En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés. Mentions légales.
 
 
 
 

Nouvelles des Amis -

Exode - par HTa le 18/10/2020 • 17:10 

Exode.jpg
Exode - © Musée de la Libération - Le Parisien.
 


1940 Les Parisiens dans l’Exode
 


Autrefois installé au-dessus de la gare Montparnasse, le Musée de la Libération-Musée du général Leclerc- Musée Jean Moulin, a été transféré après quatre ans et demi de travaux dans un des deux pavillons Ledoux situés à Denfert-Rochereau. Ce nouveau musée a été inauguré symboliquement le 25 août 2019 pour célébrer le 75e anniversaire de la Libération de Paris.
 

Le concepteur de ce bâtiment, Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806), avait été nommé architecte de la Ferme Générale et chargé de réaliser, autour de Paris, une enceinte de 24 km percée d’une cinquantaine de barrières où on percevait des taxes sur les marchandises entrant dans la ville. De ces barrières, il ne reste aujourd’hui que les rotondes de la Villette et du parc Monceau, les deux pavillons à Denfert-Rochereau et ceux de la barrière du Trône à la Nation.
 


RV_27228-1_4.jpg
A.F. Callet - Nicolas Ledoux, architecte, et sa fille Adelaïde  -  © Musée Carnavalet
 


Les deux pavillons rectangulaires de quatre étages de la barrière d’Enfer étaient ornés de frises réalisées par le sculpteur Jean-Guillaume Moitte, grand Prix de Rome en 1768. Après avoir servi de barrières d’octroi, ils abritèrent, à partir de 1867, des services municipaux (voie publique de la Ville de Paris, inspection générale des carrières, laboratoire d’essais des matériaux …)
Peu avant la seconde Guerre Mondiale et en anticipation des sombres journées à venir, un abri de défense passive avait été installé dans le sous-sol des pavillons pour permettre aux services techniques de la Ville de Paris de continuer à fonctionner en cas de guerre. Ce fut le pavillon ouest qui fut retenu pour y installer le musée car c’est dans son abri souterrain que le chef de l’Etat-Major des FFI de la région parisienne,
le colonel Rol-Tanguy (1908-2002), avait établi son poste de commandement du 20 au 28 août 1944.
 


RV_77488-1_2.jpg
Barrière sur la route d'Orléans - © Musée Carnavalet.
 

Au rez-de-chaussée du musée, un espace est dédié à l’exposition permanente ; à l’étage, un autre est occupé par les expositions temporaires (actuellement, cette exposition sur l’exode des Parisiens en 1940) ; enfin, au sous-sol, on peut voir le PC du colonel Rol-Tanguy.

L’exposition permanente retrace les événements de l’entre-deux-guerres, ceux qui ont mené à la seconde Guerre Mondiale puis aborde la période d’Occupation, la guerre elle-même, la Résistance et la Libération de Paris, de la France et de l’ensemble des territoires français.

Dans la première salle, un hommage est rendu à deux personnalités qui ont marqué cette époque, Jean Moulin (1899-1943) et Philippe de Hautecloque, mieux connu sous le nom de général Leclerc (1902-1947). Toute une série de documents (articles de presse, photos, lettres personnelles, objets) exposés ici nous les rendent plus proches, plus familiers et illustrent bien ce qui les différenciait (origines, parcours) et ce qui les rapprochait (un même idéal, une même foi).
 


Moulin_Harcourt_1937_2.jpg    Leclerc_2.jpg
           Portrait de Jean Moulin - © Studio Harcourt 1937                                                                     Portrait du Général Leclerc  -  © Fondation Mal Leclerc de Hauteclocque
 


Dans l’auditorium du rez-de-chaussée, un autre hommage est rendu à Cécile Rol-Tanguy (1919-2020), épouse du colonel Tanguy, décédée en 2020. Grande résistante, elle fut aux côtés de son mari tout au long de la guerre, lui servant d’agent de liaison, transcrivant les appels et les courriers clandestins pendant la semaine de la Libération de Paris.
 


Roll.jpg
Portrait du Colonel Rol -Tanguy  -  © L'Humanité.
 


