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Tokyo-Paris - par HTa

Jeune_Homme_Piano.jpg
Gustave Caillebotte - Jeune Homme au Piano - 1876
 


TOKYO PARIS
 

Chefs-d’œuvre du Bridgestone Museum of Art de Tokyo
 


À un an de la célébration des relations d’amitiés franco-japonaises, une exposition associant intimement l’art français et l’art japonais ouvre ses portes au Musée de l’Orangerie. Les œuvres présentées proviennent de la collection Ishibashi normalement exposée au Musée Bridgestone de Tokyo, actuellement fermé pour travaux.

Cette collection s’est faite sur trois générations ; commencée par Sojerô Ishibashi (1889-1976) vers 1920, elle a été enrichie par son fils Kan’ishirô, grand amateur d’art abstrait et son petit-fils, Hiroshi, actuel président de la Fondation Ishibashi.

Crepuscule_Venise.jpg
Crépuscule à Venise  -  Monet  - 1908

Après avoir repris l’atelier de textile familial qu’il modernise en standardisant les méthodes de production, Sojerô se tourne vers la fabrication de chaussures en caoutchouc puis fonde l’entreprise de pneus « Bridgestone » (traduction anglo-américaine de son nom. Ishi : pierre/ stone. ; bashi : pont/bridge). Puissant homme d’affaires et collectionneur passionné, il se fait bâtir une maison de style occidental dans Tokyo, au deuxième étage de laquelle il crée sa propre galerie de peinture.

Dans les années 20, il s’intéresse aux artistes japonais et en particulier à l’art « yôga » (peinture japonaise de style occidental) dont certains artistes représentatifs (Shigeru Aoki, Takeji Fujishima, Hanjirô Sakamoto…) sont exposés actuellement à l’Orangerie. L’influence incontestable de l’art occidental se fait sentir dans leurs œuvres. Comment imaginer, de prime abord, que le tableau « L’Éventail noir » soit dû à un peintre japonais (Fujishima) ?

Eventail_Noir.jpg  Jeune_Paysan.jpg
 
L'éventail noir - Takeji Fujishima                                                                   Le Jeune Paysan - Modigliani, 1918

Puis Sojerô profite de la guerre et des années d’après-guerre pour acquérir des tableaux d’artistes européens et plus particulièrement d’impressionnistes français qui ont ses faveurs.
Deux raisons expliquent la présence sur le marché japonais de nombreux chefs-d’œuvre : les difficultés économiques rencontrées par le Japon et la volonté de certains collectionneurs fortunés de vendre leurs tableaux pour en acheter de nouveaux. C’est le cas de
Matsukata, un industriel de Kobe, formé aux États-Unis, polyglotte, qui avait parcouru l’Europe pour former sa collection et auquel Sojerô rachète un grand nombre de tableaux, évitant ainsi la dispersion de ces œuvres à l’étranger.
 

Même s’il voyage peu, c’est, néanmoins, au cours d’un séjour aux États-Unis qu’Ishibashi découvre le MOMA, musée d’art moderne situé en plein cœur de New-York et qu’il décide d’ouvrir son propre musée, au centre de Tokyo, le « Bridgestone Museum » pour permettre à ses compatriotes de partager sa passion pour l’art qui ne se limite pas à la peinture puisqu’il fait l’acquisition de nombreuses sculptures dont on peut voir certains exemples dans l’exposition (Rodin, Bourdelle, Zadkine, Giacometti, Brancusi).

Baiser.jpg
Le Baiser de Brancusi - 1910

A chaque génération de la dynastie Ishibashi, correspondent des goûts différents ; si le fondateur du musée était plutôt attiré par la peinture impressionniste française, son fils, Kan’ichirô, s’est intéressé aux artistes de la première moitié du XXe siècle (Fautrier, Matisse, Picasso …) et à l’art abstrait ; quant au petit-fils, Hiroshi, il a lui aussi été séduit par l’abstraction (Pollock, Hartung, Soulages, Zao Wou-ki) mais cela ne l’a pas empêché d’acheter, en 2011, un tableau de Caillebotte « Jeune Homme au piano », représentant le frère de l’artiste, Martial Caillebotte.

Cette exposition a permis le retour « provisoire » au bercail du « Jeune Paysan » de Modigliani, œuvre qui avait initialement appartenu à Paul Guillaume dont la collection forme le fond permanent du Musée de l’Orangerie. Les deux hommes, Guillaume et Ishibashi, ont d’ailleurs partagé une passion commune pour les mêmes artistes : Renoir, Picasso, Soutine

Cette passion du Japon pour l’art occidental n’est qu’un juste retour des choses puisque les peintres français de la fin du XIXe ont marqué un intérêt appuyé pour l’art japonais et dans quantités de toiles impressionnistes on voit des reproductions d’œuvres japonaises (« Le Portrait d’Émile Zola » de Manet).
Monet, n’avait-il pas réuni dans sa maison de Giverny une collection d’estampes japonaises (Hokusai, Hiroshige, Utamaro) et fait creuser un étang dans lequel il cultivait des nymphéas et dont on traversait une partie en empruntant un pont japonais ? Le Japonisme, très à la mode dans la deuxième moitié de XIXe, a touché plusieurs pays européens (Whistler, Tissot, Degas…)

Ces dernières années, nous avons pu découvrir à Paris de nombreuses toiles d’artistes français et plus particulièrement impressionnistes, faisant actuellement partie de collections (ou d’ex-collections) privées étrangères (Hays, Chtchoukine, Ishibashi…) ce qui montre une fois de plus la profusion artistique de certains de nos peintres et l’estime des collectionneurs étrangers pour notre peinture.

Reminiscence.jpg   Saltimbanque.jpg
"Réminiscence de l'ère Tempyo" - Fujishima -1902          "Saltimbanque aux bras croisés" Picasso, 1923

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Musée de l'Orangerie

 Jardin des Tuileries
Ouvert tous les jours sauf mardi

9 h -18 h
Jusqu’au 21 août 2017

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Hélène TANNENBAUM


 

Réalisation: ParC Design

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