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Zao Wou-Ki - le 22/09/2016 • 10:58 par HTa

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Zao Wou-Ki "En mémoire de May" 1972


DONATION ZAO WOU-KI

Deux lieux différents accueillent actuellement la Donation Zao Wou-ki (1920-2013), artiste d’origine chinoise, devenu français en 1964 : le musée Cernuschi à Paris et l’Hospice St Roch à Issoudun.

La donation au musée Cernuschi comporte d’une part, des œuvres réalisées par l’artiste lui-même (peinture, dessins, encres, céramiques…), d’autre part, des œuvres issues de la collection personnelle de l’artiste, résultants d’échanges avec des amis artistes ou d’acquisitions au cours des années (bronzes, céladons).

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Issu d’un milieu intellectuel aisé, Zao Wou-ki est né à Pékin, en 1920. Sa famille s’installe à Shanghai où l’artiste passe son enfance. À 15 ans, il entre à l’École des Beaux-Arts de Hangzhou où il étudie les techniques occidentales (dessin, peinture à l’huile) et chinoises (peinture traditionnelle et calligraphie). À sa sortie de l’école, il devient professeur.

Dès 1946, repéré par le conservateur d’alors de Cernuschi, Vadime Elisseeff, il fait son entrée au musée. En 1948, il décide de s’installer en France où il fréquente certains artistes de l’époque, Giacometti, Maria Helena Vieira da Silva, Hartung , Soulages...

Parmi les œuvres de jeunesse de la donation, encore figuratives et exposées ici, se trouvent  des dessins de nus et  de femmes assises dont le style rappellent celui de Matisse.

Peu à peu, Zao Wou-ki s’essaie à d’autres techniques (fusain, aquarelle, gouache, huile) et évolue progressivement vers l’abstraction, privilégiant alors les tableaux à l’huile. À partir des années 70, il revient régulièrement à l’encre et au papier, outils traditionnels des artistes chinois.

Les œuvres exposées à Cernuschi sont essentiellement des dessins à l’encre, figuratifs (nus, paysages, animaux) puis ensuite abstraits.

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Zao Wou-Ki (sans titre) 1948 & 1949

Au rez-de–chaussée du musée puis dans la mezzanine sont présentées  des porcelaines peintes en 2005-2006, sur des formes de la manufacture Bernardaud et réalisées dans les ateliers de la manufacture de Limoges. Les décors de ces porcelaines reproduisent des signes dérivant des caractères chinois anciens. Trois autres céramiques, plus anciennes (années 50), émanant de dons anonymes, sont exposées à côté de celles données par la veuve de l’artiste.

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Porcelaine pour Bernardaud 2006

Les merveilleux tableaux aux rouges, jaunes et bleus éclatants qui ont fait la célébrité de Zao Wou-ki manquent cruellement dans cette exposition (il y en a quelques-uns  à Issoudun).

Peut-être feront-ils, un jour prochain, partie d’une rétrospective à Paris, un peu semblable à celle que nous avons eu au musée du Jeu de Paume, en 2003.

Un film de Jean-François Cuisine, datant de 2001 et intitulé « Lumières et Couleurs sans limites » (suivre ce lien) est projeté dans l’auditorium du musée et permet de revoir certains de ces tableaux aux couleurs vives et de mieux connaître l’artiste et son parcours.

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Musée Cernuschi
7, avenue Vélasquez
75008 Paris
Ouvert de 10 h à 18 h sauf lundi
jusqu’au 23 octobre 2016

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Hélène TANNENBAUM


Ici Ailleurs - le 29/08/2016 • 10:28 par HTa

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       Brooklyn Promenade 1954                                                                   Bouche d'égout Times Square 1954


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Le roi et la reine de Coney Island série "Subway" 1946


 

ICI AILLEURS

LOUIS STETTNER



 

Si vous passez près du Centre Pompidou, empressez-vous d’y entrer pour ne pas rater la courte exposition des photos de Louis Stettner, présentée jusqu’au 12 septembre seulement, dans la Galerie des Photographies, au niveau -1 du musée.

Louis Stettner , né à Brooklyn en 1922 et qui , au printemps dernier, prenait encore des photos dans les Alpilles françaises, passe pour le dernier des photographes humanistes vivants ( après la disparition de Izis, Doisneau, Ronis…). Il a aussi été qualifié de « street photographer » pour ses images urbaines.

Après avoir servi dans le Pacifique, comme photographe, durant la seconde guerre mondiale, il arrive à Paris en 1946 ; la capitale deviendra alors sont deuxième port d’attache : il partagera désormais sa vie entre la côte Est des États-Unis et Paris.

