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19/09/2017 : - Liu Bolin
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Liu Bolin - par HTa


Ghost Stories
 

Curieuse cette exposition à la Maison Européenne de la Photographie, de l’artiste chinois Liu Bolin, né dans la province de Shandong, en 1973.
Avant de devenir photographe / performeur, il étudie la sculpture à l’université qu’il enseignera pendant quatre ans. La première photo qui le fit connaître est l’autoportrait pris en 2005, devant les décombres de son atelier, situé dans le quartier d’artistes de Pékin que le gouvernement avait décidé de raser en raison de la préparation des jeux olympiques de Pékin .

Suoja_Village_2005.jpg
 Liu Bolin - Suoja Village - 2005

Liu appartient à une génération d’artistes qui succède à la révolution culturelle et qui vit dans une relative stabilité politique et dans un pays qui commence à connaître une certaine prospérité. Cet autoportrait est sa façon silencieuse de protester contre un gouvernement qui ne protège pas ses artistes. Sur cette photo, on voit Liu devant son atelier détruit par les promoteurs ; il se confond avec le « paysage ». Il proclame alors : « Je me suis caché pour me faire remarquer ».

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Liu Bolin -  La Liberté guidant le peuple

S’en suit toute une série de photos bâties sur le même principe et qui prend le nom de « Hiding in the city » (se cacher dans la ville). Une vidéo diffusée dans l’exposition explique le processus extrêmement long qui aboutit à la photo finale : Liu se place devant le décor dans lequel il cherche à se fondre et reste sans bouger tandis que des « peintres-assistants » peignent son corps de façon à ce qu’il se confonde avec le paysage, cet exercice pouvant durer jusqu’à 10 heures ; une fois le travail de peinture terminé il est pris en photo dans ce décor; sur certaines photos il apparaît clairement tandis que sur d’autres il devient « l’homme invisible », que, malgré sa carrure imposante, on a du mal à distinguer. Comme le précise l’artiste, il n’y a aucun trucage photographique dans ses clichés.

Puffed_Food.jpg
Liu Bolin -  Puffed Food

Artiste engagé, Liu entend ainsi protester contre certains abus du régime, la société de consommation (photos de Liu devant une collection de portables ou devant les étagères d’un supermarché), le capitalisme (?) (coffre-fort d’une banque parisienne devant lequel l’artiste pose, complétement recouvert de peinture dorée) et la pollution qui règne à Pékin et dans les cours d’eau avoisinants.

Safe_door.jpg
Liu Bolin - Safe Door

On reste souvent admiratifs devant les performances de l’artiste mais elles deviennent un peu trop systématiques et répétitives.
L’art du photographe semble avoir évolué depuis les séries intitulées «
Hiding in the City » et « Ghost Stories », il pratique désormais le « art hacking », piratant des images dans l’actualité, les agrandissant, se glissant par le biais d’un montage photographique dans l’action avant de réinjecter ces images dans les circuits de l’information.

Si vous allez voir cette exposition à la M.E.P., surtout ne manquez pas la rétrospective des deux photographes français, Anne et Patrick Poirier, deux grands voyageurs qui souhaitent faire partager leurs réflexions sur les différentes civilisations et cultures qu’ils ont rencontrées tout au long de leurs pérégrinations.

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 Liu Bolin - Marine Litter Surfrider - 2017

Parallèlement à l’exposition Liu Bolin à la M.E.P. la galerie Paris-Beijing qui représente l’artiste à Paris propose une autre exposition de photos de Liu intitulée « Revealing Disappearance ». Celle-ci illustre le combat environnemental mené par le photographe depuis des années ; on le voit le corps à demi immergé dans les eaux polluées du fleuve Jaune ou posant devant un tas d’ordures dans un centre de collecte en Inde. En 2017, en collaboration avec l’ONG Surfrider, il réalise, sur la côte atlantique française, des photos montrant la pollution aquatique causée par les déchets plastiques et proclame que « l’homme se développe en détruisant son propre environnement ».

Yellow River_2011.jpg
Yellow River - 2011



Voilà au moins deux expositions de photos à voir, en plus de la rétrospective Irving Penn qui se tient actuellement au Grand Palais, en attendant le mois de la photo qui se déroulera à Paris, comme tous les ans, en novembre.

