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© F. Robert © 9Histoire 2014

UNE PEINTURE FÉROCE DE LA SOCIÉTÉ PARISIENNE DU XIXe

Extraits du Journal des Goncourt

A partir de 1851, Jules et Edmond de Goncourt ont tenu chaque jour un journal sur la vie mondaine parisienne et notamment sur la société des salons où ils étaient régulièrement invités. A la mort de Jules en 1870, Edmond le continue jusqu’à sa disparition en 1896. Ce journal est écrit au 43, rue St Georges jusqu’en 1868, puis à Auteuil au 67, Boulevard de Montmorency

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Les Goncourt par Gavarni

Au sujet d’écrivains : « Baudelaire, Villiers, Verlaine, certes trois hommes de talent, mais un bohème sadique, un alcoolique, un pédéraste assassin »

Au café Riche : « Baudelaire soupe à côté, sans cravate, le col nu, la tête rasée, en vraie toilette de guillotiné. Une seule recherche : de petites mains lavées, récurées, mégissées. La tête d’un fou, la voix nette comme une lame. Il se défend assez obstinément et avec une certaine passion revêche d’avoir outragé les mœurs dans ses vers »

Sur Zola « Zola n’a aucun talent pour causer car il ne parle que de ses propres affaires. Ah ! Comme meuble de société, notre ami laisse à désire »

Chez Victor Hugo, rue de Clichy, en 1875 : « Sur les huit heures il apparaît dans une redingote à collet de velours, la corde lâche d’un foulard blanc autour du cou. Il se laisse tomber sur le divan près de la cheminée, parle du rôle de conciliation qu’il veut jouer dorénavant dans les assemblées, dit qu’il n’est pas un modéré, parce que l’idéal d’un modéré n’est pas le sien, mais qu’il est un apaisé… On passe à table pour un dîner qui ressemble assez à un dîner donné par un curé de village à son évêque… Après quoi, séance de lecture et voilà Hugo s’adossant à la cheminée du salon, le voilà à la main la grande feuille de papier de sa copie transatlantique… puis il met lentement ses lunettes, le poète lit le « Soufflet du Père » où il y a de beaux vers surhumains qui ne me disent rien ».

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                           Salon de Victor Hugo rue de Clichy                                                                               La Princesse Mathilde

Chez la Princesse Mathilde (cousine de Napoléon III et rentrée d’exil en juin 1871) : « Le salon de la Princesse, ce salon de lettres et d’arts, ce salon sonore de la fine parole de Sainte-Beuve, de l’éloquence rabelaisienne de Gautier, des coups de boutoir de Flaubert, des mots spirituels de mon frère, ce salon qui dans l’aplatissement du goût, dans la canaillerie de l’idéal littéraire de l’Empire, retentissait de paradoxes profonds, d’idées hautaines, d’aperçus ingénieux, d’un ferraillement continu de paroles spirituelles, ce salon s’éteint comme un feu d’artifice sous la pluie ».

Sur des Salonnières : A propos du salon de Nina de Callias au 17, rue Chaptal : « cet atelier de détraquage cérébral, qui a fait tant de toqués, d’excentriques et de vrais fous ».

Sur les femmes, à propos de la princesse Clotilde (épouse de « Plon-Plon » prince Napoléon) : « une espèce de petite femme sans tournure, mal bâtie, avec emmanché au bout de cela une tête aux gros yeux lourds et sans vie, à la mâchoire épaisse et forte, le front bombé et bête, l’air endormi comme chloroformée » 

Sur les décors des intérieurs parisiens : à propos du salon d’Arthur Meyer (directeur du journal le Gaulois) : « au mur, accrochées avec des clous, de vieilles et tristes verdures représentant des sujets de sainteté, avec des personnages plus grands que nature. Là-dedans, un lit de palissandre, à côté duquel est une petite table en fer de café-terrasse ; et comme garniture de cheminée, une paire de vases comme on en voit aux loteries de la fête de St Cloud, des vases couleur amarante, contenant dans un médaillon un paysage ; et passées entre la glace et son cadre, des petites images de saintetés coloriées qu’on intercale dans les livres de messe »

Ils se savaient très méchants et imaginaient qu’au jour du jugement dernier « ils devront rendre compte de ce à quoi ils ont prêté la complicité de leurs yeux »

L’histoire a retenu qu’eux-mêmes tenaient salon le dimanche après-midi et que les invités disaient qu’ils se rendaient aux « Vêpres d’Auteuil ! »

Françoise ROBERT

Sources :

Les salons de la IIIe République par Anne Martin-Fugier - Editions Perrin

L’Indiscrétion des frères Goncourt par Roger Kempf Editions Grasset

© F. Robert © 9e Histoire 2014


Catégorie : - Personnages
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