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À NOTER À VOIR - Archives

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Schneider chez Mendjiski - le 01/04/2016 • 09:00 par HTa

SCHNEIDER - LES ENFANTS D’UNE ŒUVRE

Trois bonnes raisons de vous rendre au Musée Mendjisky, situé au fond d’une impasse, à la sortie du métro Vaugirard.

La première, c’est pour découvrir le bâtiment qui l’abrite ; c’est l’ancien atelier (et habitation) du maître-verrier Louis Barillet (1880-1948) qui, après avoir travaillé avec son ami Robert Mallet-Stevens sur plusieurs chantiers, lui avait demandé de concevoir pour lui un immeuble pouvant accueillir trois ateliers et un logement.

Barillet lui-même collabora à ce projet en réalisant un important vitrail vertical monochrome, placé dans la cage d’escalier située en façade de l’immeuble ainsi qu’un vitrail représentant  « L’Histoire de Psyché » sur le palier du 3e étage. Il conçut également les mosaïques décorant les paliers de chaque niveau.

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                                                              Musée Mendjisky                                                                               Vitrail de Barillet (fragment)

La deuxième raison de venir à ce musée est pour mieux connaître l’œuvre du peintre Mendjisky (1890-1951) et celle des artistes des Écoles de Paris.

Le Musée a ouvert ses portes en 2014 et la première exposition organisée par Serge Mendjisky, fils de Maurice et artiste lui-même (peintre et photographe), était axée sur l’œuvre de son père et de ses contemporains.

Ce musée porte le nom de Mendjisky et celui des Écoles de Paris pour rappeler que deux courants artistiques ont porté ce nom : le plus connu est le premier qui compte essentiellement des artistes étrangers venus d’Europe centrale qui s’installèrent à Paris au début du XXe (Chagall, Soutine, Kisling, Zadkine…) La plupart d’entre-eux fréquentèrent le quartier du Montparnasse et habitèrent à La Ruche. La deuxième École de Paris regroupe des artistes arrivés entre 1945 et 1960 (Estève, G. Pignon, Alfred Mannessier…).

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M. Mendjisky autoportrait

Serge Mendjisky a voulu, à travers ce musée, rendre à son père, peintre méconnu, la place qu’il mérite et mettre en valeur les artistes des deux Écoles de Paris.

En 1906, venu de sa Pologne natale, Maurice Mendjisky arrive à Paris ; il  entre aux Beaux-Arts et intègre La Ruche. Il fait la connaissance de celle qu’on appelle « Kiki de Montparnasse » et avec laquelle il vivra pendant trois ans. Il en fait un très beau tableau qu’on peut toujours voir dans la partie exposition permanente du musée, située au sous-sol du bâtiment. Après la 2e Guerre Mondiale, durant laquelle il entre dans la Résistance et perd son fils, Claude, résistant lui aussi, il fait une série de dessins, très émouvants, à l’encre noire sur le Ghetto de Varsovie. (on peut en voir certains dans l’exposition permanente).

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                            M. Mendjisky Hommage aux combattants du ghetto de Varsovie                                      Kiki de Montparnasse 

La troisième raison de venir au musée est pour voir l’exposition temporaire, située sur deux niveaux : « Schneider-Les Enfants d’une Œuvre ».

Aujourd’hui  peu connu, au regard de Daum et de Gallé, Schneider fut néanmoins à la tête d’une des plus importantes verreries du XXe siècle. Charles Schneider (1881-1953) dont la famille est originaire de Lorraine, s’installe à Nancy à la fin du XIXe siècle, à l’époque de l’École de Nancy.
A l’âge de 16 ans, il entre chez le verrier Daum tout en suivant des cours à l’École des Beaux-Arts de Nancy où il rencontre probablement le verrier Jacques Gruber. Il poursuit ses études à l’École des Beaux-Arts de Paris, après avoir obtenu une bourse d’études.

