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Moi, Caravage - le 12/02/2017 • 17:17 par HTa


Moi, Caravage

 

Caravage_2.jpg
Cesare Capitani (© B. Cruveiller)


Ça pourrait être l’intitulé d’une exposition sur le Caravage, comme celle qui vient de s’achever à la National Gallery de Londres, mais ce n’est pas le cas. Il s’agit du titre d’une pièce montée au Lucernaire jusqu’au 12 mars ou plutôt une reprise puisqu’elle a déjà été jouée précédemment en Avignon et dans trois théâtres parisiens.

Elle a été adaptée du roman de Dominique Fernandez, « La Course à l’Abîme », par Cesare Capitani, comédien d’origine italienne qui incarne le personnage du Caravage, racontant à la première personne, sous la forme d’une confession, la vie mouvementée du célèbre peintre.

De son vrai nom, Michelangelo Merisi (1571-1610), il était né à Caravaggio, en Lombardie ; la pièce met en lumière à la fois les différentes périodes de la vie et de l’œuvre de l’artiste. Elle décrit son enfance dans un bourg lombard, son approche de la peinture, ses premiers ennuis avec la justice, sa fuite à Rome et sa carrière. Doté d’un caractère violent et d’un côté asocial, il se montre un personnage rebelle aussi bien dans sa vie que dans son œuvre, refusant tout compromis et toute facilité, se montrant sans cesse provocateur et autodestructeur.

Garçon_Lezard.jpg    Garçon_Fruits.jpg
Le Caravage: Garçon mordu par un lézard - 1594 -                  Garçon à la corbeille de fruits - 1593  -
 

Ses œuvres sont considérées comme un défi à la morale : il prend pour modèles, pour illustrer des figures religieuses, les prostituées et les voyous qu’il côtoie dans la vie. Toujours prêt à tirer son épée, il se trouve sans cesse impliqué dans des bagarres de rues qui l’entraînent dans des procès et des séjours en prison. Ses tableaux sont d’une telle puissance et d’une telle beauté que, malgré ses frasques, il connaît aussitôt la gloire et reste courtisé par les princes et les cardinaux tout au long de sa vie.

En 1606, au cours d’une rixe, il finit par tuer un homme d’une famille haut-placée et est obligé de fuir Rome pour se réfugier d’abord à Naples où sa réputation lui permet de trouver aussitôt des commanditaires. Puis il part pour Malte où il est fait Chevalier de l’Ordre de Malte mais est renvoyé à la suite d’une altercation avec un des membres de l’Ordre, puis mis en prison ; il s’évade et va en Sicile.

David_Goliath.jpg
Le Caravage -  David avec la tête de Goliath -  1609 1610  -

Tout au long de sa courte vie (il meurt à 38 ans) et malgré une réputation sulfureuse, il trouvera toujours des protecteurs et obtiendra des commandes ; si ses œuvres sont parfois refusées dans des expositions publiques, elles sont recherchées pour figurer dans des collections privées.

En 1610, le Pape est enfin disposé à lui accorder son pardon, Michelangelo quitte donc Naples pour regagner Rome ; arrêté par erreur, il fait à nouveau un court séjour en prison et peu après son corps sera retrouvé sur une plage près de Porto Ercole. S’agit-il d’un crime ? d’une forme de suicide ? ou d’une mort due à l’épuisement et à la malaria ?

Même s’il ne fut pas l’initiateur du clair-obscur (il avait été précédé par Léonard de Vinci), le nom du Caravage y reste intimement lié puisqu’il développa abondamment cette technique ainsi que celle du ténébrisme et fut suivi dans ces pratiques par Georges de la Tour et Rembrandt.

Sur la scène du Lucernaire, il y a deux comédiens : Cesare Capitani, Caravage, et en alternance, une comédienne, Laetitia Favart ou Manon Leroy qui interprète les amants et maîtresses du Caravage.

La pièce mêle sans cesse la vie et l’œuvre de l’artiste, mettant en valeur son processus créatif. L’éclairage de la scène rappelle de façon spectaculaire le clair-obscur des tableaux et au fil de la représentation on reconnaît les œuvres du maître figurées par les gestes et mimiques du comédien. Capitani s’investit complétement dans son personnage et on peut dire « Caravage, c’est lui ».