L’exposition temporaire située à l’étage et intitulée « 1940- Les Parisiens dans l’Exode » permet de mesurer l’inquiétude des Parisiens dès 1939, puisque déjà un certain nombre d’enfants avaient été évacués vers la province pour les protéger d’éventuels bombardements sur la capitale. Une période d’accalmie avait suivi la déclaration de guerre des Français et des Britanniques à l’Allemagne le 3 septembre 1939. Mais lors des premiers bombardements qui touchèrent la capitale le 3 juin 1940 la panique gagna la population parisienne dont deux tiers prirent le chemin de l’exode (soit 2.000.000 de personnes) rejoignant les 6.000.000 de Belges, Luxembourgeois et Néerlandais, déjà sur les routes françaises pour échapper à l’avance des armées allemandes.

Des photos, des films et des dessins d’enfants nous les montrent sur les routes, en voiture, à bicyclette, tirant des carioles, poussant des brouettes remplies d’affaires de première nécessité, dans un total chaos ; certains cherchaient à rejoindre de la famille, d’autres une résidence secondaire, d’autres enfin fuyaient sans but précis. En chemin, on les voit traverser des villes dont les autorités étaient mal préparées à recevoir un tel afflux de personnes et à leur venir en aide en leur fournissant de la nourriture et un toit provisoire.
 


Exode_130640.jpg
L'exode le 13 juin 1940 sur la route de Fontainebleau. Travail de l'élève Régine Laurensou - © Le Parisien - Musée de la Libération.
 

Pendant cet exode, certaines familles à pied, avaient confié leurs enfants à des personnes motorisées, sans laisser d’adresse ; au moment du retour sur Paris, 90.000 enfants furent portés « manquants ».

Après dix jours d’errance, le remplacement du président du conseil, Paul Reynaud, par le maréchal Pétain et la signature de l’Armistice entre la France et l’Allemagne (Paris étant désormais en zone occupée), la plupart des Parisiens regagnèrent la capitale, croyant à une paix durable.

A la fin de l’exposition, les commissaires dressent un parallèle entre l’exode des Parisiens en juin 1940 et celui de mars/avril 2020, jetant des milliers de Parisiens fuyant le virus, sur les routes pour chercher refuge chez leurs proches ou dans des résidences secondaires.
 


Musée_J_Moulin.jpg
Le nouveau musée de la Libération - © Les Echos.
 



Hélène TANNENBAUM
 

__________________
 

Musée de la Libération

4, avenue du colonel Henri Rol-Tanguy
75014 Paris

Ouvert tous les jours sauf lundi
de 10 h à 18 h.
 

jusqu'au 13 décembre2020.
 

__________________
 


 

Exode - par HTa le 18/10/2020 • 17:10 

Exode.jpg
Exode - © Musée de la Libération - Le Parisien.
 


1940 Les Parisiens dans l’Exode
 


Autrefois installé au-dessus de la gare Montparnasse, le Musée de la Libération-Musée du général Leclerc- Musée Jean Moulin, a été transféré après quatre ans et demi de travaux dans un des deux pavillons Ledoux situés à Denfert-Rochereau. Ce nouveau musée a été inauguré symboliquement le 25 août 2019 pour célébrer le 75e anniversaire de la Libération de Paris.
 

Le concepteur de ce bâtiment, Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806), avait été nommé architecte de la Ferme Générale et chargé de réaliser, autour de Paris, une enceinte de 24 km percée d’une cinquantaine de barrières où on percevait des taxes sur les marchandises entrant dans la ville. De ces barrières, il ne reste aujourd’hui que les rotondes de la Villette et du parc Monceau, les deux pavillons à Denfert-Rochereau et ceux de la barrière du Trône à la Nation.
 