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               Coupe Orange Tango                                                             Vase Capucines

En 1913, Charles et son frère Ernst qui travaillait lui aussi chez Daum, achètent une verrerie à Épinay-sur Seine mais leur activité s’arrête dès le début de la guerre, les deux frères étant mobilisés. Les besoins nationaux en verrerie sanitaire sont tels que cela entraîne la libération des deux frères de leurs obligations militaires et la réouverture de leur usine.

Après la guerre, l’entreprise est reconvertie en verrerie d’Art. D’abord très influencés par la tendance Art Nouveau, les deux frères s’orientent, dans l’entre-deux-guerres, vers l’Art Déco (motifs naturalistes et stylisés avec des couleurs vives). Leur production a beaucoup de succès notamment auprès des Américains, tout au moins jusqu’à la crise de 29. Malgré le développement de produits plus fantaisistes et moins haut de gamme, l’entreprise est obligée de fermer. Une nouvelle verrerie verra le jour en 1950 mais sera détruite par un incendie en 1957. L’activité des Schneider cesse définitivement en 1981.

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Le choix du Musée Mendjisky , installé dans les locaux du maître-verrier Barillet, pour présenter les œuvres d’un autre verrier, Schneider, semble tout à fait approprié et cette exposition plaira à ceux qui apprécient les vases, coupes, gobelets… Art Nouveau et Art Déco.

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MUSÉE MENDJISKY-ECOLES DE PARIS
15, square de Vergennes
(accès par le n°279, rue de Vaugirard, au niveau du porche)
75015 Paris

Exposition jusqu’au 24 avril 2016
Tous les jours de 11 h à 18 h
SAUF le jeudi

Hélène TANNENBAUM


 


Fondation Taylor - le 25/03/2016 • 12:00 par EFo

« DANS L’ATELIER D’ALBERT MAIGNAN »
À LA FONDATION TAYLOR

C’est un véritable retour aux sources que propose la Fondation Taylor avec la présentation de cette exposition consacrée à Albert Maignan (1845-1908), dans les lieux mêmes où a travaillé  ce « peintre et décorateur singulier du Paris fin de siècle », comme le présente les commissaires de cette belle exposition. 

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         Albert Maignan et sa femme                              Albert Maignan dans son atelier

L’artiste, familier du 9e puisque il avait habité avec sa famille le 45 rue Taitbout dès l’âge de 20 ans,  fut en effet membre de la Fondation Taylor en 1879, puis son président de 1905  jusqu’à sa mort en 1908 dans la villa de sa femme à Saint-Prix (Val d’Oise), au pied de la forêt de Montmorency.

Sa femme, elle-même pastelliste et  fille du peintre
Charles-Philippe Larivière, qu’il avait épousée en 1878 à l’église Notre-Dame-de-Lorette, léguera à sa mort en 1947 l’hôtel particulier du 1 rue La Bruyère qui avait été leur maison pendant des années et dont le peintre avait fait son atelier en rehaussant le dernier étage en 1878, afin de pouvoir travailler sur des grands formats.  

Ses œuvres ont trouvé par ailleurs refuge pour la plupart au Musée de Picardie, aujourd’hui partenaire de l’exposition.

En parcourant les salles de la Fondation, y compris dans ses divers recoins, on suit ainsi le parcours d’un artiste multiforme à la fois peintre, illustrateur et décorateur, d’inspiration le plus souvent  symboliste et naturaliste, qui connut la célébrité à la fin du XIXe, après avoir obtenu diverses distinctions au Salon des artistes français auquel il participa à partir de 1867  et notamment la médaille d’or à l’Exposition Universelle de 1889 pour son chef-d’œuvre Les voix du tocsin.  Cela allait valoir en effet  à Albert Maignan, jusqu’alors plutôt portraitiste et peintre de scènes historiques, des commandes de diverses institutions publiques ou privées pour décorer des sites, notamment parisiens.  

