur lui-même, et comme le temps passait, votre serviteur détailla l’histoire de ce sport créé en décembre 1891 par James Naismith, professeur d’éducation physique au collège YMCA de Springfield (Massachussetts), à la demande de son directeur, pour occuper les élèves pendant la période de mauvais temps. La salle de la rue de Trévise est d’ailleurs une copie exacte de celle de Springfield, détruite par un incendie, ce qui en fait donc maintenant la plus vieille salle de basket au monde !

Les adhérents de 9ème Histoire apprirent que c’est d’abord dans un simple panier à pêches (avec donc un fond !), suspendu à un balcon, qu’il s’agissait de tirer. Au début du XXe siècle le panier sera remplacé par un cercle muni d’un filet comme aujourd’hui. L’exercice était rendu encore plus difficile puisque qu’il n’y avait pas de panneau pour aider les joueurs à faire entrer le ballon dans le panier. Celui-ci sera ajouté dès 1894 pour rendre plus attrayantes les parties.  

Celles-ci n’avaient d’ailleurs à l’époque rien à voir avec le jeu spectaculaire pratiqué aujourd’hui qui en fait le deuxième sport pratiqué au monde, comme en témoignent la présence dans la salle de la rue de Trévise de deux poteaux en plein milieu du terrain que les joueurs devaient donc contourner…  

Le temps continuant à passer, votre serviteur hésita à évoquer l’évolution des règles de ce sport  ou à entonner la chanson « YMCA », créée par les Village People, tube disco des années 70, pour meubler avant l’arrivée de madame Wolf ! Ce ne fut heureusement pas nécessaire et alors que le bâtiment commençait à être décrit, ce fut sa directrice qui prit alors le relais…

Nous  apprîmes  que c’est à Londres en 1844, que George Williams à 23 ans, crée la première YMCA afin que les jeunes venus travailler dans la capitale puissent s'entraider. Exportée à Paris dès 1855, l’Union de Paris d’inspiration protestante ainsi créée, s’installe dans des nouveaux  locaux, 14 rue de Trévise, en 1893, avec pour logo un triangle symbolisant l’équilibre sur les plans intellectuel, spirituel et physique.

UCJG_escalier_fer.jpgL'architecte Bénard, élève de Gustave Eiffel, est choisi pour réaliser cet important immeuble de 4.200 m² abritant des activités multiples, bel exemple de l'architecture en fer qui s'est développée dans la deuxième moitié du XIXe siècle, que l'on a du mal à imaginer lorsqu'on regarde sa façade Louis-Philippe côté rue. Dans la petite cour attenante, on peut d’ailleurs encore voir le curieux escalier extérieur à colimaçon entièrement en fer.

Sylvie Wolf précisa alors que dans ce même lieu, se trouvaient ainsi réunis pour la première fois un restaurant coopératif pour un millier de couverts par jour (au dernier étage), 40 chambres, le fameux gymnase abritant la salle de basket-ball avec sa piste de course à pied circulaire, la première piscine couverte en France, un bowling de deux pistes (malheureusement aujourd’hui en ruine), une salle polyvalente de théâtre de 272 places (avec son orgue Cavaillé Coll transféré depuis à Verrières le Buisson), une bibliothèque de 10.000 volumes, sans oublier les services sociaux et médicaux ou les cercles d'études et de partage biblique !

Cet ensemble, unique en France, a pu être réalisé grâce à la générosité de nombreux souscripteurs du monde entier, dont le principal, l'Américain James Stoke, voulait ainsi témoigner de sa reconnaissance pour l'action du général La Fayette lors de l'indépendance des Etats-Unis.

Un comité présidé par Edouard André, collectionneur, fils de banquiers protestants (qui, avec son épouse Nélie Jacquemart, mit sa fortune au service d’acquisitions d’œuvres d’art) assura le complément du financement. Une plaque en marbre rappelant cette action se trouve toujours dans le hall d’entrée. Nous pûmes entrer dans la salle avec sa cheminée monumentale qui porte aujourd'hui le nom d’André, au premier étage.

Nous eûmes également la chance de pénétrer dans la piscine de 20 m de long au sous-sol, aujourd’hui désaffectée, parce que ne répondant plus aux normes modernes, mais qui avait été fréquentée jusqu’en 1965. Nous eûmes aussi la possibilité de découvrir la salle de théâtre -à l'italienne- à la direction indépendante, désormais consacrée au rire.

Madame Wolf nous parla également des usages différents du lieu à travers les époques : d’hôpital pendant la guerre de 14-18 à l’hébergement de réfugiés sud-vietnamiens durant les années 1970, le bâtiment est inscrit à l'Inventaire des Monuments Historiques depuis1994 ... 
La directrice de l’établissement termina sa vivante présentation en évoquant la poursuite de sa mission d’accueil et son incessante bataille pour trouver les budgets nécessaires à l’entretien de ce bâtiment historique malheureusement en mauvais état.

Une bien intéressante et originale visite !

Emmanuel Fouquet

   

      


Date de création : 21/01/2015 : 13:21
Catégorie : - Echos du Terrain
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Réalisation: ParC Design

Images b andeaux tête et pied de page:
Abbaye de Chaalis : Gisant de Nélie Jaquemart André et Fresques de Le Primatice
sur les voutains de la haute nef. © Daniel Bureau


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