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© A. Boutillon © 9e Histoire 2012-2014

LA RUE D’AMSTERDAM

UN PONT ENTRE DEUX ARRONDISSEMENTS

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Jusqu’à l’annexion des communes limitrophes et la restructuration de Paris en vingt arrondissements, la rue d’Amsterdam, de même que les rues la faisant communiquer avec la rue de Clichy, appartenait au quartier du Roule, dans le 1er arrondissement. Ce n’est donc qu’à partir de 1860 qu’elle sera partagée entre le quartier Saint-Georges, dans le 9e, et le quartier de l’Europe, dans le 8e.

De Tivoli au Quartier de l’Europe

Au milieu du XVIIIe siècle Paris n’avait pas encore dépassé la limite du Boulevard et il suffisait de passer la rue Saint-Lazare pour se retrouver à la campagne. Cette région agreste allait attirer grands personnages et grosses fortunes, qui s’y feraient bâtir des demeures somptueuses, nichées au milieu d’immenses jardins remplis de feuillage, d’où le nom qu’on leur donnera de folies.

C’est en 1770 que Simon-Charles Boutin, le richissime trésorier général de la Marine, s’était fait aménager la sienne. C’était une splendide propriété, qui s’étendait sur les premiers contreforts de Montmartre, et dont l’entrée principale se trouvait au début de la rue de Clichy.

Les superbes jardins qui entourent la maison, dessinés par le maître des lieux, et qu’il a baptisés Tivoli, en référence aux jardins de la Villa d’Este, à Rome, font l’admiration des contemporains. Ils seront ouverts au public, mais à un public trié sur le volet qui ne peut y « entrer que par billet » ; plus tard, ils seront accessibles aux Parisiens les jeudis, dimanches et jours de fête.

Mais Boutin n’aura pas de chance : il mourra guillotiné en juillet 1794, cinq jours avant le 9 thermidor. Son Tivoli sera mis sous séquestre, avant d’être transformé en un parc d’attractions qui brillera de mille feux pendant trois décennies, jusqu’à ce soir de juin 1825, où, après une ultime fête en l’honneur du sacre de Charles X, il fermera ses portes.

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Les propriétaires, en effet, ont cédé aux sirènes d’un spéculateur : les héritiers de Boutin, qui avaient réussi à récupérer leurs droits sur le domaine, l’ont vendu au banquier suédois Jonas Hagerman (1) ; celui-ci va le lotir, dans le cadre d’une opération de grande envergure visant à créer, avec l’entrepreneur Sylvain Mignon (2), le « nouveau quartier de l’Europe ».

Cet ambitieux programme d’urbanisation prévoit l’ouverture d’une bonne vingtaine de rues à travers la plaine des Errancis (3), vaste territoire s’étendant de la rue Saint-Lazare au mur des Fermiers généraux et de la rue de Clichy à la rue du Rocher.

La démolition de Tivoli ne va pas traîner, et les premières rues seront percées à son emplacement dès 1826. Le projet prévoit de leur donner le nom des capitales et des grandes villes européennes. Néanmoins, si la rue de Londres reçoit aussitôt le nom de la capitale du Royaume-Uni, la rue de Tivoli, elle, devra attendre 1881 pour devenir la rue d’Athènes. Quant à la rue de Budapest, ce sera d’abord un passage, ouvert par plusieurs entrepreneurs sous le nom de passage Navarin (4) avant d’être rebaptisé de Tivoli ; ce n’est qu’à partir de 1910 que l’ancien passage prendra le nom de rue de Budapest.

La rue d’Amsterdam

C’est sur la partie la plus occidentale des jardins de Tivoli que sera percé le premier tronçon de la rue d’Amsterdam. Il n’est pas bien long, puisqu’il consiste alors en deux impasses prenant naissance de part et d’autre du carrefour Londres/Tivoli : la partie nord mesure 141 mètres et la partie sud une centaine, s’arrêtant 109 mètres avant la rue Saint-Lazare. Ces deux tronçons seront prolongés à partir de 1843 : au nord jusqu’à l’actuelle rue de Parme, puis jusqu’au chemin de ronde, et au sud jusqu’à la rue Saint-Lazare, pour dégager les abords de lembarcadère de l’Ouest, qui deviendra la gare Saint-Lazare.

La Gare Saint-Lazare

En 1835, une loi autorise la fondation d’un chemin de fer entre la capitale et Saint-Germain-en-Laye pour le transport des voyageurs. Jusque-là, la voie ferrée n’avait servi qu’à transporter du charbon et des marchandises. À l’origine du projet il y a les frères Émile et Isaac Pereire. Deux ans plus tard, l’embarcadère de l’Ouest est construit place de l’Europe et peut accueillir ses premiers voyageurs. Ce n’est alors qu’une structure provisoire, en bois, située sous la place de l’Europe.

