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Barbie - le 19/03/2016 • 11:04 par HTa

BARBIE

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        Andy Warhol: Portrait de Barbie 1985    

Elle a été représentée quatre fois sous la forme d’une candidate aux élections présidentielles  américaines, elle a fait la une du « Time » magazine (le 8 février 2016) et l’objet de nombreuses biographies. Non, il ne s’agit pas de l’actuelle candidate à l’investiture démocrate, Hillary Clinton, mais de… Barbie, la poupée mythique, née en 1959, dont « les parents », Ruth et Elliot Handler, se sont rencontrés à Denver en 1932 avant de migrer plus à l’ouest et de s’installer à Los Angeles. Ils commencent par créer des meubles de poupées et des instruments de musique-jouets dans un atelier avant d’ouvrir leur usine ( « Mattel » ) dans laquelle ils fabriquent des poupées parlantes (« Chatty Cathy ») pour les filles et des petites voitures qui roulent vraiment (« Hot Wheels ») pour les garçons.

En 1959, ils créent la première poupée adulte, ayant le corps et les formes d’une femme et ils l’appellent « Barbie » (diminutif de « Barbara » qui est le prénom donné à leur propre fille) : elle est grande, mince, blonde et elle porte un maillot de bains blanc à rayures noires, des boucles d’oreille et des lunettes de soleil mais déjà ses créateurs ont prévu pour elle toute une gamme de vêtements à la mode.

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                                         Ruth & Elliot Handler                                                     La première Barbie de 1959                                     

Elle incarne l’idéal féminin de l’époque et l’ «American way of life ».

Elle ne laisse pas le public indifférent et très vite les avis contradictoires à son égard se multiplient. 
D’une part, elle est détestée et décriée par les mouvements féministes qui lui reprochent de véhiculer une idée fausse et négative de la femme, de privilégier la beauté à l’intelligence, de créer un être superficiel dans une seconde moitié du XXe siècle qui connaît une évolution radicale du rôle de la femme dans la société américaine (elle quitte son statut de femme au foyer pour entrer sur le marché du travail).

Barbie a donc dû s’adapter au nouveau rôle de la femme et entrer dans la vie active. Elle a exercé plus de 155 professions dont certaines essentiellement masculines ; elle a été le premier astronaute à se poser sur la lune en 1965 alors que Neil Amstrong n’y arrivera, lui, qu’en 1969 !

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         Barbie pompier                                Barbie astronaute

D’autre part, elle est louée par nombre d’Américains pour son désir d’autonomie et sa soif d’indépendance.

Vu la diversité ethnique de la population américaine, il a fallu produire des Barbie plus en rapport avec la réalité existante ; dès les années 80 apparaissent des poupées hispaniques et dans les années 90 des poupées afro-américaines. Malgré cela, entre 2012 et 2014, la baisse constante des ventes de Barbie amène ses créateurs à diversifier davantage leur poupée. Elle a désormais quatorze visages différents, huit couleurs de peau, dix-huit couleurs d’yeux et vingt-trois couleurs de cheveux et cette année, véritable révolution, elle possède quatre corps différents : la Barbie taille standard, une plus grande, une plus petite  et une aux formes plus généreuses et aux hanches plus larges, afin que toutes les petites filles du pays puissent se reconnaître dans un des modèles.

Le Musée des Arts Décoratifs, musée de la mode et du design, des jouets et de la publicité était bien placé pour monter une telle exposition.
Dans la première salle, sont montrées des poupées du XIXe siècle en carton moulé, en bois peint, en porcelaine et en chiffon, faisant, pour la plupart, partie de la collection permanente des « Arts Décoratifs ». Des photos de célèbres stylistes (Madame Grès , Madeleine Vionnet) rappellent qu’elles utilisaient quelquefois des poupées-mannequins pour élaborer leurs collections  (ce qui nous rappelle les commis-voyageurs qui faisaient du porte à porte, en province, et utilisaient des poupées pour présenter leurs vêtements). On voit aussi dans des vitrines des planches de poupées en carton avec leurs habits qu’il fallait découper pour les en vêtir et des bébés en celluloïd.

Ensuite l’histoire de l’ouverture de l’usine Mattel par les Handler et la création de la poupée « Barbie » (inspirée, d’un personnage de B.D. allemand, Lilli) nous sont narrées.

