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Panorama au Louvre - le 26/04/2016 • 18:06 par EFo

Extérieur.jpg

UN PANORAMA AU LOUVRE !

Si vous allez vous promener du côté du Louvre et que vous pénétrez dans la Cour carrée, exemple d’architecture classique s’il en est, vous ne manquerez pas d’être étonné par une structure curieuse qui recouvre son bassin central. Il s’agit d’une installation créée par Eva Jospin, la fille d’un certain premier ministre, sobrement appelée « Panorama ».

Un pavillon octogonal sur pilotis est en effet édifié ici depuis quelques jours. Il est constitué de panneaux  plaqués d’acier poli qui reflètent à l’extérieur les façades du Palais du Louvre. L’effet optique est certes intéressant mais le plus original est d’emprunter le pan incliné courbe qui mène à l’intérieur. On arrive alors, après un rapide cheminement dans l’obscurité, à un espace circulaire qui nous transporte ailleurs : une représentation à 360 degrés d’un paysage de forêt pétrifiée qui emprisonne littéralement le spectateur !

L’illusion est assez réussie avec une technique que l’artiste expérimente depuis une dizaine d’années. Il s’agit d’un travail à partir de cartons d’emballage recyclés, découpés en plus ou moins larges morceaux, creusés, entrelacés, collés, et de couleur brunâtre, qui font ainsi apparaitre des troncs  d’arbres serrés les uns contre les autres, des racines sortant du sol ou des buissons touffus. L’ensemble donne  une impression de profondeur assez troublante que renforce un éclairage à dominante jaune.

Intérieur.jpg

Le procédé rappelle le principe même des Panoramas créés en toute fin du XVIIIe siècle où dans des rotondes construites à cet effet, le spectateur pouvait contempler un paysage panoramique sur de grandes toiles peintes. Le peintre Pierre Prévost se fit une spécialité de ce type de peinture en reproduisant différents paysages avec une grande précision. William James Thayer ayant racheté le brevet d’exploitation de ces Panoramas pour la France, et propriétaire du Passage des Panoramas sur les Boulevards,  fit ainsi construire en 1799 deux rotondes de part et d’autre, comme nous l’a notamment expliqué Aline Boutillon lors de sa visite dans les Passages en mars dernier.

Pierre Prévost en fut donc l’illustrateur avec ceux sur Paris, Rome, Athènes, Boulogne, etc.

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Rotondes du passage des panoramas                                           Panorama de Constantinople de Pierre Prévost

Le Louvre possède d’ailleurs la toile préliminaire de celui sur Constantinople que le peintre ne put achever avant sa mort en 1823.

C’est donc une sorte de clin d’œil au passé qu’a réalisé Eva Jospin avec ce Panorama du XXIe siècle ! Mais ici dans cette rotonde, point de toile peinte chargée de détails, mais une construction en carton à la fois savante et sobre permettant une belle illusion visuelle.

On devine aussi  une démarche conceptuelle opposant le minéral au végétal dans cette confrontation entre la pierre des façades du Louvre se reflétant sur les parois extérieures de la rotonde et la forêt originelle recréée à l’intérieur, sorte de retour dans le temps en quelque sorte !

Extérieur_2.jpg  Extérieur_3.jpg
Panorama d'Eva Jospin

Le Louvre a voulu également par cette installation faire un écho (lointain cependant !) à l’exposition qui se tient dans ses murs, consacrée à Hubert Robert, peintre visionnaire du XVIIIe siècle, spécialisé dans les ruines et les paysages.

En visitant ce site éphémère, libre à chacun de méditer face à cette nature immobile… ou de prendre des « selfies », succombant ainsi à cette mode éminemment narcissique qui envahit aujourd’hui les sites touristiques !  