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Le premier train part le 26 août 1837, en direction du Pecq, car, pour des raisons techniques, il ne peut pas encore gravir la pente qui conduit à Saint-Germain. C’est la reine Marie-Amélie, accompagnée de ses filles Adélaïde et Clémentine, qui fait le voyage inaugural, le Conseil des ministres s’étant opposé à ce que le roi Louis-Philippe risque sa vie ! L’écrivain Maxime du Camp rapporte que le trajet dura vingt-cinq minutes et que personne ne s’enrhuma sous les tunnels. Et il conclut par cette profession de foi : « Et l’on put croire qu’un voyage en chemin de fer n’était pas nécessairement mortel ».

En 1841, une deuxième gare provisoire, en maçonnerie, cette fois, est édifiée rue de Stockholm, juste devant la place de l'Europe, à cheval sur les voies. Mais, dès 1843, avec la création de la liaison Paris-Rouen, l’embarcadère de la place de l’Europe ne suffit plus. La gare est alors agrandie vers la rue Saint-Lazare (5).

La construction d’immeubles le long de cette nouvelle portion de la rue d’Amsterdam commence aussitôt. Du côté impair, les numéros de 1 à 29 sont propriété de la Société anonyme du Chemin de Fer de Saint- Germain (aussi dénommée Compagnie de Saint-Germain).

Au 5 emménagent, à partir de 1846, les frères Pereire. C’est un petit hôtel, qu’ils louent à la compagnie du chemin de fer ; ils installent leurs bureaux au rez-de-chaussée et habitent dans les étages avec leurs familles respectives, Emile au premier et Isaac au second. Les deux familles ont toujours cohabité ; de 1830 à 1843 elles ont des adresses dans le futur 9e arrondissement : 26, rue de Montholon et 16, rue de Tivoli. Ils quitteront la rue d’Amsterdam en 1858 pour le somptueux hôtel qu’ils ont fait aménager rue du faubourg Saint-Honoré.

La demeure des Pereire disparaîtra, tout comme les autres immeubles jusqu’au 17, au profit des bâtiments de la nouvelle gare. Le 17 bis semble être l’ancien 19, où l’on trouvait encore, en 1909, le bureau 118 des PTT ; primitivement installé 30, rue de Londres, sous le numéro 18, il avait été transféré ici en 1868, avant de déménager à nouveau, en 1920, au 15, dans les bâtiments de la gare.

Le grand immeuble qui porte le numéro 2, à l’angle de la rue Saint-Lazare, occupe un emplacement

provenant de l’ancien majorat (6) du second duc de Rovigo, Marie Napoléon Savary, le fils du ministre de la Police de Napoléon. Dans les toutes premières années du XXe siècle il hébergeait différentes entreprises, avant d’être annexé par le Grand Hôtel de Normandie ; on y trouvait, installé au rez-de-chaussée et à l’entresol, le restaurant Blottier, « de premier ordre » d’après Baedeker. Il sera remplacé plus tard par la Brasserie Davène, à laquelle succédera le Café Biard ; celui était encore là en 1970.

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C’est au 4, qui lui sert toujours d’entrée, que le Grand Hôtel de Normandie avait d’abord ouvert. Même si ses fenêtres ont, depuis, été dotées de garde-corps années trente, il ne paraît pas avoir été reconstruit depuis le milieu du XIXe siècle, où il possédait déjà des appartements garnis. C’est ici qu’aurait logé, en 1871, le général Napoléon La Cécilia, du temps où il commandait l’armée de la Commune sur la Rive gauche et où il se battait sur les barricades pendant la Semaine sanglante.

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Le 6 est sans doute aussi une construction de la fin des années 1840, bien qu’il ait été passablement défiguré au XXe siècle. Lui faisant suite, construit en 1862, il y avait, sous le numéro 8, un hangar servant de station et de remise pour un grand nombre de voitures, avec, dans le soubassement, une écurie pouvant contenir vingt-six chevaux ; en 1887 un magasin a remplacé la remise à voitures. Au numéro 10, encore un hangar à usage de station pour voitures de remise, surmonté ici d’un premier étage avec façade vitrée sur rue, où étaient installées des salles d’estaminet. En 1876 la station est remplacée par un magasin, qui fusionnera vers la fin du siècle avec celui du numéro 8 pour devenir le Grand Bazar de l’Ouest et d’Amsterdam. Ce magasin, où l’on trouvait de tout, subsistera jusque dans nos années soixante-dix; le bâtiment qu’il occupait, de même que l’immeuble numéro 12 lui faisant suite, a été démoli et le tout fâcheusement remplacé par une construction basse à deux étages entièrement vitrés.

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8-10-12 : Le Grand Bazar de l’Ouest et d’Amsterdam

Dans les années trente était installé au 14 le siège de La Basoche, amicale des clercs de notaires et d’avoués de France et d’Algérie, de même que celui de leur organe, la Revue Nouvelle de Notariat et de Procédure.