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Tout au long de l’exposition, le commissaire insiste sur l’évolution du corps de Barbie, sur la variété de professions exercées, sur les étapes de fabrication de la poupée, sur la quantité de corps de métier impliqués (dessinateurs, sculpteurs, coiffeurs, graphistes, stylistes…) et montre que Barbie a toujours été le miroir de son temps et de l’actualité. Sa notoriété est telle que tous les grands couturiers lui ont proposé leurs services (Dior, Chanel, Lacroix, Gaultier, Rykiel…) et dans l’avant dernière salle nous assistons à un défilé de mode avant de terminer par une salle dans laquelle des milliers de vêtements et accessoires (chaussures, sacs, lunettes, colliers, serre-tête…) confectionnés pour Barbie sont exposées dans des vitrines.

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    Barbie au Passage des Panoramas                              Barbie Lagerfeld

Le côté « people » n’est pas négligé, on apprend la rupture de Barbie et de Ken, en 1961. En 2004, elle rencontre un surfeur australien du nom de Blaine mais aux dernières nouvelles, elle aurait repris sa liaison avec Ken. Si nous avons la chance de vivre assez longtemps, peut-être connaîtrons-nous une Barbie aux cheveux blancs et au visage ridé, représentée en veuve éplorée, vêtue d’un tailleur noir de chez Chanel (ou successeur…).

Cette exposition, qui peut être perçue à plusieurs niveaux,  séduit les enfants comme les adultes et montre que Barbie, en se renouvelant sans cesse, est devenue le reflet d’une société et de son évolution et incarne les changements sociaux et culturels de son époque.

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MUSÉE DES ARTS DECORATIFS
107, rue de Rivoli
75001 Paris

Exposition jusqu’au 18 septembre 2016
Tous les jours de 11 h à 18 h
SAUF le lundi

Hélène TANNENBAUM


 


Grandes Robes Royales à St Denis - le 06/03/2016 • 11:21 par HTa

LES GRANDES ROBES ROYALES DE LAMYNE M.



 

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Gisant de Blanche de Bretagne

En me rendant à la Basilique de Saint-Denis pour voir « Les Grandes Robes Royales de Lamyne M . », je suis arrivée un quart d’heure avant une visite guidée de la nécropole (deux visites guidées par jour à 11 h et à 15 h) et n’ai pas pu résister à la redécouverte, sous la conduite d’un guide, des sépultures des rois et reines de France. J’ai ainsi beaucoup appris sur l’évolution de l’art et des coutumes funéraires, chez les rois, du XIIe siècle jusqu’aux grandes compositions de la Renaissance.
Ce jour-là, la Basilique était baignée de lumière, ce qui mettait en valeur la merveilleuse rosace aux teintes bleues située dans le transept nord.

Basilique_St_Denis.jpg  Rosace.jpg

Le couturier et artiste Lamyne M., dont on expose ici les robes, est né au Cameroun en 1977. Son père qui vendait des tissus pensait qu’il n’y avait aucun avenir dans le milieu de la couture mais son fils ne tint pas compte de ses conseils et après de multiples voyages dans des pays étrangers il s’installa à Saint-Denis, en 2006, et se lança dans la confection de robes, s’inspirant des différentes civilisations qu’il avait côtoyées.

Il expose huit robes dans la Basilique (six dans les chapelles de la crypte et deux dans le chevet de la Basilique) ; d’autres robes sont visibles au Musée d’Art et d’Histoire de la ville de Saint-Denis, à l’Office de Tourisme et au Théâtre Gérard Philipe.

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                        Robe de Jeanne de Bourbon                                            Robe de Jeanne II de France                         Robe de Constance de Castille

Toutes les robes mesurent trois mètres de hauteur et elles s’inspirent des robes des gisantes, portées par des reines et des princesses ensevelies dans la nécropole royale de Saint-Denis  et qui étaient souvent restées dans l’ombre de leurs maris ou de leurs frères.

Par le choix de la taille de ces robes, Lamyne M. veut insister sur l’importance de la femme dans notre société même si elle ne correspond pas à la place qu’on lui a faite. Il veut également célébrer la diversité des cultures, origines et religions des 124 nationalités présentes dans la ville de Saint-Denis grâce au choix des tissus utilisés (tissus contemporains du Maghreb, africains, chinois, denim, sportswear…).

L’artiste a adopté une démarche éthique et solidaire ; il pratique la récupération de certains tissus, fait travailler des femmes en situation précaire, réunies dans des ateliers de réinsertion. Pour réaliser ces robes, il a également fait appel à des élèves du Lycée des arts du spectacle et de la création textile de  « La Source » à Nogent-sur-Marne.

