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La Collection Chtchoukine - le 02/12/2016 • 19:11 par HTa

matisse-la-desserte-harmonie-rouge.jpg
Matisse  -  La desserte Harmonie Rouge  -  1908


 
LA COLLECTION CHTCHOUKINE
 

Lorsqu’au printemps dernier j’étais allée voir les filtres de couleur posés sur les voiles du paquebot Gehry, à la Fondation Vuitton, j’avais interrogé un garde sur la temporalité de ces filtres, il m’avait répondu et m’avait conseillé de revenir cet automne pour découvrir des tableaux impressionnistes ayant appartenu à un collectionneur particulier, Chtchoukine.

Chtchoukine, ce nom n’évoquait alors rien pour moi ; aujourd’hui après avoir vu sa collection, je me demande comment elle a pu rester inconnue, pour tant d’entre nous, jusqu’à présent , étant donné l’immense quantité et variété de tableaux de grands peintres français de la fin du XIXe s et du début du XXe s. qu’elle comporte : 274 tableaux en tout  dont 127 sont exposés à la Fondation (parmi eux  29 Picasso, 22 Matisse, 12 Gauguin, 8 Cézanne, 8 Monet…) ; il s’agit bien d’une collection particulière et non pas d’un musée !

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Portrait de Chtchoukine par Xan Krohn  - 1915

Mais qui était donc Sergueï Ivanovitch Chtchoukine (1854-1936), l’ « heureux » propriétaire de toutes ces merveilles ? Né à Moscou en 1854, fils d’un riche commerçant, Sergueï entre dans l’entreprise familiale de textile avec deux de ses frères. Le père, fortune faite, achète l’Hôtel particulier des princes Troubetskoï. En 1890, Sergueï épouse Lydia Koreneva dont il a trois enfants.  Ils habitent le Palais Troubetskoï et vivent à la manière de la grande bourgeoisie économique russe de l’époque, cultivée, ouverte aux idées nouvelles, voyageant beaucoup (les Chtchoukine vont en Inde, au Soudan…).

Le frère cadet de Sergueï, Ivan, installé à Paris en 1895, est le premier à fréquenter les marchands d’art parisiens :  Durand-Ruel, Vollard et Kahnweiler achetant des pastels de Manet et de Degas et des Cézanne, artistes encore pas trop cotés et parfois éreintés par les critiques.
Deux ans plus tard, son frère,
Sergueï, n’ayant lui non plus aucune connaissance en matière artistique, abordera l’art de la même façon, attachant surtout de l’importance à ce qu’il ressent face à une œuvre. Il achète, à son tour et de manière quasi-compulsive des Degas, des Monet et des Cézanne et les accroche dans le palais familial de Troubetskoï, en rangées superposées les unes aux autres ; on peut d’ailleurs voir des photos de l’agencement d’origine, tout au long de l’exposition, grâce à des photos gigantesques représentant les murs et les escaliers du Palais.
 

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Cézanne   -  L'homme à la pipe   -  1890-1892
 

Cette frénésie d’achats de chefs-d’œuvre est peut-être pour Sergueï une façon de faire face aux tragédies qui l’accablent (mort de deux fils, l’un est retrouvé, à la débâcle, dans la Moskova, l’autre se suicide en 1910; son frère « parisien » se suicide ; sa femme meurt brutalement à l’âge de 43 ans).

Chtchoukine permet à de jeunes artistes russes (ainsi qu’aux Moscovites) de s’initier aux principaux courants de l’art occidental, en ouvrant les portes de son Palais tous les dimanches au public.
Certains milieux conservateurs russes jugeant ces œuvres subversives, tentent même d’en interdire l’accès aux étudiants. Le généreux collectionneur avait manifesté l’intention de léguer ses toiles à la ville de Moscou mais suite à la Révolution russe de 1917, il est obligé de quitter précipitamment la Russie et s’installe à Paris où il meurt en 1936.

Ses tableaux sont nationalisés par l’État en 1918 et, considérés comme des œuvres bourgeoises et réactionnaires, tombent dans l’oubli pendant plusieurs décennies avant d’être répartis, en 1948, entre deux musées,
le Musée Pouchkine à Moscou et le Musée de l’Ermitage à Saint-Petersbourg. Pendant des années, ces deux institutions refusent de laisser sortir, autrement qu’au compte-goutte, ces œuvres, craignant, de la part des héritiers, des demandes de restitution ou de dédommagement.