C’est d’abord au métier de sculpteur qu’il se destine (d’où, sans doute, l’importance des gestes et des corps dans sa photographie) et c’est auprès de Ossip Zadkine qu’il vient faire son apprentissage avant de renoncer à la sculpture et d’entreprendre des études à l’IDHEC.

Après l’acquisition par le Centre Pompidou de trente épreuves de ce photographe, celui-ci décide de faire don au musée d’une centaine de tirages d’époque dont certains sont aujourd’hui exposés à Beaubourg.

Tout comme les impressionnistes, Louis Stettner a procédé par série mais chez lui il ne s’agit pas de répéter le même motif, à différents moments de la journée ou sous différentes lumières ; pour lui, une série regroupe des photos illustrant un même thème : celui des travailleurs (« Workers »), du métro (« Subway »), de la gare (« Penn Station »).

L’exposition commence par des photos prises à Paris dans l’immédiat après-guerre et révèle, à la façon d’un Doisneau, un Paris suranné et pittoresque qui se relève lentement de cette période sombre que la capitale vient de traverser mais qui reprend plus vite goût à la vie et à la joie que New York qui n’a pas été pareillement touché par la guerre.

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Rue Bezout et Avenue du Général Leclerc - 1947

Tout comme les peintres impressionnistes, Stettner se dit sensible aux changements atmosphériques. Il dit : « Je m’intéresse à la qualité de l’air, de la neige, de la pluie… La photographie, c’est ce qui se trouve devant moi. Tout est vivant : le temps qu’il fait, la pluie, tout, et on ne le maîtrise pas. »

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Île St Louis 1951

Toutes les photos présentées ici sont en noir et blanc et chaque série est accompagnée d’explications rédigées par le photographe pour justifier et éclairer ses choix.

Stettner, qui reconnaît avoir été influencé par Atget, sait capter l’atmosphère d’un lieu, d’une scène et transmettre une ambiance.

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Aubervilliers 1947

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CENTRE POMPIDOU
Galerie des Photographies
- niveau -1
Ouvert tous les jours (sauf mardi) de 11 h à 21 h;

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Louis Stettner
 

Hélène TANNENBAUM


L'intensité d'un regard - le 27/07/2016 • 09:00 par cro

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Paula MODERSOHN-BECKER

L'INTENSITÉ D'UN REGARD

Le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris présente la première monographie de Paula Modersohn-Becker (1876-1907) en France. Bien que méconnue du public français, elle est aujourd’hui une figure majeure de l’art moderne.
Malgré sa courte carrière artistique réduite à seulement une dizaine d’années, l’artiste nous transmet une œuvre extrêmement riche que l’exposition retrace à travers une
centaine de peintures et dessins. Des extraits de lettres et de journaux intimes viennent enrichir le parcours et permettent ainsi de comprendre combien son art et sa vie personnelle furent intimement liés.

Après une formation à Berlin, Paula Modersohn-Becker rejoint la communauté artistique de Worpswede, dans le nord de l’Allemagne. Très rapidement, elle s’en détache pour trouver d’autres sources d’inspiration. Fascinée par Paris et les avant-gardes du début du XXe siècle, elle y fait de nombreux séjours et découvre les artistes qu’elle admire (Rodin, Cézanne, Gauguin, Le Douanier Rousseau, Picasso, Matisse).

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                             Petite fille au chapeau                                                           Tête d'une petite fille assise sur une chaise
 

Résolument moderne et en avance sur son temps, Paula Modersohn-Becker offre une esthétique personnelle audacieuse. Si les thèmes sont caractéristiques de son époque (autoportraits, mère et enfant, paysages, natures mortes,…), sa manière de les traiter est éminemment novatrice. Ses œuvres se démarquent par une force d’expression dans la couleur, une extrême sensibilité et une étonnante capacité à saisir l’essence même de ses modèles. Plusieurs peintures jugées trop avant-gardistes furent d’ailleurs présentées dans l’exposition Art dégénéré à Munich organisée par les nazis en 1937.

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Portrait de Clara Westhoff                                                            Nature morte au bocal de poissons rouges 1906

Paula Modersohn-Becker s’affirme en tant que femme dans de nombreux autoportraits en se peignant dans l’intimité, sans aucune complaisance, toujours à la recherche de son for intérieur.

Elle entretient, tout au long de sa vie, une forte amitié avec le poète Rainer Maria Rilke. Leur correspondance et plusieurs œuvres en constituent de fascinants témoignages. Rilke rend hommage à l’artiste dans un poème, « Requiem pour une amie », composé après sa mort à l’âge de 31 ans.