RV_27228-1_4.jpg
A.F. Callet - Nicolas Ledoux, architecte, et sa fille Adelaïde  -  © Musée Carnavalet
 


Les deux pavillons rectangulaires de quatre étages de la barrière d’Enfer étaient ornés de frises réalisées par le sculpteur Jean-Guillaume Moitte, grand Prix de Rome en 1768. Après avoir servi de barrières d’octroi, ils abritèrent, à partir de 1867, des services municipaux (voie publique de la Ville de Paris, inspection générale des carrières, laboratoire d’essais des matériaux …)
Peu avant la seconde Guerre Mondiale et en anticipation des sombres journées à venir, un abri de défense passive avait été installé dans le sous-sol des pavillons pour permettre aux services techniques de la Ville de Paris de continuer à fonctionner en cas de guerre. Ce fut le pavillon ouest qui fut retenu pour y installer le musée car c’est dans son abri souterrain que le chef de l’Etat-Major des FFI de la région parisienne,
le colonel Rol-Tanguy (1908-2002), avait établi son poste de commandement du 20 au 28 août 1944.
 


RV_77488-1_2.jpg
Barrière sur la route d'Orléans - © Musée Carnavalet.
 

Au rez-de-chaussée du musée, un espace est dédié à l’exposition permanente ; à l’étage, un autre est occupé par les expositions temporaires (actuellement, cette exposition sur l’exode des Parisiens en 1940) ; enfin, au sous-sol, on peut voir le PC du colonel Rol-Tanguy.

L’exposition permanente retrace les événements de l’entre-deux-guerres, ceux qui ont mené à la seconde Guerre Mondiale puis aborde la période d’Occupation, la guerre elle-même, la Résistance et la Libération de Paris, de la France et de l’ensemble des territoires français.

Dans la première salle, un hommage est rendu à deux personnalités qui ont marqué cette époque, Jean Moulin (1899-1943) et Philippe de Hautecloque, mieux connu sous le nom de général Leclerc (1902-1947). Toute une série de documents (articles de presse, photos, lettres personnelles, objets) exposés ici nous les rendent plus proches, plus familiers et illustrent bien ce qui les différenciait (origines, parcours) et ce qui les rapprochait (un même idéal, une même foi).
 


Moulin_Harcourt_1937_2.jpg    Leclerc_2.jpg
           Portrait de Jean Moulin - © Studio Harcourt 1937                                                                     Portrait du Général Leclerc  -  © Fondation Mal Leclerc de Hauteclocque
 


Dans l’auditorium du rez-de-chaussée, un autre hommage est rendu à Cécile Rol-Tanguy (1919-2020), épouse du colonel Tanguy, décédée en 2020. Grande résistante, elle fut aux côtés de son mari tout au long de la guerre, lui servant d’agent de liaison, transcrivant les appels et les courriers clandestins pendant la semaine de la Libération de Paris.
 


Roll.jpg
Portrait du Colonel Rol -Tanguy  -  © L'Humanité.
 


L’exposition temporaire située à l’étage et intitulée « 1940- Les Parisiens dans l’Exode » permet de mesurer l’inquiétude des Parisiens dès 1939, puisque déjà un certain nombre d’enfants avaient été évacués vers la province pour les protéger d’éventuels bombardements sur la capitale. Une période d’accalmie avait suivi la déclaration de guerre des Français et des Britanniques à l’Allemagne le 3 septembre 1939. Mais lors des premiers bombardements qui touchèrent la capitale le 3 juin 1940 la panique gagna la population parisienne dont deux tiers prirent le chemin de l’exode (soit 2.000.000 de personnes) rejoignant les 6.000.000 de Belges, Luxembourgeois et Néerlandais, déjà sur les routes françaises pour échapper à l’avance des armées allemandes.

Des photos, des films et des dessins d’enfants nous les montrent sur les routes, en voiture, à bicyclette, tirant des carioles, poussant des brouettes remplies d’affaires de première nécessité, dans un total chaos ; certains cherchaient à rejoindre de la famille, d’autres une résidence secondaire, d’autres enfin fuyaient sans but précis. En chemin, on les voit traverser des villes dont les autorités étaient mal préparées à recevoir un tel afflux de personnes et à leur venir en aide en leur fournissant de la nourriture et un toit provisoire.
 


Exode_130640.jpg
L'exode le 13 juin 1940 sur la route de Fontainebleau. Travail de l'élève Régine Laurensou - © Le Parisien - Musée de la Libération.
 

Pendant cet exode, certaines familles à pied, avaient confié leurs enfants à des personnes motorisées, sans laisser d’adresse ; au moment du retour sur Paris, 90.000 enfants furent portés « manquants ».