Dans la première salle de l’exposition sont réunis des autoportraits et portraits (Cézanne, Gauguin, Van Gogh, Picasso…) dont deux du collectionneur par l’artiste norvégien Xan Krohn. Dans la seconde salle, une installation multimedia évoque la rencontre de Sergueï avec Matisse à qui il avait commandé, pour son grand escalier, deux tableaux, « La Musique » et « La Danse »  que le collectionneur hésite longuement à conserver vu les réactions critiques et ironiques de ses invités. L’artiste français séjourne au Palais durant l’hiver 1911 et effaré par la disposition bord à bord des tableaux et le côté poussiéreux du mobilier, obtient la permission de réaménager le Salon Rose pour y exposer ses œuvres.

Les salles suivantes sont consacrées à la peinture de Monet (essentiellement des paysages). C’est Durand-Ruel  qui vend au Russe ses premiers Monet ; le collectionneur se rend ensuite à Giverny, en 1900 et 1901, pour en acheter d’autres. Est accroché dans cette salle le célèbre « Déjeuner sur l’Herbe » pour lequel Camille, l’épouse de Monet, et Frédéric Bazille servirent de modèles pour cinq personnages.

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Claude Monet  -  Déjeuner sur l'herbe

Vient ensuite une salle consacrée à Cézanne (splendide « Montagne Sainte-Victoire, vue des Lauves »), aux Fauves et aux Cubistes.

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Cézanne  -  La Montagne Sainte-Victoire, vue des Lauves

Dans une autre salle sont réunis onze des seize tableaux de Gauguin de la collection. Ils appartiennent tous à la période tahitienne de l’artiste et montrent, à côté d’œuvres du Douanier Rousseau et de Picasso, l’attirance du collectionneur pour un certain exotisme, orientalisme et art premier.

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Paul Gauguin  -  Aha Oe feii  - 1892


La collection comporte aussi des sculptures africaines acquises par Sergueï et disposées à côté d’œuvres picturales de Picasso, lui aussi fortement marqué par cet art à une certaine période de sa vie. C’est Matisse qui avait amené Sergueï au Bateau-Lavoir pour lui présenter Picasso, à une époque où ses œuvres étaient encore très abordables.

Une autre salle est consacrée à Matisse qui a exercé une profonde influence sur Chtchoukine, puisqu’une fois l’escalier du Palais décoré par Matisse franchi, on parvenait au Salon Rose qu’avait aménagé Matisse et qui lui était entièrement dédié (« La Desserte Harmonie rouge. La Chambre rouge»)

A la fin de l’exposition sont accrochées une trentaine d’œuvres d’artistes russes (Malevitch, Rodtchenko, Gontcharova…) marqués par leur rencontre avec l’art occidental et qui à leur tour ont influencé les artistes de l’ouest.

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Rodtchenko -  Compo 66    1919                                    Picasso -  Femme à l'éventail 1908

Cette réunion de tableaux d’artistes majoritairement français est d’autant plus remarquable qu’elle a nécessité des années de travail et de négociations (entre les organisateurs, les conservateurs, les descendants du collectionneur, les restaurateurs, les autorités russes et les diplomates); il a fallu s’entendre avec les deux grands musées russes et, une fois les accords conclus, acheminer des dizaines de tableaux vers la France, certains étant très fragiles (problèmes de transport, de garanties, d’assurances). Les récentes tensions politiques entre la France et la Russie auraient pu remettre en question l’exposition mais heureusement il n’en a rien été.

Interrogé sur le coût d’une telle exposition, le Président de LVMH, Bernard Arnault, dit que le prêt des œuvres a été consenti  au prix de la restauration (« dépenses néanmoins substantielles ») d’un certain nombre de tableaux et de leur ré-encadrement.

Chtchoukine, par son instinct artistique,  a su reconnaître les grands peintres au bon moment et constituer sa collection, sans jamais céder aux idées reçues et aux railleries dont les artistes et lui-même ont fait l’objet. Il a eu le courage et l’audace d’aller contre les goûts de son milieu et de son époque.

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Fondation Louis Vuitton
8, avenue du Mahatma-Gandhi
75116 Paris
Exposition prolongée jusqu’au 5 mars 2017

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Hélène TANNENBAUM


Peinture Américaine - le 17/11/2016 • 08:26 par HTa

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Gas Station -  Edward Hopper 1940



LA PEINTURE AMÉRICAINE DANS LES ANNÉES 30

 

Cette exposition, présentée d’abord à l’Art Institute de Chicago, arrive à Paris au Musée de l’Orangerie avant de rejoindre la Royal Academy of Arts, à Londres, en février.

