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Nouvelles des Amis -

Christo & Jeanne-Claude - par HTa le 14/07/2020 • 17:45 


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Le Pont Neuf emballé par Christo en 1985
 


CHRISTO ET JEANNE-CLAUDE

PARIS !

 


Très romantique l’histoire de ces deux êtres apparemment faits l’un pour l’autre, nés le même jour de la même année (13 juin 1935) : l’une Jeanne-Claude Marie Denat, née à Casablanca, issue d’une famille de militaires ; l’autre Christo Vladimirov Javacheff, né à Gabrovo ; en 1957, il quitta sa Bulgarie natale en passant par Prague, Vienne et Genève avant de gagner Paris, pour échapper au régime communiste.

Dans un premier temps, pour gagner sa vie en France, Christo, formé à l’École des Beaux-Arts de Sofia, se consacre à la peinture de portraits mondains ; il fait notamment celui de Precilda de Guillebon qui le présente à sa fille, Jeanne-Claude.
 


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Jeanne-Claude et Christo devant le Pont Neuf en cours d'empaquetage
 


La première partie de l’exposition présentée au Centre Pompidou jusqu’au 19 octobre 2020 est consacrée aux années parisiennes de Christo et de Jeanne-Claude (1958-1964), la deuxième à l’empaquetage du Pont-Neuf, à Paris, en 1985 ; entre les deux parties, un film de 1990 des frères Maysles, intitulé « Christo in Paris », narre l’aventure du Pont-Neuf en y mêlant de nombreuses informations biographiques sur les deux artistes.

Arrivé à Paris, Christo commence sa carrière en emballant des petits objets (bouteilles, pots de peinture, boîtes de conserve…) dans du papier ou du tissu froissé qu’il rigidifie en y ajoutant de la laque ou de la colle avant de les ficeler.

Il passe ensuite à des objets de plus grande dimension dont on n’est pas censés connaître la nature.
 


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Christo
  - Empaquetage et Cratères

 


Il réalise aussi des tableaux eux aussi à partir de tissu froissé et rigidifié auquel il ajoute du sable et de la poussière pour former des « Cratères », paysages lunaires faits de reliefs et de crevasses.

En 1962, pour protester contre l’édification du mur de Berlin qui avait eu lieu près d’un an auparavant, il monte, dans l’étroite rue Visconti, dans le VI è arrondissement, une barricade intitulée « The Iron Curtain » (le Rideau de Fer) faite de barils de pétrole colorés et cabossés dont la police exige immédiatement le démantèlement.
 


Christo-20-Centre-Pompidou-01b-mur-tonneaux-metalliques-768x768.jpg
Christo  -  The Iron Curtain.
 

Cette même année le couple envisage déjà l’empaquetage d’un monument parisien et c’est sur l’Arc de Triomphe qu’ils jettent leur dévolu. Ils ne verront jamais la réalisation de ce projet (« l’Arc de Triomphe Wrapped ») puisqu’initialement prévu du 6 au 19 avril 2020 puis reporté non pas pour cause de pandémie mais pour permettre la nidification de faucons crécerelles, habitués au monument, ce projet avait été déplacé à l’automne 2020, avant d’être reporté à l’automne 2021. Christo est mort le 31 mai 2020, juste avant l’ouverture de l’exposition qui lui est consacrée à Pompidou ; Jeanne-Claude est décédée en 1990. Réalisé soixante ans après sa conception, ce projet d’empaquetage exigera 25 000 m de tissu recyclable de polypropylène argent bleuté et 7 000 m de corde rouge.
 


Arc_Triomphe_1.jpg    Arc_Triomphe_2.jpg
Le projet de Christo pour l'Arc de Triomphe.
 


Après avoir utilisé papier et tissu opaque pour emballer des objets (petits et grands) il se sert du polyéthylène, une matière transparente, pour emballer des statues et des modèles vivants.

Une salle de l’exposition est consacrée aux devantures de magasins (« Store Fronts ») réalisés par l’artiste, deux d’entre elles sont présentées, à côté de nombreux projets pour des installations similaires, montrés à Pompidou, sous forme de dessins préparatoires ou réalisés en miniature dans des armoires à pharmacie. Ces devantures sont occultées par du papier ou du tissu mais éclairées de l’intérieur, laissant penser qu’elles cachent quelque chose.
 


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Christo  - Store Front.
 


Là s’arrête la carrière parisienne du couple qui s’installe définitivement à New York en 1964.

Dans les années qui suivent, il se mettent à réaliser des œuvres monumentales proches du « land art » qui associe écologie et plein air, ( emballage d’une falaise près de Sydney, en Australie, « Wrapped Coast », 1969 ; rideau dans le Colorado, 1972 ;  barrière/ grande muraille en Californie ; empaquetage du Pont-Neuf, 1985, et du Reichstag, 1995 ; portiques à Central Park, « The Gates », 2005 ; des passerelles flottantes, « Floating Piers », 2016, près de Milan…) probablement très coûteuses  mais entièrement autofinancées par le couple grâce à la vente  de dessins, études préparatoires, maquettes et lithographies réalisés pour des œuvres antérieures  ou pour l’œuvre elle-même; l’autofinancement des opérations réalisées est un point important auquel, si l’ on en croit le film des frères Maysles, Jacques Chirac, alors maire de Paris, aurait été sensible pour l’empaquetage du Pont-Neuf.
 