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Les voix du tocsin exposé à la Fondation Taylor

C’est ce travail de décoration qui est particulièrement montré ici avec un grand nombre de dessins préparatoires et d’esquisses que l’artiste s’obligeait à exécuter pour chaque œuvre commandée. Celles-ci sont d’ailleurs très bien décrites sur des panneaux explicatifs et présentées dans différentes  salles avec donc les travaux préparatoires qui l’accompagnaient.

On perçoit ainsi la belle technique du maître, son sens du mouvement mais aussi ses tâtonnements avant l’aboutissement de l’œuvre, les couleurs utilisées étant la plupart du temps plutôt dans les tons médiums.

En parcourant les différentes salles  on découvre alors successivement :
- les dessins et esquisses pour des modèles de tapisserie, réalisés en 1895, qui allaient décorer la salle des conférences du Sénat autour du thème des Métamorphoses d’Ovide.   

- Le travail sur les écoinçons illustrant des personnages de la littérature française, qu’il fit pour le Salon des Lettres à l’Hôtel de Ville (1891), à l’occasion de sa reconstruction après l’incendie lors de la Commune.

- Dans l’espace sous verrière de l’exposition, le travail réalisé en 1897 pour des panneaux et le plafond du foyer de l’Opéra Comique, lors de sa restauration à la suite également d’un incendie, et qui illustre des personnages d’œuvres comme La Dame blanche ou Les Noces de Jeannette.

- les esquisses et dessins réalisées en 1894 pour les panneaux de la grande salle de la chambre de commerce de Saint-Etienne sont elles d’inspiration nettement naturaliste en  illustrant l’agriculture.

- C’est cette même inspiration qu’on relève dans les travaux préparatoires des panneaux décoratifs de la salle des Fêtes de l’Exposition Universelle de 1900 ou encore dans les études pour le décor, la même année, du restaurant Le Train bleu à la gare de Lyon (La Bourgogne, Les Fêtes d’Orange).

- Dans un petit local avec sa cheminée d’époque on découvre la légère décoration florale commandée pour les salons de l’Hôtel Homberg, rue Murillo, aujourd’hui détruit.

- Au sous-sol, dans la cave voûtée,  se trouvent les dessins et esquisses pour la décoration du plafond de la chapelle Notre-Dame de Consolation (1900), rue Goujon, construite en mémoire des victimes de l’incendie du Bazar de la Charité et représentant Le Christ recevant dans sa gloire les victimes de la charité.   

- Il faut ensuite prendre l’ascenseur pour se hisser au 5e étage  et atteindre l’atelier de l’artiste où s’offre alors le tableau monumental des Voix du tocsin (5,5m x 4,5m !) et ses délicats camaïeux de gris, avec une force pourtant qui rappelle les tableaux de Michel-Ange, Albert Maignan a effectué en effet de nombreux voyages en Italie et avait une grande admiration pour les maîtres italiens.

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  Déroulé et relevage du tableau Les voix du Tocsin

Dans la même salle on peut voir aussi un certain nombre de dessins et d’esquisses ayant servi à l’élaboration de l’œuvre.  C’est  d’ailleurs à cet endroit même que sera restaurée (en public) la toile, déroulée pour la première fois depuis 1918 où elle se trouvait au Musée de Picardie.

Sur la mezzanine sont présentées également des esquisses de deux œuvres réalisées dans ce même atelier : La mort de Carpeaux et La muse verte, toutes deux d’une grande intensité dramatique.

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 Albert Maignan esquisse de La Mort de Carpeaux                              La Muse Verte

Une exposition à ne pas manquer et qui devrait faire l’objet prochainement d’une visite commentée pour les adhérents de 9ème Histoire.

