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L'Arc de Triomphe Wrapped - le 09/09/2021 • 10:23 par HTa

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Dessin préparatoire de "l'Arc de Triomphe Wrapped" - Collage de 1988 - © Christo and Jeanne Claude Foundation
 



"L’Arc de Triomphe, Wrapped"

 


L’exposition « Christo et Jeanne-Claude – Paris ! », présentée au Centre Pompidou du 1er juillet au 19 octobre 2020 (suivre ce lien), aurait dû se tenir bien plus tôt si la pandémie n’avait pas entraîné la fermeture des musées. Il en est de même de l’empaquetage de l’Arc de Triomphe déjà projeté par Christo lors de son séjour parisien (1958-1964), alors qu’il occupait une chambre à proximité du monument.
 

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L'Arc de Triomphe empaqueté - Photomontage vu depuis l'avenue Foch -  Projet © Christo 1962  -  Photos © Shunk-Kender.
 


Ce projet avait été réactivé, en 2017, lorsque le Centre Pompidou avait proposé à l’artiste de monter une exposition sur les années parisiennes du couple Christo/Jeanne-Claude mais il avait été reporté par deux fois, d’abord pour permettre la nidification des faucons crécerelles qui se nichent dans les reliefs du monument puis ensuite pour cause de confinement. C’est donc du 18 septembre au 3 octobre que cet empaquetage éphémère devrait être visible, rappelant celui du Pont-Neuf réalisé en 1985.

Christo a toujours considéré que créer des œuvres vouées à disparaître rapidement exigeait de la part de l’artiste beaucoup plus de courage que des créations pérennes. Pour préserver leur liberté artistique concernant leurs œuvres éphémères, le couple a opté pour l’autofinancement (« to keep the absolute freedom, we cannot be obliged to anyone »). C’est essentiellement la vente des études préparatoires, des dessins, des maquettes, des lithographies réalisés par Christo pour ses œuvres précédentes ou pour ses œuvres en cours qui a permis à l’artiste de se dispenser de faire appel à des fonds publics ou privés. Récemment une vente aux enchères organisée par Sotheby’s de la collection ayant appartenu au couple (résultant d’échanges entre artistes, cadeaux, achats ainsi que d’anciennes études préparatoires de Christo) a rapporté 9,2 millions euros.

Le photomontage de l’Arc de Triomphe empaqueté vu de l’avenue Foch, réalisé en 1962, imaginait le monument emballé dans sa totalité, les arches devenant invisibles et l’accès à la tombe du soldat inconnu impossible ; par ailleurs l’ensemble du monument devait, dans ce premier projet, être protégé par une structure métallique. Le projet finalement réalisé sera bien moins massif puisque seuls les groupes sculptés au pied des arches seront protégés par des cages d’acier et seule la partie en pierre sera emballée ce qui donnera davantage de légèreté au monument et de souplesse et de beauté au drapé.
Christo disait : « Ce sera comme un objet vivant qui va s’animer dans le vent et refléter la lumière. Les plis vont bouger, la surface du monument devenir sensuelle ».
 

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Christo dans son studio en septembre 2019 avec un dessin préparatoire de son oeuvre .  © image.kurler.at
 


Le montage de cette installation commencé mi-juillet, durera deux mois et le démontage un mois. Comme lors de l’emballage du Pont-Neuf, en 1985, les détails de l’opération ont été largement diffusés dans la presse.
L’empaquetage nécessitera 25 000 m2 de tissu recyclable en polypropylène argent bleuté ainsi que 3 000 m de corde rouge, elle aussi recyclable. Un millier de personnes (charpentiers, grutiers, cordistes, alpinistes) participeront à la réalisation de l’œuvre (on se rappellera que pour le Pont-Neuf, on avait dû faire appel également à des plongeurs).

 

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Etat du chantier préparatoire début septembre 2021  - Clichés HT
 


L’empaquetage devrait coûter 14 millions d’euros, financé par les ayants droit de l’artiste. Dans le cahier des charges, il est probablement précisé que le caractère mémoriel du lieu devra être respecté et que les cérémonies quotidiennes du ravivage de la flamme devront pouvoir se dérouler comme à l’accoutumée.