L’écrivaine Marie Darrieussecq porte un regard littéraire sur le travail de l’artiste en collaborant à l’exposition et au catalogue. Elle publie également sa première biographie en langue française, « Être ici est une splendeur, Vie de Paula M. Becker » (Éditions P.O.L, 2016).


Julia GARIMOTH
Commissaire de l’exposition

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Musée d'Art Moderne
11, avenue du Président Wilson
75116 Paris

Exposition jusqu’au 21 août 2016
Tous les jours de 10 h à 18 h

SAUF le lundi

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Le Temps Suspendu - le 23/05/2016 • 09:00 par HTa

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Le Pont-Neuf la nuit 1935 - 1939

ALBERT MARQUET

Peintre du Temps Suspendu

Peintre qualifié d’inclassable, Albert Marquet fait actuellement l’objet d’une rétrospective au Musée d’Art Moderne.

Il est né à Bordeaux en 1875, dans une famille modeste ; ses qualités de dessinateur n’échappent pas à sa mère qui n’hésite pas à monter à Paris lorsque son fils a quinze ans pour l’emmener suivre des cours à l’École nationale des Arts Décoratifs, puis aux Beaux-Arts.
En 1894, il entre dans l’atelier de Gustave Moreau où il rencontre Georges Rouault et Henri Matisse avec lequel il noue une profonde amitié qui durera jusqu’à la fin de sa vie. Après la mort de Gustave Moreau il poursuit ses études à l’Académie Julian aux côtés de Derain.

Passionné par l’eau, les fleuves et la mer, il va occuper une série de chambres et d’ateliers donnant sur la Seine. Il s’installe d’abord Quai de la Tournelle, puis Quai des Grands-Augustins, Quai du Louvre et Quai Saint-Michel, dans l’ancien atelier de Matisse et enfin rue Dauphine et c’est  depuis les fenêtres de ses ateliers successifs qu’il peindra de façon quasi obsessionnelle la Seine, l’activité sur le fleuve, les quais, les ponts et Notre-Dame. A ses débuts, il peint également, en compagnie de son ami Matisse, dans les jardins du Luxembourg et à Arcueil.

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Jour de pluie à Notre-Dame-de-Paris                                                                   Vue de Notre-Dame-de-Paris sous la neige - 1928

A partir de 1906, il se met à voyager, d’abord en France, aux côtés de Dufy, il peint au Havre, à Fécamp, Dieppe et Trouville avant de rejoindre Marseille puis partir pour l’étranger. Il visite Naples, Hambourg, Berlin, Dresde, Tanger et Séville. La grande crue de 1910 lui donne l’occasion de peindre à nouveau la Seine dans des circonstances particulières.

Réformé, il ne prend pas part à la 1ère Guerre mondiale mais il soutient par des ventes caritatives les victimes de guerre et ses amis artistes partis sur le front. Frappé par la grippe espagnole, il décide, pour mieux se soigner dans un climat plus clément, d’effectuer un voyage en Algérie qui sera suivi de nombreux autres ; c’est là qu’il rencontre Marcelle Martinet, sa future femme et c’est également là qu’il passe une partie de la 2e Guerre mondiale après avoir été obligé de quitter Paris pour avoir signé une pétition d’artistes et d’intellectuels contre le nazisme et avoir refusé d’exposer ses tableaux au Salon des Tuileries, en 1941, lorsqu’on exige de lui un certificat de « non-appartenance à la race juive ».

Après la guerre il refuse tous les honneurs (entrée à l’Institut, Légion d’Honneur). Il meurt en 1947.

Si on le compare à la plupart des peintres qui lui sont contemporains, Marquet peut être considéré comme un grand voyageur mais il ne représente que très rarement dans ses œuvres la nature ou l’exotisme des pays traversés. Ce qui l’intéresse le plus c’est l’eau, la mer, les fleuves, les ports qu’il peint toute sa vie durant.

L’exposition du MAM qui est, à la fois, thématique et chronologique, montre les débuts très académiques de Marquet : dessin ou peinture d’un nu, d’après modèle, en atelier. Un des premiers tableaux exposé montre un nu dit « nu fauve », réalisé en 1898 ; le traitement est académique mais les couleurs sont vives et préfigurent le fauvisme (qui, chez lui, ne durera que peu de temps). Même s’il est au fait des courants artistiques de son époque (post-impressionnisme, fauvisme, influence japonaise) comme le montrent certains de ses tableaux, il conserve toujours son indépendance et un style très personnel.