L’auteur du roman, Dominique Fernandez, dit de lui : « … brûlé de désir, violent insoumis, possédé par l’ivresse du sacrifice et de la mort, il prend le destin du peintre pour le conduire, dans la fièvre et l’impatience, jusqu’au désastre final ».


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Théâtre Le Lucernaire
53, rue Notre-Dame -des -Champs
75006 Paris
Du mardi au samedi à 18 h 30
Dimanche :16 h
En italien les mardis

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Hélène TANNENBAUM


Tous à la Plage! - le 30/01/2017 • 16:17 par HTa

Trouville.jpg
Trouville à 2 heures de Paris



TOUS À LA PLAGE !

 

En cette période de rigueurs hivernales, certains d’entre nous se sont peut-être mis à rêver de vacances au bord de la mer et c’est justement ce que propose une exposition à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine intitulée « Tous à la Plage ». Elle est consacrée aux stations balnéaires (essentiellement en France mais également en Grande-Bretagne, Italie, Espagne et ailleurs dans le monde), du XVIIIe siècle à nos jours.

C’est sur les côtes britanniques, plus précisément à Scarborough, dès 1730, que tout commence. Un phénomène migratoire vers le littoral touche une population aisée : les aristocrates et les bourgeois quittent les centres urbains où l’air est malsain pour s’aérer, respirer et prendre les eaux, suivant ainsi les prescriptions des médecins de l’époque qui viennent de découvrir les vertus curatives de l’eau et plus particulièrement des bains de mer. C’est d’abord dans des villes thermales, type Bath, que se rendent les riches anglais avant d’être attirés par les bords de mer. Le mouvement se développe tout au long du XVIIIe durant lequel l’ « élite » britannique, à la recherche d’un climat plus doux, se dirige vers les bords de la Méditerranée pour y passer une partie de l’hiver : on y voit de riches commerçants et industriels, des aristocrates et même des têtes couronnées.

En France, la côte normande se développe grâce au Duc de Morny, demi-frère de Napoléon III et Biarritz devient une station célèbre grâce à l’impératrice Eugénie.

Entre 1850 et 1870 se multiplient en Normandie les lieux de villégiature : Cabourg et Deauville étant à l’époque les plus réputés.

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                                    Cabine de bain hippomobile                                                                                 Affiche « Royan Express »

Dans la première salle de la Cité de l’Architecture de nombreuses photos anciennes de « bathing machines » sont exposées : ce sont des cabines de bains hippomobiles qui permettaient aux baigneurs de se changer et de s’avancer dans l’eau pour s’y tremper. On en voit dans certains tableaux d’Eugène Boudin mais c’est surtout sur l’aspect « plage-salon » et rencontre mondaine que l’artiste insiste, peignant des hommes et des femmes en tenue de ville, debout ou assis sur des chaises en paille, en train de discuter. Dans la même salle, une vitrine révèle des costumes de bains des deux sexes, en laine, aux couleurs plutôt ternes et couvrant bien le corps ; hors de question à l’époque d’exposer son corps à la vue des autres et le bronzage n’était pas de mise.

Le succès d’une station dépendant de son accessibilité, le développement des trains contribue largement à rapprocher le littoral de la capitale et c’est chargés de six à huit malles que les bourgeois de l’époque partent en villégiature ; il faut se rappeler que les femmes étaient censées se changer cinq ou six fois par jour pour toujours porter la tenue la mieux adaptée à l’activité du moment (baignade, promenade, courses hippiques, casino, théâtre…). Cela explique le développement d’un service d’enlèvement des bagages à domicile et de livraison sur le lieu de résidence à rendre jaloux un voyageur du XXIe siècle.

Parallèlement se développent les guides de voyage dont un des tous premiers est le célèbre « Baedeker » et la vente de souvenirs à rapporter de ses vacances (objets en terre-cuite, bois ou ivoire ; assiettes ; verres ; presse-papiers…)

Une des principales activités pour les hivernants/ estivants est la promenade, ce qui se traduit par la construction de « piers » en Grande-Bretagne (avancées dans l’eau comprenant des restaurants, des salles de jeux, des établissements de bains…) et de digues, en France, ainsi que des terrasses aménagées et des « planches » (Deauville, Trouville) où il convient d’être vu.

