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phoomuseum_Int.jpg
 

Le Phono Museum, une caverne d’Ali baba
consacrée à l’histoire du son !

C’est une passionnante visite qu’a effectuée mardi 25 avril un groupe de 9ème Histoire au Phono Museum installé dans un ancien bâtiment d’EDF au 53, boulevard Rochechouart.

Son fondateur et sympathique animateur, Jalal Aro, originaire d’Alep en Syrie, a en effet créé en 2014 à cet endroit, à proximité de Pigalle, un musée du son enregistré qui renferme, tel la caverne d’Ali Baba, les trésors que sont ces dizaines de machines parlantes, boites à musique, et autres phonographes. Il a en effet accumulé au cours des années presque tous les types de supports d’enregistrement, souvent très anciens, qu’il nous présente à cette occasion.

Intérieur_Sombre.jpg

Notre guide d’un jour nous accueille en évoquant d’abord la mémoire d’Édouard Léon Scott de Martinville, véritable inventeur sous Napoléon III, en 1857 (soit vingt ans avant l’américain Edison !), du premier appareil de reproduction, le Phonautographe, qui pour la première fois permettait de reproduire la voix humaine sur une feuille de papier enroulée autour d’un cylindre. Les américains allaient d’ailleurs réussir en 2008 à reproduire le procédé avec le chant d’Au clair de la lune enregistré en 1860 !

Bien qu’aidé par la Société d’Encouragement de l’Industrie Nationale, l’inventeur ne fera jamais fortune… Une exposition lui est consacrée jusqu’au 29 avril à la Médiathèque musicale de Paris à la Porte Saint-Eustache aux Halles, à l’occasion du bicentenaire de sa naissance.

Jalal Aro évoque ensuite le souvenir de Charles Cros, (nom qu’il faut prononcer croce, parait-il …) autre personnage devenu célèbre, qui allait inventer (en même temps qu’Edison, en 1877) le Paléophone, sorte de premier phonographe permettant une lecture mécanique en gravant des sons sur du métal. Il avait en effet créé cet appareil pour sauvegarder les chansons de ses amis artistes du Chat noir et autres cabarets à la mode qu’il fréquentait dans le quartier. Notre conférencier nous révèle également que Charles Cros n’avait pas déposé de brevet mais s’était contenté de faire connaître son invention dans des plis cachetés publiés notamment dans La Semaine du clergé !

Si Cros et Edison n’eurent jamais de relations directes, ce dernier était au courant de ce qu’imaginait Charles Cros par ses agents en Europe chargés de lire la presse sur ces sujets…

C’est l’Exposition Universelle de 1889 qui allait vraiment faire connaitre au monde ces nouveaux supports mais également les forains qui allaient introduire ces machines dans leurs manèges.

Théâtre Science.jpg        Académicien.jpg

A Paris, le Théâtre de la Science qui se trouvait dans ce qui fut l’ancien musée Fragonard, boulevard des Capucines, a popularisé ces outils nouveaux. D’ailleurs dans tout le quartier de l’Opéra étaient concentrés au début du XXe siècle les vendeurs des différents modèles de diffuseurs de sons.

Jalal Aro nous fait alors écouter sur un appareil mécanique datant de 1904 fonctionnant avec un cylindre tournant grâce à une manivelle et sur lequel est gravée la chanson, un des premiers « tubes » de l’époque : Viens poupoule !

Phonomuseum machine parlante.jpg   Phonomuseum table bistrot musicale.jpg
Machine parlante                                                                                        Table de bistrot musicale

Le terme de « tube » encore utilisé aujourd’hui par extension de sens pour désigner un succès, est d’ailleurs lié à ce cylindre, qu’on appelait aussi tube, qui permettait d’enregistrer des chansons d’environ 2 mn 30 ! Mais beaucoup d’artistes de l’époque préféraient chanter en direct et se produire en public et n’ont donc jamais enregistré …

Notre guide allait alors s’attarder sur un certain nombre d’appareils tous aussi étonnants les uns que les autres comme ce superbe meuble 1880 avec sa façade en bois sculptée, grande boite à musique en réalité, qui permettait en découvrant ou non ses différents couvercles, de varier l’intensité du son ou cette curieuse table de bistrot musicale (avec sa manivelle) de 1912 !

Pathefone_2.jpg         Pathéfone_1.jpg
Pathéphone

Il nous montre ensuite le Pathéphone d’Emile Pathé (frère de Charles qui fera carrière dans le cinéma) modèle de 1910, avec son pavillon acoustique qui fonctionnait lui avec des disques reproduisant les « voix éteintes », comme on disait alors pour évoquer des enregistrements d’artistes. Jalal Aro nous fait aussi entendre un de ces nombreux disques surprise de l’époque où la musique servait à introduire une publicité déclamée!