Il  espère aujourd’hui attirer dans la Basilique des dyonisiens qui ne sont jamais entrés dans l’édifice religieux.

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Basilique de Saint-Denis
1, rue de la Légion d’honneur
93200 Saint-Denis

Exposition jusqu’au 30 avril 2016
de 10h à 17h15

Hélène TANNENBAUM


 


Valadon, Utrillo & Utter - le 21/02/2016 • 20:21 par HTa

VALADON, UTRILLO & UTTER A L'ATELIER 12, RUE CORTOT

Quelques années après la rénovation du Musée de Montmartre, à quelques mètres du bâtiment principal, a été ouvert au public en octobre 2014, après restauration, l’atelier-appartement qui a servi d’habitation et de lieu de travail à de nombreux artistes « en résidence » (Émile Bernard, Auguste Renoir, Raoul Dufy, Suzanne Valadon…). Ce deuxième bâtiment semble désormais destiné à abriter des expositions temporaires alors que l’ancienne bâtisse du XVIIe siècle qui portait le nom de « Maison du Bel Air » montre les collections permanentes (tableaux, affiches, dessins…) du Musée de Montmartre, nous faisant revivre l’histoire de la Butte, avec ses nombreux cabarets, ses ateliers d’artistes, ses moulins et son atmosphère « bohème »

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Maurice Utrillo: Maison de Berlioz à Montmartre ca 1920

Pour parvenir à l’entrée du musée lui-même (le balisage n’est pas très clair), il faut traverser des jardins baptisés « Jardins Renoir » car c’est là que Renoir, en résidence au 12, rue Cortot, de 1875 à 1877, peignit « Le Bal du Moulin de la Galette » et « La Balançoire ». Depuis les jardins, il faut profiter de la belle vue sur les vignes du Clos Montmartre.

Le rez-de-chaussée du musée nous montre un aspect de Montmartre aujourd’hui presque entièrement disparu : les moulins et leurs usages multiples au cours des années ainsi que des photographies du « maquis » (cabanes et maisonnettes de bois) qui constituaient encore le Montmartre du début du XXe siècle.

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André Utter: Maison 12, rue Cortot à Montmarte  - 1947

Aux étages, plusieurs salles consacrées chacune à un sujet particulier : celle du « Chat Noir » célèbre cabaret ouvert par Rodolphe Salis (lire, sur ce site, l’article d’Emmanuel Fouquet intitulé « L’Âne Rouge »), et qui a connu plusieurs domiciles, d’abord bd Rochechouart et ensuite rue de Laval, aujourd’hui rue Victor Massé,  celle du Théâtre d’Ombres de Henri Rivière qui a fait la réputation du « Chat Noir ». Il est également question de tous les autres cabarets célèbres et lieux de divertissement qui ont animé le quartier : «  Le Mirliton », « Le Lapin Agile », « Les Quat’z’arts », « L’Âne Rouge », le cirque Fernando (plus tard appelé Médrano)
Une autre salle a pour thème «  Le Moulin Rouge  », on y voit des affiches, des articles sur celles qui en furent les vedettes (Jane Avril, La Goulue) et un extrait du film de Jean Renoir « Moulin Rouge ». Les débuts de la Commune sont évoqués dans une autre salle.

L’exposition temporaire, prolongée jusqu’au 13 mars, se tient dans l’autre bâtiment dans lequel se succèdent les œuvres de Suzanne Valadon,  d’André Utter et enfin de Maurice Utrillo.

C’est aux arts du cirque que se destinait Marie-Clémentine Valadon (1865-1938), plus tard appelée Suzanne, mais une chute de trapèze mit fin à ses ambitions. Elle devint alors modèle et posa pour J.J. Henner, Puvis de Chavannes, Renoir, Toulouse-Lautrec et Modigliani. Avant de devenir elle-même peintre, elle consacra dix années de sa vie au dessin.

En 1883, elle eut un fils, Maurice, né de père inconnu mais à qui, un de ses amants, le catalan Miguel Utrillo, donna son nom. C’est grâce à Maurice que, plus tard, Suzanne fit la connaissance du peintre André Utter qui, un soir, ramena son ami Maurice, ivre, chez sa mère. Il était de vingt et un ans le cadet de Suzanne.