 

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M.E.P.
5/7, rue de Fourcy
75004 Paris
du mercredi au dimanche
11 h-20 h
Jusqu’au 29 octobre

 


Galerie Paris Beijing
62, rue Turbigo
75003 Paris
du mardi au samedi
11 h-19 h
Jusqu’au 28 octobre


 

                                   

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Hélène TANNENBAUM


Portrait-Paul-Cézanne.jpg     Cézanne-au-chapeau-melon.jpg 
                                     Portrait de Paul Cézanne 1862-1864                                              Portrait de l'artiste au chapeau melon 1885-1886                                      


Portraits de Cézanne
 

Une exposition consacrée aux portraits peints par Cézanne (1839-1906) se tient au Musée d’Orsay jusqu’à la fin septembre. Elle met en valeur un aspect souvent méconnu de l’œuvre du peintre.

Une carrière artistique n’était certainement pas ce que Louis-Auguste Cézanne envisageait pour son fils. Issu lui-même d’une famille pauvre d’Aix-en-Provence, son ascension sociale fut remarquable : de chapelier il devint un banquier prospère mais considéré comme un « nouveau riche » par la bourgeoisie aixoise, il resta en marge de la bonne société.
Souhaitant que son fils, Paul, lui succède à la tête de la banque ou embrasse la carrière d’avocat, il lui fit faire des études de droit ; Paul, doué pour les humanités et passionné par les beaux-arts, abandonna rapidement ses études pour rejoindre, à Paris, un ancien camarade de collège,
Émile Zola. N’ayant pas reçu d’éducation artistique, il ne put entrer à l’École des Beaux-Arts et se forma à l’Académie Suisse où il côtoya Monet, Pissarro

S’il assista aux discussions artistiques tenues au café Guerbois aux côtés de Manet par Pissarro, Monet, Renoir… et s’il exposa ses toiles en 1874 et en 1877 avec celles des impressionnistes, il ne fit jamais vraiment partie du groupe.

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Le Jardinier Vallier 1901-1906

En 1872, il travailla sur le motif, auprès de Pissarro à Pontoise et à Auvers-sur-Oise (une exposition du Musée d’Orsay, juxtaposait, en 2006, les œuvres réalisées par les deux artistes, montrant bien leur influence réciproque et la ressemblance de certains de leurs tableaux).

C’est probablement à l’Académie Suisse où elle posait pour les peintres que Cézanne fit la connaissance d’Hortense Fiquet qui devint sa compagne et dont il eut un fils en 1872, Paul. Cette liaison resta secrète car le père de Cézanne l’aurait considéré comme une « mésalliance » et ce n’est donc qu’après la mort de son père que l’artiste épousa Hortense. Elle fut un de ses modèles favoris ; il la représenta près d’une trentaine de fois.

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Portrait du fils de l'artiste 1881-1882

L’exposition d’Orsay consacrée aux portraits de Cézanne montre un artiste qui portraiture essentiellement ses proches (son père, Louis-Auguste, lisant le journal « L’Evénement » : œuvre de jeunesse particulièrement réussie comme pour montrer à ce père récalcitrant tout son talent de peintre ; son oncle Dominique, sa sœur, sa compagne, son jardinier et lui-même) et quelques personnes célèbres de l’époque (Zola, son ancien condisciple et ami ; son marchand, Ambroise Vollard, le critique d’art, Gustave Geffroy…).
 

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Louis-Auguste Cézanne, père de l'artiste, lisant L'Evénement                    Ambroise Vollard 1899

Cézanne travaillait très lentement, cherchant toujours la perfection, ce qui signifiait de longues et nombreuses séances de travail. Vollard qui s’était soumis à l’exercice considérait que poser pour Cézanne était tout bonnement « insupportable » (cent cinquante séances de pose n’avaient apparemment pas suffit à Cézanne pour achever le tableau de Vollard qu’on voit dans l’exposition ! ).

Un grand nombre d’autoportraits, parmi les vingt-six réalisés dans sa vie, figurent ici, à Orsay, montrant un artiste vieillissant (la calvitie de plus en plus accentuée) et s’embourgeoisant (de l’artiste hirsute il devient le petit bourgeois au chapeau).

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Portrait de l'artiste 1875

C’est surtout après la naissance de leur fils que Cézanne se mit à peindre sa compagne Hortense ; elle semble être une femme au foyer ordinaire représentée assise dans un fauteuil, cousant, pas très belle, plutôt austère, semblant s’ennuyer. Aucun sentiment n’émane de ces représentations.