Tous ces appareils pouvaient souvent être achetés dans les Grands Magasins Dufayel de la rue de Clignancourt toute proche, qui resteront ouverts de 1856 à 1930.

Autre objet étrange, l’impressionnant Fontanophone avec double pavillon et double aiguille qui par le léger décalage de la musique produit créait déjà une sorte d’effet stéréo ! Ce modèle était d’ailleurs plutôt destiné à sonoriser les salles de bals.

Fontanophone_2.jpg

A noter que tous ces appareils ont pris souvent des noms dérivés du nom des inventeurs eux-mêmes.

Jalal Aro allait enfin nous faire entendre des enregistrements anciens sur appareils d’époque dont il détient une belle collection, comme un des premiers succès de Charles Trenet, de Maurice Chevalier chantant avec son anglais mâtiné d’accent parigot (!) ou encore d’Edith Piaf accompagnée par les Compagnons de la Chanson dans Les Trois Cloches

Après de nombreuses questions posées encore à notre intarissable guide et après avoir admiré les nombreuses affiches et objets de collection ramenés des quatre coins du monde, il était temps de quitter ce lieu un peu magique.

Tout à côté, rue Lallier, est ouvert depuis 2004 La Phonogalerie, un espace dédié à l’achat, la vente, la réparation et la location de machines parlantes et documents sonores et papiers (beaucoup ont d’ailleurs été utilisés dans des films comme La Môme d’Olivier Dahan en 2007 ou Midnight in Paris de Woody Allen en 2011).

Nul doute qu’un deuxième groupe de 9ème Histoire pourra à son tour venir profiter des merveilles de ce Phono Muséum un peu unique en son genre en juin prochain!
 

Pour aider ce musée original mais pas forcément très connu (et qui a faillli fermer en 2016) vous pouvez  l'accompagner en faisant un don à l'association "Phonoplanète" en vous rendant sur leur site ci-dessous.

________________

Le Phono Muséum
53 Boulevard de Rochechouart

Ouvert du jeudi au dimanche de 14 h à 18 h (tarif : 10 €)

Emmanuel FOUQUET

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Le Phono Museum, une caverne d’Ali baba
consacrée à l’histoire du son !

C’est une passionnante visite qu’a effectuée mardi 25 avril un groupe de 9ème Histoire au Phono Museum installé dans un ancien bâtiment d’EDF au 53, boulevard Rochechouart.

Son fondateur et sympathique animateur, Jalal Aro, originaire d’Alep en Syrie, a en effet créé en 2014 à cet endroit, à proximité de Pigalle, un musée du son enregistré qui renferme, tel la caverne d’Ali Baba, les trésors que sont ces dizaines de machines parlantes, boites à musique, et autres phonographes. Il a en effet accumulé au cours des années presque tous les types de supports d’enregistrement, souvent très anciens, qu’il nous présente à cette occasion.

Intérieur_Sombre.jpg

Notre guide d’un jour nous accueille en évoquant d’abord la mémoire d’Édouard Léon Scott de Martinville, véritable inventeur sous Napoléon III, en 1857 (soit vingt ans avant l’américain Edison !), du premier appareil de reproduction, le Phonautographe, qui pour la première fois permettait de reproduire la voix humaine sur une feuille de papier enroulée autour d’un cylindre. Les américains allaient d’ailleurs réussir en 2008 à reproduire le procédé avec le chant d’Au clair de la lune enregistré en 1860 !

Bien qu’aidé par la Société d’Encouragement de l’Industrie Nationale, l’inventeur ne fera jamais fortune… Une exposition lui est consacrée jusqu’au 29 avril à la Médiathèque musicale de Paris à la Porte Saint-Eustache aux Halles, à l’occasion du bicentenaire de sa naissance.

Jalal Aro évoque ensuite le souvenir de Charles Cros, (nom qu’il faut prononcer croce, parait-il …) autre personnage devenu célèbre, qui allait inventer (en même temps qu’Edison, en 1877) le Paléophone, sorte de premier phonographe permettant une lecture mécanique en gravant des sons sur du métal. Il avait en effet créé cet appareil pour sauvegarder les chansons de ses amis artistes du Chat noir et autres cabarets à la mode qu’il fréquentait dans le quartier. Notre conférencier nous révèle également que Charles Cros n’avait pas déposé de brevet mais s’était contenté de faire connaître son invention dans des plis cachetés publiés notamment dans La Semaine du clergé !