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Cour Carrée du Louvre

Accès Libre

Exposition jusqu’au 28 Août 2016
Tous les jours de 10 h à 18 h
SAUF le mardi

Emmanuel FOUQUET


 


Desvallières au Petit Palais - le 19/04/2016 • 09:00 par HTa

GEORGE DESVALLIÈRES - LA PEINTURE CORPS ET ÂME

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La Grèce (Childe Harold) - 1910

Une Rétrospective Desvallières (1861-1950), peintre méconnu, se tient actuellement au Petit Palais. Elle nous permet de découvrir ou redécouvrir un peintre dont la vie et l’œuvre ont évolué parallèlement et ont connu de multiples facettes.

George Desvallières est né à Paris, rue Saint-Marc, en 1861; il a grandi dans un milieu bourgeois et cultivé (ses grand-parent et arrière grand-parent, les Legouvé, étaient des académiciens) et a côtoyé, dès son plus jeune âge, les artistes que fréquentait sa famille.

Constatant les dons de son petit-fils George pour le dessin, Ernest Legouvé le confia à Jules-Elie Delaunay pour parfaire ses connaissances, puis il eut pour maître Gustave Moreau. Il fit un bref séjour à l’École des Beaux-Arts, dans l’atelier de Cabanel avant de s’installer dans son propre atelier, rue Saint-Marc, dans l’immeuble familial et d’avoir, ensuite, un deuxième atelier, rue de la Rochefoucauld, dans le 9e arrondissement, juste à côté de celui de Gustave Moreau. (Après la création du musée Gustave Moreau, il prit la succession de Georges Rouault, en 1929, au poste de conservateur du musée).

Il manifesta très vite son indépendance vis-à-vis de sa formation classique. Le peintre profane qu’il était à ses débuts s’intéressa, lors d’un voyage à Londres en 1903, aux nuits cosmopolites de la capitale britannique puis à celles de Montmartre et en fit quelques tableaux qui rappellent parfois le style d’un Toulouse-Lautrec ou d’un Degas ; par ces œuvres c’est  un regard non complaisant mais critique, révélant une inquiétude morale, qu’il posait sur la société.

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G. Desvallières Autoportrait 1891                       Madame Pascal Blanchard 1903

Il participa à la fondation du Salon d’Automne (1903) qui se tint d’abord au Petit Palais avant de s’installer au Grand Palais et il fut nommé président de la section peinture. Toute sa vie, il soutint des artistes comme Toulouse-Lautrec, Renoir, Rodin, puis les artistes d’avant-garde, les fauves et les cubistes. Dès les premières années du XXe s il fréquenta Georges Rouault, de dix ans son cadet, et Maurice Denis et subit l’influence de Léon Bloy.

En 1904, lors d’une visite à Notre-Dame-des-Victoires, il eut une révélation de la foi chrétienne et à partir de là son oeuvre subit de profonds changements. Il se mit à peindre de plus en plus de sujets religieux tout en mêlant sa vie de famille aux représentations qu’il fit du sacré. Il peignit également de nombreux panneaux décoratifs pour des demeures privées et des décors de théâtre pour son ami et mécène Jacques Rouché.

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          Christ à la Colonne - 1910                                              Chemin de croix de l'église du St Esprit - 1935-1935

Dès le début de la guerre, il décida de mettre de côté la peinture et de s’engager ; il devint Chef du 6e Bataillon de Chasseurs à pied, dans les Vosges. Il avait alors 53 ans et il dit « Si j’en reviens, je ne ferai plus que des Saintes Vierges bleues et roses ».

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George Desvallières (Debout 2e à partir de la gauche) dans son unité du 6e Chasseurs

Suite aux épreuves subies durant les longues années de guerre et la perte de son fils Daniel, âgé de 17 ans, qui mourut en 1915, fauché par un tir d’obus, il décida effectivement, à partir de 1918, d’abandonner les sujets profanes et de consacrer son œuvre à Dieu.

Aux côtés de Maurice Denis, il fonda les Ateliers d’art sacré, composés d’une communauté d’artistes chrétiens.

Au Salon d’Automne, il inaugura une section d’art religieux.