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Madame Cézanne en robe rouge 1888-1890

Hortense accepta longtemps de suivre Paul dans ses déménagements à Paris, Pontoise, Auvers-sur-Oise et dans ses allées et venues entre Paris et le midi, tout en vivant dans une certaine clandestinité. Impossible de déduire de ces tableaux les sentiments de l’artiste pour cette femme qui, mal acceptée par sa belle-famille, finira par vivre à Paris avec son fils tandis que Cézanne passera de plus en plus de temps à Aix, d’abord dans la maison familiale du Jas de Bouffan, auprès de sa mère et de ses sœurs, (la propriété sera vendue, en 1899, après la mort de sa mère) puis dans un appartement au centre d’Aix et dans son atelier des Lauves, à la sortie d’Aix.

Comme le montrent d’autres portraits de femmes peints par Cézanne, Hortense ne paraît pas être la seule femme « maltraitée » sur le plan pictural ; le fils du peintre et les hommes, en général, semblent davantage avoir ses faveurs. (les portraits de l’oncle Dominique qui a soutenu Cézanne dans sa vocation artistique et qui se prêtait volontiers aux longues séances de pose, sont remarquables ; le visage est représenté par d’épaisses couches de peinture appliquées au couteau ; l’une des toiles montre Dominique en avocat, ce que le père de Cézanne aurait aimé voir son fils devenir, une autre en artiste avec un bonnet blanc sur la tête indiquant ce que Cézanne souhaitait devenir).

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L'Homme au bonnet de coton (l'Oncle Dominique) 1866

Contrairement à d’autres peintres de l’époque qui ont été attirés par la Méditerranée et les paysages du midi (Signac, Matisse, Dufy…), le sud, pour Cézanne, n’a jamais été une découverte, il y est né et même, s’il est allé à Paris, pour faire des études artistiques, pour se faire connaître, participer aux salons, rencontrer des marchands d’art, il n’aime pas la ville, lui préférant la campagne, la nature et les paysages ; c’est d’ailleurs la raison pour laquelle Cézanne est aujourd’hui essentiellement connu pour ses natures mortes (qui souffraient parfois, elles aussi, de la longueur des poses et pourrissaient sur la table de l’artiste ! ), pour ses paysages (notamment ceux de la Montagne Sainte Victoire, représentée en séries) et pour ses baigneuses mais beaucoup moins pour ses portraits, d’où l’intérêt de cette exposition qui, après Orsay, ira à Londres et à Washington (c’est d’ailleurs de grands musées américains et anglais que viennent un certain nombre de portraits prêtés à Orsay.)

Même si Cézanne fut apprécié par ses pairs (Monet, Degas, Caillebotte, Gauguin) et s’il eut une influence certaine sur les nabis et les cubistes, il eut du mal à s’imposer sur la scène artistique. Rejeté des salons officiels mais exposé, rue Clauzel, dans la boutique du marchand de couleurs « le Père » Tanguy puis, rue Laffitte, dans la galerie du marchand d’art Ambroise Vollard qui organisa la première grande exposition consacrée à l’artiste en 1895, il finira par connaître la notoriété.

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Musée d’Orsay
1, rue de la Légion d’Honneur
75007 Paris

Jusqu’au 24 septembre
Tous les jours sauf le lundi

9 h 30-18 h

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Hélène TANNENBAUM


Expo Mozart - par DCh

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Du 20 juin au 24 septembre 2017

L’expo « Mozart, une passion française » : le phénomène Mozart a gagné la France dès le premier séjour à Paris de l’enfant prodige, en 1763, et s’est développé jusqu’à nos jours.
L’Opéra Garnier organise une exposition qui montre comment la présence du compositeur s’est installée dans la vie musicale française, sur les scènes lyriques, et comment
s’est construit un véritable culte.

