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Fortuny à Galliera - par HTa le 04/12/2017 : 12:38

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Fortuny – Un Espagnol à Venise

 

C’est par une exposition consacrée à Mariano Fortuny (1871-1949) que s’achève la saison « espagnole» du Palais Galliera, après deux expositions hors-les-murs : l’une au Musée Bourdelle : « Balanciaga , l’Oeuvre au noir » et l’autre à la Maison de Victor Hugo : « Costumes traditionnels espagnols ».

La plupart des vêtements, documents, objets exposés à Galliera proviennent du fonds du Palais Galliera, du « Museo del Traje » de Madrid et du « Fortuny Museo » de Venise et ce n’est pas un hasard puisque Fortuny est espagnol de naissance, vénitien d’adoption (c’est au Palazzo Pesaro-Orfei à Venise qu’il avait élu domicile et ouvert son atelier) et qu’il a passé plusieurs années de sa vie à Paris où il avait ouvert une boutique, rue de Marignan, et où résidaient nombre de ses prestigieux clients.


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Le Palazzo Pesaro-Orfei
 

S’il est surtout connu aujourd’hui pour être l’inventeur (avec Henriette Nigrin) d’un plissé indéformable utilisé pour la toute première fois, dans son modèle « Delphos », il a cependant touché à tous les arts ; il a été peintre, graveur, photographe, sculpteur, metteur en scène, styliste même s’il se considérait, avant tout, comme un peintre et un inventeur (il déposa des dizaines de brevets dans des domaines très divers, tels les textiles, l’éclairage…)

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Portrait de l'épouse de l'artiste devant un miroir - Mariano Fortuny 1930
 

Né dans une famille d’artistes : son père, Mariano Fortuny y Marsal, était peintre et sa mère, Cecilia de Madrazo y Garreta était elle-même issue d’une famille de peintres (son père fut directeur du Prado). Mariano a peu connu son père – il avait 3 ans à sa mort – mais il hérita de lui une collection d’objets rares provenant du monde entier (armes, céramiques, tapisseries, étoffes…) qui l’influença dans sa création artistique. Il était encore enfant lorsque sa mère décida de s’installer d’abord à Venise avec sa famille, puis plus tard à Paris.

C’est en 1909 qu’il se fit connaître en lançant la robe « Delphos » et son célèbre plissé, robe qu’il déclina sous des formes différentes (modèle une ou deux pièces, avec ou sans manches, avec ou sans ceinture) qu’on peut toutes voir dans l’exposition. Le plissé de cette robe pour lequel il déposa un brevet reste encore aujourd’hui bien mystérieux (On peut lire dans les brevets : « Genre de vêtement pour femmes dérivé de la robe antique », « Genre d’étoffe plissée ondulée »). La robe pouvait se ranger en boule dans une boîte ou dans une valise et retrouvait sa forme et sa fluidité aussitôt revêtue. Une fois portée cette robe en taffetas de soie épousait les mouvements du corps et libérait la silhouette. Le textile était uni, le décor se concentrant uniquement sur la ceinture lorsqu’il y en avait une.

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                       L'Aurige de Delphes                                                                       Robe "Delphos" de Mariano Fortuny

Vers 1900, suite aux fouilles du Palais de Minos à Knossos, l’antiquité grecque était redevenue à la mode dans bien des domaines, en architecture (villa Kérylos à Beaulieu-sur-Mer), en peinture (Frederic Leighton à Londres), en danse (Isadora Duncan) et dans l’habillement.

fashionmicmac-FORTUNY-boite.jpg  Fortuny_5.jpg
                                    Châle Knossos                                                                                           Détail de la robe Eleonora

 Après la robe « Delphos » qui s’inspirait de la tunique portée par l ’«Aurige de Delphes», il créa un châle intitulé « Knossos » décoré de motifs empruntés à des porcelaines crétoises.

Si le nom de Fortuny est moins connu aujourd’hui, il était très célèbre au début du XXe siècle et l’artiste comptait parmi ses clientes des personnes aussi en vue que la Comtesse Greffulhe, la danseuse Isadora Duncan, la comédienne britannique Ellen Terry, l’épouse de Charlie Chaplin, Oona, l’épouse de Paul Poiret, Denise, Jeanne Lanvin et Cecilia Sorolla, toutes séduites par ses tissus chatoyants et leurs impressions à base de poudres métalliques rappelant l’Orient.

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Elena Sorolla à la tunique jaune - Joaquim Sorolla, 1909 

A plusieurs reprises, dans « À la Recherche du Temps perdu », Proust fait allusion aux robes de Fortuny : « La robe de Fortuny que portait ce soir-là Albertine me semblait comme l’ombre tentatrice de cette invisible Venise »

Avec sa collaboratrice et future épouse, Henriette Nigrin, il avait ouvert au Palazzo Pesara-Orfei un atelier qui comptait plus de cent ouvriers. Ils choisissaient des textiles naturels qu’ils teignaient avec des colorants eux aussi naturels et sur lesquels ils imprimaient des motifs rappelant l’Asie, le monde hellénique ou les tableaux d’artistes italiens tels que Vittore Carpaccio et Giovanni Bellini.

Dans un tout autre domaine, on peut encore voir, à Paris, ce qu’il reste du théâtre privé qu’il avait rénové pour la Comtesse de Béarn, à l’Hôtel de Béhague, rue Saint-Dominique (actuelle ambassade de Roumanie) et qu’il avait équipé d’une coupole pliable mobile de son invention et dont il avait réglé l’éclairage scénique.

L’exposition consacrée à ce touche-à-tout que Proust appelait « le fils génial de Venise » est à voir jusqu’au 7 janvier 2018.

________________

 

Palais Galliera
10, avenue Pierre Ier de Serbie
75116 Paris
Tous les jours sauf lundi.
de 10 h à 18 h
Jusqu’au 7janvier 2018

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Hélène TANNENBAUM


 

Réalisation: ParC Design
Bandeau de tête de page: La place St Georges et l’hôtel de la Païva
© Daniel Bureau

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