En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés. Mentions légales.
 
 
 
 

Bison Ravi

 © 9ème Histoire - 2020

 


B9722825191Z.1_20200306140827_000+GIMFLSF4B.1-0.jpg
Boris Vian - © Le Soir Bruxelles.
 


À la recherche de Bison Ravi …
 


À l’occasion du 100e anniversaire de la naissance de Boris Vian, s’est tenue à la mairie du 9e, jeudi 15 octobre, une conférence assez insolite, d’abord par l’inscription préalable, le port du masque et la distanciation physique imposés aux auditeurs du fait de la pandémie, mais aussi par son sujet même traitant d’un artiste inclassable ayant utilisé souvent pour pseudonyme (ce ne sera pas le seul !) l’anagramme de son nom : Bison Ravi pour Boris Vian.
 


47522805021_fe441952a5_z.jpg    anatomiedubison.jpg
                                         Christelle Gonzalo et François Roulmann  -  © ActuaLitté CCBYSA 2.0                                                           Anatomie du Bizon de Ch. Gonzalo & F. Roulmann - Editions des Cendres
 


François Roulmann et Christelle Gonzalo, libraires spécialisés dans le Marais et auteurs d’un ouvrage richement documenté, Anatomie du Bison aux Éditions des Cendres récompensé cette année par le jury de l’Académie du Jazz. ont pu démontrer brillamment lors de leur intervention à deux voix, à quel point nous avions affaire là à un véritable « cas d’école ».

Adoptant une présentation chronologique, nos intervenants commencent par nous dire que le jeune Boris, prénommé ainsi en raison de l’admiration de sa mère pour Boris Godounov (la musique déjà !), était issu d’une famille de la grande bourgeoisie, un de ses grands-pères ayant fait fortune dans le pétrole et l’autre dans la ferronnerie d’art avec pour résidence l’hôtel Salé (qui hébergea d’abord l’École Centrale au XIXe siècle puis deviendra le musée Picasso après son rachat par la Ville de Paris en 1964). C’est pourtant à Ville d’Avray, villa des Fauvettes, où son père, rentier, avait finalement installé cette famille de quatre enfants, que le fils cadet va faire ses premiers pas après sa naissance le 10 mars 1920. Cependant des revers de fortune au moment du krach de 1929 feront que toute la famille sera obligée d’aller habiter un temps dans la maison du gardien … La maison est alors louée aux Menuhin et Boris jouera ici avec le très jeune Yehudi !  
 



Les enfants Vian à Ville d'Avray - (Boris se trouve à droite) - © Cohérie B. Vian
 

La scolarité du petit Boris se révèle assez chaotique en raison déjà d’une grande fragilité physique liée à un problème d’aorte, ce qui ne l’empêche pas de passer ses deux bacs au lycée Hoche de Versailles avant de rejoindre le lycée Condorcet, dans le 9e arrondissement, pour entrer en classe préparatoire.  C’est, dès 1937, que profitant de ses allers-retours gare Saint-Lazare, et jouant de la trompette depuis l’âge de 14 ans dans un petit groupe, l’Accord jazz, constitué avec ses frères, qu’il va adhérer au Hot club de France de la rue Chaptal.

Il est admis ensuite à l’École Centrale qui va déménager un temps à Angoulême au moment de la débâcle de 1939 ; peu passionné par ses études, il se consacre plutôt à l’écriture de poèmes mais il obtient néanmoins son diplôme en 1942. Entre-temps, sa famille s’était exilée à Cap Breton et c’est là qu’il rencontrera Michèle Léglise, sa future femme avec qui il se mariera à l’église Saint-Vincent de Paul en 1941. Le couple va alors habiter, pendant près de dix ans, aux confins du 9e, en face du lycée Lamartine, au 98, rue du Faubourg-Poissonnière, et c’est là que naîtra leur fils Patrick.