          

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FONDATION TAYLOR

1, rue La Bruyère
75009 Paris

Exposition jusqu’au 7 Mai 2016
de 14 h à 20 h
SAUF dimanche 

Emmanuel FOUQUET


 


Barbie - le 19/03/2016 • 11:04 par HTa

BARBIE

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        Andy Warhol: Portrait de Barbie 1985    

Elle a été représentée quatre fois sous la forme d’une candidate aux élections présidentielles  américaines, elle a fait la une du « Time » magazine (le 8 février 2016) et l’objet de nombreuses biographies. Non, il ne s’agit pas de l’actuelle candidate à l’investiture démocrate, Hillary Clinton, mais de… Barbie, la poupée mythique, née en 1959, dont « les parents », Ruth et Elliot Handler, se sont rencontrés à Denver en 1932 avant de migrer plus à l’ouest et de s’installer à Los Angeles. Ils commencent par créer des meubles de poupées et des instruments de musique-jouets dans un atelier avant d’ouvrir leur usine ( « Mattel » ) dans laquelle ils fabriquent des poupées parlantes (« Chatty Cathy ») pour les filles et des petites voitures qui roulent vraiment (« Hot Wheels ») pour les garçons.

En 1959, ils créent la première poupée adulte, ayant le corps et les formes d’une femme et ils l’appellent « Barbie » (diminutif de « Barbara » qui est le prénom donné à leur propre fille) : elle est grande, mince, blonde et elle porte un maillot de bains blanc à rayures noires, des boucles d’oreille et des lunettes de soleil mais déjà ses créateurs ont prévu pour elle toute une gamme de vêtements à la mode.

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                                         Ruth & Elliot Handler                                                     La première Barbie de 1959                                     

Elle incarne l’idéal féminin de l’époque et l’ «American way of life ».

Elle ne laisse pas le public indifférent et très vite les avis contradictoires à son égard se multiplient. 
D’une part, elle est détestée et décriée par les mouvements féministes qui lui reprochent de véhiculer une idée fausse et négative de la femme, de privilégier la beauté à l’intelligence, de créer un être superficiel dans une seconde moitié du XXe siècle qui connaît une évolution radicale du rôle de la femme dans la société américaine (elle quitte son statut de femme au foyer pour entrer sur le marché du travail).

Barbie a donc dû s’adapter au nouveau rôle de la femme et entrer dans la vie active. Elle a exercé plus de 155 professions dont certaines essentiellement masculines ; elle a été le premier astronaute à se poser sur la lune en 1965 alors que Neil Amstrong n’y arrivera, lui, qu’en 1969 !

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         Barbie pompier                                Barbie astronaute

D’autre part, elle est louée par nombre d’Américains pour son désir d’autonomie et sa soif d’indépendance.

Vu la diversité ethnique de la population américaine, il a fallu produire des Barbie plus en rapport avec la réalité existante ; dès les années 80 apparaissent des poupées hispaniques et dans les années 90 des poupées afro-américaines. Malgré cela, entre 2012 et 2014, la baisse constante des ventes de Barbie amène ses créateurs à diversifier davantage leur poupée. Elle a désormais quatorze visages différents, huit couleurs de peau, dix-huit couleurs d’yeux et vingt-trois couleurs de cheveux et cette année, véritable révolution, elle possède quatre corps différents : la Barbie taille standard, une plus grande, une plus petite  et une aux formes plus généreuses et aux hanches plus larges, afin que toutes les petites filles du pays puissent se reconnaître dans un des modèles.

Le Musée des Arts Décoratifs, musée de la mode et du design, des jouets et de la publicité était bien placé pour monter une telle exposition.
Dans la première salle, sont montrées des poupées du XIXe siècle en carton moulé, en bois peint, en porcelaine et en chiffon, faisant, pour la plupart, partie de la collection permanente des « Arts Décoratifs ». Des photos de célèbres stylistes (Madame Grès , Madeleine Vionnet) rappellent qu’elles utilisaient quelquefois des poupées-mannequins pour élaborer leurs collections  (ce qui nous rappelle les commis-voyageurs qui faisaient du porte à porte, en province, et utilisaient des poupées pour présenter leurs vêtements). On voit aussi dans des vitrines des planches de poupées en carton avec leurs habits qu’il fallait découper pour les en vêtir et des bébés en celluloïd.