Son titre français, « La Peinture Américaine des années 30 » garde, en sous-titre, l’intitulé américain « The Age of Anxiety » reflétant ainsi l’état d’inquiétude, voire même d’angoisse,  du peuple américain dans ces années là. Elle a été conçue à Chicago après la crise des subprimes de 2008, à la suite de laquelle tant d’Américains se sont retrouvés au chômage, expulsés de leurs maisons, dans un profond dénuement, rappelant ainsi à l’Amérique la crise de 1929.

C’est justement en 1929 que commence cette exposition qui balaie le paysage politique, économique et social américain jusqu’au début des années 40, c’est à dire l’entrée en guerre des États-Unis, qui marque la reprise de la croissance économique et un retour vers le plein emploi.

Dans la première salle figure un panneau explicatif de la situation économique des E.U. entre 1929 et 1941. Tout  commence le 29 octobre 1929 (« Black Thursday ») par le Krach boursier qui a des conséquences catastrophiques sur le pays, puis sur l’Europe toute entière, entraînant misère, sentiment d’insécurité et troubles sociaux. C’est le début de ce qu’on a appelé la Grande Dépression.

Le panneau indique que le taux de chômage de 16% en 1931 atteint son pic, 25%, en 1933. Entre-temps, en 1932, les élections présidentielles ont amené au pouvoir le démocrate Franklin Delano Roosevelt qui, par sa politique de New Deal (qui consista d’abord en une série de programmes d’aide sociale pour venir en aide aux plus démunis et ensuite en une série de  programmes destinés à financer des travaux agricoles et industriels), réussit à inverser la situation économique.

En ce qui concerne les artistes, il promulgue en décembre 1933, le « Public Works of Art Project » qui apporte une aide directe d’abord à des artistes peintres en leur procurant du travail dans des lieux officiels (leur faisant réaliser des peintures murales dans des bureaux de  poste et autres bâtiments administratifs). Cette aide s’étendra ensuite aux écrivains, puis aux acteurs et aux musiciens. C’est également durant cette période de crise que les grands musées de New York voient le jour (le Museum of Modern Art en 1929, le Whitney Museum en 1931 et le musée qui deviendra le Guggenheim Museum en 1937).

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          American Gothic - Grant Wood -1931                  Cow's skull with Roses - Georgia O'Keeffe 1931

C’est également dans cette première salle qu’on peut voir le tableau « culte » de cette exposition : « American Gothic » de Grant Wood (1930), représentant un fermier du Midwest et sa fille sans qu’on comprenne vraiment si l’artiste a voulu critiquer ces puritains austères ou rendre hommage au monde rural traditionnel ; autre œuvre énigmatique exposée tout à côté, « Crâne de Vache avec Roses » (1931) de Georgia O’Keeffe, très éloignée des natures mortes avec fleurs auxquelles l’artiste nous a habitués.

Un certain nombre d’artistes exposés ici ont débuté leur carrière en Europe, certains y ont même fait des études d’art et se sont donc trouvés confrontés aux mouvements artistiques de l’époque : cubisme, surréalisme et réalisme socialiste. Quelques-uns  ont assisté à la montée du fascisme en Europe, c’est le cas de Peter Blume dont la toile  « The Eternal City », présente Mussolini comme un diable jaillissant d’une boîte et celui de Philip Guston « Bombardment »  qui rappelle Guernica.

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The Eternal City  -  Peter Blume 1934-1937

Même si certains artistes évoquent l’Europe et les problèmes outre-Atlantiques, c’est surtout de la vie quotidienne aux E.U. dont il est question dans cette exposition.

Lorsque surgit la crise de 29, c’est pour beaucoup d’Américains la croyance dans le « rêve américain » qui s’effondre ; leur confiance dans leur pays est ébranlée. Les artistes exposés reflètent à travers leurs œuvres, le climat anxiogène qui règne, leur révolte face à la misère, aux inégalités sociales et à la discrimination. Ils tentent de s’accrocher aux grandes valeurs américaines, à leur passé (section « Histoire Revisitée »),  à un monde rural qu’ils espèrent épargné par la crise (mais malheureusement pas par les catastrophes climatiques). Ils évoquent, à travers leurs œuvres, ce qui a favorisé pendant si longtemps la prospérité du pays (l’industrie, les usines, les transports …) en espérant la voir renaître bientôt (section « Contrastes américains : Puissance industrielle et retour à la terre »).

