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google-rue-de-londres.jpg
L'ancien siège social de la Cie du Chemin de Fer Paris-Orléans 8, rue de Londres 75009 actuel siège social de Google France



La concentration des sièges des compagnies
de chemins de fer dans le
9e au XIXe siècle


 

9ème Histoire accueillait le 19 octobre à la salle du Conseil de la Mairie un passionné de l’histoire des chemins de fer, Georges Ribeill, qui a pu à cette occasion nous expliquer pourquoi l’arrondissement avait connu à partir de 1835 la plus grande concentration de sièges des nombreuses compagnies de chemins de fer existant à l’époque.

train_Meudon.jpg
Inauguration de la ligne Paris-St Germain en Laye - Viaduc de Meudon - août 1837

Cet ancien centralien et directeur de recherche à l’École nationale des Ponts et Chaussées qui a accompli une bonne partie de sa carrière à la SNCF, se présente d’abord comme un collectionneur invétéré possédant ainsi une multitude de livres sur les rues de Paris et notamment des Bottins sur plusieurs décennies lui permettant de posséder environ 25.000 adresses !  C’est aussi un amoureux de notre arrondissement et en tant qu’historien, il s’intéresse particulièrement à tous les lieux du 9e liés au moyen de transport qui allait connaître un si grand développement dès la moitié du XIXe siècle.

Habituellement,  l'évocation des chemins de fer est d'abord synonyme pour le public, des gares elles  mêmes, or notre arrondissement en est dépourvu, même si les gares Saint-Lazare et du Nord l’encadrent à l’ouest et à l’est… Mais il y a bien d’autres  lieux qui se rattachent de près ou de loin aux chemins de fer, comme par exemple La Vie du Rail, magazine spécialisé auquel a beaucoup collaboré notre conférencier, dont les bureaux se trouvaient depuis 1952, 11, rue de Milan, avant de rejoindre ensuite le 29, rue de Clichy. Il rappelle également que beaucoup de syndicats, dont les membres étaient souvent issus du personnel de la SNCF, ont eu également  leurs sièges dans notre arrondissement, comme la CFDT près du square Montholon.

Sans se livrer à un retour sur l’origine des chemins de fer en France, Georges Ribeill indique cependant que c’est bien la Grande Bretagne qui a été la pionnière en Europe avec la création des premières locomotives à vapeur dès le début du XIXe siècle, même si c’est en Belgique qu’est créée la première ligne à vapeur entre Bruxelles et Malines en 1835. En France, c’est en province qu’est créée en 1827 la première compagnie de fret (Saint-Etienne-Lyon) mais qui n’aura pas son siège dans le 9e!


anciens bains Tivoli.jpg
Anciens Bains Tivoli, rue St Lazare, futur siège de la compagnie PLM
 

Il faut attendre 1835 pour voir la première compagnie ferroviaire installer son siège rue Saint-Lazare, dans notre arrondissement : la compagnie de Paris-Saint Germain créée par les frères Pereire, suivie 10 ans plus tard par la compagnie Paris-Versailles, dans la même rue  et dont les trains partaient depuis l’Embarcadère de l’Ouest, à l’emplacement de l’actuelle place de l‘Europe, avant la construction de la gare Saint-Lazare !


embarcadere-ouest-trichon-1867.jpg
 

À partir des années 1840, on voit le développement de nombreuses compagnies (près d’une centaine !) comme celle du Paris-Orléans qui déménage son siège successivement vers de nombreuses adresses du 9e entre 1838 et 1937 (rues Notre-Dame-de-Lorette, Chaussée d’Antin puis Londres), mais aussi celle du Paris-Rouen (rue d’Amsterdam) ou celle du premier Paris-Lyon entre 1852 et 1857 (rue de Provence puis de la Chaussée d’Antin) et bien sûr celle de Ceinture, qui a aussi plusieurs adresses dans le 9e (rues de Provence, Saint-Lazare, Londres).

Mais ce ne sont pas uniquement les compagnies disposant de débuts de ligne à Paris qui siègent dans le 9e, on voit ainsi venir les compagnies de l’Ouest (rue Caumartin), Orléans-Bordeaux (rue Laffitte), et des petites compagnies comme celles de Dieppe à Fécamp (rue d’Amsterdam) ou celle de Dijon à Besançon (rue Taitbout).