Jusqu’à sa mort, en 1950, il réalisa de nombreux tableaux pour des églises (Saint-Jean Baptiste de Pawtucket, aux Etats-Unis, Chapelle Saint-Yves à Paris et un chemin de croix pour l’église Saint-Esprit à Paris) ainsi que de nombreux cartons pour des vitraux (crypte de l’ossuaire de Douaumont).

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Vitraux de l'ossuaire de Douaumont réalisés d'après les cartons de George Desvallières

Un dispositif vidéo installé vers la fin de l’exposition évoque ses grands décors religieux et commémoratifs qui ne peuvent pas figurer au Petit Palais.

Cette exposition intitulée « George Desvallières – La Peinture Corps et Âme » montre bien la juxtaposition du charnel et du spirituel omniprésente dans l’œuvre de ce peintre et révèle un très grand dessinateur.

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PETIT PALAIS
Avenue Winston Churchill
75008 Paris

Exposition jusqu’au 17 Juillet 2016
Tous les jours de 10 h à 18 h
SAUF le lundi

Hélène TANNENBAUM


 


Apollinaire à l'Orangerie - le 12/04/2016 • 10:50 par EFo

APOLLINAIRE, LE REGARD DU POÈTE AU MUSÉE DE L’ORANGERIE.

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Marie Laurencin - Groupe d'Artistes (Picasso-Marie Laurencin-Apollinaire-Fernande Olivier)

C’est une passionnante exposition  consacrée à Guillaume Apollinaire et à son univers qu’abrite jusqu’au 18 juillet le musée de l’Orangerie, dont le sujet traite des rapports du poète avec l’avant-garde artistique de l’époque.

D’origine polonaise, né  à Rome en 1880 et décédé brutalement deux jours avant l’armistice de 1918, Apollinaire allait en effet fréquenter le milieu de l’art à son arrivée à Paris en 1900 (habitant une courte période dans le 9e, rue  Léonie, actuelle rue Henner).

C’est cet aspect qui est particulièrement évoqué dans l’exposition où le spectateur est accueilli par le célèbre et nostalgique poème du Pont Mirabeau lu par Apollinaire lui-même, écrit au moment de sa rupture avec Marie Laurencin en 1912 

Sous le Pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine
Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

 …

 Si sa renommée est surtout liée à ses écrits (Alcools, Calligrammes), sa fréquentation des galeries et des hauts lieux de l’art moderne  comme Le Bateau-Lavoir, l’amène à rencontrer les peintres qui ont marqué durablement le XXe siècle.

La grande et réciproque amitié vouée à Picasso est d’ailleurs ici illustrée par des lettres et cartes échangées entre eux et se traduit par de nombreuses œuvres qui en témoignent. Longtemps après la mort du poète, en 1948, Picasso va ainsi réaliser, en guise d’hommage, le portrait d’Apollinaire couronné de lauriers !

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Carte de Picasso à Apollinaire              Vlaminck portrait d'Apollinaire                                 Portrait d'Apollinaire par Chirico

En passant de salle en salle et en suivant un parcours thématique, le spectateur est non seulement confronté aux œuvres qui ont marqué le poète mais perçoit le lien très fort qui l’unissait à des peintres comme Derain, Vlaminck, Chirico, le Douanier Rousseau, Matisse ou encore Marie de Laurencin que ce grand amoureux rencontra en 1907 à la galerie d’Ambroise Vollard, 6 rue Laffitte et qu’elle représenta dans son grand tableau Apollinaire et ses amis (en compagnie de Picasso et Gertude Stein), conservé par Apollinaire dans son appartement du 202 boulevard Saint-Germain. Les deux amants figurent aussi sur le célèbre tableau du Douanier Rousseau Le poète et sa muse peint en 1908.