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Promenade des Anglais, Palais de la jetée et Monument du centenaire - Nice

Les distractions se multiplient pour occuper les vacanciers : restaurants, théâtre, salles de bal, casinos. À Monte-Carlo, on fait même appel à un architecte aussi célèbre que Charles Garnier pour construire un théâtre.
Dans les années 1920/1930 de célèbres stylistes (
Jean Patou, Sonia Delaunay) développent une mode balnéaire, élaborant des tenues de plage et organisant des défilés sur les lieux de villégiature; les maillots de bains raccourcissent ; les estivants pratiquant désormais des sports ( golf, gymnastique, sports hippiques) s’habillent différemment ; les corps s’exposent au soleil. En 36, c’est le Front Populaire et l’arrivée des congés payés généralement pris aux beaux jours. Les hivernants deviennent des estivants

Une partie des côtes françaises ayant été touchée pendant la seconde guerre mondiale, il faut reconstruire certaines stations et en développer de nouvelles (côte Languedoc-Roussillon, Corse, Aquitaine…). Pour répondre à l’évolution de la demande et des goûts, on construit des marinas, sur le modèle américain (Marina Baie des Anges) ; la thalassothérapie se développe et de nombreux établissements de remise en forme et de bien-être s’ouvrent, ce qui permet à certaines stations de fonctionner toute l’année.

Dans des zones sur-bâties (Monaco, par exemple) où il n’est plus possible de développer le littoral, il est envisagé de construire des îles flottantes, un peu sur le modèle des plates-formes pétrolières, pour étendre le domaine habitable.

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Projet d'ile flottante pour la lagune de Venise (Ch. de Beistegui-A. Lurçat -1931)   -   Lilypad, cité flottante et écologique pour réfugiés climatiques - V. Callebaut - 2008

Puis c’est le tourisme de masse qui remplace le tourisme réservé à une « élite » ; les entreprises et les villes ouvrent des colonies de vacances pour les enfants de leurs salariés ou de leurs habitants. Pour se rapprocher de la nature certains optent pour le camping ou pour la caravane puis c’est la création de villages de vacances destinés aux familles (VVF) ou des clubs (type Club Méditerranée) pour les cadres et les célibataires.

Après une exploitation inconsidérée et excessive du littoral, les efforts portent désormais sur sa préservation et sur les problèmes liés au réchauffement climatique.

Cette exposition montre bien l’évolution, sur plus de deux siècles, des sites et des mœurs en matière de vacances au bord de la mer, par l’intermédiaire de photos anciennes, d’extraits de films, d’affiches, de journaux, de caricatures, d’objets et de vêtements et explique le passage d’une villégiature hivernale réservée aux classes sociales aisées à des vacances d’été au bord de la mer destinées au plus grand nombre.

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Cité de l’Architecture et du Patrimoine
7, avenue Albert de Mun
75016 Paris

Jusqu’au 13 Février 2017
tous les jours sauf lundi et mardi
de 11 h à 19 h

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Hélène TANNENBAUM


Frédéric Bazille - le 02/01/2017 • 17:11 par HTa

FRÉDÉRIC BAZILLE

LA JEUNESSE DE L’IMPRESSIONNISME

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Autoportrait à la palette - F. Bazille - 1865-1866

Peu après le Musée Fabre de Montpellier, c’est Orsay qui rend hommage au peintre Montpelliérain Frédéric Bazille.
Né à
Montpellier, en 1841, dans une famille de la grande bourgeoisie protestante (son père est adjoint au maire de la ville, puis sénateur de l’Hérault et la famille joue un rôle important dans le milieu viticole languedocien) et destiné par ses parents à devenir médecin, Frédéric entreprend, parallèlement à ses études de médecine, des études de dessin. Il est très tôt en contact avec la peinture, grâce à son voisin, Alfred Bruyas, grand collectionneur et mécène, qui lui fait connaître Delacroix et Courbet et grâce aussi à la proximité du musée Fabre que le futur artiste fréquente assidûment.

En 1862, il monte à Paris pour achever ses études de médecine et il s’inscrit également à l’atelier du peintre suisse Charles Gleyre et c’est là qu’il fera la connaissance d’artistes dont il restera proche toute sa vie: Renoir, Monet, Sisley

A force d’insistance, il obtient, en 1864, la permission de ses parents d’abandonner la médecine pour se consacrer à sa passion, la peinture, et ses parents acceptent même de lui verser une rente qui lui permettra d’avoir son propre atelier (rue de Furstenberg, au dessus de celui de Delacroix, puis rue Visconti, rue de La Condamine et rue des Beaux-Arts). Homme généreux et bien conscient d’appartenir à un milieu privilégié, il partage appartements, ateliers et modèles avec ses amis Renoir et Monet. Il leur vient quelquefois financièrement en aide en leur achetant des tableaux.