Ces compagnies appartiennent à des actionnaires et s’identifient au monde des affaires parisien car il s’agit de constituer des capitaux pour faire vivre ces sociétés. Elles se concentrent donc tout naturellement dans le nouveau quartier des affaires de la Chaussée d’Antin qui remplace alors celui des lieux de plaisir, Tivoli et autres Folies ! C’est en effet dans ce quartier non loin de la Bourse et de la Banque de France que s’établissent les banquiers Laffitte et Rothschild, mais aussi les frères Pereire. On assiste ainsi à la mutation d’un quartier résidentiel  en quartier d’affaires, qui se poursuivra encore sous  Napoléon III avec la cession des terrains encore vierges du lotissement de l’Europe.

Georges Ribeill nous fait d’ailleurs remarquer que si à cette époque, 70 % des banques localisent leurs sièges dans ces quartiers, les compagnies de chemin de fer ne sont pas les seules à s’y implanter, les compagnies d’assurances adoptent elles aussi la même stratégie, créant de fait un pôle d’activités à la fois financier, industriel et commercial.
On peut aussi expliquer la multiplicité des adresses des compagnies de chemin de fer, plus particulièrement à leur débuts, lors de la Monarchie de Juillet, par le fait qu’objets de spéculation boursière souvent à bon marché, elles changent souvent de repreneurs et donc de sièges...   


CARTE_03XXL.jpg
Carte des  voies ferrées au départ de Paris en 1857.
 

L’État avait en 1842 accordé des terrains et proposé la concession à des sociétés privées pour la construction des voies ferrées, et dès 1845, la spéculation boursière s’avère intense car beaucoup misent sur le développement rapide de ces nouveaux moyens de locomotion. Napoléon III, lors de sa prise de pouvoir, mise lui aussi sur ce développement mais désire le contrôler en instaurant une participation de l’état qui se traduit alors dans la fusion de petites compagnies. Vont ainsi naître six grandes compagnies : Paris-Orléans (PO), Paris-Lyon-Méditerranée (PLM), Nord, Est, Midi, et Ouest qui tracent en étoile depuis les grandes gares parisiennes un accès vers les ports ou les métropoles frontalières.

Georges Ribeill s’attarde alors sur quelques unes d’entre elles :

- La compagnie PO avait même, avant que la gare d’Austerlitz soit construite, établi son siège en 1838, 18, rue Notre-Dame-de-Lorette, puis après s’être rapprochée de la nouvelle gare temporairement, s’était installée dans de grands bureaux au 4, rue de la Grange Batelière. Mais c’est à l’occasion de l’absorption de trois autres compagnies régionales que la compagnie PO allait changer vraiment d’univers en allant louer en 1853 le bel hôtel  du duc de Padoue, 11 rue de la Chaussée d’Antin. Le bail allait pourtant s‘achever prématurément car l’immeuble se situait dans le périmètre d’expropriation dû à la construction de l’Opéra ! C’est encore dans le 9e que la compagnie allait séjourner ensuite d’abord rue de Clichy en 1861, puis rue de Londres jusqu’à 1937. Il est à noter que ce quartier nouvellement loti allait souvent avoir comme premiers habitants, les actionnaires  eux mêmes, ce qui fut le cas aussi pour d’autres compagnies présentes aux différentes adresses du quartier de l’Europe ou de la Chaussée d’Antin ...

- La compagnie du Midi, regroupant des lignes du sud ouest, d’abord installée place Vendôme, siège de l’empire des Pereire (symbole de l’encouragement donné par le Second Empire à la participation de ces riches promoteurs aux  grands projets ferroviaires), allait après la disgrâce des Pereire en 1867, investir l’ancien immeuble du 54, Boulevard Haussmann occupé un temps par des bureaux de la compagnie PLM (!). La compagnie louera ensuite le rez-de-chaussée à Bouchara.

- La compagnie PLM, la plus importante, allait naître en 1857, issue de la fusion des compagnies de Lyon à la Méditerranée (elles mêmes résultat de l’absorption de compagnies du sud est de la France) et dont le siège se trouvait depuis 1852, 18, rue Taitbout. puis 23 rue Laffitte, de celle de Paris à Lyon dont le siège était 34, rue de la Victoire depuis 1848, mais aussi celles de Lyon à Genève située rue Laffitte et du Grand-Central de France, sise rue d’Amsterdam.


Tivoli_2.jpg
Ancien siège social de la Compagnie PLM, devenu celui de la SNCF, actuellement propriété du groupe AXA.