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Marie Laurencin: Apollinaire et ses amis 

Le poète est l’objet d’ailleurs de nombreux portraits ou tableaux de la part de ses amis comme ceux de Matisse, ou celui très énigmatique de Chirico peint en 1914…

L’auteur des ô combien lyriques Poèmes à Lou (nom donné à une de ses relations amoureuses) fut aussi un théoricien de l’art moderne ainsi que le montre son ouvrage paru en 1913 sur les Peintres cubistes, Méditations esthétiques où il évoque les peintres de ce mouvement, et que l’exposition illustre ici avec des œuvres de Braque et bien sûr de Picasso

Créateur de la revue Les Soirées de Paris en 1911, le poète s’emploie alors à soutenir les artistes de cette démarche artistique, ce qui ne l’empêche cependant pas de se montrer enthousiaste vis-à-vis d’autres courants, du fauvisme à l’orphisme (terme créé par Apollinaire lui-même en référence au mythe d’Orphée pour évoquer un mouvement  dérivé du cubisme privilégiant l’harmonie des couleurs entre elles et qu’illustra particulièrement Delaunay, comme on peut aussi le voir là). Guillaume Apolinaire fut d'ailleurs séduit également par le jeune Marc Chagall par ce qu'il avait de primitif et qu'il encouragea à son arrivée à Paris en 1911. Chagall et Delaunay étaient en effet tous deux partisans de cette "peinture pure" aux couleurs vives et transparentes, qui caractérisait l'orphisme. 

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Robert Delaunay: Hommage à Blériot  - 1914                         Marc Chagall: Paris par la fenêtre  - 1913

Tous les artistes qu’il défend dans son ouvrage sont d’ailleurs passés à la postérité, pour preuve de sa perspicacité en matière picturale. Cette sorte d’intuition lui permit d’entrer en contact par ailleurs avec les esprits novateurs de l’époque, d’Alfred Jarry à Tristan Tzara en passant par Max Jacob ou André Breton (c’est même Apollinaire qui utilisera le premier le terme de surréalisme !). 

Ses amitiés et ce goût de la provocation lui valent aussi de drôles d’expériences comme cette aventure rocambolesque  évoquée dans l’exposition où il est pris à tort pour le voleur de La Joconde  en 1911 et interné quelques jours à la Santé !  

Les salles de l’Orangerie montrent  également  ses goûts éclectiques pour le cirque ou la danse  avec notamment des œuvres de Natalia Gontcharova qui réalisa les costumes et  décors pour le spectacle des ballets russes Le Coq d’or en 1914. Le poète affectionnait aussi,  tout comme Picasso, les arts d’Afrique, à une époque où on n’y voyait encore que de l’exotisme.   

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Costumes de Natalia Gontcharova

De nombreux objets possédés par Apollinaire, assez hétéroclites, sont ainsi présentés ici  et même mis en scène dans une reconstitution de son appartement du boulevard Saint-Germain.

Les écrits du poète figurent évidemment dans l’exposition, au premier rang desquels un certain nombre de ces fameux Calligrammes (dont il inventa aussi le mot) comme L’Horloge de demain, composition graphique en couleur parue en 1917.

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L'Horloge de demain                    Calligrammes

L’exposition s’achève par l’évocation de sa relation d’amitié avec Paul Guillaume qui ouvre sa première galerie en 1914 (et dont le musée de l’Orangerie accueillera ensuite les collections dans les années 50). Il le conseille alors dans ses choix, car ils partageaient en effet tous les deux ce goût pour l’art de leur temps : Apollinaire signera un certain nombre de préfaces de catalogues des nombreuses expositions montées par le grand galériste, notamment celle confrontant Matisse et Picasso en 1918.

Ce « Regard du poète », titre de l’exposition du musée de l’Orangerie, fait  donc apparaître  Guillaume Apollinaire dont la devise était : « J’émerveille », comme un des acteurs centraux de la révolution esthétique qui va donner naissance à l’art moderne qu’il explicitera dans sa conférence sur « l’Esprit nouveau » en 1918.

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Le Douanier Rousseau: le poète et sa muse - 1908

Une exposition fort documentée à ne pas manquer !     