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Bibliothèque-Musée de l'Opéra
 

Palais Garnier
Place de l'Opéra 75009
Fermetures exceptionnelles : 2, 13 septembre

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Autoportrait à la palette - 1896

Camille Pissarro

2017 est décidément l’année Pissarro (1830-1903). Trois expositions révèlent l’œuvre de celui qu’on a surnommé « le premier des impressionnistes » et qui est longtemps resté dans l’ombre des autres peintres impressionnistes de son époque (Monet, Renoir, Degas…)

L’une de ces expositions se tient à Pontoise, où vécut l’artiste, au Musée Tavet-DelacourCamille Pissarro, Impressions gravées ») et est consacrée aux monotypes et estampes de l’artiste ; les deux autres sont à Paris, l’une au Musée Marmottan-Monet, elle recouvre la totalité de l’œuvre de l’artiste, depuis ses premiers tableaux peints sur l’île Saint-Thomas, dans les Antilles danoises, où il est né, fils d’un père juif français et d’une mère créole, jusqu’aux œuvres peintes dans son dernier domicile, Eragny ; l’autre au Musée du Luxembourg, intitulée « Pissarro à Eragny, la nature retrouvée », axée sur les dernières années de sa vie passées à Eragny-sur Epte (1884-1903) .

Les œuvres présentées à Marmottan offrent une plus grande diversité puisqu’elles mettent en lumière tous les thèmes chers au peintre tout au long de sa vie.

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Pissarro  -  Deux femmes causant au bord de la mer  -  1856

Le premier tableau « Deux Femmes causant au bord de la mer » (1856) est l’œuvre d’un Pissarro autodidacte doté d’un certain goût pour l’exotisme et qui s’est initié à la peinture, loin de Paris et de l’Académie des Beaux-Arts.

Dès 1855 il quitte les Antilles pour s’installer à Paris où, passionné par la représentation des paysages et des scènes de plein air, il fait la connaissance de Corot et de Daubigny qui seront, pendant un temps, ses modèles. Ensuite c’est en fréquentant l’Académie suisse de Charles Gleyre qu’il fera la connaissance de certains des futurs impressionnistes (Monet, Guillaumin…).

Il séjourne successivement à Pontoise (1866-1868) et à Louveciennes (1869-1872) avec une interruption pendant la guerre franco-prussienne en 70 ; il rejoindra alors son ami Monet à Londres où il fera la connaissance de son futur marchand, Durand-Ruel. Lorsqu’il rentre en France, en 1871, sa maison de Louveciennes a été pillée et des centaines de tableaux ont disparu.

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Pissarro - Gelée blanche à Ennery - 1873

Il rencontre Cézanne qui deviendra son « élève » ; les deux hommes peignent souvent ensemble, partageant leurs expériences picturales et s’influençant l’un l’autre. Après Cézanne, c’est à Gauguin qu’il prodiguera ses conseils. Il quitte la Louveciennes rurale pour Pontoise où il est confronté à des milieux plus variés, d’un côté le monde rural et de l’autre, la petite bourgeoisie et le monde industriel en plein essor.

Avec Monet et Caillebotte, il imagine la création d’un groupe de peintres indépendants et c’est, en 1874, la première exposition impressionniste qui voit le jour. Il sera le seul artiste à participer aux huit expositions impressionnistes qui se tiennent entre 1874 et 1886. En 1884, il s’installe à Eragny-sur-Epte, non loin de Giverny et de son ami Monet et il y restera jusqu’à la fin de sa vie.

L’exposition de Marmottan compte de nombreuses toiles réalisées à Louveciennes, Pontoise et Eragny, montrant des paysages ruraux, des villages et des paysans à l’ouvrage. Mais sa retraite à Eragny, avec sa femme et sa nombreuse progéniture, ne l’empêchait pas de fréquenter les villes (Paris, Dieppe, Le Havre, Rouen…), autre source d’inspiration.

Comme Monet, c’est souvent depuis sa chambre ou de son hôtel qu’il peignait, vu de haut, les ports (Rouen, Le Havre), les boulevards (boulevard des Italiens, avenue de l’Opéra), les ponts (le Pont-Neuf), les jardins (les Tuileries), les monuments (le Louvre, le Théâtre-Français), les fleuves (la Seine).

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La  Place du Théâtre Français et l'avenue de l'Opéra, effet de pluie"  -  1898             Le Louvre, soleil d'hiver, matin -  1900

Souvent tracassé par des problèmes financiers, pour mieux vendre ses toiles et sur les conseils de Durand-Ruel, il peuple ses tableaux de personnages (paysans, bergères, commerçants) et ses tableaux urbains grouillent de monde et de calèches.