Côte.jpg    Reichtag.jpg
Christo  - Wrapped Coast  -  1969                                                                                                     Christo  - Le Reichtag emballé
 


La deuxième partie de l’exposition est consacrée au Pont-Neuf empaqueté, projet dont la réalisation a pris dix ans pour des raisons techniques mais aussi pour des raisons politiques et administratives. Les démarches entreprises pour obtenir les autorisations ont été multiples et longues : il a fallu convaincre les politiques et ensuite les riverains, puis faire jouer les influences des uns et des autres, confectionner les mètres de toile polyamide nécessaires à l’empaquetage du pont (y compris les trottoirs, les voûtes, les arches, les lampadaires…).
Ensuite il a fallu réunir des équipes de cordistes, plongeurs, alpinistes pour la mise en place de la toile : un immense travail pour une installation temporaire qui dura du 22 septembre au 6 octobre 1985 mais encore aujourd’hui on se souvient du joli plissé de la toile et des reflets du tissu dans les eaux de la Seine.

 


Pont_Neuf_4.jpg    Pont_Neuf_1.jpg
Christo  - Projet d'empaquetage du Pont Neuf et son reflet dans les eaux de la Seine.
                                                             


Ce qui est montré à Pompidou, c’est cette « exposition-dossier » que les deux artistes avaient l’habitude d’élaborer et de conserver pour  chacune de leur réalisation : des dessins préparatoires, une maquette, des photographies (des réunions tenues avec les décideurs, des artisans lors de leurs interventions), des documents juridiques, des courriers administratifs…

Après avoir vu cette exposition, nous nous montrerons plus attentifs, sans doute, lors de l’empaquetage de l’Arc de Triomphe, sachant les difficultés posées par une telle réalisation et le nombre de personnes impliquées dans l’opération et nous ne pourrons que regretter qu’aucun des deux artistes ne puisse voir la concrétisation de leur projet.

Une exposition « emballante » à ne pas rater.
 



Hélène TANNENBAUM
 

__________________
 

Centre Pompidou

Place Georges Pompidou
75004 Paris

Ouvert tous les jours sauf mardi
de 11 h à 21 h.
 

Du 1er juillet au 19 octobre 2020.
 

__________________
 


 

Christo & Jeanne-Claude - par HTa le 14/07/2020 • 17:45 


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Le Pont Neuf emballé par Christo en 1985
 


CHRISTO ET JEANNE-CLAUDE

PARIS !

 


Très romantique l’histoire de ces deux êtres apparemment faits l’un pour l’autre, nés le même jour de la même année (13 juin 1935) : l’une Jeanne-Claude Marie Denat, née à Casablanca, issue d’une famille de militaires ; l’autre Christo Vladimirov Javacheff, né à Gabrovo ; en 1957, il quitta sa Bulgarie natale en passant par Prague, Vienne et Genève avant de gagner Paris, pour échapper au régime communiste.

Dans un premier temps, pour gagner sa vie en France, Christo, formé à l’École des Beaux-Arts de Sofia, se consacre à la peinture de portraits mondains ; il fait notamment celui de Precilda de Guillebon qui le présente à sa fille, Jeanne-Claude.
 


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Jeanne-Claude et Christo devant le Pont Neuf en cours d'empaquetage
 


La première partie de l’exposition présentée au Centre Pompidou jusqu’au 19 octobre 2020 est consacrée aux années parisiennes de Christo et de Jeanne-Claude (1958-1964), la deuxième à l’empaquetage du Pont-Neuf, à Paris, en 1985 ; entre les deux parties, un film de 1990 des frères Maysles, intitulé « Christo in Paris », narre l’aventure du Pont-Neuf en y mêlant de nombreuses informations biographiques sur les deux artistes.

Arrivé à Paris, Christo commence sa carrière en emballant des petits objets (bouteilles, pots de peinture, boîtes de conserve…) dans du papier ou du tissu froissé qu’il rigidifie en y ajoutant de la laque ou de la colle avant de les ficeler.

Il passe ensuite à des objets de plus grande dimension dont on n’est pas censés connaître la nature.
 


Christo-20-Centre-Pompidou-09b-empaquetage-320x390.jpg    Lune.jpg
Christo
  - Empaquetage et Cratères

 


Il réalise aussi des tableaux eux aussi à partir de tissu froissé et rigidifié auquel il ajoute du sable et de la poussière pour former des « Cratères », paysages lunaires faits de reliefs et de crevasses.