Ensuite l’histoire de l’ouverture de l’usine Mattel par les Handler et la création de la poupée « Barbie » (inspirée, d’un personnage de B.D. allemand, Lilli) nous sont narrées.

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Tout au long de l’exposition, le commissaire insiste sur l’évolution du corps de Barbie, sur la variété de professions exercées, sur les étapes de fabrication de la poupée, sur la quantité de corps de métier impliqués (dessinateurs, sculpteurs, coiffeurs, graphistes, stylistes…) et montre que Barbie a toujours été le miroir de son temps et de l’actualité. Sa notoriété est telle que tous les grands couturiers lui ont proposé leurs services (Dior, Chanel, Lacroix, Gaultier, Rykiel…) et dans l’avant dernière salle nous assistons à un défilé de mode avant de terminer par une salle dans laquelle des milliers de vêtements et accessoires (chaussures, sacs, lunettes, colliers, serre-tête…) confectionnés pour Barbie sont exposées dans des vitrines.

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    Barbie au Passage des Panoramas                              Barbie Lagerfeld

Le côté « people » n’est pas négligé, on apprend la rupture de Barbie et de Ken, en 1961. En 2004, elle rencontre un surfeur australien du nom de Blaine mais aux dernières nouvelles, elle aurait repris sa liaison avec Ken. Si nous avons la chance de vivre assez longtemps, peut-être connaîtrons-nous une Barbie aux cheveux blancs et au visage ridé, représentée en veuve éplorée, vêtue d’un tailleur noir de chez Chanel (ou successeur…).

Cette exposition, qui peut être perçue à plusieurs niveaux,  séduit les enfants comme les adultes et montre que Barbie, en se renouvelant sans cesse, est devenue le reflet d’une société et de son évolution et incarne les changements sociaux et culturels de son époque.

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MUSÉE DES ARTS DECORATIFS
107, rue de Rivoli
75001 Paris

Exposition jusqu’au 18 septembre 2016
Tous les jours de 11 h à 18 h
SAUF le lundi

Hélène TANNENBAUM


 


Grandes Robes Royales à St Denis - le 06/03/2016 • 11:21 par HTa

LES GRANDES ROBES ROYALES DE LAMYNE M.



 

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Gisant de Blanche de Bretagne

En me rendant à la Basilique de Saint-Denis pour voir « Les Grandes Robes Royales de Lamyne M . », je suis arrivée un quart d’heure avant une visite guidée de la nécropole (deux visites guidées par jour à 11 h et à 15 h) et n’ai pas pu résister à la redécouverte, sous la conduite d’un guide, des sépultures des rois et reines de France. J’ai ainsi beaucoup appris sur l’évolution de l’art et des coutumes funéraires, chez les rois, du XIIe siècle jusqu’aux grandes compositions de la Renaissance.
Ce jour-là, la Basilique était baignée de lumière, ce qui mettait en valeur la merveilleuse rosace aux teintes bleues située dans le transept nord.

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Le couturier et artiste Lamyne M., dont on expose ici les robes, est né au Cameroun en 1977. Son père qui vendait des tissus pensait qu’il n’y avait aucun avenir dans le milieu de la couture mais son fils ne tint pas compte de ses conseils et après de multiples voyages dans des pays étrangers il s’installa à Saint-Denis, en 2006, et se lança dans la confection de robes, s’inspirant des différentes civilisations qu’il avait côtoyées.

Il expose huit robes dans la Basilique (six dans les chapelles de la crypte et deux dans le chevet de la Basilique) ; d’autres robes sont visibles au Musée d’Art et d’Histoire de la ville de Saint-Denis, à l’Office de Tourisme et au Théâtre Gérard Philipe.

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                        Robe de Jeanne de Bourbon                                            Robe de Jeanne II de France                         Robe de Constance de Castille

Toutes les robes mesurent trois mètres de hauteur et elles s’inspirent des robes des gisantes, portées par des reines et des princesses ensevelies dans la nécropole royale de Saint-Denis  et qui étaient souvent restées dans l’ombre de leurs maris ou de leurs frères.