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Suzanne Valadon: Portrait de famille 1912

André Utter (1886-1948) appartenait à une famille modeste de Montmartre ; son père était plombier-zingueur. C’était un autodidacte qui, très tôt, avait fréquenté la Bohème de Montmartre qu’il retrouvait fréquemment au « Lapin Agile » ou au « Bateau Lavoir » (il connaissait Picasso, Jacob, Apollinaire, Derain…). C’était dans un cabaret qu’il avait rencontré Maurice Utrillo, son contemporain, avec lequel il s’était lié d’amitié.
Il s’installa au 12, rue Cortot en 1912, peu après le divorce de S.Valadon dont il était devenu l’amant et il y restera jusqu’à sa mort, en 1948.

Suzanne Valadon n’avait que 18 ans à la naissance de son fils et dut compter sur l’aide de sa mère pour élever son enfant. Après l’obtention du certificat d’études, Maurice Utrillo (1883-1955) entreprit une carrière commerciale, mais sans succès. Très tôt, il montra un caractère instable, eut des accès de folie et révéla un sérieux penchant pour l’alcool. Dès l’âge de 21 ans, il se mit à peindre et devint très vite associé à l’image de Montmartre dont il représentait, sur ses toiles,  les rues et les paysages.

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Maurice Utrillo - Rue Seveste

Les trois peintres, Suzanne Valadon, la mère, Maurice Utrillo, le fils et André Utter, l’amant puis le mari de Suzanne,  connus, à Montmartre, sous le nom de « Trio Infernal » ou « Trinité Maudite », vécurent rue Cortot de 1912 à 1926, date de la séparation de Valadon et Utter ; Valadon et son fils s’installèrent alors dans un appartement acheté par Maurice, avenue Junot.

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M. Utrillo: Le repos  1925  -   Suzanne Valadon: Portrait d'Utrillo 1921

Ces quatorze années furent une période de grande créativité artistiques pour ces trois artistes à la fois rivaux et complices. L’atmosphère, rue Cortot, était souvent électrique étant donné les accès de folie et les crises d’éthylisme de Maurice. Celui-ci obtint rapidement du succès en tant que peintre et ses tableaux se vendaient bien, ce qui incitait Suzanne et André à l’enfermer dans sa chambrette pour l’empêcher de boire et l’obliger à peindre.

Après une exposition Valadon / Utrillo à la Pinacothèque, il y a quelques années, voilà une nouvelle occasion de retrouver leurs œuvres et celles du troisième membre de la trinité, André Utter.

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                          Valadon et Utrillo enfant           -               Autoportrait de Suzanne Valadon 1894                   

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Musée de Montmartre
12, rue Cortot
75018 Paris

Ouvert tous les jours de 10 h à 18 h
Jusqu’au 13 mars

Hélène TANNENBAUM


 


Le Triomphe de la Musique - le 03/01/2016 • 15:54 par HTa

LE TRIOMPHE DE LA MUSIQUE

C’est à la Philharmonie I, bâtiment conçu par l’architecte Jean Nouvel, à la Cité de la Musique, Porte de Pantin, pour abriter une salle de concert, une salle de répétition et un espace d’exposition, que se tient l’exposition « Le Triomphe de la Musique » consacrée à Marc Chagall et ses rapports avec le monde de la musique.

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Marc Chagall (né en 1887, à Vitebsk, en Biélorussie, dans une famille de juifs hassidiques et mort en 1985, à Saint-Paul-de-Vence) a toujours accordé beaucoup d’importance à la musique et aux instruments de musique (violons, trompettes, harpes, violoncelles…) qui sont omniprésents dans toute son œuvre.

Après des études à Saint-Pétersbourg, Chagall décida de venir à Paris, juste à temps pour connaître la fin du fauvisme et les débuts du cubisme mais il n’adhéra jamais à aucune école et développa, toute sa vie, un style personnel.

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         -          L'Oiseau de Feu 1945

Il retourna dans sa ville natale en 1914 et ne put revenir à Paris pour cause de guerre. C’est donc pour la communauté juive qu’il peignit ses premières œuvres, en créant des décors pour le Théâtre juif de Moscou (1919-1920). Ce n’est qu’en 1922 qu’il put regagner Berlin puis Paris. A son retour, il fit la connaissance d’Ambroise Vollard qui lui commanda des illustrations pour « Les Fables » de La Fontaine et pour « Les Âmes Mortes » de Gogol. Il devint citoyen français en 1937 mais dès les débuts de la seconde guerre mondiale, en raison de ses origines juives, il dut quitter Paris pour la zone libre, puis pour les États-Unis. Pendant son « exil » américain, il créa des costumes et des décors pour le ballet « Aleko », en 1942, au Mexique et pour « L’Oiseau de Feu », en 1945, à NewYork.