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American Landscape   -   Charles Sheeler  1930

Pour mieux supporter les difficultés quotidiennes, les Américains ressentent un besoin de se divertir et d’oublier leurs soucis et c’est la section «La Ville Spectacle » ; ils se mettent à fréquenter les cinémas (« New York Movie » de Edward Hopper, 1939), les théâtres, les boîtes de nuit, les bars et c’est Harlem avec « Street Life, Harlem», 1939,  de William H. Johnson, un peintre afro-américain.

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Street Life, Harlem  -  William H. Johnson   1939
 

A part les tableaux exposés ici, des extraits de films d’archives sont projetés, montrant la première investiture de Roosevelt, des scènes de manifestations, de grands travaux entrepris pour relancer l’économie, de soupe populaire et de marathons de danse, rendus familiers par le film de Sydney Pollack « On Achève bien les Chevaux » (1969) et illustrés dans l’exposition par un tableau de Philip Evergood, de 1934, qui montre des gens à leur 49e jour de danse.

La dernière salle de l’exposition marque un tournant dans l’art pictural américain avec le tableau hyperréaliste de HopperGas Station» de 1940) et celui qui permet d’apercevoir les débuts de l’abstraction de Jackson Pollock (sans titre). Ces tableaux reflètent bien l’inquiétude et le sentiment d’incertitude ressentis à l’époque et avec certaines autres œuvres de l’exposition laissent entrevoir l’arrivée du Pop Art, avec des artistes comme Warhol et de l’abstraction dont Pollock sera un des principaux représentants avec Rothko.

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New York Movie  - Edward Hopper  1939

Hélène Tannenbaum


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Musée de l’Orangerie
Place de la Concorde

Jusqu’au 30 janvier 2017
Tous les jours sauf mardi de 9h à 18h

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Bouchardon - le 06/11/2016 • 12:14 par EFo

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Fontaine des quatre saisons de la rue de Grenelle



EDME BOUCHARDON
OU UNE IDÉE DU BEAU

 

Il n’est pas trop tard, encore quelques semaines,  pour se rendre à l’exposition qu’abrite Le Louvre consacrée à l’œuvre d’un sculpteur que le graveur Charles Nicolas Cochin qualifia en son temps de « plus grand sculpteur et meilleur dessinateur de son siècle », Edme Bouchardon (1698-1762).

Pourtant promoteur au XVIIIe siècle du renouveau dans les arts, il ne bénéficie sans doute pas aujourd’hui de la même renommée que d’autres sculpteurs comme Coysevox et un peu plus tard Pigalle, ce qui explique sans doute le relatif peu d’affluence de cette exposition.

Certes, on ne voit pas là beaucoup de statues, car elles sont souvent difficilement déplaçables de leurs lieux de résidence, comme de celui du domaine de Versailles notamment. Mais on peut cependant admirer la magnifique copie en marbre d‘après un antique du Faune endormi, détenue par Le Louvre, brillant  exercice de style que réclamait l’appartenance de l’artiste à l’Académie de France à Rome, où il séjourna entre 1723 et 1732 après avoir remporté le prix de Rome en 1722.

Faune_endormé_2.JPG

Cette œuvre impressionne en effet par son naturel et le rendu parfait des formes et allait révéler Bouchardon  comme un sculpteur majeur de son époque.

Nommé à son retour en France à l’Académie royale de peinture et de sculpture, il allait alors livrer de nombreuses « académies », ces exercices de copie d’après des nus masculins, qu’il exécutait au milieu de ses élèves, en tant que professeur à l’Académie royale.

Plus loin dans l’exposition sont présentées des statues, témoignages de ce qu’il a pu concevoir en matière d’art religieux, comme le réalisme du portrait en marbre du pape Clément XII, venue de la Galleria Corsini à Florence, exposé en France pour la première fois ou ces statues en pierre de Tonnerre se trouvant à l’église Saint-Sulpice, Jésus-Christ appuyé sur la croix et la Vierge de douleur.

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                 Le Pape Clément XII                                                                             Jésus Chist appuyé sur la croix

On découvre ensuite cet étonnant Amour se faisant un arc de la massue d’Hercule, œuvre réalisée entre 1739 et 1750 et dont le sujet entraina certaines critiques par l’originalité dont fit preuve Bouchardon en représentant  Cupidon, fils de Vénus, testant l’élasticité d’un arc, loin ainsi des canons habituels du classicisme… Diderot et Voltaire se seraient d’ailleurs moqués de ce dieu se livrant à un travail manuel ! Là encore, le spectateur est impressionné par la technique du sculpteur et par le long travail que nécessita l’œuvre préparée par de nombreuses études dessinées d’après l’antique et par le recours à un modèle vivant.