Ce sera là le dernier hommage de Paris à Christo, l’artiste étant décédé en mai 2020, à quelques jours de l’ouverture de l’exposition qui lui était consacrée à Pompidou. La publicité faite autour de l’événement sera peut-être une incitation au retour des touristes étrangers dans la capitale.
 


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                L' Arc de Triomphe Wrapped  - 17/09/2021 - © Cliché HT.
           

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ARC DE TRIOMPHE DE L'ÉTOILE

Place Charles-de-Gaulle

Du 18 septembre au 3 octobre 2021
 

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Tempêtes & Naufrages - le 21/06/2021 • 16:30 par EFo


© E. Fouquet 2021 - 9ème Histoire 2021


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F.V. Perrot - Sauvetage d'un bateau de pêche basbreton par le "Neptune" sur les côtes de Basse Bretagne - 1835 - © Musée des Beaux Arts de Nantes / Alain Guillard
 



TempÊtes et naufrages

de Vernet à Courbet


 


Par Emmanuel FOUQUET
 


Le musée de la Vie romantique nous invite jusqu’au 12 septembre à prendre le large par l’évocation du thème maritime de la tempête à travers une sélection d’œuvres (peintures, estampes, dessins mais aussi manuscrits et extraits littéraires et musicaux). Cette exposition avait été initialement prévue de novembre à mars (période où se produisent d’ailleurs les grandes tempêtes hivernales !) mais a été repoussée de plusieurs mois à cause de la fermeture des musées cet hiver en raison d’un certain virus …
En l’organisant, la directrice de ce charmant musée, Gaëlle Rio, a voulu montrer que les déchaînements de l’océan et ses conséquences tragiques, les naufrages, peuvent parfaitement refléter les tourments de l’âme romantique, courant artistique présent dès la fin du XVIIIe siècle et une bonne partie du XIXe siècle.

Dès l’entrée, dans l’ancien atelier où Ary Scheffer recevait régulièrement les principaux artistes de son époque, le visiteur est plongé dans l’ambiance. La scénographie y contribue d’ailleurs beaucoup avec, par exemple, la transformation des baies vitrées en hublots de bateaux ou un peu plus loin avec la pose de frises en papier peint représentant des galions pris dans la tempête ! 

La première partie de l’exposition s’attache à rechercher les sources de la représentation de la tempête qui remontent au XVIIIe siècle ou même bien avant, comme l’illustre un tableau de Rubens. Mais c’est Joseph Vernet, peintre de marines au temps de Louis XV, qui illustre le mieux l’atmosphère d’apocalypse que suscite la tempête et les drames qui l’accompagnent, ainsi que le montre avec une grande précision son tableau Naufrage. Un autre tableau, de Jean Jacques Monanteuil peint en 1820, représentant une scène de déluge, est caractéristique du souci de dramatisation propre au début du XIXe siècle, préfigurant le Radeau de la Méduse de Géricault, dont une esquisse déjà bien aboutie est présentée dans une autre salle. C’est également l’angoisse qui transparaît dans le tableau d’Ary Scheffer, La Tempête, peint à la même époque et montrant depuis la côte un petit groupe de personnes terrorisées devant la mer en furie.
Impossible de ne pas faire allusion, ici, à Chateaubriand, natif de Saint-Malo et enterré face au large sur l’îlot du Grand Bé, à travers une édition originale de ses Mémoires d’outre-tombe où celui-ci évoque les fortes tempêtes hivernales.

 


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h. Géricault - Le Radeau de la Méduse esquisse Bessaonneau - 1818/1819 - © Musée des Beaux-Arts d'Angers.
 


Dans la petite pièce attenante à l’atelier, la tempête apparaît d’ailleurs comme une véritable source d’inspiration littéraire avec des pages manuscrites de la célèbre œuvre de la fin du XVIIIe siècle de Bernardin de Saint-Pierre, Paul et Virginie relatant un naufrage et qui va donner ensuite matière à une riche iconographie. Mais Victor Hugo est bien sûr le grand représentant de cette inspiration. Sous vitrines, le visiteur peut découvrir ainsi des pages des Travailleurs de la mer et des dessins de sa propre main, qui démontrent son excellente connaissance du milieu marin, pour avoir connu un exil d’une vingtaine d’années à Jersey et Guernesey.   

