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© I du Ranquet 2012 © 9ème Histoire 2012- 2014

LA Maison CHAPSAL

41-47 rue des Martyrs

Un contexte historique et géographique 

La Maison Chapsal, édifiée au 19e siècle (1840-1848) est située au 41 - 47 rue des Martyrsrue chargée d’histoire et...d’histoires

Le nom de cette rue proviendrait des nombreux martyrs chrétiens des premiers siècles après Jésus-Christ, qui auraient emprunté cette route qui les menait à leur supplice sur la butte Montmartre où pouvaient se trouver des temples dédiés à des dieux romains : Mars, le dieu de la guerre ? Mercure le dieu du commerce et messager des dieux ?

Le plus célèbre de ces martyrs chrétiens fut Saint-Denis, évêque de Paris envoyé par Rome, décapité vers l’an 250 avec deux de ses compagnons, Rustique et Eleuthère à mi-chemin de la pente (au niveau de l’actuelle rue Yvonne Le Tac).

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Le martyre de saint Denis (détail), par Léon Bonnat (1833-1922) peinture murale, église du Panthéon, Paris

Un « chemin des Martyrs », dénomination collective d’un âge plus reculé, commençait près la rue du Jour à la fin du 12e siècle. Il a reculé par étapes et a laissé son nom à une rue située, comme on disait alors, aux Porcherons. Des guinguettes s’étaient groupées autour de la chapelle des Porcherons, dont l’emplacement est voisin de l’église Notre-Dame-de-Lorette actuelle. Le chemin ou la rue des Martyrs a selon les époques, pu être qualifié de « chemin de Montmartre» ou, de 1793 à 1806, « rue et barrière du Champ du repos ». Après la construction de l’enceinte des Fermiers Généraux, la partie située au-delà du boulevard fut appelée chaussée des Martyrs ; elle fut de nouveau réunie à la rue des Martyrs par arrêté préfectoral du 2 avril 1868.

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Plan Turgot autour de N-D de Lorète (sic) : ancienne chapelle Rue de la Voirie : rue Cadet Rue N.D. de Lorette :

rue Lamartine Rue du Faubourg Montmartre (prolongée ?) : rue des Martyrs

L’état des rues, non pavées, laissait beaucoup à désirer lorsque les pluies, se faisant tenaces, les ramenaient à l’état marécageux. Le pavement de la rue des Martyrs daterait de 1778 et serait dû au chapelain de la chapelle Notre-Dame-de-Lorette, annexe de la paroisse de Montmartre, qui, dans une supplique au bailli, déplora l’état des rues de ce quartier, source de nombreuses chutes. C’est ainsi que, malgré les réticences des habitants, contraints d’assumer les travaux à leurs frais, quelques rues furent alors pavées comme la rue des Martyrs.

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Notre -Dame - de-Lorette, chapelle bâtie vers 1646 avec la permission de Mgr de Gondi, archevêque de Paris, pour servir d’aide à la paroisse de Montmartre

dont les habitants des Porcherons dépendaient. Démolie en 1800, elle se situait à l'emplacement de l’actuel n° 54 de la rue Lamartine

En 1787 on comptait rue des Martyrs près de vingt cinq auberges sur cinquante huit maisons.

Au 19e siècle, les cabarets, les auberges, les tables d’hôte et les «petites-maisons» s’échelonnaient sur toute la montée de la rue. Les crèmeries aussi étaient des échoppes où l’on faisait volontiers crédit aux danseuses du quartier.

Au n° 23 se trouvait l’atelier du peintre Théodore Géricault et au n° 49 sa demeure, où il mourut en 1824 des suites de plusieurs chutes de cheval.

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Ary Scheffer (1795-1868), La mort de Géricault, 1824

A côté de cette habitation se trouvait la Maison Rogron actuellement Chapsal.

La Maison CHAPSAL, 41-47 rue des Martyrs

En 1840 Joseph Adrien Rogron, avocat aux conseils du roi et à la Cour de Cassation, fait édifier au n° 43 un immeuble de cinq étages carrés, sur un plan en U et disposant en arrière d’un jardin.

Huit ans plus tard, Rogron entreprend un grand ensemble majestueux destiné au rapport, pour lequel il fait appel à l’architecte Jean Joseph Alphonse Blot, ancien élève de Lebas et de Vaudoyer à l’Ecole des beaux-arts. Homogénéité et rigoureuse symétrie du plan caractérisent ces édifices caractéristiques de la Monarchie de Juillet.