En 1962, pour protester contre l’édification du mur de Berlin qui avait eu lieu près d’un an auparavant, il monte, dans l’étroite rue Visconti, dans le VI è arrondissement, une barricade intitulée « The Iron Curtain » (le Rideau de Fer) faite de barils de pétrole colorés et cabossés dont la police exige immédiatement le démantèlement.
 


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Christo  -  The Iron Curtain.
 

Cette même année le couple envisage déjà l’empaquetage d’un monument parisien et c’est sur l’Arc de Triomphe qu’ils jettent leur dévolu. Ils ne verront jamais la réalisation de ce projet (« l’Arc de Triomphe Wrapped ») puisqu’initialement prévu du 6 au 19 avril 2020 puis reporté non pas pour cause de pandémie mais pour permettre la nidification de faucons crécerelles, habitués au monument, ce projet avait été déplacé à l’automne 2020, avant d’être reporté à l’automne 2021. Christo est mort le 31 mai 2020, juste avant l’ouverture de l’exposition qui lui est consacrée à Pompidou ; Jeanne-Claude est décédée en 1990. Réalisé soixante ans après sa conception, ce projet d’empaquetage exigera 25 000 m de tissu recyclable de polypropylène argent bleuté et 7 000 m de corde rouge.
 


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Le projet de Christo pour l'Arc de Triomphe.
 


Après avoir utilisé papier et tissu opaque pour emballer des objets (petits et grands) il se sert du polyéthylène, une matière transparente, pour emballer des statues et des modèles vivants.

Une salle de l’exposition est consacrée aux devantures de magasins (« Store Fronts ») réalisés par l’artiste, deux d’entre elles sont présentées, à côté de nombreux projets pour des installations similaires, montrés à Pompidou, sous forme de dessins préparatoires ou réalisés en miniature dans des armoires à pharmacie. Ces devantures sont occultées par du papier ou du tissu mais éclairées de l’intérieur, laissant penser qu’elles cachent quelque chose.
 


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Christo  - Store Front.
 


Là s’arrête la carrière parisienne du couple qui s’installe définitivement à New York en 1964.

Dans les années qui suivent, il se mettent à réaliser des œuvres monumentales proches du « land art » qui associe écologie et plein air, ( emballage d’une falaise près de Sydney, en Australie, « Wrapped Coast », 1969 ; rideau dans le Colorado, 1972 ;  barrière/ grande muraille en Californie ; empaquetage du Pont-Neuf, 1985, et du Reichstag, 1995 ; portiques à Central Park, « The Gates », 2005 ; des passerelles flottantes, « Floating Piers », 2016, près de Milan…) probablement très coûteuses  mais entièrement autofinancées par le couple grâce à la vente  de dessins, études préparatoires, maquettes et lithographies réalisés pour des œuvres antérieures  ou pour l’œuvre elle-même; l’autofinancement des opérations réalisées est un point important auquel, si l’ on en croit le film des frères Maysles, Jacques Chirac, alors maire de Paris, aurait été sensible pour l’empaquetage du Pont-Neuf.
 

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Christo  - Wrapped Coast  -  1969                                                                                                     Christo  - Le Reichtag emballé
 


La deuxième partie de l’exposition est consacrée au Pont-Neuf empaqueté, projet dont la réalisation a pris dix ans pour des raisons techniques mais aussi pour des raisons politiques et administratives. Les démarches entreprises pour obtenir les autorisations ont été multiples et longues : il a fallu convaincre les politiques et ensuite les riverains, puis faire jouer les influences des uns et des autres, confectionner les mètres de toile polyamide nécessaires à l’empaquetage du pont (y compris les trottoirs, les voûtes, les arches, les lampadaires…).
Ensuite il a fallu réunir des équipes de cordistes, plongeurs, alpinistes pour la mise en place de la toile : un immense travail pour une installation temporaire qui dura du 22 septembre au 6 octobre 1985 mais encore aujourd’hui on se souvient du joli plissé de la toile et des reflets du tissu dans les eaux de la Seine.

 


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Christo  - Projet d'empaquetage du Pont Neuf et son reflet dans les eaux de la Seine.
                                                             


Ce qui est montré à Pompidou, c’est cette « exposition-dossier » que les deux artistes avaient l’habitude d’élaborer et de conserver pour  chacune de leur réalisation : des dessins préparatoires, une maquette, des photographies (des réunions tenues avec les décideurs, des artisans lors de leurs interventions), des documents juridiques, des courriers administratifs…

Après avoir vu cette exposition, nous nous montrerons plus attentifs, sans doute, lors de l’empaquetage de l’Arc de Triomphe, sachant les difficultés posées par une telle réalisation et le nombre de personnes impliquées dans l’opération et nous ne pourrons que regretter qu’aucun des deux artistes ne puisse voir la concrétisation de leur projet.

Une exposition « emballante » à ne pas rater.
 



Hélène TANNENBAUM
 

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Centre Pompidou

Place Georges Pompidou
75004 Paris

Ouvert tous les jours sauf mardi
de 11 h à 21 h.
 

Du 1er juillet au 19 octobre 2020.
 

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(14/07/2020 • 17:45)

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