La nouvelle société allait d’abord s’installer 7, rue de la Chaussée d’Antin puis 44, rue Neuve des Mathurins (actuelle rue Mathurin) pour sa partie nord à partir de 1861 et 17, rue Laffitte pour sa partie sud  à partir de 1859. C’est en 1867 que l’assemblée des actionnaires décide alors à la suite de risques d’expropriation, de s’installer dans un vaste quadrilatère rue Saint Lazare, occupé notamment par les Établissements de bains Tivoli, le futur « Château » de la SNCF en 1937 (date de la nationalisation des grandes compagnies ferroviaires) et dont on voit encore aujourd’hui le portail monumental à la hauteur du 88.  Ce n’est qu’en 1996 que le président de la SNCF, Loïc Le Floch-Prigent, prendra la décision de  quitter ce lieu emblématique qui s‘étendait jusqu’à la rue de Londres et la place de Budapest, pour aller installer ses divers services directoriaux rue du Commandant Mouchotte, près de la gare Montparnasse. 


Siège_SNCF.jpg
Le siège actuel de la SNCF
 

Georges Ribeill relève ensuite le contraste représenté par les compagnies du Nord et de l’Est détenues par les banquiers Rothschild qui occupent des bureaux discrets dans les annexes de ces gares, contrairement à la volonté d’affichage des compagnies évoquées plus haut.
Notre conférencier insiste encore sur la place de notre arrondissement dans la localisation des sièges de compagnies, en évoquant celle des Charentes, importante compagnie secondaire, installée d’abord en 1863, 59, rue Taitbout puis en 1869,  à côté d’une compagnie d’assurances au 42, rue du cardinal Fesch (qui allait devenir la rue de Châteaudun).

Pour illustrer l’importance que revêtaient toutes ces compagnies de chemin de fer dans la vie de l’arrondissement, Georges Ribeill termine son intervention en précisant que les Grands Magasins installés sur les Grands Boulevards n’avaient pas manqué de créer à cette époque pour les achats de leurs clients, un service de livraison directe dans les gares !

Une conférence fourmillant de détails dénotant la parfaite connaissance du  conférencier, de cet aspect un peu méconnu de la vie de l’arrondissement dans la deuxième moitié du XIXe siècle.   

   

Emmanuel FOUQUET

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L'ancien siège social de la Cie du Chemin de Fer Paris-Orléans 8, rue de Londres 75009 actuel siège social de Google France



La concentration des sièges des compagnies
de chemins de fer dans le
9e au XIXe siècle


 

9ème Histoire accueillait le 19 octobre à la salle du Conseil de la Mairie un passionné de l’histoire des chemins de fer, Georges Ribeill, qui a pu à cette occasion nous expliquer pourquoi l’arrondissement avait connu à partir de 1835 la plus grande concentration de sièges des nombreuses compagnies de chemins de fer existant à l’époque.

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Inauguration de la ligne Paris-St Germain en Laye - Viaduc de Meudon - août 1837

Cet ancien centralien et directeur de recherche à l’École nationale des Ponts et Chaussées qui a accompli une bonne partie de sa carrière à la SNCF, se présente d’abord comme un collectionneur invétéré possédant ainsi une multitude de livres sur les rues de Paris et notamment des Bottins sur plusieurs décennies lui permettant de posséder environ 25.000 adresses !  C’est aussi un amoureux de notre arrondissement et en tant qu’historien, il s’intéresse particulièrement à tous les lieux du 9e liés au moyen de transport qui allait connaître un si grand développement dès la moitié du XIXe siècle.

Habituellement,  l'évocation des chemins de fer est d'abord synonyme pour le public, des gares elles  mêmes, or notre arrondissement en est dépourvu, même si les gares Saint-Lazare et du Nord l’encadrent à l’ouest et à l’est… Mais il y a bien d’autres  lieux qui se rattachent de près ou de loin aux chemins de fer, comme par exemple La Vie du Rail, magazine spécialisé auquel a beaucoup collaboré notre conférencier, dont les bureaux se trouvaient depuis 1952, 11, rue de Milan, avant de rejoindre ensuite le 29, rue de Clichy. Il rappelle également que beaucoup de syndicats, dont les membres étaient souvent issus du personnel de la SNCF, ont eu également  leurs sièges dans notre arrondissement, comme la CFDT près du square Montholon.

