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© F. Robert – 2015 © 9ème Histoire


LE GÉNÉRAL DE MONTHOLON (1783 – 1853)


Dans le 9e arrondissement, la rue et le square qui portent le nom de Montholon le doivent au fait qu’un hôtel particulier ayant appartenu à Nicolas de Montholon, le grand oncle du général, se trouvait là! Sans rapport avec la carrière de Charles, général de Montholon et compagnon de Sainte-Hélène, comme beaucoup le croient… pourquoi pas d’ailleurs ?

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Le général de Montholon et sa femme Albine de Vassal

Charles, Tristan de Montholon est né à Paris le 21 juillet 1783. Il est connu pour avoir été l’un des « quatre évangélistes » de Sainte-Hélène, les trois autres sont: Las Cases, Gourgaud et Bertrand.
Montholon a toujours été dans l’orbite de Bonaparte : il est le beau-frère de deux généraux célèbres, Joubert et Mac Donald. Bien introduit par son beau-père (le mari de sa mère) Sémonville, il est, en 1799, adjoint du Génie à l’armée d’Italie, sous les ordres du général Championnet. En 1805, aux basques de Berthier, il est à l’état-major de la Grande Armée, chambellan de l’Empereur. Il accomplit une carrière sans fait d’arme particulier, bien que dans ses mémoires il se vante d’exploits militaires à Iéna, Eckmühl, Essling… C’est un hâbleur et un fabulateur !

Une rencontre décisive le conduit à devenir ambassadeur de France à Würzburg, le frère de l’Empereur d’Autriche, Ferdinand, y est Grand-Duc et connaît Charles qui devient son aide de camp. Albine de Vassal, qu’il épousera en 1812, l’y rejoint peu de temps, avant d’être sommée d’en partir. Elle était deux fois divorcée et Napoléon l’apprécie peu : « le mariage de l’ancien ambassadeur comte Montholon qui espérait avoir le consentement de l’Empereur lui coûte gros. Les ordres de sa Majesté à cet égard sont de lui faire cesser ses fonctions sur le champ, pour avoir contracté un mariage contraire aux mœurs et à l’honneur » (Ambassadeur de Würzburg à Paris).

Montholon retombe rapidement sur ses pieds. En 1814, il est nommé commandant militaire du département de la Loire, se trouve à la tête de 4 ou 5.000 hommes à peine équipés et annonce à ses troupes qu’il se rend à Paris pour prendre les ordres du nouveau régime. À l’abdication de Napoléon à Fontainebleau le 18 avril 1814, il fait acte d’allégeance à Louis XVIII dès le 20 avril.
Pendant les « Cent jours », il se remet au service de l’Empereur et l’accompagne, avec
Albine et l’aîné de leurs enfants, dans son exil à Sainte-Hélène. Agit-il sur ordre de Davout pour surveiller l’Empereur ou par appât du gain en espérant être exécuteur testamentaire de celui-ci ?

Le choc sera violent entre Gourgaud, polytechnicien issu du peuple, Las Cases surnommé « le jésuite », Bertrand et sa famille (Fanny, sa femme, et leurs trois enfants), ainsi qu’avec Marchand, premier valet de chambre, l’un des fidèles parmi les proches:
« un panier de crabes » disent les témoins.

L’île sur laquelle ils débarquent le 17 octobre 1815 se dresse en plein milieu de l’Atlantique Sud (16° latitude sud et 8° longitude). C’est un rocher volcanique de 17 km de long sur 11 km de large, ne laissant guère pour l’aborder que l’entaille où se trouve la petite ville de Jamestown. D’abord installés aux « Briards », ils s’établissent ensuite à Longwood le 10 décembre, dans une maison de six pièces, en forme de T, d’une surface de 173 m2. 

Longwood.jpg
La maison de Longwood

Montholon est en charge de la Maison et de l’intendance, et pratique une gestion assez déplorable. Tous sont mis à contribution pour recueillir le récit des campagnes de Napoléon, même si Las Cases tient le rôle principal avec son « Mémorial de Sainte-Hélène ». 