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MUSÉE DE L'ORANGERIE
Jardin des Tuileries
Place de la Concorde

 

Exposition jusqu’au 18 Juillet 2016
Tous les jours de 9 h à 18 h
SAUF le mardi

Emmanuel FOUQUET


 


Schneider chez Mendjiski - le 01/04/2016 • 09:00 par HTa

SCHNEIDER - LES ENFANTS D’UNE ŒUVRE

Trois bonnes raisons de vous rendre au Musée Mendjisky, situé au fond d’une impasse, à la sortie du métro Vaugirard.

La première, c’est pour découvrir le bâtiment qui l’abrite ; c’est l’ancien atelier (et habitation) du maître-verrier Louis Barillet (1880-1948) qui, après avoir travaillé avec son ami Robert Mallet-Stevens sur plusieurs chantiers, lui avait demandé de concevoir pour lui un immeuble pouvant accueillir trois ateliers et un logement.

Barillet lui-même collabora à ce projet en réalisant un important vitrail vertical monochrome, placé dans la cage d’escalier située en façade de l’immeuble ainsi qu’un vitrail représentant  « L’Histoire de Psyché » sur le palier du 3e étage. Il conçut également les mosaïques décorant les paliers de chaque niveau.

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                                                              Musée Mendjisky                                                                               Vitrail de Barillet (fragment)

La deuxième raison de venir à ce musée est pour mieux connaître l’œuvre du peintre Mendjisky (1890-1951) et celle des artistes des Écoles de Paris.

Le Musée a ouvert ses portes en 2014 et la première exposition organisée par Serge Mendjisky, fils de Maurice et artiste lui-même (peintre et photographe), était axée sur l’œuvre de son père et de ses contemporains.

Ce musée porte le nom de Mendjisky et celui des Écoles de Paris pour rappeler que deux courants artistiques ont porté ce nom : le plus connu est le premier qui compte essentiellement des artistes étrangers venus d’Europe centrale qui s’installèrent à Paris au début du XXe (Chagall, Soutine, Kisling, Zadkine…) La plupart d’entre-eux fréquentèrent le quartier du Montparnasse et habitèrent à La Ruche. La deuxième École de Paris regroupe des artistes arrivés entre 1945 et 1960 (Estève, G. Pignon, Alfred Mannessier…).

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M. Mendjisky autoportrait

Serge Mendjisky a voulu, à travers ce musée, rendre à son père, peintre méconnu, la place qu’il mérite et mettre en valeur les artistes des deux Écoles de Paris.

En 1906, venu de sa Pologne natale, Maurice Mendjisky arrive à Paris ; il  entre aux Beaux-Arts et intègre La Ruche. Il fait la connaissance de celle qu’on appelle « Kiki de Montparnasse » et avec laquelle il vivra pendant trois ans. Il en fait un très beau tableau qu’on peut toujours voir dans la partie exposition permanente du musée, située au sous-sol du bâtiment. Après la 2e Guerre Mondiale, durant laquelle il entre dans la Résistance et perd son fils, Claude, résistant lui aussi, il fait une série de dessins, très émouvants, à l’encre noire sur le Ghetto de Varsovie. (on peut en voir certains dans l’exposition permanente).

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                            M. Mendjisky Hommage aux combattants du ghetto de Varsovie                                      Kiki de Montparnasse 

La troisième raison de venir au musée est pour voir l’exposition temporaire, située sur deux niveaux : « Schneider-Les Enfants d’une Œuvre ».

Aujourd’hui  peu connu, au regard de Daum et de Gallé, Schneider fut néanmoins à la tête d’une des plus importantes verreries du XXe siècle. Charles Schneider (1881-1953) dont la famille est originaire de Lorraine, s’installe à Nancy à la fin du XIXe siècle, à l’époque de l’École de Nancy.
A l’âge de 16 ans, il entre chez le verrier Daum tout en suivant des cours à l’École des Beaux-Arts de Nancy où il rencontre probablement le verrier Jacques Gruber. Il poursuit ses études à l’École des Beaux-Arts de Paris, après avoir obtenu une bourse d’études.