Au rez-de-chaussée du 16 il y avait un bar, dénommé A la Ville du Havre. Le Grand Hôtel du Havre, au 18, existait déjà au début du XXsiècle, de même que l’Hôtel du Calvados qui lui fait suite.

Le 22 a commencé par être un immeuble de rapport, mais il sera rapidement transformé en hôtel garni, statut qu’il a conservé jusqu’à nos jours, sous le nom d’hôtel de Dieppe. C’est là que s’installera, en juillet 1859, Charles Baudelaire. Il y restera jusqu’en avril 1864, avec une interruption de quelques mois, au cours desquels il résidera à Neuilly avec Jeanne Duval, son ancienne maîtresse. C’est ici qu’il a écrit Les Paradis artificiels et traduit Edgar Allan Poe. Le 27 avril 1864 il quitte définitivement cet hôtel pour Bruxelles.

Le 24 a été réuni, en 1854, à l’immeuble numéro 15 du passage Tivoli. Alphonse Daudet y aurait fait un séjour de quelques mois, en 1861, avec Marie Rieu, sa maîtresse. L’immeuble sera plus tard transformé en hôtel garni sous le nom d’English Hotel. L’humoriste Alphonse Allais y séjournera quelque temps, et c’est là qu’il mourra, le 28 octobre 1905, d’un coup d’apoplexie. Au rez-de-chaussée avait été aménagé un restaurant dans le style taverne anglaise, l’Adler Tavern. L’English Hotel est aujourd’hui l’Hôtel Britannia.

Un hôtel, encore, au 26, l’Austin’s Railway, où Verlaine fera un court séjour en 1885. Son bar, l’Austin’s Fox Bar, avait lui aussi tout d’un pub anglais ; Huysmans, dans A Rebours, nous décrit une longue salle, divisée en compartiments semblables aux boxes d’une écurie, ce qui n’est guère étonnant, sachant que le restaurant était fréquenté par des jockeys et des entraîneurs venus à Paris pour les courses. On y verra, après 1886, les collaborateurs de la revue littéraire La Vogue. Guillaume Apollinaire, qui faisait régulièrement des allers et retours entre Paris et Le Vésinet, où il habitait avec sa mère, y fera la connaissance de Pablo Picasso en 1904.

En 1886 on décide, en vue du dégagement des abords de la gare Saint-Lazare, d’établir une nouvelle place à l’angle des rues d’Amsterdam et de Londres. On amputera pour cela la rue d’Amsterdam, tout comme le passage Tivoli lui correspondant, des cinq derniers immeubles avant la rue de Londres. C’est ainsi que disparaîtront, sur la rue d’Amsterdam, les numéros 28, 30, 32, 34 et 36 (c’est au niveau de ce dernier que s’élevaient les deux arcades délimitant le passage au nord). Cette place recevra, en 1904, le nom de la capitale de la Hongrie, tout comme, six ans plus tard, l’ancien passage Tivoli, qui devient rue de Budapest.

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La place de Budapest. A gauche, au 17 bis, le bureau de poste 118 autour de 1900

La rue de Londres a été bordée, dès l’origine, d’élégants immeubles, habités par des aristocrates et de grands bourgeois. Malheureusement, les plus beaux de ces hôtels ont aujourd’hui disparu, remplacés, du 23 au 29, par un énorme bâtiment débouchant sur la place de Budapest. Au 25 demeuraient le comte et la comtesse Robert de Pourtalès (7) ; le 27 était la résidence parisienne du banquier genevois Jean-Gabriel Eynard et de sa femme, Anna Eynard-Lullin, dont Horace Vernet a fait le portrait en 1831 ; le 29 était le domicile de James Odier, autre banquier. La rue se poursuit dans le 8e jusqu’à la place de l’Europe.

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En face de la rue d’Athènes, ex-rue de Tivolil’impasse d'Amsterdam est un reliquat de la rue de Stockholm, créée en 1831 en vertu d’une ordonnance royale autorisant Hagerman et les héritiers de Sylvain Mignon à ouvrir, sur des terrains leur appartenant, une rue « dans le nouveau quartier de Tivoli », reliant le carrefour constitué par les rues de Londres, de Tivoli et d’Amsterdam au point de rencontre des rues de Vienne, du Rocher et de la Bienfaisance. Cette rue mesurait à l’origine 377 mètres, mais, absorbée en grande partie par l’agrandissement de la gare Saint-Lazare en 1859, il n’en reste plus que le souvenir, sur 75 mètres, entre la rue de Rome et la rue du Rocher.

La façade du 29 est assez jolie, avec ses pilastres plats surmontés de têtes. Le 33, construit en 1864, offre au regard des passants sa belle façade abondamment ornée de sculptures ; au niveau de l’entresol, deux figures, mi-humaines, mi-marines, émergeant d’un entrelacs de roseaux, soutiennent le balcon filant du bel étage, de part et d’autre de la haute porte d’entrée. Au 37 a vécu Maurice Ordonneau (1854-1916), prolifique auteur d’opérettes, opéras-bouffes, comédies et vaudevilles.