Sans se livrer à un retour sur l’origine des chemins de fer en France, Georges Ribeill indique cependant que c’est bien la Grande Bretagne qui a été la pionnière en Europe avec la création des premières locomotives à vapeur dès le début du XIXe siècle, même si c’est en Belgique qu’est créée la première ligne à vapeur entre Bruxelles et Malines en 1835. En France, c’est en province qu’est créée en 1827 la première compagnie de fret (Saint-Etienne-Lyon) mais qui n’aura pas son siège dans le 9e!


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Anciens Bains Tivoli, rue St Lazare, futur siège de la compagnie PLM
 

Il faut attendre 1835 pour voir la première compagnie ferroviaire installer son siège rue Saint-Lazare, dans notre arrondissement : la compagnie de Paris-Saint Germain créée par les frères Pereire, suivie 10 ans plus tard par la compagnie Paris-Versailles, dans la même rue  et dont les trains partaient depuis l’Embarcadère de l’Ouest, à l’emplacement de l’actuelle place de l‘Europe, avant la construction de la gare Saint-Lazare !


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À partir des années 1840, on voit le développement de nombreuses compagnies (près d’une centaine !) comme celle du Paris-Orléans qui déménage son siège successivement vers de nombreuses adresses du 9e entre 1838 et 1937 (rues Notre-Dame-de-Lorette, Chaussée d’Antin puis Londres), mais aussi celle du Paris-Rouen (rue d’Amsterdam) ou celle du premier Paris-Lyon entre 1852 et 1857 (rue de Provence puis de la Chaussée d’Antin) et bien sûr celle de Ceinture, qui a aussi plusieurs adresses dans le 9e (rues de Provence, Saint-Lazare, Londres).

Mais ce ne sont pas uniquement les compagnies disposant de débuts de ligne à Paris qui siègent dans le 9e, on voit ainsi venir les compagnies de l’Ouest (rue Caumartin), Orléans-Bordeaux (rue Laffitte), et des petites compagnies comme celles de Dieppe à Fécamp (rue d’Amsterdam) ou celle de Dijon à Besançon (rue Taitbout).

Ces compagnies appartiennent à des actionnaires et s’identifient au monde des affaires parisien car il s’agit de constituer des capitaux pour faire vivre ces sociétés. Elles se concentrent donc tout naturellement dans le nouveau quartier des affaires de la Chaussée d’Antin qui remplace alors celui des lieux de plaisir, Tivoli et autres Folies ! C’est en effet dans ce quartier non loin de la Bourse et de la Banque de France que s’établissent les banquiers Laffitte et Rothschild, mais aussi les frères Pereire. On assiste ainsi à la mutation d’un quartier résidentiel  en quartier d’affaires, qui se poursuivra encore sous  Napoléon III avec la cession des terrains encore vierges du lotissement de l’Europe.

Georges Ribeill nous fait d’ailleurs remarquer que si à cette époque, 70 % des banques localisent leurs sièges dans ces quartiers, les compagnies de chemin de fer ne sont pas les seules à s’y implanter, les compagnies d’assurances adoptent elles aussi la même stratégie, créant de fait un pôle d’activités à la fois financier, industriel et commercial.
On peut aussi expliquer la multiplicité des adresses des compagnies de chemin de fer, plus particulièrement à leur débuts, lors de la Monarchie de Juillet, par le fait qu’objets de spéculation boursière souvent à bon marché, elles changent souvent de repreneurs et donc de sièges...   


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Carte des  voies ferrées au départ de Paris en 1857.
 

L’État avait en 1842 accordé des terrains et proposé la concession à des sociétés privées pour la construction des voies ferrées, et dès 1845, la spéculation boursière s’avère intense car beaucoup misent sur le développement rapide de ces nouveaux moyens de locomotion. Napoléon III, lors de sa prise de pouvoir, mise lui aussi sur ce développement mais désire le contrôler en instaurant une participation de l’état qui se traduit alors dans la fusion de petites compagnies. Vont ainsi naître six grandes compagnies : Paris-Orléans (PO), Paris-Lyon-Méditerranée (PLM), Nord, Est, Midi, et Ouest qui tracent en étoile depuis les grandes gares parisiennes un accès vers les ports ou les métropoles frontalières.