L’exposition d’Orsay est à la fois thématique (ateliers parisiens, peinture sur le motif, natures mortes chasse et poissons, le Languedoc, le nu, natures mortes aux fleurs…) et chronologique.

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Atelier de la rue de la Condamine - F. Bazille - 1870

Elle comporte une soixantaine de tableaux de Bazille et des tableaux de ceux qui l’ont précédé et marqué (Delacroix, Courbet) et de ses contemporains, les futurs impressionnistes (Renoir, Monet, Sisley et Cézanne)

Les premières œuvres exposées à Orsay montrent des scènes d’atelier : « Autoportrait à la palette », 1865, les contemporains de Bazille dans l’atelier de Charles Gleyre (tableau anonyme) et des tableaux représentant les ateliers successivement occupés par l’artiste.

Puis Bazille se laisse convaincre par Monet de quitter l’atelier pour aller peindre sur le motif et c’est d’abord à Fontainebleau, près de Barbizon, qu’il suivra Monet avant de partir avec lui en Normandie rejoindre Jongkind et Boudin à l’auberge Saint-Siméon, près de Honfleur.

Bazille passe ses hivers dans la capitale où il fréquente le milieu artistique parisien et s’adonne à sa deuxième passion, la musique, fréquentant théâtres, opéras et conservatoire et ses étés, près de Montpellier, dans la propriété familiale de Méric. La lumière crue du midi et les paysages languedociens sont de plus en plus présents dans son œuvre (« La Robe Rose »1864 ; « Les Remparts d’Aigues-Mortes » 1867 ; « La Réunion de Famille » 1867).

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La Robe Rose - F. Bazille - 1864                                                                              Nature morte au héron - F. Bazille - 1867

Bazille ne parvient pas à vendre sa peinture mais ses tableaux sont admis au Salon officiel alors que ceux de ses amis, futurs impressionnistes, sont refusés. Ce n’est qu’en 1874 (soit quatre ans après la mort de Bazille) qu’ils tiendront la première exposition impressionniste dans l’atelier de leur ami le photographe Nadar.

C’est dans le midi, au bord du Lez que Bazille peint une série de nus masculins (thème peu courant à l’époque mais que reprendra, plus tard, Cézanne) exposés ici (« Le Pêcheur à l’épervier » 1868 ; « Scènes d’été » 1869).

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Pêcheur à l'épervier - F. Bazille - 1868                         Vue de village - F. Bazille - 1868

Peu avant sa mort, Bazille revient à la nature morte mais il ne peint plus des trophées de chasse et des poissons mais des fleurs (« Jeune Femme aux pivoines » 1870, deux tableaux). Le thème des fleurs était très à la mode à l’époque comme l’avaient compris Fantin-Latour, Renoir et Monet dont certaines natures mortes sont exposées à côté de celles de Bazille.

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Jeune femme aux pivoines - F. Bazille - 1870

L’exposition d’Orsay se termine sur un tableau inachevé tout à fait insolite, d’inspiration biblico-orientaliste « Ruth et Booz », 1870, d’après le poème de Victor Hugo.

Apparemment déçu par la façon dont ses derniers tableaux avaient été reçus, se sentant très seul et comme l’indique le commissaire de l’exposition, peut-être incapable d’assumer une homosexualité inavouée, Bazille décide de s’engager, en août 1870, dans un conflit déjà perdu, le conflit franco-prussien. Après un court séjour en Algérie, il revient en France et est tué à Beaune-la-Rolande en novembre 1870.

Bazille meurt à 28 ans, après une carrière qui n’aura duré que huit années ; influencé dans la première partie de sa vie par les peintres classiques et considéré ensuite comme un précurseur de l’impressionnisme, on peut se demander de quelle façon il aurait évolué s’il avait vécu et s’il aurait rejoint le mouvement impressionniste.