Côté pair, la numérotation reprend avec le 38, à l’angle de la rue d’Athènes ; c’est l’une des premières maisons du lotissement de Tivoli, édifiée en 1830, où a longtemps existé un café, le Comptoir d’Athènes. Au 40, la boutique de Baggi, Royal Glacier, jouxtait l’entrée du Deauville Hotel.

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41 : A gauche, la crémerie Barrière. A droite, la façade néogothique d’Androuët

Au 41 se trouvait, jusqu’à il y a une quinzaine d’années, la fromagerie Androuët. Henri Androuët avait débuté en 1909 comme colporteur chez Gervais avant de racheter ici, l’année suivante, la crémerie Barrière. Son fils Pierre reprendra l’affaire familiale au début des années 1930 ; c’est lui qui, en 1934, dessinera la façade néogothique du magasin, dont il ne reste hélas plus grand-chose, depuis le départ de la fromagerie !

Le 44 date de 1896 ; il est l’œuvre de l’architecte Lucien Viraut, à qui l’on doit aussi le Grand Hôtel de Cabourg, ainsi que plusieurs réalisations à Paris. C’est dans cet immeuble qu’est mort Théodore Duret (1838- 1927). Critique d’art, il avait été aussi journaliste politique et avait fondé, en 1868, La Tribune française. Engagé aux côtés des républicains, il avait été maire adjoint du IXarrondissement pendant le siège de Paris.

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Très lié avec Edouard Manet, qui fera son portrait en 1868, et dont il sera l’exécuteur testamentaire, il consacrera au peintre en 1902 un ouvrage biographique sous le titre « Histoire de Edouard Manet et de son œuvre ».

La rue de Milan a été ouverte par Hagerman en 1831 sans autorisation. Ce n’est qu’en 1836 qu’une ordonnance royale entérinera son percement, à charge, pour le promoteur, de livrer gratuitement à la Ville de Paris le sol occupé par la nouvelle voie publique, d’en supporter les premiers frais de pavage et d’éclairage, d’y établir des trottoirs en pierre dure et de pourvoir à l’écoulement des eaux pluviales et ménagères.

Les trois étages du 49 étaient occupés, au début du XXe siècle, par une pension de famille, dont la publicité portait ces indications : "Résidence Internationale de Mlle Lechat pour institutrices et dames de distinction. Prix très modérés. Pension payable d’avance et par semaine".

C’est en octobre 1848, quittant Passy, où il occupait le rez-de-chaussée d’un pavillon situé au 64 de la rue Nicolo, que l’écrivain allemand Heinrich Heine (1799-1856) emménage au 50. Il va occuper, avec sa femme, Mathilde Crescence Mirat, un appartement obscur au fond de la cour. Rongé, depuis 1845, par une maladie neurologique dégénérative, il est déjà complètement paralysé. En 1854 il déménage 3, rue Matignon. C’est là qu’il s’éteindra, le 17 février 1856, après une longue agonie. Il avait demandé par testament que son corps ne soit pas autopsié, « mais comme ma maladie ressemble souvent à un cas cataleptique, je crois qu’on doit prendre la précaution de m’ouvrir une veine avant mon enterrement ». En 1846, en effet, on l’avait déclaré mort au cours d’une de ses crises (8).

C’est sous le nom de rue de Berlin, sur des terrains appartenant à Hagerman et Mignon, qu’est ouverte, en 1826, la rue de Liège ; d’abord impasse débouchant place de l’Europe, elle sera prolongée en 1830 jusqu’à la rue d’Amsterdam et en 1841 jusqu’à la rue de Clichy, absorbant, dans cette dernière partie, une voie privée, le passage Grammont. La guerre de 14-18 avec l’Allemagne vaudra à la rue de Berlin d’être débaptisée.

En 1929 un immeuble moderne a remplacé, au 55, une grande et belle propriété, bâtie en 1858. L’hôtel était constitué d’un grand corps de logis, avec un avant-corps à chaque angle, que des terrasses réunissaient sur la rue. A l’arrière il y avait un jardin ; une deuxième cour, couverte d’une immense verrière, précédait un second bâtiment, dévolu aux communs. L’intérieur était richement décoré. Il était habité, en 1887, par l’éditeur Paul Ollendorff et en 1910 on y trouvait la veuve du général Clinchant (9)

Le 59 est à l’emplacement d’un vaste chantier de bois. Edifié en 1860 à l’angle de la rue de Hambourg, sa façade sur cette rue est ornée, du deuxième au quatrième étages, de trois beaux médaillons sculptés contenant chacun un buste en haut relief représentant des personnages, un homme, une femme et une jeune fille, vêtus à la romaine.