Georges Ribeill s’attarde alors sur quelques unes d’entre elles :

- La compagnie PO avait même, avant que la gare d’Austerlitz soit construite, établi son siège en 1838, 18, rue Notre-Dame-de-Lorette, puis après s’être rapprochée de la nouvelle gare temporairement, s’était installée dans de grands bureaux au 4, rue de la Grange Batelière. Mais c’est à l’occasion de l’absorption de trois autres compagnies régionales que la compagnie PO allait changer vraiment d’univers en allant louer en 1853 le bel hôtel  du duc de Padoue, 11 rue de la Chaussée d’Antin. Le bail allait pourtant s‘achever prématurément car l’immeuble se situait dans le périmètre d’expropriation dû à la construction de l’Opéra ! C’est encore dans le 9e que la compagnie allait séjourner ensuite d’abord rue de Clichy en 1861, puis rue de Londres jusqu’à 1937. Il est à noter que ce quartier nouvellement loti allait souvent avoir comme premiers habitants, les actionnaires  eux mêmes, ce qui fut le cas aussi pour d’autres compagnies présentes aux différentes adresses du quartier de l’Europe ou de la Chaussée d’Antin ...

- La compagnie du Midi, regroupant des lignes du sud ouest, d’abord installée place Vendôme, siège de l’empire des Pereire (symbole de l’encouragement donné par le Second Empire à la participation de ces riches promoteurs aux  grands projets ferroviaires), allait après la disgrâce des Pereire en 1867, investir l’ancien immeuble du 54, Boulevard Haussmann occupé un temps par des bureaux de la compagnie PLM (!). La compagnie louera ensuite le rez-de-chaussée à Bouchara.

- La compagnie PLM, la plus importante, allait naître en 1857, issue de la fusion des compagnies de Lyon à la Méditerranée (elles mêmes résultat de l’absorption de compagnies du sud est de la France) et dont le siège se trouvait depuis 1852, 18, rue Taitbout. puis 23 rue Laffitte, de celle de Paris à Lyon dont le siège était 34, rue de la Victoire depuis 1848, mais aussi celles de Lyon à Genève située rue Laffitte et du Grand-Central de France, sise rue d’Amsterdam.


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Ancien siège social de la Compagnie PLM, devenu celui de la SNCF, actuellement propriété du groupe AXA.

La nouvelle société allait d’abord s’installer 7, rue de la Chaussée d’Antin puis 44, rue Neuve des Mathurins (actuelle rue Mathurin) pour sa partie nord à partir de 1861 et 17, rue Laffitte pour sa partie sud  à partir de 1859. C’est en 1867 que l’assemblée des actionnaires décide alors à la suite de risques d’expropriation, de s’installer dans un vaste quadrilatère rue Saint Lazare, occupé notamment par les Établissements de bains Tivoli, le futur « Château » de la SNCF en 1937 (date de la nationalisation des grandes compagnies ferroviaires) et dont on voit encore aujourd’hui le portail monumental à la hauteur du 88.  Ce n’est qu’en 1996 que le président de la SNCF, Loïc Le Floch-Prigent, prendra la décision de  quitter ce lieu emblématique qui s‘étendait jusqu’à la rue de Londres et la place de Budapest, pour aller installer ses divers services directoriaux rue du Commandant Mouchotte, près de la gare Montparnasse. 


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Le siège actuel de la SNCF
 

Georges Ribeill relève ensuite le contraste représenté par les compagnies du Nord et de l’Est détenues par les banquiers Rothschild qui occupent des bureaux discrets dans les annexes de ces gares, contrairement à la volonté d’affichage des compagnies évoquées plus haut.
Notre conférencier insiste encore sur la place de notre arrondissement dans la localisation des sièges de compagnies, en évoquant celle des Charentes, importante compagnie secondaire, installée d’abord en 1863, 59, rue Taitbout puis en 1869,  à côté d’une compagnie d’assurances au 42, rue du cardinal Fesch (qui allait devenir la rue de Châteaudun).

Pour illustrer l’importance que revêtaient toutes ces compagnies de chemin de fer dans la vie de l’arrondissement, Georges Ribeill termine son intervention en précisant que les Grands Magasins installés sur les Grands Boulevards n’avaient pas manqué de créer à cette époque pour les achats de leurs clients, un service de livraison directe dans les gares !

Une conférence fourmillant de détails dénotant la parfaite connaissance du  conférencier, de cet aspect un peu méconnu de la vie de l’arrondissement dans la deuxième moitié du XIXe siècle.   

   

Emmanuel FOUQUET

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Date de création : 23/10/2017 : 16:15
Catégorie : - Echos du Terrain
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