Après dix jours d’errance, le remplacement du président du conseil, Paul Reynaud, par le maréchal Pétain et la signature de l’Armistice entre la France et l’Allemagne (Paris étant désormais en zone occupée), la plupart des Parisiens regagnèrent la capitale, croyant à une paix durable.

A la fin de l’exposition, les commissaires dressent un parallèle entre l’exode des Parisiens en juin 1940 et celui de mars/avril 2020, jetant des milliers de Parisiens fuyant le virus, sur les routes pour chercher refuge chez leurs proches ou dans des résidences secondaires.
 


Musée_J_Moulin.jpg
Le nouveau musée de la Libération - © Les Echos.
 



Hélène TANNENBAUM
 

__________________
 

Musée de la Libération

4, avenue du colonel Henri Rol-Tanguy
75014 Paris

Ouvert tous les jours sauf lundi
de 10 h à 18 h.
 

jusqu'au 13 décembre2020.
 

__________________
 


 

(18/10/2020 • 17:10)

Christo & Jeanne-Claude - par HTa le 14/07/2020 • 17:45 


Pont_Neuf_3.jpg
Le Pont Neuf emballé par Christo en 1985
 


CHRISTO ET JEANNE-CLAUDE

PARIS !

 


Très romantique l’histoire de ces deux êtres apparemment faits l’un pour l’autre, nés le même jour de la même année (13 juin 1935) : l’une Jeanne-Claude Marie Denat, née à Casablanca, issue d’une famille de militaires ; l’autre Christo Vladimirov Javacheff, né à Gabrovo ; en 1957, il quitta sa Bulgarie natale en passant par Prague, Vienne et Genève avant de gagner Paris, pour échapper au régime communiste.

Dans un premier temps, pour gagner sa vie en France, Christo, formé à l’École des Beaux-Arts de Sofia, se consacre à la peinture de portraits mondains ; il fait notamment celui de Precilda de Guillebon qui le présente à sa fille, Jeanne-Claude.
 


Christo_Jeanne_1.jpg
Jeanne-Claude et Christo devant le Pont Neuf en cours d'empaquetage
 


La première partie de l’exposition présentée au Centre Pompidou jusqu’au 19 octobre 2020 est consacrée aux années parisiennes de Christo et de Jeanne-Claude (1958-1964), la deuxième à l’empaquetage du Pont-Neuf, à Paris, en 1985 ; entre les deux parties, un film de 1990 des frères Maysles, intitulé « Christo in Paris », narre l’aventure du Pont-Neuf en y mêlant de nombreuses informations biographiques sur les deux artistes.

Arrivé à Paris, Christo commence sa carrière en emballant des petits objets (bouteilles, pots de peinture, boîtes de conserve…) dans du papier ou du tissu froissé qu’il rigidifie en y ajoutant de la laque ou de la colle avant de les ficeler.

Il passe ensuite à des objets de plus grande dimension dont on n’est pas censés connaître la nature.
 


Christo-20-Centre-Pompidou-09b-empaquetage-320x390.jpg    Lune.jpg
Christo
  - Empaquetage et Cratères

 


Il réalise aussi des tableaux eux aussi à partir de tissu froissé et rigidifié auquel il ajoute du sable et de la poussière pour former des « Cratères », paysages lunaires faits de reliefs et de crevasses.

En 1962, pour protester contre l’édification du mur de Berlin qui avait eu lieu près d’un an auparavant, il monte, dans l’étroite rue Visconti, dans le VI è arrondissement, une barricade intitulée « The Iron Curtain » (le Rideau de Fer) faite de barils de pétrole colorés et cabossés dont la police exige immédiatement le démantèlement.
 


Christo-20-Centre-Pompidou-01b-mur-tonneaux-metalliques-768x768.jpg
Christo  -  The Iron Curtain.
 