Après sa rencontre avec Seurat et Signac, il s’essaie au pointillisme et présente ses œuvres à côté de celles des deux autres peintres aux expositions impressionnistes mais ce type d’œuvre prend du temps à réaliser, entrave la spontanéité de l’artiste et n’a ni la faveur du public ni celle de son marchand, il retourne donc à une peinture plus « classique ».

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Pissarro  -  La maison de la Sourde et le clocher d'Eragny  -  1886

Comme Monet, il peint le même motif à différents moments de la journée et en différentes saisons.

Une partie de la pensée et de l’œuvre de Pissarro est complétement occultée à Marmottan mais bien présente au Musée du Luxembourg, ce sont ses idées anarchistes exprimées sous la forme d’un recueil de 28 illustrations intitulé « Turpitudes sociales » et de dessins pour des journaux anarchistes. Sa sympathie pour le milieu anarchiste lui a même valu d’être inquiété au moment de l’assassinat de Sadi Carnot, en 1894.

Au Musée du Luxembourg, son rôle d’éditeur est également souligné ; avec son fils Lucien qui s’installera bientôt à Londres, il crée la maison d’édition « Eragny Press » qui publie des textes de Villon, Perrault, Flaubert

Tout comme Monet qui transforme le potager de Giverny en un parc fleuri, Pissarro, lui aussi, cultive son jardin avec son épouse, Julie, mais plus terre à terre et dotés d’une grande progéniture, ils élèvent des animaux et cultivent des légumes, des fruits et des céréales.

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Pissarro  -  Jeune fille à la baguette  -   1891

Camille Pissarro est bien le précurseur de l’impressionnisme et des tendances post-impressionnistes comme on le voit dans ses effets de neige bleutée, ses trouées de lumière et ses stries qui rappellent tour à tour Monet, Renoir et Van Gogh.

Ces deux expositions se complètent parfaitement puisque celle de Marmottan, plus étendue sur le plan temporel, nous révèle aussi bien le penchant de l’artiste pour le monde rural que son goût pour les villes et les ports alors que celle du Musée du Luxembourg est plus centrée sur les dernières années du peintre et nous montre un Pissarro à la fois plus serein dans son milieu champêtre mais aussi plus engagé avec ses œuvres anarchistes.

Ces deux expositions montrent un homme généreux, fidèle en amitié et avant tout épris de liberté.

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Musée Marmottan-Monet
2, rue Louis-Boilly
75016 Paris
Jusqu’au
16 juillet
Tous les jours sauf lundi de 10 h à 18 h

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Musée du Luxembourg
19, rue de Vaugirard
75006 Paris
Jusqu’au
9 juillet
Tous les jours de 10 h 30 à 18 h

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Hélène TANNENBAUM


Tokyo-Paris - par HTa

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Gustave Caillebotte - Jeune Homme au Piano - 1876
 


TOKYO PARIS
 

Chefs-d’œuvre du Bridgestone Museum of Art de Tokyo
 


À un an de la célébration des relations d’amitiés franco-japonaises, une exposition associant intimement l’art français et l’art japonais ouvre ses portes au Musée de l’Orangerie. Les œuvres présentées proviennent de la collection Ishibashi normalement exposée au Musée Bridgestone de Tokyo, actuellement fermé pour travaux.

Cette collection s’est faite sur trois générations ; commencée par Sojerô Ishibashi (1889-1976) vers 1920, elle a été enrichie par son fils Kan’ishirô, grand amateur d’art abstrait et son petit-fils, Hiroshi, actuel président de la Fondation Ishibashi.

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Crépuscule à Venise  -  Monet  - 1908

Après avoir repris l’atelier de textile familial qu’il modernise en standardisant les méthodes de production, Sojerô se tourne vers la fabrication de chaussures en caoutchouc puis fonde l’entreprise de pneus « Bridgestone » (traduction anglo-américaine de son nom. Ishi : pierre/ stone. ; bashi : pont/bridge). Puissant homme d’affaires et collectionneur passionné, il se fait bâtir une maison de style occidental dans Tokyo, au deuxième étage de laquelle il crée sa propre galerie de peinture.

Dans les années 20, il s’intéresse aux artistes japonais et en particulier à l’art « yôga » (peinture japonaise de style occidental) dont certains artistes représentatifs (Shigeru Aoki, Takeji Fujishima, Hanjirô Sakamoto…) sont exposés actuellement à l’Orangerie. L’influence incontestable de l’art occidental se fait sentir dans leurs œuvres. Comment imaginer, de prime abord, que le tableau « L’Éventail noir » soit dû à un peintre japonais (Fujishima) ?