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Nu Fauve - 1898

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Matisse en haut de forme - 1900 encre de chine                                                 La charrette à bras - 1904 encre de chine

Après ses débuts académiques en atelier, Marquet se met à pratiquer le dessin et la caricature (utilisant le crayon, l’encre de Chine, le fusain et le pastel) ; il représente toute une série de petits personnages (qu’il croque d’un trait minimaliste) et de scènes de rue. Avec une économie de moyens, un simple zigzag ou un triangle, il réussit à représenter le visage d’une femme ou la silhouette d’un homme au travail, de manière époustouflante.

Vers la même époque, suite à la visite d’un bordel de Marseille, il réalise une série de dessins et de peintures érotiques dont certains sont présents dans l’exposition (« Les deux Amies »  1911) avant de regagner la capitale où il se remet à peindre frénétiquement la Seine souvent plongée dans une sorte de grisaille, avec ses grues, ses remorqueurs et leurs fumées, ses péniches, ses lavoirs et ses bains aujourd’hui disparus. Les quais grouillent d’activité avec les débardeurs, les passants  qu’il représente, en vue plongeante, depuis la fenêtre de ses ateliers surplombant le fleuve. Le temps est le plus souvent gris, neigeux ce qui donne aux tableaux une impression cotonneuse, les bruits semblant étouffés malgré l’intense activité qui règne aux alentours.

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Les deux amies 1911                                                                                            La Seine à Paris - 1907

De même, il est attiré par les rivières de la région parisienne avec leurs rives bordées d’arbres qui se reflètent dans l’eau et par les bords de mer (mais il ne s’agit plus de plages avec leurs tentes et leurs affiches comme au temps de Dufy). Lorsqu’il est à Alger c’est à nouveau le port qui l’intéresse ; il y a bien une mosquée sur le tableau mais elle ne semble pas avoir d’importance.

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La Seine à Poissy - 1908

L’exposition se termine sur des toiles peintes depuis la fenêtre de sa maison, parfois la fenêtre elle-même y figure et sert de cadre à la scène.

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Fenêtre sur la baie d'Alger - 1943

Marquet, un peintre un peu oublié et qui pourtant, de son vivant, a connu un énorme succès en France comme à l’étranger (Etats-Unis, U.R.S.S.) ; n’appartenant à aucune école, on a peu l’occasion de voir ses tableaux, il faut donc profiter de cette rétrospective pour mieux le connaître avant que l’exposition ne parte pour la Russie.

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Musée d'Art Moderne
11, avenue du Président Wilson
75116 Paris

Exposition jusqu’au 21 août 2016
Tous les jours de 10 h à 18 h

SAUF le lundi

Hélène TANNENBAUM


 


L'atelier en plein air - le 17/05/2016 • 09:00 par HTa

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Claude Monet: Sur les planches de Trouville, l'hôtel des Roches Noires 1870

L’ATELIER EN PLEIN AIR

Les Impressionnistes en Normandie

Ces dernières années, le Musée Jacquemart-André, installé dans l’hôtel particulier que le couple Édouard André et Nélie Jacquemart avaient fait construire à la fin du XIXe et dont la collection permanente abrite essentiellement des peintures (françaises, italiennes mais aussi hollandaises et flamandes), des sculptures, du mobilier et des objets d’art, nous avait habitué à des expositions temporaires portant essentiellement sur des artistes ayant vécu entre le XVe et le XVIIIe et très peu au XIXe et début du XXe siècle. Deux exceptions marquantes cependant : en 2011, une exposition « Caillebotte » qui réunissait les deux frères Caillebotte, Gustave, le peintre (1848-1894) et Martial, le photographe (1853-1910) juxtaposant, de façon très judicieuse, leurs œuvres et, en 2013, une exposition « Eugène Boudin »(1824-1898).

Ce printemps et jusqu’au 25 juillet, retour sur la période impressionniste avec une exposition intitulée « L’Atelier en Plein Air- Les Impressionnistes en Normandie » qui accueille des précurseurs de l’impressionnisme, des impressionnistes et certains de leurs successeurs ; les tableaux sont issus d’institutions françaises et étrangères et de collections particulières.

Dès le début du XIXe, la peinture en plein air est à nouveau prisée. Ce sont d’abord les Anglais, William Turner (1775-1851) et Richard Bonington (1802-1825) (dont on voit quelques œuvres au début de l’exposition) qui se mettent à voyager sur le continent et réalisent de nombreuses aquarelles des paysages qu’ils traversent. Les deux principales capitales artistiques de l’époque étaient Paris et Londres et grâce au développement des transports maritimes puis plus tard des transports ferroviaires, les artistes passent fréquemment de la Grande-Bretagne au continent et vice-versa. Les peintres anglais  ne peuvent échapper au voyage en Italie indispensable pour parfaire leur éducation artistique  mais désormais ce voyage passe par la Normandie située à mi-chemin entre les deux capitales et où ils s’arrêtent longuement.