L’exposition de la Philarmonie montre l’œuvre de Chagall pour le théâtre et l’opéra (décors, costumes, commandes de panneaux décoratifs) dans une chronologie inversée, commençant par le plafond de l’Opéra de Paris, commandé par Malraux en 1961 et réalisé entre 1963 et 1964, et finit par les panneaux réalisés pour le théâtre juif de Moscou en 1920, aujourd’hui conservés à la Galerie Tretiakov, à Moscou.

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Daphnis & Chloe moissonnant (détail plafond de l'opéra Garnier) - Commedia dell'Arte (Théâtre de Francfort)

La première salle consacrée au plafond de l’Opéra, d’une dimension de 220 m²,  destiné à « recouvrir » l’ancien plafond de J.E. Lenepveu (1819-1898) , est reconstitué ici, en format réduit, et des projections murales  avec zooms sur les différentes parties du plafond montrant les quatorze  compositeurs choisis par l’artiste pour illustrer l’opéra, sont accompagnées d’airs d’opéra (« Carmen » pour Bizet, « La Flûte Enchantée » pour Mozart…) et permettent aux visiteurs de voir,en gros plan, les détails de la peinture de Chagall comme personne présent dans la salle de l’Opéra ne peut les voir. Dans cette salle sont également présentées les esquisses de Chagall pour ce plafond, peint en vingt-quatre parties, sur le sol de la Manufacture des Gobelins et rassemblées dans un hangar de Meudon.

Dans les salles suivantes, un tableau de la « Commedia dell’Arte » réalisé en 1956 pour le Théâtre de Francfort, scelle la réconciliation avec l’Allemagne ; à côté se trouvent des tableaux du « Triomphe de la Musique », réalisés en 1966, pour le Lincoln Centre de NewYork. Figurent également de nombreux costumes réalisés par Chagall pour « L’Oiseau de Feu » et « La Flûte Enchantée » qui ont été prêtés par le Metropolitan Opera de New York.

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IZIS: Chagall travaillant au "Triomphe de la Musique"  -  Projet de costume de Papageno  - La Musique Théâtre juif de Moscou 1920

Dans deux petites salles sont réunis des céramiques, sculptures et collages réalisés par Chagall et liés au thème de la musique. Un film montre un extrait de « Daphnis et Chloé », monté à l’Opéra de Paris en 1959 et dont Chagall fit les costumes et les décors. Tout au long de l’exposition des photos du célèbre artiste d’origine lituanienne Izis nous montrent Chagall au travail.

La fin de l’exposition est consacrée aux décors du Théâtre juif de Moscou, réalisés en 1919-1920 et réunissant dans une même œuvre la musique, la danse, le théâtre et la littérature, le tout accompagné d’une musique klezmer.

Cette exposition montre les multiples facettes de l’art de Chagall (peinture, sculpture, céramique, costumes, tapisserie…) et sa passion pour la couleur ; l’ensemble est accompagné de photos, d’extraits de films et d’opéras pour un triomphe des arts musicaux.

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PHILHARMONIE 1
Jusqu’au 31 janvier 2016
Ouvert tous les jours sauf le lundi, de 12 h à 18 h
221, avenue Jean Jaurès

75019 Paris

Hélène TANNENBAUM


 


La Mode Retrouvée - le 20/12/2015 • 12:00 par HTa

LA MODE RETROUVÉE
LES ROBES TRÉSORS DE LA COMTESSE GREFFULHE

Le Palais Galliera, musée de la mode de la Ville de Paris, présente, en ce moment, une exposition dans laquelle de nombreuses tenues (robes, manteaux, capes, accessoires…) ayant appartenu à la Comtesse Greffulhe sont montrées.

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Portrait de Ph. de Laszlo   -  Portrait de P. C. Helleu - pastel

Craignant de mourir jeune, la comtesse avait précisé, dans un testament rédigé à l’âge de 32 ans,  dans quels effets elle souhaitait être enterrée. Sa longévité (elle vécut jusqu’à 92 ans) lui permit de traverser bien des époques (le Second Empire, deux Républiques, la Belle Époque, les Années Folles, deux guerres) et bien des modes.

