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© F. Robert 2007 - © 9e Histoire 2008 - 2014

LA CITE DE TREVISE

Les habitants du 9e connaissent bien la cité de Trévise, endroit calme et verdoyant doté d’une ravissante fontaine néo-renaissance qui apporte de la fraîcheur en été et bordé de belles façades (par exemple les n° 2, 8 et 9).

Le calme, c’était déjà l’argument de vente employés par les promoteurs du projet en 1840 : « …quoique bâtie dans le quartier le plus fréquenté et par conséquent le plus bruyant de Paris, la cité Trévise offre, au milieu du bruit des affaires et des plaisirs, une retraite agréable aux personnes amies du calme et de la tranquillité. Des concierges en livrée et des gardiens de nuit sont chargés de l’entretien et de la surveillance. Tout, en un mot, a été ordonné et prévu pour faire de cette nouvelle cité l’une des plus coquettes et des plus confortables habitations de la capitale… A quelques pas des boulevards, au centre des hôtels, de nos principales maisons de banque et du haut commerce, cette magnifique cité établit une communication directe entre le nouveau et riche quartier de la Boule-Rouge et le faubourg Poissonnière… »

Plan.png

Elle porte le nom du Maréchal Mortier, duc de Trévise, dont la demeure était proche. En effet, tout le secteur avait été auparavant loti d’hôtels entre cour et jardin, sur des terrains mal famés en partie marécageux. Le projet fut conduit par l’architecte Moll et financé par des banquiers (Pagny notamment).

A l’origine, la cité à l’instar d’autres dans Paris comme la cité Malesherbes, était fermée par des grilles sur la rue Richer et la rue Bleue.

Elle attira tout de suite des gens célèbres : Alexandre Dumas a vécu quelques temps au 3 et au numéro 1, une jolie plaque ancienne évoque Anatole de la Forge, personnage méconnu et pourtant extraordinaire.

Né le 1er avril 1821 à l'emplacement de ce qui deviendra le 1, Cité Trévise, il débuta dans la diplomatie d’abord à Florence, puis à Turin et Madrid où il fut chargé de mission, ce qui lui valût la croix de chevalier de la Légion d’Honneur. En 1848, il se tourne vers le journalisme et devient l’un des principaux rédacteurs du « Siècle ».

Nommé préfet de l’Aisne après septembre 1870, il y organise la résistance contre les troupes allemandes et mérite le nom de « défenseur de St Quentin ».

Au Père-Lachaise, sa sépulture porte l’inscription « A la mémoire d’Anatole de la Forge, le vaillant défenseur de St Quentin, le fidèle défenseur de la démocratie ».

Candidat républicain en 1881, il est élu sénateur dans le 9en remplacement d’Emile de Girardin et vote, le plus souvent avec les radicaux, pour la liberté de presse et de réunion. Partisan de la création d’une mairie de Paris, il refuse en 1884 d’assister à Versailles aux séances du Congrès au moment d’une révision de la Constitution.

C’est lui qui prend l’initiative de la motion tendant à déposer le corps de Victor Hugo au Panthéon et qui vote contre la politique coloniale et le rejet des crédits au Tonkin. Opposant farouche au Général Boulanger, il écrit de nombreux articles aussi divers que « L’instruction publique en Espagne » et « Lettres à Mgr Dupanloup à propos de la Pologne »

Un personnage intéressant à qui Paris a donné une rue… mais dans le 17e arrondissement !

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L’épée a disparu pendant la tempête de 1999 !

Beaucoup de juifs allemands de l’Empire se sont installés cité de Trévise. C’est le cas, au numéro 3, de Max Aub (1903-1972). Né à Paris, il est chassé avec ses parents au moment de la grande guerre en tant qu’allemand. Il se réfugie en Espagne, devient écrivain de langue espagnole et critique littéraire. Ami de Malraux, poursuivi au moment de la guerre d’Espagne, réfugié en France, arrêté et emprisonné, il finira sa vie au Mexique. Il aura compté quatre nationalités : allemande, française, espagnole et enfin mexicaine !

Evelyne Bloch-Dano, auteur d’une belle biographie de la mère de Marcel Proust, née Weil, rapporte qu’il existait cité Trévise un cours pour jeunes filles issues de la bourgeoisie israélite ouvert par David Levi Alvarès, cours que fréquentait la future Madame Proust.

Fabienne Servan-Schreiber, dans son documentaire télévisé sur sa famille, indique également que les premiers « Schreiber » venant d’Allemagne et fondateurs du journal « Les Echos », s’installèrent aussi cité Trévise.

Le temps a passé, la fontaine gazouille encore – de temps à autre - sur la petite place de la cité de Trévise. Les concierges en livrée ont disparu depuis longtemps, laissant le champ libre aux voitures en stationnement, aux vélos accrochés aux grilles du square! Autres temps, autres mœurs, mais le charme de cet ensemble demeure très présent.

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Françoise ROBERT

© F. Robert 2007 - © 9e Histoire 2008 - 2014


Catégorie : - Articles-Balades dans le 9e
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Personnages figurant sur le socle de la statue de Gavarni place St Georges
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