On accède à la deuxième partie de l’exposition après avoir traversé la cour et être descendu dans l’atelier où Scheffer travaillait, parcours habituel des expositions organisées au musée de la Vie romantique. C’est le spectacle de la tempête en pleine mer auquel on assiste alors en contemplant les nombreuses toiles présentes. L’accent est d’ailleurs mis sur une différence notable avec la période précédente : la tempête et les naufrages qu’elle occasionne ne sont plus montrés depuis la côte mais dans le cadre d’une véritable « mer spectacle » que les artistes mettent en scène comme le dit aussi Victor Hugo dans une phrase figurant en frontispice dans cette salle : « nous autres gens de la terre ferme, nous ne nous figurons pas une tempête sans navire en détresse et sans naufrage … ».
 


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William Turner  -  Waves breaking on a shiore - 1835  - © Gallerie Tate Britain.
 


William Turner, qui se serait même attaché au mât d’un navire pour mieux appréhender la tempête pour un de ses tableaux (légende paraît-il !), et les peintres de marine, Théodore Gudin et Eugène Isabey, sont bien dans cette illustration dramatique, comme l’est également Louis Garneray, peintre et écrivain, véritable aventurier des mers lorsqu’il naviguait avec Surcouf.

On note la place importante accordée ici à un peintre méconnu de nos jours, Paul Huet, surnommé de son temps le « Delacroix du paysage » (ils étaient d’ailleurs amis).  Plusieurs de ses tableaux sont en effet présents là dont La barque en danger et Les brisants à la pointe de Granville. Boudin, le peintre de Honfleur et de Deauville qui commença par être mousse ou Jongkind, ont une vision un peu plus libre dans le traitement de la mer déchainée, ce qui est aussi le cas de Courbet dans un style déjà plus naturaliste, son tableau La Trombe montrant bien en effet la sauvagerie des éléments et de son décor.    

La dernière salle en remontant au rez-de-chaussée insiste encore un peu plus sur l’ambiance dramatique générée par les naufrages, avec leurs épaves et leurs cadavres échoués. Le thème des naufrageurs guettant leurs proies sur la côte est particulièrement présent ici car apprécié par les romantiques au moment même où va s’organiser le sauvetage en mer pour lutter contre ces pratiques. Les tableaux d’Isabey et Berthelémy en sont l’illustration mais aussi le spectaculaire grand format Vue des falaises de Houlgate de Paul Huet encore, représentant des pêcheurs portant sur la plage le cadavre d’une femme échouée.
Le tableau de
Feyen-Perrin Après la tempête montrant en gros plan sur la grève une femme noyée, accentue encore le caractère morbide de ces scènes de catastrophe. Comment ne pas citer non plus l’étonnant tableau de Jules Garnier L’épave, avec pour sujet une femme nue dans une attitude de pose assez improbable pour une noyée, entourée d’indigènes n’en croyant pas leurs yeux !
 


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Paul Huet - 1863 - Vue des Falaises de Houlgate - © Musée des Beaux-Arts de Bordeaux.
 

L’exposition se termine sur l’évocation du thème de la veuve éplorée et de l’orphelin, illustré notamment par Ary Scheffer, le drame romantique fait alors place au pathétique, voire au mélodrame …  

Une bien belle exposition à voir cet été, et même à écouter dans les deux petits espaces discrets aménagés pour entendre une sélection d’extraits musicaux et de textes littéraires lus par Guillaume Gallienne de la Comédie-Française.  
 


© E. Fouquet 2021 - 9ème Histoire 2021
 


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Musée de la Vie romantique
Hôtel Scheffer-Renan
16, rue Chaptal – 75009 PARIS
Tél. 01.55.31.95.67

Du mardi au dimanche de 10 h à 18 h.

Réservations recommandées

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Laques : Regards Croisés - le 01/05/2021 • 16:41 par HTa


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" Nuage" de Dominique Humbert - Laque sur textile - © Bibliothèque Forney - cliché H. Tannenbaum.