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Turner - Lillebonne vers 1823
                                                                                             

Plusieurs facteurs expliquent cette attirance pour la Normandie: cette région présente une grande variété de paysages (champêtres, côtiers, portuaires…), d’incessants changements de lumière, des variations atmosphériques constantes et un intérêt architectural certain.  Par ailleurs, le début du XXe voit l’essor des stations balnéaires sur la côte normande et la côte d’Opale qui deviennent très à la mode et dont l’accessibilité est rendue plus aisée grâce au développement des transports en commun.

A partir du milieu du XIXe, près de Honfleur, l’auberge Saint-Siméon, tenue par la mère Toutain, réunit un grand nombre d’artistes (des musiciens, des écrivains mais surtout des peintres). Ce sont d’abord Courbet et Daubigny qui y séjournent ; Boudin, natif de Honfleur y vient en voisin et fait venir Jongkind, Monet et Bazille. Ils apprécient tous la convivialité du lieu, la bonne chère à des prix modérés et surtout la proximité de paysages et des conditions atmosphériques qui les inspirent. Ils se retrouvent à l’auberge, parlent de leur conception d’un art nouveau et peignent côte à côte.

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          Eugène Boudin - Scènes de plage à Trouville                                                           Auguste Renoir - La cueillette des moules à Berneval

Pas question de « mixité sociale » dans les tableaux exposés à Jacquemart-André, mais toutes les classes sociales sont représentées ; d’abord, nous voyons des fermes avec des paysans travaillant dans les champs, des paysages de bord de mer avec des marins et des pêcheurs et  des plages avec des femmes ramassant des coquillages ; mais bientôt ces classes modestes  font place à la bourgeoisie venue de Paris ou d’Angleterre, attirée par le bon air, les théories hygiénistes des bains de mer et le besoin d’être vu là où il faut être. Avec l’afflux de cette société fortunée, les tableaux des peintres changent, montrant des stations balnéaires en pleine mutation : Boudin peint la bonne société « tenant salon » sur la plage de Trouville où des planches viennent d’être installées pour permettre aux élégantes Parisiennes de Monet de se promener jusqu’aux Roches Noires. Le nouvel hippodrome de Deauville attire Degas qu’on ne peut pourtant pas qualifier de peintre de plein air ; les casinos, les kiosques à musique et les salles de spectacles se multiplient et changent le paysage de ces petites stations normandes.  Mais bien plus que ces personnes issues de classes sociales différentes, ce que les peintres sont venus chercher et peindre en Normandie, ce sont surtout ces paysages battus par les vents, ces falaises avec leurs échancrures, ces immenses étendues de sable à marée basse, ces côtes semi-sauvages et ces ciels changeant à longueur de journée. Déjà avant Monet, plusieurs artistes dont Courbet avaient développé le procédé des séries et avaient peint le même motif, à plusieurs heures de la journée, par différents climats ou en différentes saisons.

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Monet - Etretat la porte d'Aval: Bateaux de pêche sortant du port. 1885

Dans l’avant-dernière salle de l’exposition, on découvre deux tableaux de Monet réunis pour la première fois (l’un venu d’un musée de Bucarest, l’autre d’une collection privée), peints dans la première partie de sa carrière « Barques de pêche, Honfleur » (1866) qu’on aurait volontiers attribués à un peintre fauve si on n’avait pas lu le cartel.

On quitte l’exposition avec regret, désolés de n’avoir pas vu plus de tableaux de cette région qui inspira tant les peintres du XIXe Pour satisfaire ce manque, on peut toujours se rendre en Normandie, jusqu’à la fin du mois de septembre, pour admirer les toiles exposées dans le cadre du troisième Festival Normandie Impressionniste (« Caillebotte », puis « Sorolla » à Giverny, « Boudin » au Havre, et d’autres artistes à Rouen, Caen…).

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Berthe Morisot - l'entrée du port de Cherbourg 1871                                                      Paul Gauguin - le port de Dieppe 1885
 

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Claude Monet - Barques de pêche à Honfleur 1866

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Musée Jacquemart-André
158, Boulevard Haussmann
75008 Paris

Exposition jusqu’au 25 Juillet 2016
Tous les jours de 10 h à 18 h

 

Hélène TANNENBAUM


 


 

Réalisation: ParC Design

Exposition Paris Romantique juin 2019
Eugène Deveria - Achille & Eugène Deveria  - 1836
Clésinger - Delphine Gay terre cuite - 1854

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