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Alphonse Mucha - le 18/10/2018 : 17:48 par HTa



Déco_Pavillon_Bosnie_2.jpg

A. Mucha - Décor pour le pavillon de Bosnie-Herzégovine de l'exposition universelle de 1900.

 


Alphonse Mucha
 

Le Musée du Luxembourg présente, jusqu’au 27 janvier 2019, une grande rétrospective de l’artiste tchèque, Alphonse Mucha (1860-1939). En France, les affiches réalisées pour l’actrice Sarah Bernhardt et les publicités destinées à promouvoir certains produits nous étaient familières, mais les œuvres patriotiques ou mystiques du peintre restaient, pour la plupart d’entre nous, inconnues. Enfin une occasion de découvrir l’ensemble de l’œuvre grâce à la collaboration entre le musée du Luxembourg et la Fondation Mucha de Prague.


Moet_2.jpg
A. Mucha - Publicité Moet & Chandon.
 

Né en 1860, en Moravie, une province de l’empire austro-hongrois, Mucha grandit dans un décor de baroque « tchèque ». Bien décidé, depuis son plus jeune âge, à devenir peintre, il réussit à faire financer ses études d’art par le comte Eduard Khuen-Belasi (pour lequel il avait réalisé des fresques) d’abord à Munich puis à Paris, ville considérée alors comme la capitale européenne des arts.
Dès 1887, il suivit des cours à l’
Académie Julian avant de fréquenter la Grande Chaumière. C’est à Paris qu’il fit la connaissance de peintres nabis, de Gauguin avec lequel il partagea, un temps, un atelier, du Praguois Kupka, de l’écrivain suédois Strindberg ; il s’y familiarisa avec l’art japonais, le préraphaélisme et le mouvement britannique « Arts and Crafts ».


Mucha_Studio.jpg
Alphonse Mucha dans son studio.
 

En 1894, il fit la connaissance de Sarah Bernhardt et dut réaliser dans l’urgence une affiche pour la pièce « Gismonda » qu’elle devait interpréter au théâtre de la Renaissance. La comédienne fut tellement séduite par cette affiche (son format, la pose, la richesse du costume, les tons pastel) qu’elle signa un contrat avec l’artiste pour qu’il conçoive les affiches des pièces dans lesquelles elle allait jouer (« La Dame aux Camélias », « Lorenzaccio », « Médée », « Hamlet »…). Elle lui demanda également de réaliser pour les personnages qu’elle incarnait des costumes et des bijoux.


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A. Mucha - Affiches des spectacles  de Sarah Bernhardt "Gismonda" (1894) et "Médée" (1898)
 

C’est cette affiche de théâtre pour « Gismonda » qui rendit Mucha célèbre ; à l’époque, en France, l’affiche était un art populaire (Mucha avait pour rivaux en la matière des artistes aussi célèbres que Toulouse-Lautrec et Chéret) rendu facile par le développement de la lithographie en couleurs.

Artiste désormais célèbre, Mucha signa un contrat avec l’imprimeur Champenois qui lui versa une rémunération mensuelle. Il réalisa des affiches publicitaires pour le papier à cigarettes « Job », pour les champagnes « Moët et Chandon » et « Ruinart », ainsi que pour la biscuiterie « Lefèvre-Utile ».


LU.jpg
A. Mucha - Affiche publicitaire des biscuits LU 1- 897.
 

Sur toutes ces publicités, on reconnaît le style baptisé aujourd’hui « style Mucha », avec de belles jeunes femmes sensuelles, à l’abondante chevelure torsadée, revêtues de tenues mettant leur corps en valeur, présentées au milieu de motifs fleuris, dans des tons pastel.

Très versé dans toutes les formes de l’art, Mucha fut également sculpteur, photographe, décorateur ; il enseigna l’art et réalisa des planches d’art décoratif pouvant servir de modèles à la fabrication de papiers peints, de vaisselle, de bijoux…


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A. Mucha - Pendentif pour le bijoutier Georges Fouquet - 1901.
 

Lors de l’Exposition universelle de 1900, il fut pressenti pour décorer le pavillon de la Bosnie-Herzégovine avec une fresque célébrant le peuple bosniaque ; il dessina aussi les menus de certains restaurants présents dans l’Exposition.

En 1901, il réalisa la décoration « Art Nouveau » de la boutique du joaillier Georges Fouquet, située rue Royale (qu’on pourra probablement revoir au Musée Carnavalet où elle se trouve désormais, lors de la réouverture du musée, en 2020). Il s’occupa non seulement de la décoration de la boutique mais dessina pour Fouquet bagues, boucles d’oreilles et pendentifs dont on voit quelques exemples dans l’exposition.


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A. Mucha - Décoration de la boutique du joaillier G. Fouquet - 1901.
 

Mucha pensait sincèrement que les arts décoratifs permettaient d’améliorer la vie quotidienne des gens en y introduisant une forme de beauté mais animé par des aspirations plus profondes, il se servit également de l’art pour exprimer sa spiritualité, son mysticisme et son patriotisme ; il fut initié à l’occultisme par Strindberg et entra au Grand Orient de France en 1898.

Longtemps il œuvra pour un rapprochement des peuples slaves et l’indépendance de son pays.

À la recherche de mécènes pour financer une œuvre slave, il se rendit plusieurs fois aux États-Unis, entre 1904 et 1909, où il réalisa le portrait de notables, donna des cours dans des écoles d’art et finit par trouver un homme d’affaires à Chicago, Richard Crane, qui lui permit de financer son grand projet, « l’Epopée slave » (1911-1928), un appel à l’unité des peuples slaves, les incitant à tirer les enseignements de leur propre histoire. Cette épopée comporte vingt tableaux dont dix sont consacrés à l’histoire tchèque ; elle exigea de l’artiste de nombreuses recherches et de multiples déplacements dans les pays concernés (Croatie, Serbie, Bulgarie, Russie…). Ces tableaux de très grande taille n’ont pas pu être transportés à Paris et c’est donc une vidéo de ces tableaux qui est projetée sur écran avec zooms sur certains détails.


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Alphonse Mucha - L'Épopée slave.

Certaines œuvres religieuses destinées à des églises sont visibles dans la dernière partie de l’exposition, soulignant la spiritualité de l’artiste.

Après l’entrée des Allemands à Prague en 1939, la patrie de Mucha perdit l’indépendance acquise en 1919 ; Mucha fut arrêté et torturé par la gestapo pour ses idées. Il décéda peu de temps après.

Cette exposition a le mérite de couvrir tous les aspects de l’art de Mucha de façon chronologique, montrant bien toutes les facettes de sa personnalité et de son œuvre, mettant en valeur des aspects méconnus de l’artiste et pas uniquement son côté affichiste Art Nouveau même s’il est considéré comme l’un des pères fondateurs de ce style.

 


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A. Mucha: Menu du restaurant du pavillon bosniaque
à l'exposition universelle de 1900.

________________

 

Musée du Luxembourg

19, rue de Vaugirard
75006 Paris

Ouvert tous les jours de 10 h 30 à 19 h
Jusqu’au
27 janvier 2019

________________

 



 

Hélène TANNENBAUM

© 9ème Histoire 2018


 

Réalisation: ParC Design

Notre-Dame-de-Lorette et le Sacré-Coeur
© D. Bureau


© 9ème Histoire 2001-2018