Ce choix original tranche avec les formules habituelles de lotissement parisien : il est distinct des Cités Bergère, d’Antin, ou de Trévise – contemporaines, organisées autour d’une voie. Il constitue un compromis entre le square à l’anglaise et le lotissement privé centré sur un jardin, tel le square d’Orléans. Ici on pénètre d’abord dans une cour-jardin privative, arborée et bordée d’une allée pavée. Elle est visible depuis la voie publique mais fermée par des grilles (l’ancienne grille ayant été remplacée partiellement par une barre de magasins). Ce jardin est entouré sur trois côtés par des corps de bâtiments formant deux ailes terminées sur rue par deux « pavillons » et au fond un troisième bâtiment formant deux entités dégagées en arrière par d’autres jardins.

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Exceptionnellement pour Paris, il n’y a pas d’immeuble à front de rue mais une simple grille et quelques boutiques.

Chacun des édifices comporte cinq étages délimités par un bandeau et dominés par un dernier étage, en retrait d’une terrasse. Les deux niveaux inférieurs jumelés par des colonnes adossées, sont constitués de pierre à refend et les niveaux supérieurs de moellons recouverts de plâtre. Les baies cintrées du rez-de-chaussée apportent une touche élégante à l’élévation.

Une curiosité architecturale est à souligner tout particulièrement : les « murs renard ». Sur chacun des bâtiments l’œil averti remarquera les lignes de fausses fenêtres, étagée les unes au- dessus des autres. Seuls les volets sont réels, mais ne masquent qu’un mur derrière lequel passent les conduits de cheminées des appartements (cf photos).

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Les « murs renard » habillés de persiennes derrière lesquelles il n'y a pas de fenêtres

Ces fausses fenêtres sont repérables par l’absence de gonds des volets ! Ce subterfuge permet de donner aux bâtiments une façade équilibrée au regard de l’ensemble bâti.

Les bâtiments et les jardins sont protégés par un PLU (Plan local d’urbanisme). Cette habitation doit son nom à l’un de ses propriétaires qui l’a rachetée à M. Rogron.

En 1873 Paul Louis Rougnon (1846-1934), jeune compositeur de vingt sept ans habite avec sa mère dont il est le soutien, un des appartements de la « Maison Chapsal » puis y installe sa femme, Marie-Louise de Beurmann et leurs quatre enfants. Professeur titulaire au Conservatoire national de musique il y enseignait le solfège, la fugue et le contrepoint. Il eut pour élève le pianiste Alfred Cortot. Il fréquentait régulièrement les ateliers d’Adolphe Sax, inventeur du saxophone, situés dans le quartier Saint-Georges.

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Paul Rougnon, son épouse Marie-Louise de Beurmann et leurs quatre enfants

Honoré de Balzac et Victor Hugo étaient des habitués des lieux. Le premier venait rendre visite à une de ses sœurs, Laure, qui y habitait avec son mari Eugène Midy de la Greneraye Surville et leurs trois filles. Le second pour des aventures extra conjugales.

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Laure Surville (1800-1871) la sœur préférée de Balzac, publia une biographie après sa mort. Elle a aussi écrit des textes qui ont servi

de base à certains romans de Balzac comme « Voyage en coucou » que Balzac transforma en « Un début dans la vie »

Enfin, après la guerre et pendant quelques dizaines d’années, une école privée d’enseignement, le Cours La Fontaine, a accueilli (au rez-de-chaussée à gauche du bâtiment central du fond de la cour-jardin) les élèves des classes de Dixième à la Première. La cour de récréation se trouvait dans l’un des trois jardins derrière le bâtiment

TRIBUNAUX Nos propriétaires M. Chapsal a loué par bail à M. Duvert un appartement important dans une maison dont il est propriétaire, rue des Martyrs. Se fondant sur un règlement qu'il à fait afficher par son concierge dans son immeuble, M. Chapsal a interdit à M. Duvert de faire entrer après onze heures du soir, dans la cour de la propriété dont il s'agit, la voiture de ce locataire ou les voitures des personnes qui viennent le visiter. De là procès. Le tribunal a rendu un jugement qui déclare mal fondée la singulière prétention de M. Chapsal. Je relève l'attendu suivant qui crée jurisprudence « Attendu qu'il est établi par ce qui précède que la faculté de faire entrer des voitures pendant la nuit est un des accessoires nécessaires de la jouissances à laquelle Duvert a droit d'après son bail. » Bien jugé! Le Matin (1883)

Isabelle du RANQUET

Cet article a été rédigé par ISABELLE DU RANQUET à partir du dossier de la visite-conférence qu’elle a faite en juin 2012 sur le site de la Maison Chapsal dans le cadre du VIIe Parcours Imaginaire organisé par le Collectif d’animation du conseil de quartier Lorette- Martyrs en collaboration avec l’association 9ème Histoire.

© I du Ranquet 2012 © 9ème Histoire 2012- 2014


Date de création : 08/04/2014 : 18:35
Catégorie : - Articles-Architecture
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