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LE DEUXIÈME MÉNAGE D’ÉMILE ZOLA

«  Faisan bien arrivé » c’est ainsi que Zola fut informé, à Biarritz, le 27 septembre 1891 en lisant les annonces du Figaro de la naissance de Jacques, son fils né le 25 et déclaré à la mairie du 9e par ses amis Céard et Alexis. C’était le deuxième enfant de Zola et de Jeanne Rozerot, une bourguignonne, après une première fille, Denise, née en 1889 « de père non déterminé ».

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Jeanne Rozerot

C’est à Médan que Zola et Jeanne Rozerot se rencontrent : elle a été embauchée comme lingère par Alexandrine. Les relations entre elles sont cordiales, à telle enseigne que Jeanne les accompagne à Royan à l’été 1888. C’est le début d’une idylle qui se transforme en relation profonde. La jeune femme, honnête, quitte alors le service d’Alexandrine : «  Je dois quitter votre service, Madame. Des raisons personnelles, ma famille qui me demande, j’en suis désolée ! »

Alexandrine est loin de se douter que son mari installe Jeanne à quelques mètres du 21bis, rue de Bruxelles, au 66, rue St Lazare (au coin de cette rue avec la rue Blanche) qui devient le second foyer d’Émile[1].
Les recherches et les rendez-vous de Zola lui permettent d’être souvent absent, mais à Médan il faut trouver une solution : une maison est louée pour Jeanne sur l’autre rive de la Seine et les deux amants se regardent à la longue-vue !

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Zola et Jeanne Rozerot

La catastrophe arrive sous forme de lettre anonyme, Alexandrine apprend par ce biais son infortune : « …si tu l’entendais hurler, je ne la reconnais plus. Elle m’insulte, me soumet à des interrogatoires, gémit d’une pièce à l’autre… Je l’ai même vue se frapper ! » dit Zola à Jeanne. Après plusieurs mois d’une vie compliquée, dès 1893, Alexandrine désire voir les enfants dans un climat plus apaisé.

Éclate « L’Affaire » qui bouleverse leur vie. Zola est en pleine lumière avec « J’accuse…!» ; en janvier 1898 il est assigné à comparaître devant la Cour d’assises de la Seine pour injures envers l’Armée et condamné : «  Ma bonne Jeanne chérie, les choses ont mal tourné, j’ai un an de prison ».

Après trois procès, Zola s’exile à Londres sur les conseils de son défenseur Labori et de Georges Clémenceau. Jeanne et les enfants le rejoignent pour deux mois dans le Surrey.

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Zola et ses enfants Denise et Jacques

De retour à Paris, les choses évoluent. Dreyfus est gracié en septembre 1899 et 1900, avec l’exposition universelle, permet un peu de légèreté. Les enfants grandissent, Émile s’occupe d’eux, devoirs et sorties diverses, vélo, photo…

Le 29 septembre 1902, c’est le drame : Zola meurt asphyxié rue de Bruxelles, vraisemblablement assassiné, les cheminées avaient été bouchées par des ouvriers sympathisants de l’Action Française. À l’enterrement, le 5 octobre, au cimetière Montmartre, Jeanne est dans la foule avec Denise et Jacques. Dès lors, Jeanne est associée par Alexandrine à toutes les cérémonies rappelant le souvenir de Zola.

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Alexandrine Zola

Alexandrine « Bonne Amie » pour les enfants, décide d’aider Jeanne, Denise et Jacques. Il faut s’unir dans le culte et la mémoire de Zola et, sous la présidence d’un juge de paix, elle prend des dispositions en faveur des enfants. Elle apporte une aide matérielle considérable pour leurs études et les soins pour Jacques atteint d’une grave tuberculose osseuse. Dès 1906, Alexandrine entreprend de faire donner aux enfants le nom de Zola : Denise et Jacques Émile-Zola. En 1908, le corps de Zola entre au Panthéon, Denise épouse Maurice Le Blond[2].

Jeanne aura la joie d’être deux fois grand-mère d’Aline et Violaine les filles de Denise, Jacques deviendra médecin. Elle meurt en mai 1914 à la suite d’une intervention bénigne. Elle avait quarante-sept ans.

Un destin dans l’ombre, mais mère des enfants d’Émile Zola, c’est quelque chose ! Le bonheur de Zola entre une épouse « courageuse et dévouée des jours d’autrefois » disait Charpentier, et une femme jeune, admirative, amoureuse a sans doute été compliqué, mais intense.

Françoise ROBERT

Sources :
Le Roman de Jeanne d’Isabelle Delamotte (Belfond),
Zola d’Henri Troyat (Flammarion).

 

[1] Jeanne habite ensuite 8, rue Taibout, puis 3, rue du Havre et 80, rue Blanche.

[2] Journaliste, admirateur de Zola et assurant la diffusion de ses écrits. Il sera par la suite nommé sous-préfet de la Nièvre.



 

© F. Robert-2016 © 9e Histoire - 2016


 


Date de création : 07/02/2016 : 11:46
Catégorie : - Articles-Personnages
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