Dans la dernière salle de l’exposition, une vitrine contient l’uniforme de zouave porté par Bazille au moment de sa mort et sont affichés des dessins réalisés par l’artiste (études ou préparations à des tableaux)

Bazille dont la longue silhouette nous est familière pour l’avoir vue à maintes reprises dans des tableaux peints par lui ou par ses amis (« Autoportrait à la palette » 1865, « L’Atelier de la rue de La Condamine » 1869, « Le Déjeuner sur l’herbe » de Monet, 1865 , « Frédéric Bazille peignant à son chevalet » de Renoir, 1867, « Un Atelier aux Batignolles » de Fantin-Latour, 1870) sera, sans doute, resté tiraillé, toute sa courte vie, entre le désir de ne pas décevoir le milieu bourgeois dont il était issu et celui de prendre part à un monde artistique en pleine évolution.

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Fantin-Latour - Un atelier aux Batignolles  -  1870 (F. Bazille est debout sur la droite)

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Musée d'Orsay
1, rue de la Légion d’Honneur
75007 Paris

Jusqu’au 5 Mars 2017
tous les jours sauf lundi
de 9 h 30 à 18 h

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Hélène TANNENBAUM


La Donation Marcie-Rivière - le 18/12/2016 • 10:13 par HTa

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Intérieur de Salon de Thé. Le Grand Teddy, projet   -   Vuillard, 1917

LA DONATION MARCIE-RIVIÈRE

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Zeïneb et Jean-Pierre Marcie-Rivière   

2016 a été une année faste pour le Musée d’Orsay qui vient de fêter ses trente ans d’existence. En octobre dernier, Marlene et Spencer Hays sont venus à Paris pour finaliser la donation, sous réserve d’usufruit, de 187 œuvres de leur collection.
Depuis le 22 novembre 2016 sont exposés les tableaux d’une autre donation consentie en 2011 par un industriel, féru d’art, collectionneur et mécène, Jean-Pierre Marcie-Rivière.

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La jeune fille aux bas noirs - Bonnard, 1893

Cette collection composée d’œuvres de Bonnard et Vuillard avait été commencée par André Lévy-Despas, homme d’affaires qui avait développé les magasins Monoprix en France et au Maghreb et premier mari de Zeineb Kebaïli qui devint plusieurs années après la mort de son mari, l’épouse de Marcie-Rivière. Tous deux firent de nouvelles acquisitions pour enrichir cette collection qui ornait leur hôtel particulier de la rue de Varenne (l’étage occupé par Zeineb était plutôt classique et celui de Jean-Pierre plus contemporain).

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 Jeune fille la main sur la poignée de la porte  - Vuillard, 1891      

A la mort de son épouse, Marcie-Rivière décida de léguer une partie de ses Bonnard (1867-1947) et Vuillard (1868-1940) au Musée d’Orsay, jugeant que sa collection, constituée pendant une trentaine d’années, viendrait harmonieusement compléter celle déjà détenue par le musée. Le reste des œuvres d’art qu’il possédait (Bacon, Kiefer, De Staël, Twombly…) a été vendu aux enchères en juin 2016 chez Christie’s.

Certains des tableaux entrés cette année à Orsay avaient déjà été prêtés par Marcie-Rivière et avaient figuré dans une exposition de 2014, « 7 ans de Réflexion. Dernières Acquisitions » (suivre le lien, l' "A Noter-A Voir" se trouve en haut de page) et dans celle de 2015 intitulée « Pierre Bonnard. Peindre l’Arcadie » (suivre le lien, l' "A Noter-A Voir" se trouve en bas de page).

Chaque fois qu’un tableau était prêté pour une exposition, il était remplacé, rue de Varenne, par une photo de mêmes dimensions pour ne pas briser l’harmonie des lieux.

La donation qui comporte 24 tableaux de Vuillard (ainsi que 3 pastels et 2 dessins) et 25 tableaux de Bonnard (ainsi que 94 dessins) montre, une fois de plus, que, dans la première partie de leur carrière, les deux artistes se sont intéressés aux mêmes thèmes et qu’ils les ont abordés de façon similaire. Tous deux étaient très attirés par les scènes intimes, les intérieurs, les soirées musicales, les scènes urbaines, notamment celles d’une vie parisienne en pleine expansion ; dans ces tableaux, le décor joue souvent un rôle plus important que les personnages (généralement des membres de la famille ou des amis) qui se trouvent relégués au deuxième plan.