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59 : Trois médaillons sur la rue de Bucarest

Commencée en 1826 et achevée en 1835, la rue de Hambourg reliait à l’origine la rue d’Amsterdam à la rue Valois-du-Roule, l’actuelle rue de Monceau. L’aménagement de la gare Saint-Lazare, cependant, la scindera en deux parties : au-delà de la rue de Rome, elle deviendra, en 1864, la rue de Naples, tandis que, dans le voisinage de la rue d’Amsterdam, c’est, depuis 1922, la rue de Bucarest (10).

A l’autre angle, le ministère de l’Instruction publique fait construire, dans les années 1880, sous les numéros 61 et 63, un établissement scolaire. C’est d’abord le collège Fontanes, niveau primaire du lycée Condorcet, que fréquenteront les frères Elie et Daniel Halévy (11) et le futur peintre Jacques-Emile Blanche. Il deviendra par la suite le collège Condorcet, bien que désigné couramment sous le nom de Petit Lycée Condorcet.

Le 65 était nouvellement construit quand est venu s’y installer le sculpteur Henri de Triqueti (1804-1874) ; c’est là qu’il mourra, le 11 mai 1874. On lui doit, entre autres, les portes en bronze de l'église de la Madeleine, le cénotaphe du Prince Ferdinand-Philippe d'Orléans à l'église Notre-Dame-de-la-Compassion, à Paris, ainsi que la décoration de la chapelle du Prince Albert au château de Windsor. 

Le 66, superbe propriété entre cour et jardin, avait appartenu, depuis 1860, à la veuve du conseiller d’Etat Gustave-Alfred Montaud. Elle la léguera à sa fille, la marquise de Louvencourt, dont le peintre anversois Gustave Wappers nous a laissé un très beau portrait.

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Le 8 mars 1911 on pouvait lire ceci dans Le Petit Parisien : « M. Cafard (sic), propriétaire d’un immeuble situé 70, rue d'Amsterdam, demandait hier 10.000 francs de dommages et intérêts à l'établissement du Skating-Palace, situé au 72 de cette même rue. Le bruit des patins rend, paraît-il, la vie insupportable à ses locataires, dont plusieurs menacent de faire résilier leurs baux ». Le journal aurait-il interverti les numéros des immeubles ? En effet, dans les annuaires téléphoniques des années 1910, 1911 et 1912, c’est sous le numéro 70 que l’on trouve le Skating Palace, établissement de patinage construit sans doute fin 1909, qui servait aussi à l’occasion de salle de bal : c’est là qu’eut lieu, en 1910, sur le thème du Moyen Age, le Bal des Quat’zarts.

Sous ce même numéro 70 on trouvait, depuis 1869, et encore en 1901, la demeure de la famille Monthiers, bel hôtel précédé d’une vaste cour et entouré d’un grand jardin. Bien que rien n’indique qu’un atelier y ait été construit, c’est aussi à cette adresse que certains situent celui du peintre suédois Georg von Rosen, sous- loué à Edouard Manet entre 1878 et 1879. C’est ici que Manet aurait peint le tableau intitulé Dans la Serre.

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Dans la Serre. Edouard Manet, 1879

Toutes les constructions du 66 au 72 d’alors disparaîtront en 1912 lors du percement d’une nouvelle rue, à l’initiative, semble-t-il, de la compagnie d’assurances La Séquanaise, puisque c’est sous ce nom que sera ouverte la rue, avant d’être rebaptisée en l’honneur du peintre Jules Lefebvre. La compagnie d’assurances y fera construire plusieurs immeubles par l’architecte Charles Lefebvre, à qui l’on doit également des réalisations aussi prestigieuses que les hôtels Claridge (propriété de La Séquanaise) et Plaza Athénée, en 1912, ou les Arcades des Champs Elysées en 1926, ainsi que de nombreux autres immeubles à Paris.

Le 72 actuel est à l’emplacement de la « petite maison » où, vers 1750, le duc de Grammont avait installé Mlle Coupé, une cantatrice dont la beauté était aussi célèbre que la voix, et qui lui avait donné six enfants, pour chacun desquels le fastueux duc faisait cadeau à sa maîtresse de 100.000 livres... La grande porte cochère donne accès à un passage privé, ouvert en partie sur un terrain dépendant de la propriété de la famille Monthiers, ce qui lui vaudra son nom de Cité Monthiers. Cette voie devait, lors de son percement, en 1835, prolonger la rue de Hambourg jusqu’à la rue de Clichy, mais ce projet est resté sans suite. A l’autre bout du passage, du côté de la rue de Clichy, le théâtre de l’Œuvre a été fondé en 1893 par Aurélien Lugné, dit Lugné-Poe (1869-1940).

Le 76 est un ancien hôtel particulier, propriété, de 1862 à 1870, du comte Nicolas d’Alfaro, envoyé du gouvernement espagnol et auteur, en 1864, d’Observations sur le Système pénitentiaire.