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« Amour se faisant un arc de la massue d’Hercule » Réplique en réduction de la sculpture originale.

 C’est ce travail préparatoire considérable qui est mis également en avant dans l’élaboration du chef-d’œuvre qu’est la fontaine de Grenelle commandée par la Ville de Paris et inaugurée en 1745. Il s’agissait de montrer que Paris assure l’approvisionnement en eau courante  toute l’année à ses habitants. Pour cela, Bouchardon a conçu une œuvre monumentale rue de Grenelle, montrant une femme qui trône au centre, figurant Paris, avec à ses pieds des allégories allongées représentant la Seine et la Marne. Autour, les Saisons sont évoquées par des Génies sous la forme de scènes d’enfants particulièrement gracieux. L’exposition du Louvre a le mérite de faire prendre conscience de la somme de travail qu’a nécessitée l’œuvre en présentant une sélection de dessins préparatoires, de terres cuites ou de réductions en marbre, qui montrent ainsi le soin que l’artiste mettait à exécuter ses commandes.

C’est le cas d’ailleurs de la dernière œuvre exécutée par Bouchardon avec cette statue équestre de Louis XV commandée par le prévôt des marchands de la Ville de Paris, pour être installée au centre de la place Royale (l’actuelle place de la Concorde), devant le château des Tuileries. La statue nécessita plus de quatre cents dessins préparatoires (!), dont des études anatomiques très précises du cheval, et plus de dix ans de travail. Elle ne fut terminée qu’après la mort  de l’artiste, avec l’aide de Jean Baptiste Pigalle, pour être inaugurée en 1763. L’œuvre, dont il ne reste aujourd’hui qu’un fragment de main en bronze, allait pourtant connaitre un destin funeste puisqu'elle fut détruite trente ans plus tard pendant la Révolution…

Si donc l’exposition n’accorde que peu de place aux statues notamment pour les raisons évoquées plus haut, elle présente surtout un ensemble impressionnant d’études préparatoires réalisées le plus souvent à la sanguine et dont le Louvre détient dans son département d’Arts graphiques, une collection très importante. Une intéressante  vidéo montre d’ailleurs la technique d’élaboration des sanguines avec les contre-épreuves qui les accompagnent.

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Tête de jeune garçon                                                                         Enfant

Cet ensemble de dessins prouve la maitrise technique de l’artiste et l’attention qu’il portait à la préparation de ses sculptures. On est frappé particulièrement par ce souci du naturel qui s’exprime notamment  dans le travail sur les nus.

Si on devait enfin trouver une raison particulière d’aller à cette exposition, ce serait pour découvrir cette série très originale des Cris de Paris, assez différente de tout ce qui est montré par ailleurs.

Il s’agit en effet d’un ensemble de soixante dessins réalisés en 1737, intitulé Études prises dans le bas Peuple et qui décrit les petits métiers de rue de l’époque, témoignage passionnant de la vie quotidienne à Paris au XVIIIe siècle. Le titre doit son nom aux cris que poussaient les marchands de rue pour vendre leurs services !

Le comte de Caylus, ami de Bouchardon, grava à l’eau forte ces cinq suites de douze estampes qui sont aujourd’hui détenues par le British Museum. On peut feuilleter aussi  numériquement les dessins et grossir à volonté chaque détail.

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Le Marchand de Lanternes                                                                              Le Porteur d'eau
 

Le principe est toujours le même : chaque métier est représenté par une figure vue de près, souvent de dos ou de profil, portant les vêtements et les ustensiles de sa profession.  On reconnait ainsi le Porteur d’eau, le Chaudronnier auvergnat, le Décrotteur,  la Savoyarde,  la Vendeuse de pommes ou la Charmante catin et beaucoup d’autres …  Certains sont désignés justement par le cri qu’ils poussent : Mon bel œillet, Achetez mes cuillers à pot !  

C’est le naturel des poses qui séduit mais aussi  l’humanité qui se dégage de toute cette production un peu atypique. Une vraie découverte.

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Musée du Louvre
Exposition Bouchardon

jusqu’au 5 décembre 2016, Hall Napoléon,
de 9 h à 18 h, sauf le mardi.
Nocturne  mercredi et vendredi jusqu’à 22h.