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Napoléon dictant ses mémoires (de gauche à droite : Montholon, Gourgaud, Bertrand, Las Cases

Une fille naît chez les Montholon en 1816, prénommée « Napoléone », et, en 1818, une seconde, « Joséphine », qui est sans doute de Napoléon et mourra en septembre 1819. Les relations avec Albine sont intimes - Fanny Bertrand est aussi en compétition -  elle assiste à la toilette de l’Empereur et lui tient compagnie durant les longues heures qu’il passe dans sa baignoire ! Montholon est maître de la situation et devient à la fois premier ministre, ministre des affaires étrangères et ministre des finances.
Conseil donné aux officiers anglais de Plantation House par leur hiérarchie : « Il ne faut jamais discuter sans témoin avec Montholon. Sinon dans les comptes rendus, on cherche en vain ce qu’on croit avoir dit ».

 

Quand il se sent bien, l’Empereur met tout le monde au jardinage, Napoléon distribue des pelles, des pioches et dirige les travaux. Montholon est chargé de prendre les mesures ou d’aller chercher la lorgnette de l’Empereur pour observer les navires qui croisent au large.
À Longwood, on mange et on boit beaucoup, Napoléon joue aux cartes et aux échecs avec Montholon, Albine joue du piano. L’Empereur se promène aussi à cheval, puis en calèche quand sa santé ne l’y autorisera plus. La santé de l’Empereur n’a cessé en effet de se dégrader, le médecin irlandais O’Meara, compétent, avait été remplacé par Antonmarchi, et c’est un cancer de l’estomac qui l’emportera en 1821.

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Napoléon sur son lit de mort par Charles de Steuben

Le 5 mai 1821, tous vont revendiquer avoir fermé les yeux de l’Empereur. Montholon : « J’ai fermé les yeux du plus grand capitaine du monde ». Désigné premier exécuteur testamentaire, cette tâche l’occupe pendant cinq ans (!) entre Londres et Paris où il revient en 1821 : 2 millions pour Montholon, « comme une preuve de ma satisfaction des soins filiaux qu’il m’a rendus depuis six ans et pour l’indemniser des pertes que son séjour à Sainte-Hélène lui a occasionnées », avec lesquels il fera des acquisitions  comme l’hôtel Valentinois, 56 bis rue St-Lazare. Bertrand lui n’obtient que 500.000 F ; il y a des codicilles, par exemple pour l’Impératrice Marie-Louise.

Montholon se fait réintégrer en 1831 dans le cadre de réserve de l’état-major, puis se met au service du prince Louis-Napoléon Bonaparte, non sans avoir intrigué auparavant avec les royalistes. Après l’échec du débarquement de Boulogne en 1840, il se retrouve au fort de Ham avec Louis-Napoléon et est libéré en 1846. Le 25 mai précédent, Louis-Napoléon s’est évadé sous l’aspect de « Badinguet ». Pendant cette captivité, la dépouille de Napoléon a été ramenée à Paris à bord de la « Belle Poule », sans Montholon, mais avec Bertrand et Gourgaud

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Exhumation du corps de Napoléon Ier

Albine est morte, ils étaient séparés depuis les années 30, remplacée par Caroline Jane O’Hara qu’il a connue au fort de Ham. En 1848, Montholon se fait élire député de la Charente Inférieure. Il meurt à Paris en 1853 après avoir intrigué une dernière fois pour se faire attribuer de petites sommes par le nouvel Empereur. 

Homme insaisissable, intrigant peu sympathique, toujours au bord de la ruine, il a été déclaré en faillite en 1829 après des acquisitions hasardeuses et a même été accusé – à tort – d’avoir empoisonné l’Empereur ! Sa fille Napoléone fera beaucoup pour rétablir sa réputation. 

Françoise ROBERT


Sources principales: Jean Tulard et Jacques Macé « L’honneur retrouvé du général Montholon » (Editions Christian Paris).

© F. Robert – 2015 © 9ème Histoire


Dernière modification : 13/06/2016 : 18:57
Catégorie : Publications de 9ème Histoire - Articles-Personnages
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