La rue de Parme a été ouverte en 1839 sous le nom de rue Neuve-de-Clichy, à l’emplacement d’une partie de la propriété du duc de Grammont. C’est en 1849 qu’elle recevra son nom actuel. L’immeuble à son angle nord a une belle porte néo-Renaissance.

Le 77, ancien 71, appartenait depuis 1881 à la famille Chervet, par ailleurs propriétaire du Grand Bazar d’Amsterdam. De tous les immeubles de la rue, c’est celui qui a hébergé le plus grand nombre d’artistes ; il est vrai qu’en 1876 trois ateliers, auxquels viendra s’ajouter un quatrième en 1885, ont été aménagés dans la cour. C’est dans l’un de ces ateliers qu’Edouard Manet installera, de 1879 à sa mort, en 1883, son lieu de travail (12). C’était un atelier très vaste et luxueux, et les visiteurs y étaient fort nombreux L’un de ses voisins, à l’époque, était le peintre Henri-Louis Dupray (1841-1909), dont la spécialité était les scènes militaires.

En 1887 on y trouvait le sculpteur André-Joseph Allar (1845-1926) (13), ainsi que le peintre Jean-Joseph Weerts (1847-1927) (14); ils y resteront au moins jusqu’en 1909 pour le premier et 1900 pour le deuxième. Ils eurent pour voisin le peintre Georges Villain (1854-1930), domicilié par ailleurs au 50 de la rue. Quant à Louis Chalon (1866-1940), qui fut élève de Jules Lefebvre avant de se spécialiser dans l’illustration de livres et de journaux, puis dans les arts décoratifs, il y prend ses quartiers dès 1897.

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Louis Chalon: "Jeune Harpiste" & "Les Vagues"

Il y est encore en 1909, en même temps que le sculpteur Guy de Chaumont-Quitry (1852-1925) et le peintre Aimé Perret (1847-1927), spécialisé dans les scènes de la vie paysannePlus tard viendra s’y installer le Bureau de concerts Dandelot, fondé en 1896 par Arthur Dandelot (1864- 1943), et que l’on trouve encore à cette adresse en 1942 ; c’est une agence artistique, l’une des toutes premières du genre ; les plus grands artistes : Saint-Saëns, Rubinstein, Prokofiev... passeront par elle (16). C’est en tant que professeur de piano et d’orgue que l’on trouve au 85, entre les années trente et cinquante, le compositeur André Coedes-Mongin (1871-1954). 

Un bel immeuble, peut-être le premier de la rue à posséder un ascenseur, a remplacé en 1896, sous le numéro 86-88, deux petits hôtels. Emmanuel Arène (1856-1908) aurait habité ici ; député, puis sénateur, de Corse, il fut en même temps écrivain et journaliste, notamment au Figaro, où il assura jusqu’à sa mort la rubrique dramatique.

Le 83 est encore, en 1855, le 77, quand sa propriétaire, Mlle Mathilde Marquet, ancienne danseuse devenue peintre, qui vient de le faire construire, le loue tout entier à Alexandre Dumas père. C’est un petit hôtel particulier de deux étages, avec un jardin d’agrément à l’arrière. Dumas a sa chambre et son cabinet de travail au deuxième étage. Après son départ, en 1860, l’écrivain sera remplacé par la princesse Ghyka, qui l’habitera jusqu’en 1863 (15)

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86 : Un oriel. Le verre est peint de motifs floraux

Le 16 mars 1881 on pouvait lire dans un quotidien régional, l’Impartial dauphinois, la nouvelle suivante : « Le bruit a couru que M. Jaluzot allait ouvrir de nouveaux magasins rue d'Amsterdam. Ce bruit est malheureusement sans fondement. M. Jaluzot venait, il est vrai, d'acheter un hôtel rue d'Amsterdam. Il y a établi quelques bureaux provisoires, ne pouvant, hélas fournir du travail qu'à un petit nombre d'employés, environ une centaine. Ces employés sont chargés de continuer les expéditions en province et à l'étranger. Quelques uns d'entre eux ont dû faire comme leur patron et aller s'habiller dans un magasin de confection. Ils ont tout perdu dans l'incendie ». Il s’agit ici de l’incendie qui, le 9 mars 1881, avait ravagé les magasins du Printemps, boulevard Haussmann, et qui allait conduire son fondateur à installer des bureaux temporaires au 89 de la rue d’Amsterdam.

C’est en 1863 que l’avocat et homme politique Jules Favre s’installe au 91, ancien 87, dans un bel hôtel particulier, « une habitation somptueuse », aux dires d’Henri Rochefort (17) Il y est toujours, en 1875, quand Victor Hugo, dans son testament daté du 9 avril le nomme l’un de ses exécuteurs testamentaires.