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L'éventail noir - Takeji Fujishima                                                                   Le Jeune Paysan - Modigliani, 1918

Puis Sojerô profite de la guerre et des années d’après-guerre pour acquérir des tableaux d’artistes européens et plus particulièrement d’impressionnistes français qui ont ses faveurs.
Deux raisons expliquent la présence sur le marché japonais de nombreux chefs-d’œuvre : les difficultés économiques rencontrées par le Japon et la volonté de certains collectionneurs fortunés de vendre leurs tableaux pour en acheter de nouveaux. C’est le cas de
Matsukata, un industriel de Kobe, formé aux États-Unis, polyglotte, qui avait parcouru l’Europe pour former sa collection et auquel Sojerô rachète un grand nombre de tableaux, évitant ainsi la dispersion de ces œuvres à l’étranger.
 

Même s’il voyage peu, c’est, néanmoins, au cours d’un séjour aux États-Unis qu’Ishibashi découvre le MOMA, musée d’art moderne situé en plein cœur de New-York et qu’il décide d’ouvrir son propre musée, au centre de Tokyo, le « Bridgestone Museum » pour permettre à ses compatriotes de partager sa passion pour l’art qui ne se limite pas à la peinture puisqu’il fait l’acquisition de nombreuses sculptures dont on peut voir certains exemples dans l’exposition (Rodin, Bourdelle, Zadkine, Giacometti, Brancusi).

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Le Baiser de Brancusi - 1910

A chaque génération de la dynastie Ishibashi, correspondent des goûts différents ; si le fondateur du musée était plutôt attiré par la peinture impressionniste française, son fils, Kan’ichirô, s’est intéressé aux artistes de la première moitié du XXe siècle (Fautrier, Matisse, Picasso …) et à l’art abstrait ; quant au petit-fils, Hiroshi, il a lui aussi été séduit par l’abstraction (Pollock, Hartung, Soulages, Zao Wou-ki) mais cela ne l’a pas empêché d’acheter, en 2011, un tableau de Caillebotte « Jeune Homme au piano », représentant le frère de l’artiste, Martial Caillebotte.

Cette exposition a permis le retour « provisoire » au bercail du « Jeune Paysan » de Modigliani, œuvre qui avait initialement appartenu à Paul Guillaume dont la collection forme le fond permanent du Musée de l’Orangerie. Les deux hommes, Guillaume et Ishibashi, ont d’ailleurs partagé une passion commune pour les mêmes artistes : Renoir, Picasso, Soutine

Cette passion du Japon pour l’art occidental n’est qu’un juste retour des choses puisque les peintres français de la fin du XIXe ont marqué un intérêt appuyé pour l’art japonais et dans quantités de toiles impressionnistes on voit des reproductions d’œuvres japonaises (« Le Portrait d’Émile Zola » de Manet).
Monet, n’avait-il pas réuni dans sa maison de Giverny une collection d’estampes japonaises (Hokusai, Hiroshige, Utamaro) et fait creuser un étang dans lequel il cultivait des nymphéas et dont on traversait une partie en empruntant un pont japonais ? Le Japonisme, très à la mode dans la deuxième moitié de XIXe, a touché plusieurs pays européens (Whistler, Tissot, Degas…)

Ces dernières années, nous avons pu découvrir à Paris de nombreuses toiles d’artistes français et plus particulièrement impressionnistes, faisant actuellement partie de collections (ou d’ex-collections) privées étrangères (Hays, Chtchoukine, Ishibashi…) ce qui montre une fois de plus la profusion artistique de certains de nos peintres et l’estime des collectionneurs étrangers pour notre peinture.

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"Réminiscence de l'ère Tempyo" - Fujishima -1902          "Saltimbanque aux bras croisés" Picasso, 1923

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Musée de l'Orangerie

 Jardin des Tuileries
Ouvert tous les jours sauf mardi

9 h -18 h
Jusqu’au 21 août 2017

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Hélène TANNENBAUM


 

Réalisation: ParC Design
 

Bandeaux tête et pied de page:
Personnages figurant sur le socle de la statue de Gavarni place St Georges
© Daniel Bureau


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