Si Cros et Edison n’eurent jamais de relations directes, ce dernier était au courant de ce qu’imaginait Charles Cros par ses agents en Europe chargés de lire la presse sur ces sujets…

C’est l’Exposition Universelle de 1889 qui allait vraiment faire connaitre au monde ces nouveaux supports mais également les forains qui allaient introduire ces machines dans leurs manèges.

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A Paris, le Théâtre de la Science qui se trouvait dans ce qui fut l’ancien musée Fragonard, boulevard des Capucines, a popularisé ces outils nouveaux. D’ailleurs dans tout le quartier de l’Opéra étaient concentrés au début du XXe siècle les vendeurs des différents modèles de diffuseurs de sons.

Jalal Aro nous fait alors écouter sur un appareil mécanique datant de 1904 fonctionnant avec un cylindre tournant grâce à une manivelle et sur lequel est gravée la chanson, un des premiers « tubes » de l’époque : Viens poupoule !

Phonomuseum machine parlante.jpg   Phonomuseum table bistrot musicale.jpg
Machine parlante                                                                                        Table de bistrot musicale

Le terme de « tube » encore utilisé aujourd’hui par extension de sens pour désigner un succès, est d’ailleurs lié à ce cylindre, qu’on appelait aussi tube, qui permettait d’enregistrer des chansons d’environ 2 mn 30 ! Mais beaucoup d’artistes de l’époque préféraient chanter en direct et se produire en public et n’ont donc jamais enregistré …

Notre guide allait alors s’attarder sur un certain nombre d’appareils tous aussi étonnants les uns que les autres comme ce superbe meuble 1880 avec sa façade en bois sculptée, grande boite à musique en réalité, qui permettait en découvrant ou non ses différents couvercles, de varier l’intensité du son ou cette curieuse table de bistrot musicale (avec sa manivelle) de 1912 !

Pathefone_2.jpg         Pathéfone_1.jpg
Pathéphone

Il nous montre ensuite le Pathéphone d’Emile Pathé (frère de Charles qui fera carrière dans le cinéma) modèle de 1910, avec son pavillon acoustique qui fonctionnait lui avec des disques reproduisant les « voix éteintes », comme on disait alors pour évoquer des enregistrements d’artistes. Jalal Aro nous fait aussi entendre un de ces nombreux disques surprise de l’époque où la musique servait à introduire une publicité déclamée!

Tous ces appareils pouvaient souvent être achetés dans les Grands Magasins Dufayel de la rue de Clignancourt toute proche, qui resteront ouverts de 1856 à 1930.

Autre objet étrange, l’impressionnant Fontanophone avec double pavillon et double aiguille qui par le léger décalage de la musique produit créait déjà une sorte d’effet stéréo ! Ce modèle était d’ailleurs plutôt destiné à sonoriser les salles de bals.

Fontanophone_2.jpg

A noter que tous ces appareils ont pris souvent des noms dérivés du nom des inventeurs eux-mêmes.

Jalal Aro allait enfin nous faire entendre des enregistrements anciens sur appareils d’époque dont il détient une belle collection, comme un des premiers succès de Charles Trenet, de Maurice Chevalier chantant avec son anglais mâtiné d’accent parigot (!) ou encore d’Edith Piaf accompagnée par les Compagnons de la Chanson dans Les Trois Cloches

Après de nombreuses questions posées encore à notre intarissable guide et après avoir admiré les nombreuses affiches et objets de collection ramenés des quatre coins du monde, il était temps de quitter ce lieu un peu magique.

Tout à côté, rue Lallier, est ouvert depuis 2004 La Phonogalerie, un espace dédié à l’achat, la vente, la réparation et la location de machines parlantes et documents sonores et papiers (beaucoup ont d’ailleurs été utilisés dans des films comme La Môme d’Olivier Dahan en 2007 ou Midnight in Paris de Woody Allen en 2011).

Nul doute qu’un deuxième groupe de 9ème Histoire pourra à son tour venir profiter des merveilles de ce Phono Muséum un peu unique en son genre en juin prochain!
 

Pour aider ce musée original mais pas forcément très connu (et qui a faillli fermer en 2016) vous pouvez  l'accompagner en faisant un don à l'association "Phonoplanète" en vous rendant sur leur site ci-dessous.

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Le Phono Muséum
53 Boulevard de Rochechouart

Ouvert du jeudi au dimanche de 14 h à 18 h (tarif : 10 €)

Emmanuel FOUQUET

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