Encore un hôtel particulier, au 92, habité dès 1862, par un personnage assez remarquable, Jean Pauthonnier. Membre de la Société de Géographie, c’est à ce titre qu’il devient, en 1856, directeur de la mission égyptienne, à l’époque où débutent les travaux de percement du canal de Suez, et il n’est pas exclu qu’il ait participé à l’aventure aux côtés de Ferdinand de Lesseps. Toujours est-il qu’il deviendra là-bas l’aide de camp du vice-roi d’Egypte, qui le nommera colonel, sous le nom de Sélim Bey. De retour en France, il séjournera un moment à Chatou et au Vésinet, mais c’est à son domicile parisien qu’il décédera, le 26 janvier 1880. Il avait fait aménager dans son hôtel un atelier pour sa femme, Honorine Bullet, artiste peintre.

Le 18 mai 1893 parut dans La Presse l’annonce suivante : « Charmant petit Hôtel, 95, rue d'Amsterdam, Ecurie, Remises. S'y adresser, ou à M. Paul Sédille, architecte, 28, boulevard Malesherbes ». Il s’agissait d’un petit hôtel que Jules Jaluzot, qui habitait alors une somptueuse demeure 6, rue d’Athènes, avait acheté en juillet 1879, et qu’il revendait par l’entremise de Paul Sédille, l’architecte du Printemps.

Le poète Germain Nouveau (1851-1920), ancien du Cercle Zutique et ami de Rimbaud, aurait habité pendant quelques mois, en 1890, l’ancien 104, remplacé par l’immeuble actuel, construit en 1898 par Louis Margerie, avec une autre entrée au 91, rue de Clichy.

C’est sans doute dès les années 1870 que s’implante, du 97 au 101, à cheval sur la rue de Saint-Pétersbourg et donnant sur la place de Clichy, au numéro 3, le magasin de nouveautés A la Place Clichy. Au fil du temps, l’établissement va se diversifier, ajoutant aux nouveautés des articles d’ameublement et des tapis. Son plus proche concurrent est la succursale que le grand magasin de la rue du Pont-Neuf, La Belle Jardinière, a ouvert vers la même époque au 108 de la rue d’Amsterdam, dans un immeuble donnant aussi sur la place de Clichy (1, place de Clichy est d’ailleurs l’adresse sous laquelle il figure sur les publicités de la maison, tandis qu’on trouve en 1946 au 108 la Maison du Prisonnier et des Déportés).

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Nous voici arrivés au terme de notre promenade, là où se trouvait autrefois le chemin de ronde de l’enceinte des Fermiers généraux, quand la barrière de Clichy barrait l’horizon de son double péristyle, obligeant les marchandises entrant dans Paris à payer l’octroi.

C’est cette barrière que le maréchal Moncey défendit âprement, en mars 1814, contre les cosaques, fait d’armes que célèbre, depuis 1869, le monument élevé au milieu de la place.

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A gauche : La Belle Jardinière. Au centre, derrière le monument : A la Place Clichy

Aline BOUTILLON

© A. Boutillon © 9e Histoire 2012-2014

NOTES

(1) Ce fils de pasteur devenu banquier va beaucoup investir dans l’immobilier ; parmi ses nombreuses acquisitions il y aura le domaine de Malmaison, en 1828, l’ancien hôtel de la reine Hortense, au 13, rue d’Artois (l’actuelle rue Laffitte), qu’il occupera de 1818 à 1829, l’ancien hôtel de Bourrienne, au 44, rue d’Hauteville, dont il fera son domicile de 1829 à 1833, et qu’il quittera pour emménager dans le luxueux hôtel qu’il a fait édifier 6, rue de Tivoli. A la fin de sa vie il sera «consul de S. M. le Roi de Suède et de Norvège à Gênes ».

(2) "Entrepreneur des Bâtiments du Roi", Sylvain Mignon aura pour gendre, à partir de 1816, le notaire Didier- Nicolas Riant, qui représentera, après la mort de son beau-père, les héritiers lors de leur requête contre la Cie du Chemin de Fer de Paris à Saint-Germain en 1838

(3) Les Dames de Montmartre y possédaient, à l’ouest de l’actuelle rue du Rocher, dans le 8è, un clos et un vaste champ attenant. En 1794 ces terrains leur seront confisqués pour la création d’un cimetière, où seront déversés, dans cinq fosses communes, un millier de corps de guillotinés ; parmi les plus connus : Danton, Camille et Lucile Desmoulins, Malesherbes, Lavoisier, Madame Elisabeth, Robespierre, Saint-Just et Fouquier-Tinville.

(4) En référence, à l’instar de la rue du même nom dans le voisinage de la place Saint-Georges, à la victoire remportée le 20 octobre 1827 sur la flotte ottomane. Après la faillite des constructeurs, le passage prendra fugacement le nom de Mandrin, avant que de nouveaux acquéreurs le rebaptisent, en 1828, passage de Tivoli.

