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© E. Fouquet © 9e Histoire - 2014


L’HÔTEL CROMOT DU BOURG
 

Une première maison est construite  en 1735 au milieu de jardins maraichers pour le jardinier du roi Louis XV, Gallerand, à la hauteur aujourd’hui du 9 rue Cadet.

Elle est achetée en 1754 par Boudrey, Commis aux finances, qui entreprend des travaux d’agrandissement, puis vendue à Jules-David Cromot de Fougy , baron Du Bourg (1762-1786), premier Commis aux finances et conseiller de Louis XVI, intendant de Monsieur (futur Louis XVIII), qui acquiert un grand terrain attenant pour en faire un jardin.

Il  aménage l’hôtel avec le concours de l’architecte Chalgrin (en décorant notamment le grand appartement du premier étage cour) et en créant l’aile sur la rue Cadet. La veuve de Cromot le découpe en plusieurs lots locatifs au début du  XIXe.

 En 1815 y habitèrent ainsi André et Cottier, les financiers du nouveau quartier Poissonnière. Plus tard, l’un de ces lots est acheté par la famille Duthuit, famille de riches collectionneurs.

L'hôtel Cromot du Bourg doit sa célébrité à Camille Pleyel (lui-même pianiste) qui y logea (à la suite d’un marchand de farine !) et donna là des concerts dans  ses salons du premier étage entre 1830 et 1838. Son père Ignace, compositeur et élève de Haydn, avait en effet  créé en 1808  sa manufacture de pianos, installée d’abord 8 boulevard Bonne-Nouvelle, puis 13 rue de la Grange-Batelière. 

Chopin, dont il était l’ami, donna là son premier concert public parisien le 25 février 1832, à 22 ans. Il joua à cette occasion avec 4 autres solistes « La Polonaise pour six pianos » de et avec Kalkebrener. Le lieu, où chanta aussi La Malibran, connut alors un grand engouement par les récitals  qui y furent donnés. Chopin restera fidèle à Camille Pleyel jusqu’au bout. « Quand je me sens en verve et assez fort pour trouver mon propre son à moi, il me faut un piano de Pleyel », disait-il.

En 1838,  furent ouverts au 22 rue Rochechouart, de plus grands salons, et surtout une grande salle avec une capacité totale de 550 places, où Chopin donna devant la famille royale (une semaine avant la révolution) son dernier concert le 16 février 1848, (et non à l’hôtel Cromot du Bourg comme c’est écrit souvent !).

La manufacture réunissait à cette époque plus de 300 ouvriers et produisait 1.400 pianos par an. Les locaux Rochechouart brûleront en 1851 et seront démolis en 1926 pour laisser la place en 1970 au centre Valeyre. La marque Pleyel allait finalement disparaitre en 2013.

L’hôtel de la rue Cadet, aujourd’hui dégradé, se caractérise par l’harmonie de ses proportions. L’ornementation de la façade reste discrète avec deux niveaux de baies et une corniche à modillons. Dans la cour pavée, l’aile  gauche se  distingue par ses hautes fenêtres cintrées au premier étage. On accède à celui-ci depuis le vestibule par un grand escalier de pierre à rampe en fer forgé style Louis XV. Celui-ci est classé depuis1987, comme les salons Louis XV qui se succèdent en enfilade : L’antichambre (40m2),  le grand salon (60m2) et le petit salon (35m2), inaccessibles au public, sont restés totalement en l’état. Une centaine de personnes pouvaient y tenir tout au plus.

On voit encore les dessus peints des portes représentant Vénus et des amours, ainsi que les corniches décorées de motifs sculptés inspirés des Fables de La Fontaine.  

Au cours du XIXe et XXe siècle, l’hôtel va connaitre plusieurs activités dans ses différents locaux en location, liées aussi à l’évolution du quartier : Des voitures de messageries d’Alexis Robert de 1823 à 1851,  à l’Imprimerie Nouvelle (1881-1894) en passant par les photographes Berthaud installés dans les ateliers en surélévation (1855-1900), puis par le « Studio d’art industriel Chevojon» (1903-1997) spécialisé dans la photo d’architecture.

Auguste Duthuit, collectionneur d’art, cède  à la Ville de Paris à sa mort en 1902, l’immeuble et ses collections.

Pendant près d’un siècle (1919-2010) le Syndicat professionnel des Négociants en Perles et Pierres précieuses y eut son siège et a occupé les salons du premier étage jusqu‘en 1983.

Au deuxième étage sur rue, le Centre de Documentation sur la Diaspora Arménienne (CRDA) avait des bureaux de 1983 à 2013.

Depuis 2004 la Commission du Vieux Paris a installé son siège dans les étages de l’aile sur cour, avant de quitter les lieux prochainement.

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© E. Fouquet © 9e Histoire - 2014


Catégorie : - Architecture
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