Cette même année le couple envisage déjà l’empaquetage d’un monument parisien et c’est sur l’Arc de Triomphe qu’ils jettent leur dévolu. Ils ne verront jamais la réalisation de ce projet (« l’Arc de Triomphe Wrapped ») puisqu’initialement prévu du 6 au 19 avril 2020 puis reporté non pas pour cause de pandémie mais pour permettre la nidification de faucons crécerelles, habitués au monument, ce projet avait été déplacé à l’automne 2020, avant d’être reporté à l’automne 2021. Christo est mort le 31 mai 2020, juste avant l’ouverture de l’exposition qui lui est consacrée à Pompidou ; Jeanne-Claude est décédée en 1990. Réalisé soixante ans après sa conception, ce projet d’empaquetage exigera 25 000 m de tissu recyclable de polypropylène argent bleuté et 7 000 m de corde rouge.
 


Arc_Triomphe_1.jpg    Arc_Triomphe_2.jpg
Le projet de Christo pour l'Arc de Triomphe.
 


Après avoir utilisé papier et tissu opaque pour emballer des objets (petits et grands) il se sert du polyéthylène, une matière transparente, pour emballer des statues et des modèles vivants.

Une salle de l’exposition est consacrée aux devantures de magasins (« Store Fronts ») réalisées par l’artiste, deux d’entre elles sont présentées, à côté de nombreux projets pour des installations similaires, montrés à Pompidou, sous forme de dessins préparatoires ou réalisés en miniature dans des armoires à pharmacie. Ces devantures sont occultées par du papier ou du tissu mais éclairées de l’intérieur, laissant penser qu’elles cachent quelque chose.
 


Devanture.jpg
Christo  - Store Front.
 


Là s’arrête la carrière parisienne du couple qui s’installe définitivement à New York en 1964.

Dans les années qui suivent, ils se mettent à réaliser des œuvres monumentales proches du « land art » qui associe écologie et plein air, ( emballage d’une falaise près de Sydney, en Australie, « Wrapped Coast », 1969 ; rideau dans le Colorado, 1972 ;  barrière/ grande muraille en Californie ; empaquetage du Pont-Neuf, 1985, et du Reichstag, 1995 ; portiques à Central Park, « The Gates », 2005 ; des passerelles flottantes, « Floating Piers », 2016, près de Milan…) probablement très coûteuses mais entièrement autofinancées par le couple grâce à la vente  de dessins, études préparatoires, maquettes et lithographies réalisés pour des œuvres antérieures  ou pour l’œuvre elle-même; l’autofinancement des opérations réalisées est un point important auquel, si l’ on en croit le film des frères Maysles, Jacques Chirac, alors maire de Paris, aurait été sensible pour l’empaquetage du Pont-Neuf.
 

Côte.jpg    Reichtag.jpg
Christo  - Wrapped Coast  -  1969                                                                                                     Christo  - Le Reichstag emballé
 


La deuxième partie de l’exposition est consacrée au Pont-Neuf empaqueté, projet dont la réalisation a pris dix ans pour des raisons techniques mais aussi pour des raisons politiques et administratives. Les démarches entreprises pour obtenir les autorisations ont été multiples et longues : il a fallu convaincre les politiques et ensuite les riverains, puis faire jouer les influences des uns et des autres, confectionner les mètres de toile polyamide nécessaires à l’empaquetage du pont (y compris les trottoirs, les voûtes, les arches, les lampadaires…).
Ensuite il a fallu réunir des équipes de cordistes, plongeurs, alpinistes pour la mise en place de la toile : un immense travail pour une installation temporaire qui dura du 22 septembre au 6 octobre 1985 mais encore aujourd’hui on se souvient du joli plissé de la toile et des reflets du tissu dans les eaux de la Seine.

 


Pont_Neuf_4.jpg    Pont_Neuf_1.jpg
Christo  - Projet d'empaquetage du Pont Neuf et son reflet dans les eaux de la Seine.
                                                             


Ce qui est montré à Pompidou, c’est cette « exposition-dossier » que les deux artistes avaient l’habitude d’élaborer et de conserver pour  chacune de leur réalisation : des dessins préparatoires, une maquette, des photographies (des réunions tenues avec les décideurs, des artisans lors de leurs interventions), des documents juridiques, des courriers administratifs…

Après avoir vu cette exposition, nous nous montrerons plus attentifs, sans doute, lors de l’empaquetage de l’Arc de Triomphe, sachant les difficultés posées par une telle réalisation et le nombre de personnes impliquées dans l’opération et nous ne pourrons que regretter qu’aucun des deux artistes ne puisse voir la concrétisation de leur projet.