(5) Malgré de nouveaux agrandissements, entre 1851 et 1853, la gare sera encore insuffisante et on la reconstruira à deux reprises, en 1867 et en 1889, à l’occasion des expositions universelles (Revue des Arts et Métiers n° 45, février 2006).

(6) Les titres réintroduits progressivement au début de l’Empire étaient transmissibles de mâle en mâle, par ordre de primogéniture, après constitution d’un majorat, ensemble de biens fonciers ou de rentes immobilisées inaliénables et produisant un revenu fixé en fonction du titre auquel il était affecté.

(7) Ils y sont déjà en 1854. La comtesse, née Adèle Anna Hagerman (1825-1898), était la fille cadette du banquier suédois. Elle avait épousé en 1846 le comte Jacques-Robert de Pourtalès, décédé en 1874. Elle habitait toujours l’hôtel de la rue de Londres en 1887.

(8) On a longtemps pensé que Heine était mort de la syphilis, mais ce diagnostic est de plus en plus remis en question. Aujourd’hui on attribue plutôt les symptômes manifestés par l’écrivain à une maladie tuberculeuse, tandis qu’une analyse de ses cheveux, réalisée en 1997, suggère un saturnisme chronique. Une autre hypothèse voudrait qu’il ait souffert d’une sclérose en plaques (Wikipédia).

(9) Justin Clinchant (1820-1881), général français du second Empire, a été le principal adjoint du général Bourbaki pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871. En reconnaissance des services rendus, le gouvernement d'Adolphe Thiers le nomma gouverneur militaire de Paris, poste qu'il devait conserver jusqu'à sa mort en 1881.

(10) En 1810, la ville de Hambourg avait été réunie à l’Empire français et était devenue le chef-lieu du département des Bouches-de- l’Elbe. C’est sans doute en raison de ce souvenir que la rue ne sera pas débaptisée, à l’instar de la rue de Berlin, au moment de la guerre de 14-18, mais seulement en 1922.

(11) Fils du librettiste Ludovic Halévy et petits-fils de l’architecte de l’église Notre-Dame-de-Lorette, Hippolyte Lebas. La famille Halévy a longtemps habité le 22, rue de Douai.

(12) Le 11/11/1883 Théodore Duret écrit au collectionneur Charles Deudon : « Leenhoff [le frère de Suzanne Manet] est tous les jours, dans l'après-midi, 77 rue d'Amsterdam, à l'ancien atelier de Manet ». Le portrait que Manet a fait de Jeanne Duval (maîtresse de Baudelaire) a été retrouvé dans l’atelier du 77, rue d’Amsterdam, quand, huit mois après sa mort, fut dressé l’inventaire après décès du peintre.

(13) La majeure partie de son œuvre se trouve à Marseille et à Toulon, sa ville natale. A Paris on peut voir les statues de Jean Bullant et de Jean Goujon qu’il a réalisées pour la façade de l’Hôtel de Ville et celle de Frédéric Le Play dans le jardin du Luxembourg.

(14) Peintre académique d’origine belge, il est l’auteur de scènes historiques ou religieuses et de portraits de contemporains. A Paris, il a décoré le plafond de l’hôtel des Monnaies ; on lui doit aussi des décorations dans la salle des Fêtes de l’Hôtel de Ville de Paris, ainsi que deux peintures murales dans la cour d’honneur de la Sorbonne, sur le thème de la Foire du Lendit. Quatre de ses tableaux se trouvent au musée d’Orsay, notamment « La Mort de Bara », peint en 1883.

(15) Il semble s’agir ici de la veuve de Grigore V Ghica, hospodar de Moldavie, qui, à l’échéance de son mandat de prince, en 1856, s’était retiré en France, où il se suicidait l’année suivante. Il était marié depuis moins d’un an avec une Française, Eufrosine Rollin.

(16) Arthur Dandelot s’adjoindra plus tard son fils cadet, Maurice (1897-1964), qui lui succédera en 1920. Le fils aîné d’Arthur Dandelot, Georges (1895-1975), sera un compositeur prolifique et un professeur de musique réputé.

(17) Dans son journal Le Mot d’Ordre, en date du 6 avril 1871.

PRINCIPALES SOURCES

Archives de Paris : Calepin du Cadastre D1P4, Rue d’Amsterdam, 1852, 1862, 1876. Annuaire du Commerce Didot-Bottin 1852, 1887, 1909, 1931, 1942, 1946, 1950. Guide Paris Hachette 1897 à 1900. Annuaire officiel des Abonnés au Téléphone 1909 à 1912, 1968, 1970, 1975. Association Chatou notre ville

Promenades dans toutes les rues de Paris, Marquis de Rochegude, 1910. Dictionnaire administratif et historique des Rues de Paris et de ses Monuments, Félix et Louis Lazare, 1855


Catégorie : - Rues & Promenades
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