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Jour d'hiver - Bonnard 1905

Les deux peintres travaillaient essentiellement de mémoire ; Bonnard griffonnait souvent des dessins sur le vif avant de les réutiliser, dans ses toiles, une fois de retour dans son studio. Il avait l’habitude de dire : « Le dessin, c’est la sensation ; la couleur, c’est le raisonnement » montrant ainsi l’aspect spontané du dessin par rapport à la peinture. La collection comporte de nombreux dessins de Bonnard dont un tiers représente des paysages des lieux qu’il fréquentait (le Dauphiné, Vernonnet, Saint-Tropez, Le Cannet…).

Les femmes représentées sur les toiles sont pour nombre d’entre elles les compagnes des deux artistes. Il y a notamment un très beau « Nu accroupi au Tub » de 1918 (qui rappelle Degas), dont celle qui servit de modèle n’est autre que l’épouse de Bonnard, Marthe, qu’il représenta par la suite à maintes reprises, nue dans sa salle de bains ou dans sa baignoire.

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Nu accroupi au Tub - Bonnard, 1918

Contrairement aux Hays qui souhaitent que leur collection reste indissociée, Jean-Pierre Marcie-Rivière n’a pas exigé une salle dédiée et peut-être sa collection ira-t-elle rejoindre les autres Vuillard et Bonnard d’Orsay.

Reste maintenant au Musée d’Orsay à s’agrandir pour accueillir ces deux donations. La bibliothèque et la documentation du musée vont déménager pour faire de la place à la donation Hays et le musée aimerait récupérer l’Hôtel de Belle-Isle, actuellement occupé par la Caisse des Dépôts, qui se trouve dans le prolongement du musée.

Le président d’Orsay, Guy Cogeval, peut quitter son poste, en mars prochain, satisfait d’avoir largement contribué à ces deux donations mais il ne quittera pas les Nabis puisqu’un centre qui leur sera consacré va être créé à Orsay et il en deviendra le directeur.

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Musée d'Orsay
1, rue de la Légion d’Honneur
75007 Paris

Jusqu’à fin Mars 2017 (date non précisée)
tous les jours sauf lundi
de 9 h 30 à 18 h

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Hélène TANNENBAUM


Un Bal au Musée d'Orsay - le 14/12/2016 • 09:00 par PUy

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Bal costumé au Palais des Tuileries sous le Second Empire


SE DIVERTIR COMME SOUS LE SECOND EMPIRE
AU MUSÉE D’ORSAY

 

Pour fêter son trentième anniversaire, le Musée d’Orsay a organisé trois jours de festivités. Parmi celles-ci, un déjeuner-banquet à l’ancien restaurant de l’ancien hôtel de la gare d’Orsay (1), au premier étage, dans les décors mêmes où furent accueillis les visiteurs de l’Exposition Universelle de 1900 (salle classée au titre des Monuments Historiques avec vue sur la Seine et le Grand Palais).

Plusieurs centaines de personnes ont ainsi pu, les 3 et 4 décembre 2016, savourer un menu (simplifié par Elior) rappelant les banquets créés par Jules Gouffé (2) pour « leurs majestés l’empereur Napoléon III et l’impératrice Eugénie ». Un verre de vin de Madère (3), très tendance à l’époque pour raviver les réceptions et les salons bourgeois, fût servi en apéritif. Au dessert, hommage fût rendu à Escoffier (4), Offenbach et Hortense Schneider avec une poire Belle-Hélène revisitée…

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Fête de nuit aux Tuileries le 10 juin 1867

Le dimanche 4 décembre, le public se pressait sous la grande nef et aux balcons des galeries pour assister à une spectaculaire démonstration de danses par l’Association Carnet de Bals (5), en costumes et uniformes d’époque. Une sage mazurka tchèque a été suivie de la célèbre marche de Malbrough puis d’une gigue américaine.
Arnaud de Gioanni, président de Carnet de Bals, convia le public à participer avec les danseurs en costumes. Ce fût un grand succès. Le maître de bal a ensuite mené, le soir-même, valses, polkas, quadrilles et autres mazurkas, avec ses quatre-vingts danseurs entremêlés à une foule costumée en fièvre. Les réservations à ce Grand Bal, sitôt ouvertes, avaient été très rapidement complètes.