Une exposition « emballante » à ne pas rater.
 



Hélène TANNENBAUM
 

__________________
 

Centre Pompidou

Place Georges Pompidou
75004 Paris

Ouvert tous les jours sauf mardi
de 11 h à 21 h.
 

Du 1er juillet au 19 octobre 2020.
 

__________________
 


 

Christo & Jeanne-Claude - par HTa le 14/07/2020 • 17:45 


Pont_Neuf_3.jpg
Le Pont Neuf emballé par Christo en 1985
 


CHRISTO ET JEANNE-CLAUDE

PARIS !

 


Très romantique l’histoire de ces deux êtres apparemment faits l’un pour l’autre, nés le même jour de la même année (13 juin 1935) : l’une Jeanne-Claude Marie Denat, née à Casablanca, issue d’une famille de militaires ; l’autre Christo Vladimirov Javacheff, né à Gabrovo ; en 1957, il quitta sa Bulgarie natale en passant par Prague, Vienne et Genève avant de gagner Paris, pour échapper au régime communiste.

Dans un premier temps, pour gagner sa vie en France, Christo, formé à l’École des Beaux-Arts de Sofia, se consacre à la peinture de portraits mondains ; il fait notamment celui de Precilda de Guillebon qui le présente à sa fille, Jeanne-Claude.
 


Christo_Jeanne_1.jpg
Jeanne-Claude et Christo devant le Pont Neuf en cours d'empaquetage
 


La première partie de l’exposition présentée au Centre Pompidou jusqu’au 19 octobre 2020 est consacrée aux années parisiennes de Christo et de Jeanne-Claude (1958-1964), la deuxième à l’empaquetage du Pont-Neuf, à Paris, en 1985 ; entre les deux parties, un film de 1990 des frères Maysles, intitulé « Christo in Paris », narre l’aventure du Pont-Neuf en y mêlant de nombreuses informations biographiques sur les deux artistes.

Arrivé à Paris, Christo commence sa carrière en emballant des petits objets (bouteilles, pots de peinture, boîtes de conserve…) dans du papier ou du tissu froissé qu’il rigidifie en y ajoutant de la laque ou de la colle avant de les ficeler.

Il passe ensuite à des objets de plus grande dimension dont on n’est pas censés connaître la nature.
 


Christo-20-Centre-Pompidou-09b-empaquetage-320x390.jpg    Lune.jpg
Christo
  - Empaquetage et Cratères

 


Il réalise aussi des tableaux eux aussi à partir de tissu froissé et rigidifié auquel il ajoute du sable et de la poussière pour former des « Cratères », paysages lunaires faits de reliefs et de crevasses.

En 1962, pour protester contre l’édification du mur de Berlin qui avait eu lieu près d’un an auparavant, il monte, dans l’étroite rue Visconti, dans le VI è arrondissement, une barricade intitulée « The Iron Curtain » (le Rideau de Fer) faite de barils de pétrole colorés et cabossés dont la police exige immédiatement le démantèlement.
 


Christo-20-Centre-Pompidou-01b-mur-tonneaux-metalliques-768x768.jpg
Christo  -  The Iron Curtain.
 

Cette même année le couple envisage déjà l’empaquetage d’un monument parisien et c’est sur l’Arc de Triomphe qu’ils jettent leur dévolu. Ils ne verront jamais la réalisation de ce projet (« l’Arc de Triomphe Wrapped ») puisqu’initialement prévu du 6 au 19 avril 2020 puis reporté non pas pour cause de pandémie mais pour permettre la nidification de faucons crécerelles, habitués au monument, ce projet avait été déplacé à l’automne 2020, avant d’être reporté à l’automne 2021. Christo est mort le 31 mai 2020, juste avant l’ouverture de l’exposition qui lui est consacrée à Pompidou ; Jeanne-Claude est décédée en 1990. Réalisé soixante ans après sa conception, ce projet d’empaquetage exigera 25 000 m de tissu recyclable de polypropylène argent bleuté et 7 000 m de corde rouge.
 