 



Laques : Regards croisÉs

 

Depuis la fermeture des musées en mars 2020, rares ont été les occasions de voir des expositions, puisque la réouverture des musées n’a duré que quelques mois, jusqu’en octobre, date de leur seconde fermeture suivie quelques semaines plus tard par celle des galeries d’art, classées parmi les commerces non-essentiels. Seules les salles de vente aux enchères sont restées ouvertes et ont offert la possibilité de voir des collections d’œuvres d’art appartenant à des particuliers, mises en vente ; ainsi on a pu voir ce tableau de Van Gogh, atypique mais très beau : « Scène de rue à Montmartre » adjugé 13 millions d’euros ainsi qu’une « Danseuse au tutu vert » de Degas, des Pissarro, des Rodin, des Utrillo, des Dufy, des Calder

Une des rares expositions visibles actuellement est présentée à la Bibliothèque Forney, à l’Hôtel de Sens, jusqu’au 29 mai. Elle est consacrée à la laque et oppose des créations du passé prêtées par le Mobilier national à des créations modernes réalisées par des membres de l’Association LAC (Laqueurs Associés pour la Création).

L’accent est mis sur la variété des matières qu’on intitule « laque » (laque végétale, cellulosique, glycérophtalique, polyuréthane, hydrosoluble…) et la diversité des supports (bois, papier, tissu, métal…)

La laque apparaît pour la première fois à l’ère néolithique, en Chine méridionale, suite à l’incision d’un certain type d’arbres dont les coulées de sève adhèrent à l’écorce de l’arbre et se solidifient ; cette matière est tout d’abord utilisée comme vernis pour protéger ou embellir des objets utilitaires mais ses couleurs sont limitées au rouge et au noir. La laque a longtemps servi à confectionner de la vaisselle (jusqu’à l’apparition de la céramique) ; plus tard, elle sera utilisée comme élément décoratif, pour orner des meubles, des boîtes, divers objets…
 


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"A walk in my garden" et "Moon Gold" de Nathalie Rolland-Huckel   -   © Bibliothèque Forney - cliché H. Tannenbaum.
 


Elle se répand en Occident, au XVIIe siècle, au moment de la création de la Compagnie des Indes (port d’arrivée en France : Lorient).  Les meubles importés (armoires, paravents…) séduisent par leurs décors mais ne correspondent pas forcément au goût et aux besoins français. Pour cette raison, on fait appel, dès le XVIIIe siècle, aux ébénistes du faubourg Saint-Antoine qui désassemblent les panneaux des meubles orientaux pour les plaquer sur des bibliothèques et commodes fabriquées en France.
 


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Commode de Pierre-François Quignard (ca 1785)  -  © collection_mobilier.national.culture.gouv.fr/media/ cliché Isabelle Bideau.
 


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Paravent de Jean Dunand 1941 (laque végétale sur cuivre incrusté d'argent) et table "Coffee table" d'Isamu Nogushi ca 1944 (piètement en laque végétale )  -  © Bibliothèque Forney - cliché H. Tannenbaum.
 


A cette même époque, les pays occidentaux (France, Angleterre, Hollande), devant la cherté de la laque, inventent des vernis gras de substitution (le « vernis Martin », des frères du même nom, reste célèbre). Non seulement moins coûteux, ces vernis demandent moins de savoir-faire à l’application.

Cet attrait pour la laque perdure jusqu’au Second Empire puis décline pour réapparaître à la période Art Déco d’autant plus qu’à la fin du XIXe siècle le japonisme est à la mode et inspire les artistes français. Par ailleurs, lors de l’Exposition universelle de 1900, le Japon présente de nombreuses pièces en laque, ce qui suscite un regain d’intérêt pour cette matière.  
 


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 Isabelle Emmerique  - Galet partie de l'ensemble de 6 galets "Le Passage" et panneaux verticaux "Blessure II - Blessure II, 2020"  - Vase de Jean Dunand laque sur cuivre martelé (ca 1937) -    © Bibliothèque Forney - cliché H. Tannenbaum.
 


Un des grands artistes/artisans dont la renommée est liée à la laque est le dinandier suisse, Jean Dunand, qui s’installera à Paris et créera un atelier employant jusqu’à deux cents laqueurs.
 



Plaque rappelant la localisation des ateliers de Jean Dunand rue Hallé à 75014 Paris   -   © L. Ferreira - Wikipedia.
 