Par le choix de la taille de ces robes, Lamyne M. veut insister sur l’importance de la femme dans notre société même si elle ne correspond pas à la place qu’on lui a faite. Il veut également célébrer la diversité des cultures, origines et religions des 124 nationalités présentes dans la ville de Saint-Denis grâce au choix des tissus utilisés (tissus contemporains du Maghreb, africains, chinois, denim, sportswear…).

L’artiste a adopté une démarche éthique et solidaire ; il pratique la récupération de certains tissus, fait travailler des femmes en situation précaire, réunies dans des ateliers de réinsertion. Pour réaliser ces robes, il a également fait appel à des élèves du Lycée des arts du spectacle et de la création textile de  « La Source » à Nogent-sur-Marne.

Il  espère aujourd’hui attirer dans la Basilique des dyonisiens qui ne sont jamais entrés dans l’édifice religieux.

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Basilique de Saint-Denis
1, rue de la Légion d’honneur
93200 Saint-Denis

Exposition jusqu’au 30 avril 2016
de 10h à 17h15

Hélène TANNENBAUM


 


Valadon, Utrillo & Utter - le 21/02/2016 • 20:21 par HTa

VALADON, UTRILLO & UTTER A L'ATELIER 12, RUE CORTOT

Quelques années après la rénovation du Musée de Montmartre, à quelques mètres du bâtiment principal, a été ouvert au public en octobre 2014, après restauration, l’atelier-appartement qui a servi d’habitation et de lieu de travail à de nombreux artistes « en résidence » (Émile Bernard, Auguste Renoir, Raoul Dufy, Suzanne Valadon…). Ce deuxième bâtiment semble désormais destiné à abriter des expositions temporaires alors que l’ancienne bâtisse du XVIIe siècle qui portait le nom de « Maison du Bel Air » montre les collections permanentes (tableaux, affiches, dessins…) du Musée de Montmartre, nous faisant revivre l’histoire de la Butte, avec ses nombreux cabarets, ses ateliers d’artistes, ses moulins et son atmosphère « bohème »

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Maurice Utrillo: Maison de Berlioz à Montmartre ca 1920

Pour parvenir à l’entrée du musée lui-même (le balisage n’est pas très clair), il faut traverser des jardins baptisés « Jardins Renoir » car c’est là que Renoir, en résidence au 12, rue Cortot, de 1875 à 1877, peignit « Le Bal du Moulin de la Galette » et « La Balançoire ». Depuis les jardins, il faut profiter de la belle vue sur les vignes du Clos Montmartre.

Le rez-de-chaussée du musée nous montre un aspect de Montmartre aujourd’hui presque entièrement disparu : les moulins et leurs usages multiples au cours des années ainsi que des photographies du « maquis » (cabanes et maisonnettes de bois) qui constituaient encore le Montmartre du début du XXe siècle.

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André Utter: Maison 12, rue Cortot à Montmarte  - 1947

Aux étages, plusieurs salles consacrées chacune à un sujet particulier : celle du « Chat Noir » célèbre cabaret ouvert par Rodolphe Salis (lire, sur ce site, l’article d’Emmanuel Fouquet intitulé « L’Âne Rouge »), et qui a connu plusieurs domiciles, d’abord bd Rochechouart et ensuite rue de Laval, aujourd’hui rue Victor Massé,  celle du Théâtre d’Ombres de Henri Rivière qui a fait la réputation du « Chat Noir ». Il est également question de tous les autres cabarets célèbres et lieux de divertissement qui ont animé le quartier : «  Le Mirliton », « Le Lapin Agile », « Les Quat’z’arts », « L’Âne Rouge », le cirque Fernando (plus tard appelé Médrano)
Une autre salle a pour thème «  Le Moulin Rouge  », on y voit des affiches, des articles sur celles qui en furent les vedettes (Jane Avril, La Goulue) et un extrait du film de Jean Renoir « Moulin Rouge ». Les débuts de la Commune sont évoqués dans une autre salle.