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Dans l’après midi, M. de Gioanni a tenu, dans le petit salon jouxtant le restaurant, une conférence sur les « danses historiques », notamment celles du Second Empire et du XIXe siècle, que son association fait revivre en costumes dans le monde entier depuis plus de vingt-cinq ans. Il nous apprit que les danses étaient classifiées depuis des siècles selon une pyramide très ordonnée. Il ne convenait pas de mêler la danse du roi avec les contredanses…

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Jean-Baptiste Carpeaux : bal costumé au Palais des Tuileries (1867)

Les danses se sont démocratisées au Second Empire. La valse, née en France, peu de gens le savent (malgré son nom d’origine allemande), permit aux blanchisseuses comme aux princes du sang de transgresser les interdits et d’enlacer en public sa/son partenaire. Sans parler de la « saint-simonienne », cinquième figure du quadrille français, nommée ainsi en raison des changements successifs des dames et des cavaliers.

Magie de la danse et du bal !
Au XIXe, Paris abondait en bals, jusqu’à sept cents certains soirs. Les plus courus étaient ceux de l’Hôtel de Ville donnés par le baron Haussmann, préfet de la Seine de 1853 à 1870.
Faute de place, il était recommandé aux 3 000 invités de ne valser « qu’à droite » pour ne pas créer d’accident. Héritier de l’ancienne
contredanse en carré, le quadrille français devint vite une danse phare et se répandit dans les salons et les bals populaires du monde entier.

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HCA Baron  -  Une Fête officielle aux Tuileries pendant l'Exposition Universelle de 1867

Paris était gai et lançait les modes. On créait des bijoux dédiés, des éventails, des coiffures, des rubans… Tout était mis en œuvre pour valoriser la beauté des femmes. Le premier Grand Bal éclairé à la lumière électrique date de 1862 (au palais des Tuileries).
A la fin du siècle, revint le goût de la tradition.
Galops et polkas furent jugés trop populaires. Les jeunes filles essoufflées et échevelées pourraient avoir du mal à trouver un mari exigeant sur la tenue ! On recréa des règles compliquées qui permirent aux aristocrates et aux bourgeois fortunés de se démarquer.

Anick PUYOOU

Carnet de Bals a de nombreux liens avec le 9e : l’association répète au Gymnase Buffault (26 rue Buffault) et participe aux événements de l’arrondissement. Elle anime la Nuit du Sport (pour le Téléthon), comme cette année le 3 décembre au Gymnase Gauguin. Les danseurs de Carnet de Bals furent présents, et fort applaudis, au Charivari place Saint-Georges et à l’Hôtel Dosne-Thiers le 22 mai 2016 malgré la pluie.

Notes

(1) La gare et son hôtel, construits en deux ans par l’architecte Victor Laloux, furent inaugurés pour l’Exposition Universelle le 14 juillet 1900. Après 212 jours d’ouverture, l’exposition accueillit plus de cinquante millions de visiteurs. Jusqu’en 1939, l’hôtel d’Orsay recevait des voyageurs. Des associations et des partis politiques y tenaient leurs assises.

(2) Jules Gouffé (1807-1877). Le célèbre pâtissier de la rue du faubourg Saint-Honoré, devint en 1855 le cuisinier de Napoléon III. En 1867, celui que l’on surnommait « l’apôtre de la cuisine décorative », était officier de bouche au Jockey Club, dont les salons occupaient alors l’angle de la rue Scribe et du boulevard des Capucines, dans le 9e arrondissement.

(3) En 1860, l’impératrice Elisabeth d’Autriche alla soigner sa « mélancolie » et sa faiblesse à Madère. Sa présence contribuera à lancer l’île comme destination climatique auprès des aristocrates et bourgeois très fortunés.

(4) Auguste Escoffier (1846-1935), « roi des cuisiniers et cuisinier des rois », héritier d’Antonin Carême, a créé en l’honneur de célébrités de son époque, de nombreux plats qui sont venus jusqu’à nous comme la salade Eugénie, le suprême de poulet George Sand, les fraises Sarah Bernhard, les crêpes Suzette, la pêche Melba, la timbale Garibaldi ou les noisettes d’agneau Cora Pearl…

(5) Carnet de Bals est une association ayant pour but de recréer le bal tel qu’il aurait existé au XIXe siècle. Afin de permettre ces reconstitutions, l’association propose plusieurs activités permettant l’apprentissage et les perfectionnements des techniques de bals

 


 

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Exposition Paris Romantique juin 2019
Eugène Deveria - Achille & Eugène Deveria  - 1836
Clésinger - Delphine Gay terre cuite - 1854

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