A l’issue de la première guerre mondiale la firme américaine Du Pont de Nemours se retrouve à la tête d’énormes quantités de poudre à canon dont la nitrocellulose qui sera recyclée grâce à l’invention de la laque cellulosique, utilisée notamment pour vernir les carrosseries des voitures (elle est projetée à l’aide d’un pistolet à air comprimé et sèche vite, ce qui permet d’accélérer les cadences de production).

La laque cellulosique sera utilisée, dès lors, non seulement par les industriels mais également par les artistes.

L’un des buts de cette exposition est de remettre l’art de la laque à l’ordre du jour et aussi d’en divulguer les techniques et la diversité et, bien sûr, de mieux faire connaître les réalisations des artistes contemporains.
 


Hélène TANNENBAUM

 

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Bibliothèque FORNEY
1, rue du Figuier
75004 Paris

Jusqu’au 29 mai 2021

Du mardi au samedi de 14 h à 18 h

Sur réservation : https://quefaire.paris.fr/laques-regards-croises

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Aubrey Beardsley - le 19/11/2020 • 13:04 par cro160

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Jacques-Émile Blanche  -  Aubrey Beardsley  - 1895  © National Portrait Gallery

 



Aubrey Beardsley
(1872-1898)

 


L’exposition « Aubrey Beardsley », inaugurée au Musée d’Orsay le 13 octobre 2020, aura été de courte durée puisqu’interrompue, un peu plus de deux semaines plus tard, par le reconfinement lié au coronavirus.

Aubrey Beardsley, artiste peu connu en France, est considéré comme une étoile filante du monde artistique britannique puisque, né à Brighton en 1872, on lui diagnostique, à l’âge de 7 ans, la tuberculose dont il mourra à 25 ans.

Sa carrière artistique se déroulera sur sept ans, de 1891 à 1898, années durant lesquelles il se fait essentiellement connaître comme directeur artistique d’un certain nombre de revues (« The Yellow Book », ‘The Studio », « The Savoy »…) et comme illustrateur de romans, poèmes et pièces de théâtre.
 

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               Aubrey Bearslley  -  Couvertures de  "The Studio"  et de "The Savoy"

 


Déjà remarqué pour ses caricatures alors qu’il est encore au lycée, mais plus attiré par la littérature et l’écriture, il rédige alors poèmes et pièces de théâtre et réserve ses dons d’illustrateur pour les programmes des pièces qu’il interprète dans le cadre scolaire.


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J.A Mc Neill Whistler  1876-1877  The Peacock Room  -  © Free Gallery of Art & Arthur M. Sackler Gallery.
 


En 1891, lors d’une visite de la demeure de l’armateur Frederick Leyland à Londres, il découvre la salle à manger (baptisée « The Peacock Room ») décorée par James Abbott McNeill Whistler (1834-1903) dans un style japonisant très à la mode à cette époque en Europe. Cette rencontre avec l’art de Whistler déclenche chez Beardsley sa véritable vocation (et l’amène à mettre de nombreux détails japonisants dans ses propres œuvres), d’autant plus qu’il est encouragé  au même moment par le peintre préraphaélite Edward Burne-Jones (1833-1898) à qui il montre ses dessins et qui lui dit « Je ne conseille pratiquement jamais à personne de faire de l’art sa profession mais, en ce qui vous concerne, je ne peux pas faire autrement », ce qui n’empêchera pas Burne-Jones, quelques années plus tard, de critiquer violemment le style et la vulgarité de l’artiste. Il incite Beardsley à suivre des cours à la « Westminster School of Art ». Plus tard Beardsley rencontrera Robert Ross, écrivain et critique d’art, grand ami d’Oscar Wilde, qui lui achète des dessins et l’incite à continuer sur cette voie.

En 1892, l’éditeur J.M. Dent lui confie l’illustration d’une œuvre de Thomas Malory sur la légende du Roi Arthur et des Chevaliers de la Table Ronde : « Le Morte Darthur » (publié d’abord en 1485), puis celle de la version anglaise de la pièce d’Oscar Wilde « Salomé », initialement écrite par le dramaturge irlandais en français. On a pu voir certaines de ses illustrations lors de l’exposition du Petit Palais consacrée à Oscar Wilde, en 2016 (suivre ce lien).
 


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