Emmanuel FOUQUET


Donation Hays - le 26/10/2016 • 18:38 par HTa

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UNE PASSION FRANÇAISE
 

Au moment où la Fondation Vuitton présente une collection autrefois particulière, peu connue de la plupart d’entre nous, la Collection Chtchoukine (ensemble d’œuvres de Monet, Gauguin, Cézanne, Matisse, Picasso…) qui a été nationalisée après la révolution russe de 1917 et qui est actuellement répartie sur deux sites : le Musée Pouchkine à Moscou et le Musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg, on apprend que deux collectionneurs américains, Marlene et Spencer Hays dont la collection a partiellement été montrée à Orsay, en 2013, sous le titre de « Une Passion Française », ont décidé de léguer au Musée d’Orsay les extraordinaires œuvres d’art qu’ils possèdent et dont le montant est estimé à 350M €, tout en en conservant la jouissance par usufruit.

Spencer et Marlene Hays sont nés au Texas et se sont mariés très jeunes. Spencer est l’image type du « self-made man » américain ; il a commencé sa vie professionnelle en vendant des livres, de porte à porte, avant de créer sa propre entreprise puis de se lancer dans le textile et la confection de vêtements sur mesure.

Ni lui, ni son épouse n’ont reçu une formation artistique ou fréquenté les musées dans leur jeunesse tout simplement parce qu’il n’y en avait pas près de chez eux. C’est dans les années 70 qu’ils ont brusquement décidé d’acheter des œuvres d’art, en commençant par des artistes américains. 

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Jean Louis Forain "Aux Folies- Bergère (la loge)"  1886                                           Portrait de Chaïm Soutine par Modigliani - 1917

Au cours de leur premier voyage à Paris, en 1971, voyage suivi de beaucoup d’autres, ils se sont passionnés pour la peinture française  représentant la vie quotidienne à Paris, telle qu’ils l’avaient connue, avec ses rues animées, ses cafés, ses théâtres et ses jardins ; ils ont d’abord fait l’acquisition de tableaux de Forain, Béraud, Steinlen… avant de s’intéresser aux impressionnistes (qui étaient devenus très chers dans les années 70) et de se laisser séduire par les Fauves et les Nabis (beaucoup plus abordables). Ils ont ainsi réuni un grand nombre de tableaux de Bonnard, Vuillard, Denis et des sculptures de Rodin et de Maillol.


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"Le Goûter au Pouldu" Maurice Denis - 1900

Leur collection est actuellement répartie entre les deux lieux qu’ils habitent : un hôtel particulier à Nashville, Tennessee, qu’ils ont fait construire sur le modèle  de l’Hôtel de Noirmoutier, situé rue de Grenelle à Paris et qu’ils ont décoré d’œuvres du XVIIIe et leur appartement new-yorkais.

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Bonnard - Paravent "Canard, Héron, Faisan" 1889

Pourquoi avoir choisi le Musée d’Orsay pour leur donation, d’une part parce qu’ils sont tous deux amoureux de Paris et d’Orsay ; ils connaissent bien les collections du musée et savent que la leur viendra harmonieusement les compléter. Par ailleurs, ils craignent qu’en léguant leur collection à un musée américain, celui-ci la disperse un jour ou ne revende certains tableaux pour en acquérir d’autres. En faisant une donation de  leurs œuvres d’art à Orsay, ils sont certains que celles-ci bénéficieront de l’inaliénabilité des collections d’État et que ces tableaux qu’ils ont réunis pendant des années, resteront ensemble et ne seront jamais dispersés. Ils ont exigé que la totalité de leur legs soit exposé dans un même lieu, ce qui va obliger le Musée d’Orsay à pratiquer quelques modifications et notamment à déplacer leur bibliothèque.

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"Café dans le Bois" dit aussi "Jardin de Paris" - Bonnard 1896                  "Femme s'épongeant le Dos" Degas 1895


 

Le 22 octobre 2016, venus à Paris pour finaliser une première donation de 187 oeuvres, Marlene et Spencer Hays ont reçu du Président de la République les insignes de Commandeur de la Légion d’Honneur.
Un grand merci à ces généreux donateurs, amoureux de Paris et de l’art français ; nous serions ravis si, comme en 2013, ils nous permettaient d’avoir, prochainement, un aperçu de la seconde  partie de leur collection que nous ne connaissons pas encore. 

Hélène TANNENBAUM


Oscar Wilde - le 11/10/2016 • 14:12 par HTa

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J.R.S. Stanhope - Love & the Maiden - 1877



OSCAR WILDE
L’IMPERTINENT ABSOLU


 

« Oscar Wilde – L’Impertinent Absolu », est le titre de la nouvelle exposition présentée en cette rentrée, au Petit Palais ; c’est un hommage rendu au célèbre écrivain irlandais qui, après une vie consacrée à l’art, au beau et au superflu, finit ses jours, à l’aube du XXe siècle, dans la capitale française, dans le dénuement le plus complet et la solitude.