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               Coupe Orange Tango                                                             Vase Capucines

En 1913, Charles et son frère Ernst qui travaillait lui aussi chez Daum, achètent une verrerie à Épinay-sur Seine mais leur activité s’arrête dès le début de la guerre, les deux frères étant mobilisés. Les besoins nationaux en verrerie sanitaire sont tels que cela entraîne la libération des deux frères de leurs obligations militaires et la réouverture de leur usine.

Après la guerre, l’entreprise est reconvertie en verrerie d’Art. D’abord très influencés par la tendance Art Nouveau, les deux frères s’orientent, dans l’entre-deux-guerres, vers l’Art Déco (motifs naturalistes et stylisés avec des couleurs vives). Leur production a beaucoup de succès notamment auprès des Américains, tout au moins jusqu’à la crise de 29. Malgré le développement de produits plus fantaisistes et moins haut de gamme, l’entreprise est obligée de fermer. Une nouvelle verrerie verra le jour en 1950 mais sera détruite par un incendie en 1957. L’activité des Schneider cesse définitivement en 1981.

Affiche-SCHNEIDER-Musée-MENDJISKY.jpg

Le choix du Musée Mendjisky , installé dans les locaux du maître-verrier Barillet, pour présenter les œuvres d’un autre verrier, Schneider, semble tout à fait approprié et cette exposition plaira à ceux qui apprécient les vases, coupes, gobelets… Art Nouveau et Art Déco.

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MUSÉE MENDJISKY-ECOLES DE PARIS
15, square de Vergennes
(accès par le n°279, rue de Vaugirard, au niveau du porche)
75015 Paris

Exposition jusqu’au 24 avril 2016
Tous les jours de 11 h à 18 h
SAUF le jeudi

Hélène TANNENBAUM


 


Fondation Taylor - le 25/03/2016 • 12:00 par EFo

« DANS L’ATELIER D’ALBERT MAIGNAN »
À LA FONDATION TAYLOR

C’est un véritable retour aux sources que propose la Fondation Taylor avec la présentation de cette exposition consacrée à Albert Maignan (1845-1908), dans les lieux mêmes où a travaillé  ce « peintre et décorateur singulier du Paris fin de siècle », comme le présente les commissaires de cette belle exposition. 

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         Albert Maignan et sa femme                              Albert Maignan dans son atelier

L’artiste, familier du 9e puisque il avait habité avec sa famille le 45 rue Taitbout dès l’âge de 20 ans,  fut en effet membre de la Fondation Taylor en 1879, puis son président de 1905  jusqu’à sa mort en 1908 dans la villa de sa femme à Saint-Prix (Val d’Oise), au pied de la forêt de Montmorency.

Sa femme, elle-même pastelliste et  fille du peintre
Charles-Philippe Larivière, qu’il avait épousée en 1878 à l’église Notre-Dame-de-Lorette, léguera à sa mort en 1947 l’hôtel particulier du 1 rue La Bruyère qui avait été leur maison pendant des années et dont le peintre avait fait son atelier en rehaussant le dernier étage en 1878, afin de pouvoir travailler sur des grands formats.  

Ses œuvres ont trouvé par ailleurs refuge pour la plupart au Musée de Picardie, aujourd’hui partenaire de l’exposition.

En parcourant les salles de la Fondation, y compris dans ses divers recoins, on suit ainsi le parcours d’un artiste multiforme à la fois peintre, illustrateur et décorateur, d’inspiration le plus souvent  symboliste et naturaliste, qui connut la célébrité à la fin du XIXe, après avoir obtenu diverses distinctions au Salon des artistes français auquel il participa à partir de 1867  et notamment la médaille d’or à l’Exposition Universelle de 1889 pour son chef-d’œuvre Les voix du tocsin.  Cela allait valoir en effet  à Albert Maignan, jusqu’alors plutôt portraitiste et peintre de scènes historiques, des commandes de diverses institutions publiques ou privées pour décorer des sites, notamment parisiens.  