L’exposition temporaire, prolongée jusqu’au 13 mars, se tient dans l’autre bâtiment dans lequel se succèdent les œuvres de Suzanne Valadon,  d’André Utter et enfin de Maurice Utrillo.

C’est aux arts du cirque que se destinait Marie-Clémentine Valadon (1865-1938), plus tard appelée Suzanne, mais une chute de trapèze mit fin à ses ambitions. Elle devint alors modèle et posa pour J.J. Henner, Puvis de Chavannes, Renoir, Toulouse-Lautrec et Modigliani. Avant de devenir elle-même peintre, elle consacra dix années de sa vie au dessin.

En 1883, elle eut un fils, Maurice, né de père inconnu mais à qui, un de ses amants, le catalan Miguel Utrillo, donna son nom. C’est grâce à Maurice que, plus tard, Suzanne fit la connaissance du peintre André Utter qui, un soir, ramena son ami Maurice, ivre, chez sa mère. Il était de vingt et un ans le cadet de Suzanne.

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Suzanne Valadon: Portrait de famille 1912

André Utter (1886-1948) appartenait à une famille modeste de Montmartre ; son père était plombier-zingueur. C’était un autodidacte qui, très tôt, avait fréquenté la Bohème de Montmartre qu’il retrouvait fréquemment au « Lapin Agile » ou au « Bateau Lavoir » (il connaissait Picasso, Jacob, Apollinaire, Derain…). C’était dans un cabaret qu’il avait rencontré Maurice Utrillo, son contemporain, avec lequel il s’était lié d’amitié.
Il s’installa au 12, rue Cortot en 1912, peu après le divorce de S.Valadon dont il était devenu l’amant et il y restera jusqu’à sa mort, en 1948.

Suzanne Valadon n’avait que 18 ans à la naissance de son fils et dut compter sur l’aide de sa mère pour élever son enfant. Après l’obtention du certificat d’études, Maurice Utrillo (1883-1955) entreprit une carrière commerciale, mais sans succès. Très tôt, il montra un caractère instable, eut des accès de folie et révéla un sérieux penchant pour l’alcool. Dès l’âge de 21 ans, il se mit à peindre et devint très vite associé à l’image de Montmartre dont il représentait, sur ses toiles,  les rues et les paysages.

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Maurice Utrillo - Rue Seveste

Les trois peintres, Suzanne Valadon, la mère, Maurice Utrillo, le fils et André Utter, l’amant puis le mari de Suzanne,  connus, à Montmartre, sous le nom de « Trio Infernal » ou « Trinité Maudite », vécurent rue Cortot de 1912 à 1926, date de la séparation de Valadon et Utter ; Valadon et son fils s’installèrent alors dans un appartement acheté par Maurice, avenue Junot.

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M. Utrillo: Le repos  1925  -   Suzanne Valadon: Portrait d'Utrillo 1921

Ces quatorze années furent une période de grande créativité artistiques pour ces trois artistes à la fois rivaux et complices. L’atmosphère, rue Cortot, était souvent électrique étant donné les accès de folie et les crises d’éthylisme de Maurice. Celui-ci obtint rapidement du succès en tant que peintre et ses tableaux se vendaient bien, ce qui incitait Suzanne et André à l’enfermer dans sa chambrette pour l’empêcher de boire et l’obliger à peindre.

Après une exposition Valadon / Utrillo à la Pinacothèque, il y a quelques années, voilà une nouvelle occasion de retrouver leurs œuvres et celles du troisième membre de la trinité, André Utter.

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                          Valadon et Utrillo enfant           -               Autoportrait de Suzanne Valadon 1894                   

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Musée de Montmartre
12, rue Cortot
75018 Paris

Ouvert tous les jours de 10 h à 18 h
Jusqu’au 13 mars

Hélène TANNENBAUM