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Moi, Caravage - par HTa


Moi, Caravage

 

Caravage_2.jpg
Cesare Capitani (© B. Cruveiller)


Ça pourrait être l’intitulé d’une exposition sur le Caravage, comme celle qui vient de s’achever à la National Gallery de Londres, mais ce n’est pas le cas. Il s’agit du titre d’une pièce montée au Lucernaire jusqu’au 12 mars ou plutôt une reprise puisqu’elle a déjà été jouée précédemment en Avignon et dans trois théâtres parisiens.

Elle a été adaptée du roman de Dominique Fernandez, « La Course à l’Abîme », par Cesare Capitani, comédien d’origine italienne qui incarne le personnage du Caravage, racontant à la première personne, sous la forme d’une confession, la vie mouvementée du célèbre peintre.

De son vrai nom, Michelangelo Merisi (1571-1610), il était né à Caravaggio, en Lombardie ; la pièce met en lumière à la fois les différentes périodes de la vie et de l’œuvre de l’artiste. Elle décrit son enfance dans un bourg lombard, son approche de la peinture, ses premiers ennuis avec la justice, sa fuite à Rome et sa carrière. Doté d’un caractère violent et d’un côté asocial, il se montre un personnage rebelle aussi bien dans sa vie que dans son œuvre, refusant tout compromis et toute facilité, se montrant sans cesse provocateur et autodestructeur.

Garçon_Lezard.jpg    Garçon_Fruits.jpg
Le Caravage: Garçon mordu par un lézard - 1594 -                  Garçon à la corbeille de fruits - 1593  -
 

Ses œuvres sont considérées comme un défi à la morale : il prend pour modèles, pour illustrer des figures religieuses, les prostituées et les voyous qu’il côtoie dans la vie. Toujours prêt à tirer son épée, il se trouve sans cesse impliqué dans des bagarres de rues qui l’entraînent dans des procès et des séjours en prison. Ses tableaux sont d’une telle puissance et d’une telle beauté que, malgré ses frasques, il connaît aussitôt la gloire et reste courtisé par les princes et les cardinaux tout au long de sa vie.

En 1606, au cours d’une rixe, il finit par tuer un homme d’une famille haut-placée et est obligé de fuir Rome pour se réfugier d’abord à Naples où sa réputation lui permet de trouver aussitôt des commanditaires. Puis il part pour Malte où il est fait Chevalier de l’Ordre de Malte mais est renvoyé à la suite d’une altercation avec un des membres de l’Ordre, puis mis en prison ; il s’évade et va en Sicile.

David_Goliath.jpg
Le Caravage -  David avec la tête de Goliath -  1609 1610  -

Tout au long de sa courte vie (il meurt à 38 ans) et malgré une réputation sulfureuse, il trouvera toujours des protecteurs et obtiendra des commandes ; si ses œuvres sont parfois refusées dans des expositions publiques, elles sont recherchées pour figurer dans des collections privées.

En 1610, le Pape est enfin disposé à lui accorder son pardon, Michelangelo quitte donc Naples pour regagner Rome ; arrêté par erreur, il fait à nouveau un court séjour en prison et peu après son corps sera retrouvé sur une plage près de Porto Ercole. S’agit-il d’un crime ? d’une forme de suicide ? ou d’une mort due à l’épuisement et à la malaria ?

Même s’il ne fut pas l’initiateur du clair-obscur (il avait été précédé par Léonard de Vinci), le nom du Caravage y reste intimement lié puisqu’il développa abondamment cette technique ainsi que celle du ténébrisme et fut suivi dans ces pratiques par Georges de la Tour et Rembrandt.

Sur la scène du Lucernaire, il y a deux comédiens : Cesare Capitani, Caravage, et en alternance, une comédienne, Laetitia Favart ou Manon Leroy qui interprète les amants et maîtresses du Caravage.

La pièce mêle sans cesse la vie et l’œuvre de l’artiste, mettant en valeur son processus créatif. L’éclairage de la scène rappelle de façon spectaculaire le clair-obscur des tableaux et au fil de la représentation on reconnaît les œuvres du maître figurées par les gestes et mimiques du comédien. Capitani s’investit complétement dans son personnage et on peut dire « Caravage, c’est lui ».

L’auteur du roman, Dominique Fernandez, dit de lui : « … brûlé de désir, violent insoumis, possédé par l’ivresse du sacrifice et de la mort, il prend le destin du peintre pour le conduire, dans la fièvre et l’impatience, jusqu’au désastre final ».


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Théâtre Le Lucernaire
53, rue Notre-Dame -des -Champs
75006 Paris
Du mardi au samedi à 18 h 30
Dimanche :16 h
En italien les mardis

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Hélène TANNENBAUM


 

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