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Les voix du tocsin exposé à la Fondation Taylor

C’est ce travail de décoration qui est particulièrement montré ici avec un grand nombre de dessins préparatoires et d’esquisses que l’artiste s’obligeait à exécuter pour chaque œuvre commandée. Celles-ci sont d’ailleurs très bien décrites sur des panneaux explicatifs et présentées dans différentes  salles avec donc les travaux préparatoires qui l’accompagnaient.

On perçoit ainsi la belle technique du maître, son sens du mouvement mais aussi ses tâtonnements avant l’aboutissement de l’œuvre, les couleurs utilisées étant la plupart du temps plutôt dans les tons médiums.

En parcourant les différentes salles  on découvre alors successivement :
- les dessins et esquisses pour des modèles de tapisserie, réalisés en 1895, qui allaient décorer la salle des conférences du Sénat autour du thème des Métamorphoses d’Ovide.   

- Le travail sur les écoinçons illustrant des personnages de la littérature française, qu’il fit pour le Salon des Lettres à l’Hôtel de Ville (1891), à l’occasion de sa reconstruction après l’incendie lors de la Commune.

- Dans l’espace sous verrière de l’exposition, le travail réalisé en 1897 pour des panneaux et le plafond du foyer de l’Opéra Comique, lors de sa restauration à la suite également d’un incendie, et qui illustre des personnages d’œuvres comme La Dame blanche ou Les Noces de Jeannette.

- les esquisses et dessins réalisées en 1894 pour les panneaux de la grande salle de la chambre de commerce de Saint-Etienne sont elles d’inspiration nettement naturaliste en  illustrant l’agriculture.

- C’est cette même inspiration qu’on relève dans les travaux préparatoires des panneaux décoratifs de la salle des Fêtes de l’Exposition Universelle de 1900 ou encore dans les études pour le décor, la même année, du restaurant Le Train bleu à la gare de Lyon (La Bourgogne, Les Fêtes d’Orange).

- Dans un petit local avec sa cheminée d’époque on découvre la légère décoration florale commandée pour les salons de l’Hôtel Homberg, rue Murillo, aujourd’hui détruit.

- Au sous-sol, dans la cave voûtée,  se trouvent les dessins et esquisses pour la décoration du plafond de la chapelle Notre-Dame de Consolation (1900), rue Goujon, construite en mémoire des victimes de l’incendie du Bazar de la Charité et représentant Le Christ recevant dans sa gloire les victimes de la charité.   

- Il faut ensuite prendre l’ascenseur pour se hisser au 5e étage  et atteindre l’atelier de l’artiste où s’offre alors le tableau monumental des Voix du tocsin (5,5m x 4,5m !) et ses délicats camaïeux de gris, avec une force pourtant qui rappelle les tableaux de Michel-Ange, Albert Maignan a effectué en effet de nombreux voyages en Italie et avait une grande admiration pour les maîtres italiens.

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  Déroulé et relevage du tableau Les voix du Tocsin

Dans la même salle on peut voir aussi un certain nombre de dessins et d’esquisses ayant servi à l’élaboration de l’œuvre.  C’est  d’ailleurs à cet endroit même que sera restaurée (en public) la toile, déroulée pour la première fois depuis 1918 où elle se trouvait au Musée de Picardie.

Sur la mezzanine sont présentées également des esquisses de deux œuvres réalisées dans ce même atelier : La mort de Carpeaux et La muse verte, toutes deux d’une grande intensité dramatique.

Mort_Carpeaux.jpg  Muse_verte.jpg
 Albert Maignan esquisse de La Mort de Carpeaux                              La Muse Verte

Une exposition à ne pas manquer et qui devrait faire l’objet prochainement d’une visite commentée pour les adhérents de 9ème Histoire.

          

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FONDATION TAYLOR

1, rue La Bruyère
75009 Paris

Exposition jusqu’au 7 Mai 2016
de 14 h à 20 h
SAUF dimanche 

Emmanuel FOUQUET


 


 

Réalisation: ParC Design

Opéra Garnier groupe La Poésie.
© D. Bureau


© 9ème Histoire 2001-2019