Marie Joséphine Anatole Louise Elisabeth de Riquet de Caraman – Chimay naquit en 1860 et mourut en 1952. Elle était issue d’une grande famille belge et de l’aristocratie française ; fille de Joseph de Riquet de Caraman, prince de Chimay, et d’une princesse née Marie de Montesquiou-Fezensac. Les enfants issus de ce mariage avaient tous reçu une éducation artistique et littéraire.

A 18 ans, Elizabeth épousa le futur Comte Greffulhe, héritier d’un empire financier et immobilier. Il lui permit, grâce à son argent, de vivre dans un certain luxe, mais elle n’eut de cesse d’obtenir son indépendance par rapport à un mari volage plus intéressé par ses maîtresses et par la chasse que par la vie de famille.

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Portraits de la Comtesse Greffulhe par Otto Wegener 1886

Dès son enfance, Elisabeth avait reçu une éducation musicale (piano, guitare) ; plus tard elle prit des cours de dessin auprès de Paul-César Helleu et de photographie auprès de Paul Nadar (le fils de Félix) qui, non seulement l’initia à la photographie mais la prit souvent en photo, tout comme le fit le photographe d’origine suédoise Otto Wegener. De nombreuses photos de la comtesse par ces deux artistes sont exposées à Galliera, juxtaposant ainsi les robes léguées au musée par les héritiers et les photos représentant la comtesse portant ces robes.
Ces documents montrent la beauté, l’allure et la classe de la comtesse dont le physique fascina
Marcel Proust qui fit sa connaissance en 1892 et ne cessa, après cette rencontre, de lui réclamer une photo. C’est elle qui inspira à Proust, le personnage de la Duchesse de Guermantes dans « La Recherche du Temps Perdu ».

La comtesse tenait salon et recevait des hommes politiques et les artistes de l’époque dans son hôtel particulier de la rue d’Astorg, au Château de Bois-Boudrau (Seine et Marne) et dans sa villa de Dieppe, cadeau de son beau-père mais qui était tout à elle, son mari préférant les plaisirs de la vie parisienne.

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La comtesse et sa robe aux lys par Nadar 1892

De nombreuses tenues, de jour et du soir, griffées ou non, mais sorties des ateliers de Babani, de Worth, des Sœurs Caillot, de Lanvin, de Nina Ricci… montrent que, dans le choix de ses effets, la Comtesse préférait, plutôt que de suivre la mode de l’époque, imposer à ses couturiers son style et sa personnalité. A côté des robes, manteaux et capes (l’une d’entre elle est un manteau d’apparat provenant de l’actuel Ouzbékistan, offert, en 1896, par le tsar Nicolas II et transformé en cape par la maison Worth), dans une petite salle sont exposés des accessoires ayant appartenu à la Comtesse (chaussures, éventails, gants…) ou au Comte (chapeaux, cravates, bretelles…).

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Cape de Worth  -  Robe de jour Soinard

La Comtesse, très consciente de sa beauté et assez narcissique, apposait des photos d’elle sur les murs de ses propriétés mais elle savait aussi se mettre en retrait et consacrer son temps à de « bonnes causes ». Sur le plan artistique, elle promut la Société des grandes auditions musicales de France (pour faire connaître les œuvres de grands compositeurs oubliés et aider de jeunes artistes contemporains) et les Ballets Russes de DaghilievSur le plan scientifique, elle aida Edouard Branly, en 1902, à réunir des fonds pour poursuivre ses recherches sur la téléphonie et Marie Curie, en 1903, à créer l’Institut du Radium, connu aujourd’hui sous le nom de l’Institut Curie.

En politique, elle défendit le Capitaine Dreyfus, ce que certains lui reprochèrent vivement.

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La Comtesse Greffulhe et sa fille par Nadar 1886

Cette exposition nous montre non seulement de très élégantes tenues et de beaux accessoires féminins et masculins mais, surtout, nous fait mieux connaître une femme exceptionnelle.

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Palais Galliera
jusqu’au 20 mars 2016
Horaires :
Ouvert tous les jours de 10 h à 18 h sauf le lundi
10, avenue Pierre 1er de Serbie
75116 Paris

Hélène TANNENBAUM


 


 

Réalisation: ParC Design

Exposition Paris Romantique juin 2019
Eugène Deveria - Achille & Eugène Deveria  - 1836
Clésinger - Delphine Gay terre cuite - 1854

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