Oscar Wilde est né à Dublin en 1854 ; son père était un chirurgien réputé, spécialiste des yeux et des oreilles, sa mère une poétesse qui, sous le nom de Speranza, écrivait des articles en faveur de mouvement nationaliste irlandais.

Après de brillantes études classiques à Trinity College (Dublin), Wilde obtient une bourse de cinq ans pour poursuivre ses études à Magdelen College, Oxford. Là, il a pour professeurs deux spécialistes de l’histoire de l’art et eux-mêmes critiques, Walter Pater et John Ruskin.

Étant sans profession à l’issue de ses études, Oscar Wilde décide de devenir critique d’art, il commente essentiellement des tableaux représentant l’histoire ancienne et la mythologie. Il défend le mouvement pictural naissant l’« Aesthetic Movement » au moment où est inaugurée la première exposition de la Grosvenor Gallery dont les œuvres exposées s’opposent à celles très conservatrices de la Royal Academy. Il défend notamment les peintres préraphaélites : Millais, Burne-Jones, Stanhope…Il est également en rapport avec les artistes du mouvement « Arts and Crafts » et échange des lettres avec William Morris.

A l’époque, il est déjà réputé pour ses tenues excentriques, sa conversation brillante et ses mots d’esprit. Il vit dans une maison de Chelsea, entouré de fleurs de lys et de tournesols ainsi que de porcelaines asiatiques bleues et blanches, selon la mode de l’époque.

En 1882, en partie pour des raisons financières, il entreprend une tournée de conférences aux États-Unis et au Canada, exposant à des auditoires très variés (mormons, Indiens, mineurs…) ses théories sur l’Esthétisme et les arts décoratifs. Pendant ces conférences, il porte des tenues très élaborées (manteau de fourrure ou veste de velours, culottes courtes, bas de soie et escarpins à boucles) comme le montrent les photos « posées » prises par le photographe américain Napoleon Sarony.

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Portrait en pied par Napoleon Sarony 1882

A son arrivée à New York, sûr de lui, il dit au douanier qu’il n’a rien à déclarer si ce n’est son génie. Durant ce séjour,  il proclame  que les Anglais et les Américains ont tout en commun sauf, bien sûr, la langue.
Après un an de conférences, il a suffisamment d’argent pour rentrer en Europe. Il passe trois mois en France et fait la connaissance de Victor Hugo, Mallarmé et Verlaine.

Une fois rentré en Angleterre, il épouse Constance Lloyd dont il a deux fils : Cyril (1885) et Vyvyan (1886).

Pour entretenir le train de vie luxueux auquel il aspire, il reprend, en Angleterre, ses activités de conférencier et devient rédacteur en chef d’un magazine féminin,  le « Woman’s World ». Ses activités littéraires très diverses se multiplient ; il publie des contes (« Le Prince Heureux »), des essais (« Intentions »), des nouvelles, des pièces de théâtre, notamment des comédies de mœurs, pleines d’esprit et de bons mots, dans lesquelles il dénonce l’hypocrisie de la société victorienne.

Ses comédies les plus célèbres sont encore fréquemment jouées aujourd’hui : « L’Éventail de Lady Windermere » (1892), « Un Mari idéal » (1895) et « L’Importance d’être Constant » (1895).

Sa pièce « Salomé », écrite en français, en 1893, et qu’il espère voir interprétée par Sarah Bernhardt à Londres est censurée en Angleterre et ne sera jouée en France qu’en 1896. Elle est illustrée, en noir et blanc, par un jeune artiste, mort à l’âge de 25 ans, Aubrey Beardsley ; ses dessins montrent bien les influences Art Nouveau et japonisante de l’époque.

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Salomé "Apothéose",  Aubrey Beardsley, 1893

En 1891, il publie son unique roman « Le Portrait de Dorian Gray » qui est certainement l’œuvre dans laquelle il a mis le plus de lui-même. D’ailleurs en parlant des trois protagonistes du roman, l’écrivain dit : « Basil Hallward est tel qu’il (Oscar Wilde) croit être, un artiste sentimental qui souffre de vivre sa passion, ses attirances, ses désirs, dans le secret ; Lord Henry est tel que le monde le croit, dandy épicurien, hâbleur, cynique, corrupteur de jeunesse ; Dorian Gray est tel qu’il voudrait être, un idéal esthétique, un objet de désir – dans une autre vie peut-être ».