Arc_Triomphe_1.jpg    Arc_Triomphe_2.jpg
Le projet de Christo pour l'Arc de Triomphe.
 


Après avoir utilisé papier et tissu opaque pour emballer des objets (petits et grands) il se sert du polyéthylène, une matière transparente, pour emballer des statues et des modèles vivants.

Une salle de l’exposition est consacrée aux devantures de magasins (« Store Fronts ») réalisées par l’artiste, deux d’entre elles sont présentées, à côté de nombreux projets pour des installations similaires, montrés à Pompidou, sous forme de dessins préparatoires ou réalisés en miniature dans des armoires à pharmacie. Ces devantures sont occultées par du papier ou du tissu mais éclairées de l’intérieur, laissant penser qu’elles cachent quelque chose.
 


Devanture.jpg
Christo  - Store Front.
 


Là s’arrête la carrière parisienne du couple qui s’installe définitivement à New York en 1964.

Dans les années qui suivent, ils se mettent à réaliser des œuvres monumentales proches du « land art » qui associe écologie et plein air, ( emballage d’une falaise près de Sydney, en Australie, « Wrapped Coast », 1969 ; rideau dans le Colorado, 1972 ;  barrière/ grande muraille en Californie ; empaquetage du Pont-Neuf, 1985, et du Reichstag, 1995 ; portiques à Central Park, « The Gates », 2005 ; des passerelles flottantes, « Floating Piers », 2016, près de Milan…) probablement très coûteuses mais entièrement autofinancées par le couple grâce à la vente  de dessins, études préparatoires, maquettes et lithographies réalisés pour des œuvres antérieures  ou pour l’œuvre elle-même; l’autofinancement des opérations réalisées est un point important auquel, si l’ on en croit le film des frères Maysles, Jacques Chirac, alors maire de Paris, aurait été sensible pour l’empaquetage du Pont-Neuf.
 

Côte.jpg    Reichtag.jpg
Christo  - Wrapped Coast  -  1969                                                                                                     Christo  - Le Reichstag emballé
 


La deuxième partie de l’exposition est consacrée au Pont-Neuf empaqueté, projet dont la réalisation a pris dix ans pour des raisons techniques mais aussi pour des raisons politiques et administratives. Les démarches entreprises pour obtenir les autorisations ont été multiples et longues : il a fallu convaincre les politiques et ensuite les riverains, puis faire jouer les influences des uns et des autres, confectionner les mètres de toile polyamide nécessaires à l’empaquetage du pont (y compris les trottoirs, les voûtes, les arches, les lampadaires…).
Ensuite il a fallu réunir des équipes de cordistes, plongeurs, alpinistes pour la mise en place de la toile : un immense travail pour une installation temporaire qui dura du 22 septembre au 6 octobre 1985 mais encore aujourd’hui on se souvient du joli plissé de la toile et des reflets du tissu dans les eaux de la Seine.

 


Pont_Neuf_4.jpg    Pont_Neuf_1.jpg
Christo  - Projet d'empaquetage du Pont Neuf et son reflet dans les eaux de la Seine.
                                                             


Ce qui est montré à Pompidou, c’est cette « exposition-dossier » que les deux artistes avaient l’habitude d’élaborer et de conserver pour  chacune de leur réalisation : des dessins préparatoires, une maquette, des photographies (des réunions tenues avec les décideurs, des artisans lors de leurs interventions), des documents juridiques, des courriers administratifs…

Après avoir vu cette exposition, nous nous montrerons plus attentifs, sans doute, lors de l’empaquetage de l’Arc de Triomphe, sachant les difficultés posées par une telle réalisation et le nombre de personnes impliquées dans l’opération et nous ne pourrons que regretter qu’aucun des deux artistes ne puisse voir la concrétisation de leur projet.

Une exposition « emballante » à ne pas rater.
 



Hélène TANNENBAUM
 

__________________
 

Centre Pompidou

Place Georges Pompidou
75004 Paris

Ouvert tous les jours sauf mardi
de 11 h à 21 h.
 

Du 1er juillet au 19 octobre 2020.
 

__________________
 


 

(14/07/2020 • 17:45)

27/10/2020 &b000000TuesdayTuesday; 12:10