C’est en 1895, alors qu’Oscar est au sommet de sa gloire, écrivain comblé, réputé, riche, adulé par la haute société, que commence sa descente aux enfers.
Le marquis de Queensberry, père de Sir Alfred Douglas qu’Oscar Wilde avait rencontré en 1891 alors qu’il avait 21 ans et qui était devenu son amant, dépose, au club de Wilde, une carte de visite contenant des termes insultants; celui-ci aurait pu l’ignorer mais peut-être  par esprit de provocation ou sous la pression de Sir Alfred qui détestait son père, il attaque le marquis en diffamation. Il perd ses procès contre le marquis et contre la justice britannique qui l’accuse d’homosexualité et d’immoralité dans ses œuvres.
En mars 1895, il est condamné à deux ans de travaux forcés ; il effectue l’essentiel de sa peine à la prison de Reading, près de Londres. Lors de sa détention, il rédige une longue lettre destinée à son amant et qui sera publiée, après la mort de Wilde, sous le titre de « De Profundis ».

Dès l’annonce de sa condamnation, O. Wilde est proscrit par la société victorienne, ses pièces retirées de la scène et ses biens saisis; à sa libération il se retrouve, par conséquent, sans argent et rejeté de toutes parts, il doit s’exiler et choisit de s’installer en France, à Berneval puis à Paris.
Il prend alors le nom de Sébastien Melmoth (Melmoth étant le héros d’un roman gothique). Ruiné et marqué par deux années d’emprisonnement, il mène alors une vie difficile malgré l’amitié et l’aide apportée par quelques écrivains français. Il meurt dans un obscur hôtel de la rue des Beaux-Arts,
l’hôtel d’Alsace qui récemment est devenu un hôtel cinq étoiles et où des clients fortunés peuvent occuper une chambre dite chambre « Oscar Wilde ».

À sa mort, en 1900, il est enterré à Bagneux, puis, en 1909, ses restes sont transférés au cimetière du Père-Lachaise et placés dans un monument extravagant, représentant un ange-démon volant, œuvre de l’artiste américain Jacob Epstein. Comme le montre une immense photo à la fin de l’exposition, c’est l’un des monuments les plus visités du Père-Lachaise et il est recouvert de baisers au rouge à lèvres de « fans » de l’écrivain, si bien que récemment on a dû restaurer cette sculpture et l’entourer de plaques de verre pour la protéger.

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Monument funéraire d'Oscar Wilde - Sculpteur Jacob Epstein

Cet artiste dont ni le mode de vie ni l’œuvre ne convenaient à ses contemporains, a rédigé, durant son exil en France, un dernier ouvrage « La Ballade de la geôle de Reading », dans lequel il décrit ses conditions de détention et malgré ses difficultés financières personnelles, il s’efforce, à sa sortie de prison, de réunir de l’argent pour l’envoyer à ses  ex-codétenus et soulager leur misère.

Cette belle exposition réunit de nombreux tableaux peints par les contemporains d’Oscar Wilde ( Burne–Jones, Stanhope, Millais, Henner, Blanche…), des caricatures de Max Beerbohm, des encres d’Aubrey Beardsley, les photos de l’écrivain prises par Sarony, des éditions dédicacées, de nombreuses lettres qu’Oscar Wilde a adressées à sa famille ou à ses amis artistes, un audio-visuel de Badinter sur les procès de l’écrivain (en panne, le jour de ma visite) et deux lectures (des extraits du « Portrait de Dorian Gray » et du « De Profundis ») quasi inaudibles.

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Hérodiade de JJ. Henner                                                                   Portrait par Napoleon Sarony 1882

A la toute fin de l’exposition, une vidéo montre le petit-fils d’Oscar Wilde (Merlin Holland) parlant de la vie et des épreuves subies par ce grand-père qu’il n’a jamais connu.

C’est avec regret qu’on quitte cet artiste qui proclamait avoir mis son génie dans sa vie et n’avoir mis que son talent dans son œuvre, conscients que sa vie et son œuvre ont été écourtées par la société hypocrite et intolérante dans laquelle il vivait ; il faut rappeler, qu’en Grande-Bretagne, les dernières lois contre l’homosexualité ont été abrogées en 2000.

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Something to live up to par Thomas Nast, 1882                                 Osacr Wilde et Sir Alfred Douglas, 1893

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Petit Palais
Avenue Winston Churchill
75008 Paris
Ouvert de 10 h à 18 h sauf lundi
jusqu’au 15 Janvier 2017


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Hélène TANNENBAUM


 

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